[Interview] ONHYS, ou la révolution de la simulation démocratique des flux des personnes dans les espaces grâce au BIM !

Gestion des flux intérieurs et extérieurs dans les maquettes BIM pour anticiper et prévoir un fonctionnement optimal des bâtiments et espaces extérieurs

Nous avons cette semaine le plaisir de recevoir ONHYS, une startup extrêmement innovante dans un domaine que l’on a rarement l’habitude de voir : la simulation du déplacement de foules et des risques et opportunités associées. Ce qui est d’autant plus intéressant est son interaction avec les environnements BIM, démocratisant ainsi l’accès à ce type de solutions autrefois lourdes et très chères. Echangeons donc avec Sébastien Paris, son Président.

Sébastien Paris
Président et fondateur de la société ONHYS

Bonjour Sébastien, et bienvenu sur ABCD Blog. Pourriez-vous svp vous présenter en quelques mots à nos lectrices et lecteurs ?
Bonjour Emmanuel, et merci pour votre invitation. Je suis Sébastien Paris, le Président et fondateur de la société ONHYS. Je suis un passionné d’informatique depuis mon plus jeune âge, ayant transformé cette passion en métier en créant ma société, éditrice de logiciels de simulation du comportement de foules. Un domaine extrêmement motivant en matière d’innovation !

Vous avez toujours baigné dans la recherche, notamment autour de la simulation des foules. Pourriez-vous svp nous raconter votre parcours en quelques mots ? Pourquoi cette passion pour ce sujet ?
En effet, j’ai commencé ma carrière professionnelle par un Doctorat dans le domaine de la simulation de foules. J’ai eu la chance pour cela de rejoindre l’une des meilleures équipes de recherche au monde à l’INRIA, et de travailler avec AREP (filiale de la SNCF) comme co-encadrant. Je me suis réellement épanoui durant ces travaux, ce qui a d’ailleurs été récompensé par deux prix nationaux. J’ai pu par la suite effectuer des missions postdoctorales d’un an au Canada, puis en Irlande, avec la même thématique de recherche. Enfin, j’ai rejoint l’industrie toujours dans ce domaine, pour finalement créer ma société il y a six ans.

Pourquoi cette passion ? Je pense que c’est ce qui anime tout chercheur à la base : l’attrait de la découverte, être capable de comprendre puis de modéliser des phénomènes qui peuvent sembler obscurs de prime abord. Et en plus dans ce domaine, cela contribue à améliorer la société, le bien être et la sécurité des gens, que demander de plus ?

Vous avez fondé Onhys, une très belle startup. Comment en avez-vous eu l’idée et pourquoi ? Était-ce l’aboutissement de vos recherches ?
J’ai eu l’idée de fonder ma société dès la fin de mon Doctorat, en 2007. Cela m’est naturellement venu du constat à l’époque d’un grand manque de solutions dans l’industrie. Néanmoins, l’écosystème des incubateurs / accélérateurs était moins développé à cette époque, et je ne me sentais pas encore capable de franchir le pas. C’est ce que j’ai fait douze ans plus tard, fort d’une belle expertise dans le domaine.

La naissance d’ONHYS peut en effet être vue comme l’aboutissement de mes recherches, mais pas comme leur fin ! Nous avons encore un beau programme R&D au sein de la société, et débloquons de nouveaux verrous technologiques tous les ans.

Quelle est d’ailleurs la philosophie qui vous anime ? Démocratiser l’accès à la simulation de foules ?

Vous tapez dans le mille Emmanuel ! Il y a six ans le constat était que les outils de simulation de foule industriels restaient complexes à mettre en œuvre, avec beaucoup d’opérations manuelles à effectuer pour parvenir à un résultat relevant souvent plus d’un tuning utilisateur que d’une réelle analyse de simulation. J’ai fait le pari du BIM à ONHYS, et ma formidable équipe R&D a réussi à automatiser nombre d’opérations de configuration. En associant cela à des algorithmes de simulation cognitive de pointe, nous sommes désormais en mesure de proposer une solution largement automatisée, et permettant de reproduire une grande variété de situations. Cela rend à la fois accessible nos solutions à une grande diversité d’acteurs, mais aussi permet de dépasser les limites d’autres solutions du marché.

