WeBIMup Bills, l’innovation portée par de jeunes entrepreneurs

WeBIMup, une startup dynamique qui boostera votre BIM

Découvrons aujourd’hui une petite startup dynamique et innovante ayant développé une solution plateforme spécifique de suivi des chantiers, WeBIMup.

Les parcours des deux jeunes créateurs de cette entreprise

Zaara Aziz
Co-fondatrice de WeBIMup
E-mail : zaara.aziz@webimup.cm
Mobile : 06 59 65 88 78

Zaara Aziz est diplômée d’une école d’ingénieur, précisément l’École Spéciale des Travaux Publics «ESTP » à Cachan où elle y a obtenu son diplôme d’ingénieur spécialisé en bâtiment.

Hassan TEBBAL
Co-fondateur de WeBIMup
Mobile +33 6 40 73 37 15
E-mail hassan.tebbal@webimup.com

Hassan Tebbal, quant à lui, est diplômé de l’université Paris VI. Il s’est formé et spécialisé en Ingénierie de la construction et de la réhabilitation en obtenant un diplôme de Master 2.

Leurs expériences professionnelles

Zaara Aziz a travaillé pendant 4 années en tant qu’ingénieur Développement BIM au sein de l’entreprise VINCI Construction France. Elle a œuvré au développement et au déploiement d’outils BIM pour l’ensemble des filiales du Groupe. Elle fut notamment en charge des développements de plugins Revit et d’applications Forge. Elle a également pu mettre à profit son expertise Dynamo.

Hassan Tebbal de son côté a plus de 6 années d’expérience en tant qu’ingénieur travaux puis Responsable de travaux au sein de l’entreprise Bouygues Construction puis par la suite VINCI Construction France.

Au sein de cette dernière, il a travaillé pendant 4 ans en tant que BIM Manager et il a occupé le poste de Responsable du service BIM Management. En qualité de BIM Manager, il a pu apporter son expertise sur l’opération “Origine” (EXE). Il a aussi eu l’opportunité d’être le référent 4D/5D sur le centre de performance de l’AS Monaco.

Enfin, Hassan Tebbal a travaillé en tant que BIM Manager sur le projet The Link (Conception) de l’Agence PCA Architecture, puis en qualité de Responsable de l’équipe BIM Management toujours au sein de l’entreprise VINCI Construction France.

Qui est « WeBIMup » et quel est son lien avec « l’écosystème BIM » ?

Hassan et Zaara s’associent en 2020 afin de créer WeBIMup, s’inscrivant totalement dans l’écosystème du BIM. Leurs profils apportaient une réelle complémentarité dans les solutions qu’offrent WeBIMup.

En 2020, et malgré le contexte mondial, la jeune entreprise « WeBIMup » a vu le jour, portée par le souhait de répondre au mieux aux besoins des constructeurs de demain.

L’équipe de WeBIMup apporte une polyvalence mêlant un parcours axé sur la construction et le digital. Outre une expérience professionnelle qui permet d’être au plus proche de la réalité des chantiers, c’est une véritable compréhension du besoin des constructeurs qui jalonna la création de WeBIMup. L’entreprise veut participer et répondre à l’évolution du monde de l’architecture et de la construction, mais surtout, répondre aux besoins des constructeurs notamment à travers l’outil innovant WeBIMup Bills.

Aujourd’hui, le taux d’adoption officiel du BIM en France est de 35%, avec une progression annuelle de 10 à 15% selon certaines études. Pourtant, les chantiers concernés ne bénéficient pas toujours des avantages du BIM. L’objectif de WeBIMup a été de créer une plateforme destinée au chantier, permettant d’amener le BIM sur le terrain, c’est l’outil WeBIMup Bills détaillé plus bas.

L’entreprise intervient sur 3 types de missions :

  • Consulting : BIM Management, AMO BIM, Modélisation, Planification 4D/5D

Intervention sur les projets Origine, Archipel, centre de performance de l’ASM

  • Développement : Applications web, Scripts Dynamo et plugins Revit

Développement d’une application logistique pour Orgaplan

  • Formation : Revit, Dynamo – Revit, BIM 360, 4D/5D – Synchro PRO

Interventions CESI, ESTP, GRETA

WeBIMup a récemment eu la chance de signer un partenariat avec Autodesk.

WeBIMup a en effet été sélectionnée en tant que Autodesk Service Provider, ce qui lui permet de travailler en partenariat avec l’éditeur afin de répondre au mieux aux diverses missions pour leurs clients. Celles-ci peuvent être du développement d’outils comme des plugins Revit ou des applications Forge, mais aussi de la formation ou de l’accompagnement au changement.

Hassan Tebbal confirme que : “En tant que partenaires, WeBIMup et Autodesk peuvent mieux servir, ensemble, leurs clients et ainsi relever de nouveaux défis.

Un outil innovant : une plateforme destinée aux chantiers « WeBIMup Bills »

WeBIMup Bills est un outil innovant conçu et développé par WeBIMup. Plateforme web unique, destinée aux chantiers, elle intègre plusieurs éléments :

  1. Le suivi des travaux, même à distance
  2. L’édition et le contrôle des situations de travaux
  3. L’aide à la réalisation d’un devis

La plateforme permet également l’export des quantités, le suivi des déboursés secs du chantier afin de permettre une meilleure vision des dépenses du chantier. D’autres éléments sont en cours d’ajout telle que la planification 4D/5D ou encore les reportings financiers.

La plateforme a recourss’appuie sur BIM360 Document Management pour le stockage des modèles dans le cloud, et sur les APIs d’Autodesk Forge pour l’intégration d’une visionneuse 3D dans WeBIMup Bills.

Utilisations de WeBimup Bills et application dans les projets de construction

WeBIMup Bills cible les entreprises de construction et les promoteurs. Elle permet aux intervenants chantier de :

  • Réaliser l’avancement des travaux sur les modèles BIM
  • Lier les DPGF aux modèles 3D
  • Contrôler la situation de travaux à tout moment

WeBIMup, en tant qu’entreprise continue de développer son outil innovant et compte y intégrer des éléments pour faciliter :

  • La gestion interne du chantier
  • La gestion des équipes « travaux »
  • La gestion des droits à dépenser et les écarts en fonction de l’avancement

La polyvalence de l’équipe derrière la plateforme WeBIMup Bills apporte l’expérience du management en termes de gestion d’équipe et de projets, du digital et bien évidemment de la construction.

Quelques mots sur l’avenir proche et lointain de la plateforme WeBIMup Bills ?

La plateforme WeBIMup Bills est lancée et l’entreprise WeBIMup travaille actuellement sur le choix des projets pilotes pour le déploiement et la consolidation. L’équipe de WeBIMup souhaite dans un second temps un déploiement plus massif de sa plateforme pour participer à l’écosystème du BIM et la faire rayonner sur de nombreux projets.

Site web de l’entreprise ici.

Et si vous souhaitez les suivre sur tous les réseaux sociaux :

Interview Engineering Of the Future with Sylvie Cassan & Marc Simon – SYSTRA, a leading Company that paved the way for BIM for Infra at high speed!

This week, we have the great pleasure and honor to welcome SYSTRA, one of the largest and most prestigious French International Engineering Company in the field of rail, infrastructure and urban development, which has been at the forefront of innovation and BIM since many years. It has also been repeatedly recognized for its BIM excellence everywhere in the world.

We will discuss with Sylvie Cassan, Director of Business Development at SYSTRA France & International Services and Marc Simon, in charge of BIM deployment in France, enlightening our readers with the presentation of their great Company.

Hello Sylvie and Marc, we are delighted to welcome such a prestigious engineering Company as SYSTRA. Your involvement and roles have been key to the success of your Company. Could you first introduce yourself and briefly tell us about your professional background?

Sylvie: Hi Emmanuel, I have been Director of our BIM initiative during the deployment phase in France from 2016 till 2018. Since 2019, I have been Director of Business Development and as such, I kept the responsibility of BIM development in connection with customers. I have a degree in urban planning, coupled with an eMBA at HEC. This definitely helped me manage this digital transformation of our company.
Marc is Director of Data Management Operations responsible for the deployment of BIM and Data for SYSTRA projects in France and for international contributions production from France.

Systra is one of the great French engineering companies that shines internationally. Could you tell our readers more about your company, its areas of activities, its organization and its geographic coverage? Do you specifically cover design and construction phases as well as operation and maintenance?

SYSTRA is a consulting and engineering company with more than 7,300 employees worldwide with an export share of around 70%. SYSTRA has been around for over 60 years. Its activity historically focuses on the field of guided transportation and today, it also covers all types of mobility. SYSTRA is developing a wide range of services for urban development and regional planning, around the ecological and energy transition. SYSTRA is involved throughout the lifecycle, from preliminary studies, from design to construction, testing and commissioning, operation and maintenance engineering phases. In all these phases, BIM is integrated into our processes.

What is Systra’ sustainability strategy and how do digital and BIM enable you to achieve your goals?

Our job is to create mobility solutions promoting access to territories, services, movement of people and goods. Sustainable development for SYSTRA goes beyond a regulatory approach: it is intrinsic to our projects. In a context of climate emergency and energy transition, we are particularly focusing on the management of resources (biodiversity, water, etc.) and on controlling the carbon footprint, with our CARBONTRACKER solution which is a good example of use of BIM data to accelerate the integration of ecodesign into our engineering missions.

What types of projects do you work on most frequently? Are they mainly rail infrastructure projects? Do you also manage the signaling, people flow, operation and maintenance part?

We work on all types of infrastructure projects with the particularity of integrating, in addition to buildings, linear structures whether they are roads, rails or linked to energy networks. Regarding underground or overhead railway works, the track, energy and signaling trades are involved at SYSTRA in BIM production.
The topic of operation and maintenance is integrated since the design phases: with BIM, our goal is to structure the data delivered to the operator and maintainer as soon as possible.

What is the ratio between projects in France and internationally? And what are your major accomplishments?

The ratio is 2/3rd of export projects: in France the key projects deployed in BIM have been with the Grand Paris since 2013, both in our missions of Design and PMC Systems, Technical Assistance for Owners, Rolling stock Design and automated driving systems, the Toulouse metro, again both on the Design and Owner side, on the TELT (Lyon Turin Railway Tunnel) side, but also on rail network modernization projects: Bry Villiers Champigny, St Jean de Maurienne but also smaller sizes like Ste Musse stop, Cagnes sur Mer exchange hub, tram projects such as line 13 express in Ile de France (parisian suburbs) … or even projects where we assist the Owners in the deployment of BIM on projects, as for example for the Pont Anne de Bretagne near Nantes Métropole.

Bry Villiers Champigny Station – © SYSTRA, 2021


At international level, our most significant current projects are HS2, the London Manchester High Speed project, OLP3 the high speed line at Ostlanken in Sweden, Etihad Rail Phase 2, the extension of the United Arab Emirates network or more recently the project by DUROY in Canada…

HS2 – © SYSTRA, 2021

As a large engineering company, when did you make the shift to BIM and what were the main reasons? Was this linked to a strong demand from the owner side or was it part of your strategy as a large innovative company?

We have initiated our BIM journey in 2013. We set up a dedicated program in 2015 with a French version in 2016, a strong strategic impetus from our COMEX. At international level, it was about meeting the demands of our customers, which was already high. In France, we have anticipated the demands of our major clients. The increasing demands of our customers have confirmed us that it was the way to go. Due to our market positioning, we have effectively paved the way for BIM for infrastructure in France and internationally.

When and how did you make this digital transition and what resources and organization did you put in place?

BIM was placed at the heart of the digital transformation very early on, which affects all of our processes. From the beginning of the project, a dedicated organization was set up, at group level under the leadership of Eric PRUVOST and in France where I was Director of this BIM initiative. The progress of our BIM deployment in France at the end of 2015, made it possible to switch to a more industrialized mode with the integration of dedicated teams of BIM managers, CDEs and Data managers within our Operations department, under the leadership of Marc SIMON. The BIM initiative continues with the goal today to facilitate the deployment of BIM on projects, continue to capitalize, stimulate new innovations related to BIM and Data within projects through POC (Proof Of Concept). We also continue to offer in-house training to complete the maturity of project teams.

What kind of digital and technological strategy have you put in place?

Our BIM strategy is based on 3 fundamentals, the use of new technologies to strengthen our efficiency in data creation, to strengthen our project management processes and ensure mastering of information management and finally to develop services and solutions to manage this data and bring even more value to our customers. We integrate BIM into all of SYSTRA’s businesses and we structure the Data over the entire life cycle. We are focusing our current efforts on the works and operation / maintenance phases by relying on our BIM managers and Information managers.