Quand et comment avez-vous découvert le BIM et qu’est-ce qui vous a poussé à l’associer à vos solutions ? Ou alors était-ce déjà un prérequis lors de la création de votre société ?
J’ai découvert le BIM à ses balbutiements durant mon Doctorat, vers 2005. A l’époque nous cherchions à consolider un maximum de paramètres dans les fichiers de description de l’environnement virtuel, en utilisant AutoCAD. Nous avions même créé une nomenclature pour définir des propriétés liées à l’espace avec des calques d’information. C’est à ce moment que le BIM se développait, beaucoup de métiers étant confrontés à des problématiques similaires. Ainsi, lorsque j’ai créé ma société, le BIM s’est imposé comme une évidence.

Combien êtes-vous et comment êtes-vous organisés ? Avez-vous des développeurs hors de France ?
Nous sommes une équipe de 12 personnes, répartie en 3 départements (R&D, Customer Success, Sales & Marketing). Notre équipe est intégralement basée dans la technopole de Sophia Antipolis en France. Nous n’avons pas pour le moment d’équipe à l’international, mais nos équipes locales travaillent sur des projets internationaux, et nous avons un certain nombre de partenaires à travers le monde.

L’intelligence artificielle est-elle omniprésente dans vos solutions ?

Absolument, c’est l’un des deux piliers de nos solutions avec le BIM. Nous abordons l’Intelligence Artificielle par une approche dite « basée sur modèle ». Cela signifie que nous concevons nous même le moteur d’IA, dans notre cas en nous fondant sur les sciences cognitives. Cela nous permet de garder un contrôle fort sur les tenants et aboutissants de nos modèles, en maitrisant chaque aspect. Ainsi, les personnages simulés dans notre solution disposent chacun d’un comportement propre, interprétant les perceptions de l’individu virtuel et décidant des prochaines actions afin d’accomplir ses propres buts.

Quelles sont donc vos grandes spécialités et les secteurs d’application qu’elles concernent ? Est-ce du BtoB seulement ?

B2B oui, mais aussi B2G (Business To Government NDLR). Nous articulons notre proposition de valeur autour de deux verticales majeures, déclinables en sous domaines. La première, historique, est la sécurité ; elle inclut les questions de mobilité, de maîtrise du risque, de gestion de crise, et plus récemment, de résilience sanitaire. Ce dernier point est une fierté pour toute l’équipe, qui a su en 2020 effectuer un pivot extrêmement rapide et proposer une solution unique au monde d’évaluation du risque sanitaire en environnement public. Notre second domaine d’activité est le marketing phygital. Nos solutions permettent en effet d’évaluer très précisément des métriques liées à la visibilité des espaces commerciaux et publicitaires, mais aussi d’en optimiser l’impact pour in fine améliorer l’expérience utilisateur. Nos solutions respectent totalement la RGPD, et peuvent bien entendu s’appliquer sur les deux verticales à la fois, en améliorant la qualité et la sécurité d’un espace.

Qui sont vos clients types ? Concepteurs, maîtres d’ouvrage, organisateurs d’évènements, gouvernements, universités ? Autre ?

Ils sont assez variés, allant de groupes de construction, à des opérateurs d’Établissements Recevant du Public, organisateurs d’évènements, collectivités, régies publicitaires, club de football, hôpitaux… Une bonne partie d’entre eux est sous accord de confidentialité, mais je peux vous citer Bouygues Bâtiment, le CHU de Reims, la Principauté de Monaco, ou encore l’Olympique de Marseille.

ONHYS ONE et Qualia sont les 2 solutions que vous proposez. Quelles sont les différences et à qui s’adressent-elles ? Et pouvez-vous nous détailler chacune des 2 solutions ?