In particular, have you reorganized the roles and responsibilities of each person?

We “BIMized” all engineering professions and all project organizations, starting with the production and coordination teams, then Project Management. The maturity of a team is measured by that of the project management team. For new projects, our principle is to make it easier to get started with BIM with supporting BIM experts.

What are the main stages of such a change? Any pitfalls but also the benefits and return on investment?

You have to first make sure you have the leadership alignment & support and then project teams. The adoption of BIM requires a lot of pedagogy, support for change both collectively and individually because fears and even resistance to change are everywhere.
One of the adoption acceleration effects is when BIM is a requirement of our customers. The project teams also benefit from the central work of the BIM processes but also from the clearing of technical constraints, which are relatively high because the BIM tools on the market for linear and rail sector are still a work in progress. We now have more stable responses.

Do you now process all your projects in BIM or is there a critical size and / or amount of work to do so?

We now process all our new projects in BIM, regardless of the size. For old projects, we are able to apply reverse engineering methods to switch to BIM if necessary.

Which BIM projects are you most proud of and for what reasons?

The Grand Paris and HS2 (High Speed ​​Train in the UK) projects are of exceptional size and they have supported the dynamics of BIM, both in deployment and as innovation accelerators. We continue to progress and learn every day from these projects. Beyond these emblematic projects by their scale and their level of requirements, we have an infinity of smaller projects of different types where BIM is deployed: it is also an opportunity to deploy new use cases. In summary, all projects provide feedback, which we endeavor to capitalize on, both in terms of difficulties encountered and key success factors.

How do Autodesk technologies play a key role in the excellence of your know-how?

Autodesk technologies are used on a daily basis, whether it’s for CAD / BIM production. BIM 360 information management solution and the Forge platform also allow us to develop our solutions for BIM data management.

Besides, how do you collaborate with Autodesk on a daily basis and is this an essential contribution?

Beyond the tools that remain a solid basis for many of our projects, Autodesk was a key Partner in the initialization phase by providing us with its expertise and even today in our innovation work around BIM.

Innovation is at the heart of your DNA. In particular, do you develop solutions of your own to automate and speed up production such as “Prestress” and others? Could you tell us more about that aspect?

We have the particularity of having associated business teams with our BIM deployment teams from the first phases of deployment, with a view to improving our processes and our production. Indeed, this resulted in the development of our portfolio of BIM in One Click solutions for instance.

The heart of this solution is to offer modelers a key functionality in linear structure modeling which is the placement of objects according to the alignment of the project, taking into account the rules of the trade and capitalizing on a library of specific objects. This work, which was awarded through 2 Silver BIM Awards on the Toulouse (2017) and Bogota (2018) metro projects, was initiated on the engineering structures of the overhead metro infrastructure. Since then, many other modules have been created, whether for tunnels, tracks, railway gauges or even catenaries.

Bogota’s first aerial metro line – © SYSTRA, 2021


We have also developed a solution to help our modelers in the design of prestressed structures with the Prestress solution and we are currently investing a lot in the development of BIM data management solutions around the Forge platform.

What are your differentiators compared to your competitors and colleagues? What are your strengths?

In our opinion, our strength is linked to 5 factors: the level of impetus for the deployment of BIM in our organization, the financial effort made for this deployment, the establishment of dedicated teams at central level, allowing to capitalize between projects in France and between advanced countries, within our Group with a global footprint, the strong integration of BIM into our businesses; last factor and not the least, that the project was built as a technological but also organizational transformation, with people being at the heart of this transformation.

You have been awarded several time during the famous BIM d’Or competition, notably for the Toulouse and Bogota Metros, congratulations! Has it changed anything in your daily life or the way you do things? Does this push you to go even further?

These 2 distinctions in 2017 and then 2018 in the BIM Infrastructure field in France and International categories first of all brought recognition to the project and deployment teams. They have also enabled us to highlight internally SYSTRA as the pioneers of digital transformation, by acknowledging the successes of the teams who have had the braveness and vision to develop and innovate, which is a strong value within the SYSTRA Group.

Toulouse Metro – © SYSTRA

Are you investigating in generative design or artificial intelligence? Is this a strong axis of development for you?

We initiated a Proof of Concept in 2019 on generative design applied to the functional design of metro stations. If you wish to have more details aboyt it, you can view our latest class during Autodesk University that you can view here. Although we did not achieve all of our goals, we have learned a lot and this has allowed us to better define our current actions to test the possibilities of AI. However, I cannot tell you more at this stage except that it is indeed a strong focus of our innovation work.

Are Virtual and Augmented Reality important in your workflows?

We have initiated virtual reality for some stations of the Grand Paris, in particular to ensure, in addition to our flow experts, the intuitive nature of train movements, which have the particularity of being deep (30 to 50 m for the deepest). We currently use virtual reality mainly for communication but also for training purposes as part of the activity of our SYSTRA Academy entity dedicated to rail risks with the ability to safely understand the blast effect of trains.

SMI VITRY Platform modeling and catenaries columns – © SYSTRA

What types of simulations do you perform using BIM? People flows, fluids, fires, disasters, etc. ?

We have integrated passengers flow models into the building models; this was particularly the case during the Hyperloop challenge that we won in 2016.
We also modeled the behavior of a Grand Paris station in terms of acoustics to ensure the intelligibility of the vocal messages with regard to the ambient noise of escalator equipment, for example, …).
We were also pioneers in the convergence of BIM and GIS data, a “natural” environment for territorial data for infrastructure projects of several tens of kilometers for urban transport projects, several hundred kilometers for rail projects.

In addition, do you converge the simulation of your “building” projects, with the trains that are inside by allowing drivers in particular to simulate the piloting of a train or a metro on lines and to anticipate the functioning of the signals, in particular thanks to artificial intelligence?

On the maintenance sites, we effectively compared the interior volumetry of the buildings, in particular at the level of structures, the gangway equipment with the train gauges, but also the positioning of the landing doors.
During the project for SNCF at the Issy RER station, we verified the visibility of the signals by the train driver during the design studies, directly in the maintenance BIM model.

Issy-les-Moulineaux RER Station – © SYSTRA, 2021

Moreover, will subways and trains be more and more autonomous and will BIM help to simulate it in a better way?

Whether it’s for the Grand Paris or Toulouse metro, metro projects are fully automatic. We have extended the use of BIM as Design for rolling stock and driving automation in the Grand Paris, with the modeling of a library of objects specific to this type of work.

In the same spirit, are you already simulating the future maintenance of electrical, technical, or other installations using augmented reality?

We have digitized the processes for our trades of testers on electrical and signaling installations to facilitate our Testing and Commissioning phases. Once the data is structured and the objects have been modeled, there is only one step in transmitting the data to the future maintainer.
As mentioned, we are developing augmented reality within the framework of SYSTRA académie. We mention the use of the project review, to allow the teams in the field to dialogue with the experts remotely.

Digital Twins are taking up more and more space, especially for infrastructure. Are you developing ad-hoc in-house digital twin solutions and offers for your customers? Based on Forge or do you rely on market solutions?

We are in a holistic approach to the tools on the market taking into account the requirements of the project owner and the necessary interface with the pre-existing environment, in particular the CMMS tools.
As mentioned previously, we are working on the subject of digital twins with a very pragmatic approach focused on the principle of data exploitation. For this, we actually rely on Forge which allows us to process and visualize the most common BIM formats like IFC and Revit and therefore to develop, for example, simulation solutions like our CARBONTracker solution.

Furthermore, what innovations or transformations are you working on for the future?

Two of the strong pillars of SYSTRA’s strategy are sustainable development and safety.
On the first subject, our BIM innovation teams support the ecodesign business to strengthen its integration into our design processes by giving them access to information. Indeed, the objective of CARBONTracker is first of all to quantify the emissions over the course of the project and to associate it with all the analysis tools allowing the CO2 factor to be taken into account in all decision-making.
On the second subject, we are in the development phase of our SAFEbyBIM application which will allow better control of security risks over their entire life cycle.

As a major player in the sector and a major international player, what is your vision of the progress of BIM in France compared to the world? Do you think this is sufficient?

The maturity evolution of BIM initially in France was undoubtedly less rapid for various reasons: the choice of public authorities to stimulate rather than mandate; the sequencing of the missions between the designer, the builder versus more integrated visions of the act of building abroad; finally, the characteristics of our ecosystem in the construction sector, which in France is characterized by a large number of players to embark on, with nearly 400,000 companies for the construction sector.
However, it should be noted the enormous investment of France through the MINnD Project and in particular MINnD4Rail in the development of IFC standards for infrastructure which will make it possible to accelerate the deployment of BIM while guaranteeing the interoperability of data and therefore the possibility of being able to fully exploit the benefits of this data.

Do you think that a BIM mandate like in the United Kingdom or some countries of South America would help to move things forward in France?

We do not believe that we should revisit the choices of the past. Moreover, the adoption of BIM is progressing and each edition of the BIM d’Or proves the tremendous progress of BIM in France, of its adoption regardless of the size of the projects and sectors of activity. On the other hand, it seems necessary to us to collectively move the lines in terms of defining the missions of BIM management and their links with the MOP law, or subjects relating to contractual clauses or even insurance subjects.

Do you have a particular message that you would like to convey to our readers?

As a pioneer of BIM for Infra, with increased technological difficulties compared to the building, we would like to emphasize again that BIM is more than a simple adoption of tools, much more than an approach: its deployment is a powerful revealer of what works or not in organizations.
It is also sharing the feeling that we have paved the way, made great progress but that we still have before us a formidable source of unsuspected innovations, often resulting from a multidisciplinary approach: so meet your readership to build this future!

Did you know ABCD Blog?

We are indeed familiar with your blog that you launched Emmanuel in 2014 and we are delighted to share our feedback.

Sylvie, Marc, a big thank you for your time and this fascinating presentation of Systra. We hope you continue your successful journey on the path to excellence in engineering and BIM.

Interview Ingénierie du Futur avec Sylvie Cassan et Marc Simon – SYSTRA, une entreprise leader ayant ouvert la voie du BIM Infra pour un déploiement à très grande vitesse !

Nous avons le grand plaisir et l’honneur de recevoir cette semaine la plus grande et prestigieuse ingénierie française du domaine du ferroviaire, des infrastructures et de l’urbain, la société SYSTRA qui est à la pointe de l’innovation et du BIM depuis maintenant de nombreuses années. Elle a d’ailleurs été à maintes reprises récompensée pour son excellence BIM.

Sylvie Cassan, Directrice du Développement Commercial SYSTRA France & International Services et Marc Simon, en charge du déploiement du BIM en France nous font le plaisir de répondre à nos questions et d’éclairer nos lectrices et lecteurs.

Bonjour Sylvie et Marc, nous sommes ravis et honorés d’accueillir une ingénierie aussi prestigieuse que la vôtre sur ABCD Blog et de vous recevoir tous deux car votre implication et vos rôles sont clés dans la réussite de votre Grande Entreprise. Pourriez-vous tout d’abord vous présenter et nous parler brièvement de votre parcours professionnel ?

Sylvie : bonjour Emmanuel, j’ai été Directrice du projet BIM lors de la phase déploiement en France de 2016 à 2018 ; depuis 2019, je suis Directrice du Développement Commercial et conserve à ce titre le développement du BIM en lien avec les clients. Ma formation initiale d’urbaniste, doublée d’un eMBA à HEC m’ont aidé dans le pilotage de cette transformation.

Marc : bonjour Emmanuel, je suis Directeur Opérations Data Management, responsable du déploiement du BIM et de la Data pour les projets de SYSTRA en France et pour les productions en contributions internationales depuis la France.

Systra est l’une des grandes ingénieries françaises qui rayonne à l’international. Pourriez-vous pour nos lecteurs présenter l’entreprise, ses domaines d’activités, son organisation et sa couverture géographique ? Couvrez-vous notamment la phase conception et construction et aussi gestion et maintenance ?

SYSTRA est une société de conseil et d’ingénierie qui compte plus de 7300 collaborateurs dans le monde avec une part d’activité à l’export de l’ordre de 70 %. SYSTRA existe depuis plus de 60 ans. Son activité concerne historiquement le domaine des transports guidés et couvre aujourd’hui l’ensemble des mobilités. SYSTRA développe une large palette de services au service du développement urbain et de l’aménagement du territoire, autour de la transition écologique et énergétique. SYSTRA intervient sur tout le cycle de vie, dès les études préliminaires, de la conception jusqu’aux phases de réalisation, tests et mise en service, ingénierie d’exploitation et de maintenance. A toutes ces phases, le BIM est intégré dans nos process.