ONHYS ONE est notre simulateur du comportement piéton. Il permet de reproduire l’activité d’un environnement accueillant du public directement au sein d’une maquette BIM. Cela a de nombreux avantages, autorisant une grande variété de mises en situation en virtuel pour s’assurer de la validité de plans architecturaux, mais aussi de procédures opérationnelles (comme les évacuations de sites) ou encore pour évaluer des indicateurs de performance (comme la visibilité des espaces commerciaux). Notre simulateur est ainsi utilisé par des acteurs très variés, allant de régies publicitaires à des opérateurs d’infrastructures, et nous travaillons même avec des institutionnels comme les marins-pompiers de Marseille. Notre solution se démarque de la concurrence par plusieurs aspects, que ce soit dans la facilité de mise en œuvre (par exemple les maquettes BIM sont traitées automatiquement par le logiciel), la mutualisation d’usages (sécurité, sanitaire, marketing), mais aussi la robustesse du modèle de comportement (fort réalisme y compris dans des situations complexes de forte densité).


Là où ONHYS ONE gère « l’avant », la planification, notre seconde solution ONHYS Qualia gère le « pendant », la supervision augmentée d’une situation réelle. Il s’agit ici de capturer en temps réel la dynamique des flux au sein d’un environnement pour la restituer de manière didactique au sein d’un jumeau numérique, accompagnée d’évaluation de nombreux indicateurs en temps réel. Cela permet de se rendre compte d’un aléa au plus tôt pour déclencher la réponse appropriée, mais aussi de « rejouer » la scène a posteriori dans une logique d’amélioration continue. Ce système permet donc à un opérateur unique de « surveiller » une zone très importante, et va attirer son attention sur des situations particulières, qu’il pourra ensuite analyser avec un système complémentaire comme la vidéosurveillance.

Nos deux solutions bénéficient bien entendu d’une synergie d’usage, ONHYS Qualia pouvant calculer en temps réel nombre d’indicateurs de simulation, et ONHYS ONE pouvant être calibré automatiquement avec les données de flux capturées, autorisant l’essai a posteriori de scenarios de gestion alternatifs. Bien entendu, ces deux solutions sont totalement en phase avec la RGPD : absolument aucune donnée personnelle n’est utilisée, les algorithmes ne manipulant que des métadonnées statistiques.

La prise en mains est-elle complexe ? Ou n’importe quel concepteur ou opérateur peut-il/elle s’y plonger aisément ?

ONHYS ONE a une prise en main facilitée par rapport à d’autres outils du marché, notamment par son automatisation liée à la compatibilité BIM native et au modèle de comportement évolué. Nous disposons d’un programme de formation, et un utilisateur est capable de réaliser une simulation dès le premier module d’introduction (une journée). ONHYS Qualia est encore plus simple d’utilisation, puisqu’il s’agit ici essentiellement de visualiser les rapports dynamiques du système.

Simulation de foules au sein d’un aéroport

Les thèmes qui vous sont chers sont la mobilité, la santé, l’accessibilité et la sécurité. Pour chacun de ces thèmes, quelles réponses apportez-vous ?

En matière de mobilité notre solution permet de rationaliser les cheminements pour les rendre plus fluides et agréables. Qui ne s’est jamais retrouvé dans une gare ou un centre commercial à chercher son chemin en se disant que décidemment, ils auraient pu mettre des panneaux d’information mieux placés, ou éviter de positionner cette file d’attente au milieu du passage… et bien ils auraient dû utiliser ONHYS ONE !

L’accessibilité rejoint la même thématique, mais en prenant en compte des particularités de mobilité (comme les brancards dans un hôpital, ou les fauteuils roulants dans un ERP).

En matière de santé, nous sommes très fiers d’avoir su mettre sur étagère la seule solution au monde d’évaluation comparative de risque sanitaire en fonction des procédures et de l’affluence. Cela permet par exemple d’évaluer la réduction de risque d’une jauge par rapport à l’autre dans un stade, en fonction de sa topologie mais aussi de ses procédures d’accueil et d’évacuation.