Quelle est la stratégie liée au développement durable de Systra et comment le numérique et le BIM vous permettent-ils d’atteindre vos objectifs ?

Notre métier est de créer des solutions de mobilité favorisant l’accès aux territoires, aux services, la circulation des personnes et des biens. Le développement durable pour SYSTRA va au-delà d’une approche réglementaire : il est intrinsèque à nos projets. Dans un contexte d’urgence climatique et de transition énergétique, nous nous focalisons tout particulièrement sur la gestion des ressources (biodiversité, eau…) et sur la maîtrise de l’empreinte carbone, avec notre solution CARBONTRACKER qui est un bon exemple de l’exploitation de la donnée BIM pour accélérer l’intégration de l’écoconception dans nos missions d’ingénierie.   

Sur quels types de projets travaillez-vous le plus fréquemment ? Sont-ce essentiellement des projets d’infrastructures ferroviaires ? Gérez-vous aussi la partie signalisation, flux des personnes, exploitation et maintenance ?

Nous travaillons sur tous types de projet d’infrastructure avec la particularité d’intégrer, outre des bâtiments, des ouvrages linéaires qu’ils soient routiers, ferroviaires ou liés à des réseaux d’énergie. Concernant les ouvrages ferroviaires souterrains ou aériens, sont impliqués chez SYSTRA dans la production BIM les métiers de la voie, de l’énergie, mais aussi de la signalisation.    

La question de l’exploitation et de la maintenance est intégrée dès notre conception : avec le BIM, notre objectif est de structurer au plus tôt les données livrées à l’exploitant et au mainteneur.

Quel est le ratio entre les projets en France et à l’international ? Et quelles sont vos grandes réalisations ?

Le ratio est de 2/3 de projets à l’export : en France les projets clés déployés en BIM sont le Grand Paris depuis 2013, tant dans nos missions de MOE que d’AMO Systèmes, d’ATMO, de MOE matériel roulant et automatismes de conduite, le métro de Toulouse, là aussi tant côté MOE qu’AMO, MOE de TELT (Tunnel Lyon Turin Ferroviaire) mais aussi des projets de modernisation du réseau ferroviaire : Bry Villiers Champigny, Saint Jean-de-Maurienne mais aussi des projets de plus petite taille : halte de Sainte Musse, Pôle d’échanges de Cagnes sur Mer, des projets de tramway comme la ligne 13 express en Ile de France… ou bien encore des projets où nous assistons la MOA dans le déploiement du BIM sur projet, comme par exemple  pour le Pont Anne de Bretagne auprès de Nantes Métropole.

Gare de Bry Villiers Champigny – © SYSTRA, 2021

A l’export,  nos projets actuels les plus significatifs sont HS2 le projet de grande vitesse Londres Manchester, OLP3 la ligne grande vitesse à Ostlanken en Suède, Etihad Rail Phase 2 l’extension du réseau des Emirats Arabes Unis ou bien plus récemment le projet de DUROY au Canada…

HS2 – © SYSTRA, 2021

En tant que grande ingénierie, quand avez-vous effectué le virage du BIM et quelles en étaient les raisons majeures ? Etait-ce lié à une demande forte de la maîtrise d’ouvrage ou était-ce inscrit dans votre stratégie en tant que grande entreprise innovante ?

Nous avons initié le BIM dès 2013. Nous avons mis en place un programme dédié en 2015 avec une déclinaison française en 2016, une impulsion stratégique forte du COMEX. A l’export, il s’agissait de répondre aux exigences de nos clients, déjà fortes. En France, nous avons anticipé les demandes de nos grands donneurs d’ordre. Les demandes croissantes de nos clients nous ont conforté dans cette direction. Du fait de notre positionnement marché, nous avons effectivement ouvert la voie du BIM pour l’infrastructure en France comme à l’international.

Quand et comment avez-vous effectué cette transition numérique et quels moyens et organisation avez-vous mis en place ?

Le BIM a été placé très tôt au cœur de la transformation digitale qui affecte tous nos process. Dès l’origine du projet, une organisation dédiée a été mise en place, au niveau du groupe sous la direction d’Eric Pruvost et en France où j’étais Directrice du projet BIM. Les avancées de notre déploiement du BIM en France fin 2015, ont permis de passer à un mode plus industrialisé avec l’intégration des équipes dédiées de BIM managers, de CDE et Data managers au sein de notre direction des Opérations, sous la Direction de Marc Simon. Le projet BIM continue avec pour vocation aujourd’hui de faciliter le déploiement du BIM sur les projets, de continuer à capitaliser, d’impulser de nouvelles innovations liées au BIM et à la Data au sein des projets par le biais de POC (Proof Of Concept). Nous continuons également de décliner des formations en interne pour achever la montée en maturité des équipes sur projets.

Quelle stratégie numérique et technologique avez-vous mis en place ?

Notre stratégie BIM repose sur 3 fondamentaux, l’utilisation des nouvelles technologies pour renforcer notre efficacité dans la création de la donnée, pour renforcer nos processus de pilotage de nos projets et garantir la maitrise de la gestion de l’information et enfin pour développer des services et solutions permettant d’exploiter cette donnée et d’apporter encore plus de valeur à nos clients.   Nous intégrons le BIM dans tous les métiers de SYSTRA et nous structurons la Data sur tout le cycle de vie. Nous concentrons nos efforts actuels sur les phases travaux et exploitation / maintenance en nous appuyant sur nos BIM managers et Information managers.

Avez-vous notamment réorganisé les rôles et responsabilités de chacun ?

Nous avons « BIMisé » tous les métiers de l’ingénierie et toutes les organisations projets, en commençant par les équipes de production et de coordination, puis de Direction des projets. La maturité d’une équipe se mesure à celle de l’équipe de management de projet. Pour les projets qui démarrent, notre principe est de faciliter la prise en main du BIM avec des experts BIM en appui.

Quels sont les grandes étapes d’une telle mutation ? Les écueils éventuels mais aussi les bénéfices et retours sur investissement que vous en avez tiré ?