Enfin, la sécurité est notre secteur d’activité historique. Nous pouvons ici anticiper le comportement du public en conditions normales, comme la densification d’un quai de métro à heure d’affluence, et aussi en conditions exceptionnelles telle que l’évacuation d’urgence d’un stade ou d’un immeuble de bureaux. Cela permet notamment de s’assurer que les densités de personnes ne vont pas atteindre des seuils critiques, pouvant conduire à des accidents graves voire fatals, et auquel cas mettre en place des procédures et équipements de mitigation. Nous avons aussi un certain nombre d’outils dédiés aux forces de sûreté / sécurité publiques comme privées, leur permettant de mieux anticiper leurs propres procédures d’intervention.

Comment vos solutions interagissent avec les solutions BIM telles que Revit ?

Nous avons fait le pari du BIM dès la création de la société il y a plus de 6 ans. Ainsi, nos logiciels sont conçus autour de l’architecture BIM, ou plus exactement de son formalisme de représentation des données topographiques. Ainsi, notre logiciel est capable de charger le format d’échange standard du BIM (IFC), mais plus important encore d’en extraire automatiquement toutes les données nécessaires à la simulation. En résumé, si vous avez une maquette BIM, elle est utilisable sans effort supplémentaire dans nos solutions. Notre logiciel est aussi capable d’utiliser le CIM (extension à plus grande échelle du BIM, avec notamment le CityGML) et d’autres formats, néanmoins moins appropriés à une exploitation en simulation (comme le 3ds d’Autodesk ou encore le FBX).

Autodesk Revit, un export IFC de qualité !


Plus précisément concernant Revit, l’export IFC y est de très bonne qualité et nous n’avons jamais eu aucun souci d’exploitation avec ses productions. Pour ne rien vous cacher, notre équipe travaille avec Revit lorsqu’elle doit créer des maquettes 3D pour certains clients n’en disposant pas encore.

Vous passez par le format ouvert IFC. A quand une passerelle directe par le biais d’un plugin Revit ?
Revit est ici victime de sa grande qualité d’export IFC, qui fonctionne parfaitement dans notre cas d’usage. La question du plugin Revit n’est ainsi pas prioritaire pour nous, mais nous sommes tout de même en train d’évaluer son potentiel pour des usages supplémentaires, comme le prototypage d’un projet architectural, ou encore le calcul des isodistances réelles (automatique avec notre technologies).

D’ailleurs notre BIM Manager a effectué un Master de spécialisation sur le sujet de l’extension du BIM pour la simulation des comportements ; cela pourrait être l’occasion aussi d’ajouter cette possibilité à Revit !

Y-a-t-il possibilité d’avoir des allers-retours et échanges d’informations entre vos solutions et Revit afin de faire évoluer le projet ou doit-on tout recommencer à chaque fois que l’on effectue des modifications ?
La réponse est un grand oui. Notre objectif premier est de faciliter la vie de nos utilisateurs, et notre logiciel supporte bien entendu le remplacement de la maquette de simulation, le reste de la configuration s’adaptant à la nouvelle maquette. Nous allons encore plus loin en supportant la fusion de multiples maquettes, pouvant provenir de plusieurs sources. Par exemple votre ville en CityGML, votre stade modélisé en Revit, dont le barriérage de contrôle d’accès est géré dans un fichier séparé. Tout ceci peut être intégré au sein d’un projet ONHYS ONE qui effectuera l’interconnexion des topologies automatiquement.

Au-delà des mouvements de personnes, y-a-t-il de la cinématique sur les objets tels que les trains dans une gare, automobiles ou vélos sur les routes, etc. qui permettraient de simuler d’éventuels risques pour les piétons et qui influenceraient donc la conception ?

Sachez tout d’abord que la simulation des interactions piétons véhicules est un problème complexe ne connaissant pas de solution industrielle aujourd’hui ; seulement quelques solutions permettent la simulation séparée, sans interaction, des piétons et des véhicules. Notre CSO a néanmoins effectué une grande percée dans le domaine lors d’un séjour au sein d’un laboratoire réputé aux États-Unis, et nous avons aujourd’hui un prototype pleinement fonctionnel de simulation multimodale. Ce prototype sera consolidé très prochainement durant un projet innovant d’envergure en instance de lancement officiel, mais je ne peux pas vous en dire plus pour le moment…

Avez-vous des données temps réel telles que la mesure des flux de personnes, les temps d’évacuation ou d’entrée dans des édifices ?