Il faut s’assurer d’avoir tout d’abord un alignement de la direction. Ensuite des équipes projet. L’adoption du BIM passe par beaucoup de pédagogie, d’accompagnement du changement à la fois collectivement et individuellement car les craintes, voire les résistances au changement sont partout.

Un des effets d’accélération de l’adoption est quand le BIM est une exigence de nos clients. Les équipes projets bénéficient par ailleurs du travail en central des process BIM mais aussi de défrichage des contraintes techniques, relativement élevées car les outils BIM du marché pour le linéaire et le secteur du ferroviaire sont encore en développement. Nous avons maintenant des réponses stables.

Traitez-vous dorénavant tous vos projets en BIM ou y-a-t-il une taille et/ou un montant de travaux critique ?

Nous traitons maintenant tous nos nouveaux projets en BIM, quelle que soit leur taille. Pour des anciens projets, nous sommes en capacité d’appliquer des méthodes de rétro-ingénierie  pour passer en BIM si le besoin se fait sentir.

Quels sont les projets développés en BIM dont vous soyez les plus fiers et pour quelles raisons ?

Les projets du Grand Paris et HS2 (High Speed Train au Royaume-Uni) sont des projets de taille exceptionnelle qui ont soutenu la dynamique du BIM, à la fois dans le déploiement mais aussi comme accélérateurs d’innovation. Nous continuons de progresser et d’apprendre tous les jours grâce à ces projets. Au-delà de ces projets emblématiques par leur échelle et leur niveau d’exigences, nous avons une myriade de projets de plus petite taille et de nature différente où le BIM est déployé : c’est aussi l’occasion de déployer de nouveaux cas d’usages. En synthèse, tous les projets sont porteurs de retours d’expérience, que nous nous attachons à capitaliser, tant au niveau des difficultés rencontrées que des facteurs clés de réussite.

Comment les technologies Autodesk déployées jouent-elles un rôle clé dans l’excellence de votre savoir-faire ?

Les technologies Autodesk sont aussi utilisées au quotidien que ce soient les solutions de production CAO/BIM, la solution de gestion de l’information BIM 360 mais aussi la plateforme Autodesk Forge qui nous permet de développer nos solutions d’exploitation de la donnée BIM.

D’ailleurs, comment collaborez-vous avec Autodesk au quotidien et est-ce un apport essentiel ?

Au-delà des outils qui restent une base solide pour nombreux de nos projets, Autodesk a été un partenaire clé dans la phase d’initialisation en nous apportant son expertise et aujourd’hui encore sur nos travaux d’innovations autour du BIM.

L’innovation est au cœur de votre ADN. Vous développez notamment des solutions qui vous sont propres permettant d’automatiser et d’accélérer la production telles que Prestress et d’autres ? Pourriez-vous nous parler de cet aspect ?

Nous avons la particularité d’avoir associé dès les premières phases de déploiement les équipes métiers à nos équipes de déploiement BIM avec une recherche d’amélioration de nos process et de notre production. Effectivement, cela a abouti au développement de notre portefeuille de solutions BIM in One Click.

Le cœur de cette solution est d’offrir aux modeleur une fonctionnalité clé dans la modélisation d’ouvrage linéaire qui est le placement des objets suivant l’alignement du projet en prenant en compte bien sûr les règles du métier et en capitalisant sur les bibliothèques d’objet. Ce travail qui a été primé au travers de 2 BIM d’Argent sur les projets de métro de Toulouse (2017) et Bogota (2018) a été initié sur les ouvrages d’art des infrastructures de métro aérienne. Depuis, de nombreux autres modules ont été créés que ce soit pour les tunnels, la voie, les gabarits ferroviaires ou encore les caténaires.

1ère ligne de métro aérienne de Bogota – © SYSTRA, 2021

Nous avons également développé une solution pour aider nos modeleurs dans la conception des ouvrages d’art précontraints avec la solution Prestress et actuellement nous investissons beaucoup dans le développement de solutions de gestion de la donnée BIM autour de la plateforme Forge.  

Quels sont vos éléments différentiateurs par rapport à vos concurrents et confrères ? Qu’est-ce qui fait votre force ?

Selon nous, notre force est liée à 5 facteurs : le niveau d’impulsion du déploiement du BIM dans notre organisation, l’effort financier consenti pour ce déploiement, la mise en place d’équipes dédiées en central permettant de capitaliser entre projets en France et entre avancées pays, au sein de notre Groupe à l’empreinte mondiale, la forte intégration du BIM à nos métiers ; dernier facteur et non des moindres, que le projet a été construit comme une transformation technologique mais aussi organisationnelle, l’humain étant au cœur de cette mutation.

Vous avez été primés à plusieurs reprises aux BIM d’Or, notamment pour les Métros de Toulouse et de Bogota, félicitations. Est-ce que cela a changé quelque chose dans votre quotidien ou votre manière de faire ? Est-ce que cela vous pousse à aller encore plus loin ?

Ces 2 distinctions en 2017 puis 2018 dans les catégories BIM Infrastructure France et International ont apporté tout d’abord de la reconnaissance aux équipes projet et aux équipes de déploiement. Elles nous ont aussi permis de mettre en avant en interne SYSTRA les pionniers de la transformation, en actant les réussites des équipes qui ont eu l’audace de développer et d’innover, ce qui est une valeur forte au sein du Groupe SYSTRA.

Métro de Toulouse – © SYSTRA

Où en êtes-vous des approches telles que la conception générative ou l’intelligence artificielle ? Est-ce un axe fort de développement pour vous ?

Nous avons initié un Proof of Concept en 2019 sur le generative design appliqué à la conception fonctionnelle des stations de métro. Si vous souhaitez avoir plus de détail vous devriez pouvoir consulter le REX que nous avons fait sur le sujet lors du dernier Autodesk University qui est disponible sur internet ici. Même si nous n’avons pas atteint tous nos objectifs, nous avons beaucoup appris et cela nous a permis de mieux définir nos actions en cours qui testent les possibilités de l’IA. Je ne peux toutefois pas vous en dire plus à ce stade, sauf que c’est effectivement un axe fort de nos travaux d’innovation. 

La réalité virtuelle et augmentée est-elle importante dans vos workflows ?