C’est exactement ce que propose notre solution ONHYS Qualia, développée au cours d’un projet pour l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) et le SGDSN (Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale). Cette solution novatrice permet à tous les opérateurs de bénéficier d’une vue globale de l’activité piétonne d’un site afin d’en optimiser la sécurité, la mobilité, et la qualité de service. Elle repose sur la combinaison de multiples sources de captation, toutes traitées de manière totalement anonyme : IoT (BT et Wifi), analyse vidéo, et autres dispositifs existants comme les comptages au contrôle d’accès. Ces données sont traitées par des algorithmes d’IA complexes, puis restituées sous la forme d’un superviseur 3D sur base de Jumeau Numérique offrant de nombreux indicateurs d’analyse et de gestion instantanée des flux.

Parfaitement adaptée aux acteurs de la sécurité, de l’événementiel, et de l’urbanisme, ONHYS Qualia permet de nombreuses applications, incluant :

  • Optimisation des aménagements
  • Réallocation dynamique des flux
  • Détection d’aléas et réaction immédiate
  • Coordination des multiples intervenants et parties prenantes
  • Adaptation temps réel de la signalétique commerciale comme de sécurité
  • Gestion dynamique de l’allocation du personnel

Gérez-vous aussi les déplacements verticaux ou d’un niveau à un autre, soit à pied ou par ascenseur ou travelator ?

Absolument. Nos environnements simulés, notamment les établissements recevant du public, comportent bien souvent des déplacements verticaux variés. Ceux-ci sont traités automatiquement depuis les maquettes BIM, et peuvent être paramétrés pour correspondre au mieux à l’environnement réel (ex. : vitesse des escaliers mécaniques, algorithme des ascenseurs).

Evacuation d’un immeuble par les pompiers

Pouvez-vous associer les comportements de panique, leadership, fuite, béatitude, etc. aux personnes afin de pouvoir simuler la réalité ?

En effet, notre modèle de comportement supporte notamment le leader-follower et la transmission d’informations entres les agents (ex. : temps d’attente sur différents points de parcours possibles). Nous travaillons en ce moment même à un nouveau modèle décisionnel dit de « comportements orientés buts » qui permettra d’aller encore plus loin en attribuant des objectifs de haut niveau à nos agents (ex. : s’assurer de la présence de ses enfants, dérouler les actions permettant de prendre un train pour une destination, intervenir en cas d’incendie).

En ce qui concerne les comportements extrêmes de panique et de fuite, nous sommes capables de les reproduire de manière empirique, mais la validation scientifique est en cours ; il n’y a en effet que très peu de données et de littérature scientifique disponibles sur le sujet, rendant quasiment impossible la validation du réalisme de tels comportements. Nous abordons ce sujet notamment au sein du projet H2020 CrowdDNA (foules extrêmement denses) et au sein d’un doctorat co-encadré concernant l’évacuation de zones en cas de tsunami (panique, fuite).

Lorsque vous effectuez ces mouvements de foules, peut-on mettre la caméra à la place des yeux d’une personne dans la foule afin de constater ce qu’il vit et voit réellement ?

Le rendu 3D de notre simulateur permet cela en effet, et vous pouvez capturer les séquences vidéo en 4K. Mais nous pouvons aller plus loin grâce à nos outils d’analyse, permettant de calculer les impressions (nombre de vues) de panneaux publicitaires ou de tout autre élément scénique (ex. enseigne commerciale, panneau de sortie de secours). Notre logiciel est même capable de calculer une carte de chaleur du potentiel de visibilité de l’ensemble de l’environnement au cours d’une simulation, permettant en un coup d’œil d’analyser les zones blanches, ou au contraire les zones à fort potentiel.

Simulation de cône de visibilité au sein d’un aéroport

Simulez-vous aussi les catastrophes naturelles ou effondrement de bâtiments, déclenchements d’incendie ou propagation de fumée, brouillard et non-visibilité pour ceux qui s’enfuient afin de voir leur impact sur les personnes ?