Nous avons initié la réalité virtuelle sur les gares du Grand Paris notamment pour nous assurer en complément de nos experts flux, du caractère intuitif des circulations en gare qui ont la particularité d’être profondes (30 à 50 m pour la plus profonde). Nous utilisons la réalité virtuelle à l’heure actuelle principalement pour de la communication, mais aussi de la formation dans le cadre de l’activité de notre entité SYSTRA Académie dédiée aux risques ferroviaires avec la capacité à appréhender en toute sécurité l’effet de souffle des trains. 

SMI VITRY Modélisation plateforme voie et poteaux caténaires – © SYSTRA

Quels types de simulations faites-vous grâce au BIM ? Flux de personnes, fluides, incendies, catastrophes, etc. ?

Nous avons intégré aux maquettes des bâtiments les modélisations de flux de voyageurs ; c’était notamment le cas lors du challenge Hyperloop que nous avons remporté en 2016.

Nous avons également modélisé le comportement d’une gare du Grand Paris en matière acoustique pour s’assurer de l’intelligibilité des messages au regard du bruit ambiant des équipements tels que les escaliers mécaniques par exemple,…).

Nous avons été aussi pionniers dans la convergence des données BIM et SIG, environnement « naturel » des données de territoires pour les projets d’infrastructure de plusieurs dizaines de kilomètres pour les projets de transport urbain, plusieurs centaines de kilomètres pour les projets ferroviaires.

Par ailleurs, faites-vous converger la simulation de vos projets « bâtiments », avec les véhicules, trains qui sont à l’intérieur en permettant notamment à des conducteurs de simuler le pilotage d’un train ou d’un métro sur des lignes et d’anticiper le fonctionnement des signalisations, notamment grâce à l’intelligence artificielle ?

Sur les sites de maintenance nous avons confronté effectivement la volumétrie intérieure des bâtiments, notamment au niveau des structures, des équipements de passerelles avec les gabarits des trains, mais aussi le positionnement des portes palières.  

Lors du projet pour la SNCF sur la Gare d’Issy RER, nous nous étions assurés directement dans la modélisation lors des études de conception, du maintien de la visibilité des signaux par le conducteur du train.   

Gare RER d’Issy-les-Moulineaux – © SYSTRA, 2021

D’ailleurs, l’autonomie des métros et trains est-elle de plus en plus présente et le BIM aidera-t-il à la simuler de meilleure manière ?

Que cela soit pour le métro du Grand Paris ou celui de Toulouse, les projets de métro sont entièrement automatiques. Nous avons étendu l’usage du BIM en tant que MOE du matériel roulant et des automatismes de conduite sur le Grand Paris, avec une modélisation d’une bibliothèque d’objets propres à cette nature d’ouvrages.

Dans le même esprit, simulez-vous déjà l’entretien futur des installations électriques, techniques, ou autre grâce à la réalité augmentée ?

Nous avons digitalisé les process pour nos métiers d’essayeurs sur les installations électriques et de signalisation pour faciliter nos phases de Tests and Commissioning. Une fois la donnée structurée et les objets modélisés, il n’y a qu’un pas pour transmettre les données au futur mainteneur.

Comme évoqué, nous développons la réalité augmentée dans le cadre de SYSTRA académie. Nous évoquons le recours à la revue de projet, pour permettre aux équipes sur le terrain de dialoguer avec les experts à distance.    

Les jumeaux numériques prennent de plus en plus de place, notamment pour les infrastructures. Développez-vous des solutions et offres de jumeaux numériques ad-hoc maison pour vos clients ? Sur la base de Forge ou vous appuyez-vous sur des solutions du marché ?

Nous sommes dans une approche holistique des outils sur le marché en tenant compte des exigences de la MOA et de la nécessaire interface avec l’environnement pré-existant, notamment les outils de GMAO.

Comme évoqué précédemment, nous travaillons sur le sujet du jumeau numérique avec une approche très pragmatique tournée sur le principe de l’exploitation de la donnée. Pour cela, nous nous appuyons effectivement sur Forge qui permet de traiter et visualiser les formats BIM les plus courants (dont le standard ouvert IFC et Revit) et donc de développer par exemple des solutions de simulation du type CARBONTracker.

Par ailleurs, sur quelles innovations ou transformations travaillez-vous pour l’avenir ?

Deux des axes forts de la stratégie de SYSTRA sont le développement durable et la sécurité.

Sur le premier sujet, nos équipes d’innovation BIM accompagnent le métier de l’écoconception pour renforcer son intégration dans nos processus de conception en leur donnant accès à l’information. En effet l’objectif de CARBONTracker est tout d’abord de quantifier les émissions au fil de l’eau du projet et de lui associer tous les outils d’analyse permettant la prise en compte du facteur CO2 dans toutes les prises de décisions.

Sur le 2ème sujet, nous sommes en phase de développement de notre application SAFEbyBIM qui permettra de mieux maitriser les risques de sécurité sur tout leur cycle de vie.   

En tant que grand Acteur du secteur et acteur international majeur, quelle est votre vision de l’avancée du BIM en France par rapport au monde ? Est-ce selon vous suffisant ?

L’avancée du BIM au départ en France a sans doute été moins rapide pour différentes raisons : le choix de la puissance publique d’impulser plutôt que d’imposer ; le séquençage des missions entre le concepteur, le constructeur par rapport à des visions plus intégrées de l’acte de construire à l’étranger ; enfin les caractéristiques de notre écosystème du secteur de la construction qui se caractérise en France par une grande pluralité d’acteurs à embarquer, avec près de 400 000 entreprises pour le secteur du BTP.

Il faut toutefois noter l’énorme investissement de la France au travers du Projet MINnD et en particulier de MINnD4Rail à l’élaboration des standards IFC pour les infrastructures qui permettront d’accélérer dans le déploiement du BIM en garantissant l’interopérabilité de la donnée et donc la possibilité de pouvoir pleinement exploiter les bénéfices de cette donnée.  

Pensez-vous qu’une obligation du BIM à l’instar du Royaume-Uni ou des pays d’Amérique du Sud permettrait de faire avancer les choses en France ?

Nous ne pensons pas qu’il faille revenir sur les choix du passé. D’ailleurs, l’adoption du BIM progresse et chaque édition du BIM d’Or atteste de la formidable avancée du BIM en France, de son adoption quels que soient la taille des projets et secteurs d’activité. Il nous parait en revanche nécessaire de faire bouger collectivement les lignes en matière de définition des missions de BIM management et de leurs articulations avec la loi MOP, ou des sujets relatifs aux clauses contractuelles ou bien encore de sujets assurantiels.  