Nous ne traitons pas ces sujets directement, mais nous pouvons connecter notre simulateur à des résultats tiers pour les prendre en compte au sein de scénarios.

Comment vos solutions peuvent-elles aider dans les cas de pandémie et de besoin de respecter les distances, comprendre la transmission d’un virus, etc. ?

Là où nos concurrents se sont contentés d’agrandir l’espace personnel dans leurs simulations, nos équipes R&D ont conçu pendant la période de pandémie un simulateur complet de propagation virale au sein d’une foule dynamique.

Cette exclusivité mondiale permet d’étudier le risque de transmission viral d’un environnement selon différentes configurations et procédures. Par une analyse comparative, cela permet à un opérateur d’établissement recevant du public de ne plus avancer à l’aveugle, et surtout de s’assurer et de démontrer le gain apporté par ses procédures. Nous avons déployé cette solution avec succès pour plusieurs acteurs durant la période 2020-2021 (collectivité, ERP, état), et sommes en train de l’intégrer à un projet ambitieux aux côtés du CHU de Reims.

Carte de contamination hospitalière

Vos solutions sont-elles uniquement intéressantes en phase de conception ou aussi en phase d’exploitation et maintenance ?

Nos solutions suivent la logique 360, comme c’est le cas pour celles d’Autodesk. Elles sont applicables dès les premières phases de conception d’un projet (démonstration pré-projet pour un appel d’offres par exemple), permettent de l’accompagner durant la consolidation et la validation (échanges maîtres d’œuvre / d’ouvrage), puis le déploiement (phase de travaux), la livraison (récolement) et la phase d’exploitation (validation des procédures, formation du personnel, supervision d’évènements, calcul d’indicateurs liés aux flux de personnes).

Le traitement des maquettes, leur analyse et leur préparation se fait-il de manière automatique ou manuelle chez vous ?

L’intégralité du processus depuis Revit jusqu’à un environnement simulable ONHYS ONE prend 10 secondes montre en main. Il se résume à importer un fichier IFC qui est traité de manière totalement automatique par notre logiciel.

Proposez-vous des plateformes de supervision prêtes à l’emploi pour celles et ceux qui ne sont pas concepteurs ?

ONHYS Qualia est un système de traitement de données qui dispose soit de son propre superviseur, soit de la possibilité de s’interfacer avec un hyperviseur existant sur site. Dans les deux cas, un système générique peut être mis en place, ou une version spécifique peut être développée pour le client par nos experts. C’est donc du clef en main pour nos clients, et nous avons de plus un écosystème de partenaires variés pouvant fournir à la demande d’autres technologies : superviseur sur jumeau numérique, hyperviseur de sécurité, main courante numérique, matériel de captation, outils d’analyse vidéo par IA. Le tout est bien entendu intégré avec ONHYS Qualia.

Dans ce cas-là, est-ce vous qui réalisez les maquettes BIM avec vos équipes ? Sur quelles solutions ?

En effet, nous disposons d’experts en modélisation BIM au sein de notre équipe Customer Success. Ils peuvent créer ou retoucher une maquette BIM, soit depuis une source BIM, soit depuis toute source de donnée existante (plans 2D, ou même cartographie). Ils utilisent Autodesk Revit pour cela, qui assure une parfaite qualité des modèles 3D pour leur utilisation en simulation. Ils ont aussi recours à d’autres outils additionnels suivant les besoins, comme Autodesk InfraWorks pour l’extraction du modèle urbain, Dynamo pour certaines maquettes complexes nécessitant des modules spécifiques, et quelques fois FormIt.

D’ailleurs, quel type de maquette BIM recevez-vous essentiellement ? Revit, autre ?

Cela nous simplifierait beaucoup la vie de recevoir systématiquement du Revit. Malheureusement, la réception des maquette BIM n’est pas toujours garantie. Nous recevons la plupart du temps des maquettes DWG ou FBX peu informées. C’est pour cette raison que nous avons intégré un service de modélisation au sein de nos équipes.

Quelles sont vos plus belles réalisations ou les projets les plus intéressants sur lesquels vous avez travaillé et dont vous êtes fiers ?

Il y en a plusieurs. Nos travaux durant la pandémie remplissent toute l’équipe de fierté : une exclusivité mondiale, développée en un temps record, et permettant d’aider la communauté en une période très compliquée. Plus récemment, nos travaux sur le marketing phygital pour l’une des plus grandes régies publicitaires mondiale fut aussi une belle source d’inspiration. Enfin, l’ensemble des travaux que nous effectuons aux côtés d’acteurs académiques, industriels et institutionnels au sein de nos projets innovants sont aussi très motivants.

Etes-vous aussi impliqués sur des compétitions ou évènements internationaux ? Pouvez-vous nous donner quelques exemples svp ?

Nous participons régulièrement à des accélérateurs internationaux au processus de sélection très compétitifs. Nous pouvons citer par exemple SBC Scale Osaka, ou encore PWC Scale Transport. Il y a plus longtemps nous avons remporté Get In the Ring à Monaco, et nous sommes classés second à l’international (parmi plus de 200 candidats).

Côté évènements, nous participons régulièrement à des conférences, souvent aux côtés de nos partenaires grands groupes ou clients (nous sommes par exemple invités par le gouvernement Monégasque pour décrire nos travaux communs sur leur pavillon de l’expo universelle de Dubaï).

Les services de sécurité tels que les pompiers ou la police utilisent-ils vos outils ?

Nous travaillons en effet avec eux, comme la Gendarmerie Nationale avec qui nous avons conçu un outil de support à la décision, la Préfecture de Police de Paris qui s’intéresse à notre dernier projet en date, ou le Bataillon des Marins Pompiers de Marseille qui commence à expérimenter notre solution.

Quel est le coût d’une licence de vos solutions ? Etes-vous en mode locatif ou en licence perpétuelle ?

Nos licences sont en modèle locatif, et comprennent l’ensemble des mises à jour durant la période d’abonnement. ONHYS ONE suit un modèle modulaire, avec un cœur offrant les fonctionnalités de base, puis des modules spécialisés par verticalité : sécurité, marketing, sanitaire. Nous pouvons bien entendu créer des offres sur-mesure, et même développer des fonctionnalités spécifiques à la demande.

Comment distribuez-vous vos solutions ? En direct ou par le biais de revendeurs agréés ? Si oui, comment peut-on vous contacter ?

Nous distribuons en direct, via la plateforme UGAP, et aussi par l’intermédiaire de nos partenaires intégrateurs. Vous avez toutes les informations de contact direct sur notre site web : https://www.onhys.com/contact

Etes-vous présents dans toute l’Europe ?
Nous focalisons actuellement nos efforts de développement sur le territoire national, mais nous pouvons bien entendu répondre aux sollicitations partout en Europe et au-delà (nous avons par exemple des contrats en cours aux États-Unis).

Quels sont vos objectifs de développements futurs ?
A court terme, nous nous focalisons sur les prochains grands évènements Français : RWC23 et JOP24. Nous commençons à avoir de sérieuses opportunités au Canada et aux États-Unis, et ce sera naturellement la prochaine étape de notre développement. Nous allons certainement aussi lancer notre second tour de table prochainement.

Allez-vous un jour gérer le déplacement de drones ou voitures autonomes dans la ville ?

Rien ne s’y oppose en tout cas, mais ce sera dans une prochaine étape.

Souhaitez-vous dire quelque chose de particulier à nos lectrices et lecteurs ?

Je pense avoir déjà beaucoup parlé, alors je les invite à regarder nos vidéos de démonstration qui seront plus parlantes qu’un long discours : https://go.onhys.com/youtube

Connaissiez-vous ABCD Blog ?

Je dois avouer découvrir pour ma part, mais notre BIM Manager, Mme Mariem Kammoun, m’en a dit beaucoup de bien ! Je suis désormais abonné et voit passer beaucoup de choses intéressantes sur l’écosystème du BIM, bravo !

Sébastien, un grand merci pour votre temps et ces explications passionnantes de vos solutions. Nous vous souhaitons un grand succès sur les chemins du BIM.

Merci à vous Emmanuel, et bravo pour votre impressionnant travail de diffusion.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.