Auriez-vous un message particulier que vous souhaiteriez faire passer à nos lectrices et lecteurs ?

En tant que pionniers du BIM pour l’Infra, avec des difficultés technologiques accrues par rapport au bâtiment, nous souhaiterions redire que le BIM est bien plus qu’une simple adoption d’outils, bien plus qu’une démarche : son déploiement est un puissant révélateur de ce qui marche ou ne marche pas dans les organisations.  

C’est aussi partager le sentiment que nous avons ouvert la voie, construit de belles avancées mais que nous avons encore devant nous un formidable gisement d’innovations insoupçonnées, souvent issues d’une approche pluridisciplinaire : donc rendez-vous à ton lectorat pour construire cet avenir !   

Connaissiez-vous ABCD Blog ?

Nous connaissons effectivement ce blog que tu as lancé Emmanuel en 2014 et nous sommes ravis de partager notre retour d’expériences.   

Sylvie, Marc, un grand merci pour votre temps et cette présentation passionnante de Systra. Nous vous souhaitons de continuer votre brillant parcours sur les voies de l’excellence en ingénierie et en BIM.

Interview Leaders de la transition numérique au Royaume-Uni – May Winfield, Présidente de BIM4Legal, fortement impliquée dans de nombreuses autres initiatives internationales clés et Ambassadrice de la UK BIM Alliance !

Cette semaine, nous avons le plaisir d’accueillir l’une des plus grandes Expertes dans le domaine du juridique pour le BIM au Royaume-Uni, May Winfield. Véritable Personnalité reconnue dans son pays et dans le monde, elle contribue fortement au développement des aspects juridiques liés au BIM qui sont en constante évolution car la maturité, les normes et l’expérience sur ce sujet sont finalement assez récents. Découvrons son fabuleux parcours et ses réflexions pertinentes et visionnaires autour d’une thématique passionnante.

Bonjour May, c’est un plaisir et un honneur pour nous de vous accueillir sur notre blog ABCD. Pourriez-vous s’il vous plaît vous présenter et présenter votre rôle actuel à nos lecteurs?

Bonjour Emmanuel et merci de m’accueillir sur ABCD Blog. Je suis Responsable Commercial et Juridique : Villes et Numérique au sein de la société d’ingénierie internationale Buro Happold. À ce titre, je dirige l’équipe commerciale et juridique qui soutient l’équipe des villes et du numérique de Buro Happold à l’échelle mondiale. Du côté numérique, cela inclut une collaboration étroite avec l’entreprise pour apporter un soutien et des conseils juridiques aux équipes de Buro Happold mettant à disposition des services numériques et BIM, et aussi d’aider au développement de nouvelles technologies de construction et de produits, services et offres de données numériques dans l’ensemble de notre entreprise au niveau mondial. Chaque jour est différent et j’apprécie cette chance de pouvoir utiliser mes connaissances et mon expérience pour aider l’entreprise à améliorer ses processus et à faire face aux problèmes juridiques et commerciaux liés aux nouvelles technologies dans le domaine de la construction et à la numérisation, qu’il s’agisse du BIM, de la construction modulaire, des logiciels ou autre.

En plus de mon travail quotidien, je suis fortement impliquée dans le développement de documentation relative au BIM et dans la rédaction d’articles sur ce sujet depuis quelques années au niveau national et international. Je présente régulièrement lors de conférences dans le monde entier sur les questions juridiques et contractuelles du BIM et des nouvelles technologies de la construction, et rédige des livres blancs ainsi que des articles sur ces sujets. Je suis par ailleurs la Présidente de BIM4Legal, dont j’explique plus en détail le rôle ci-dessous. Je suis également membre de l’équipe principale du groupe international 4D Construction, membre des groupes de travail pour le guide de transition ISO19650, le guide ISO19650, la feuille de route nationale des jumeaux numériques du Centre for Digital Built Britain et le kit d’outils des jumeaux numériques. Je suis également Ambassadrice de la UK BIM Alliance. J’ai dirigé les équipes qui ont rédigé la note de pratique JCT 2018 sur le BIM et le protocole d’information conforme à la norme ISO19650, et j’ai consulté / commenté un certain nombre d’autres documents d’orientation BIM.

Quelle était votre expérience avant de travailler dans l’industrie de la construction ?

J’ai obtenu mon diplôme d’avocate en 2002 et j’ai travaillé à ce rôle dans le secteur de la construction depuis environ 2005. En 2011, j’ai eu connaissance de l’obligation du gouvernement britannique en matière de BIM contenue dans la Stratégie Construction du gouvernement britannique, qui imposait l’utilisation du BIM dans des projets gouvernementaux centralisés d’ici 2016. À l’époque, je travaillais dans un cabinet d’avocats international à Londres en tant qu’avocat en assurance de la construction et de la construction. J’ai participé à de nombreux événements BIM et j’ai fait des recherches dans la région sur mon temps personnel. Les professionnels de l’industrie ont répondu à certaines de mes questions et ont accepté de discuter des problématiques avec moi. En 2011 et dans les années qui ont suivi, je n’ai pu trouver que très peu de recherches ou d’articles sur les questions juridiques et contractuelles du BIM, bien qu’il y ait eu de grandes quantités de données et de recherches sur les aspects techniques. Entre-temps, j’ai également suivi une maîtrise à temps partiel en droit de la construction et résolution des litiges au King’s College de Londres, où j’ai été très honorée d’obtenir 7 des 8 prix disponibles pour mon année. Ma thèse pour mon master a présenté une proposition de cadre contractuel pour les projets compatibles BIM. Une version de cet article a été publiée par la Society of Construction Law, qui lui a décerné un prix en 2014. Cet article de la Society of Construction Law a été cité dans le monde entier, quelqu’un m’a d’ailleurs contacté une fois pour me dire qu’il l’avait mentionné dans une conférence en Inde. Vers 2015, j’ai rejoint la grande entreprise de construction, Carillion, où j’étais à la fois avocate en construction en interne et responsable de toutes les questions juridiques et contractuelles liées au BIM pour des projets dans le monde entier. Après la triste disparition de Carillion, j’ai cherché à travailler dans une entreprise ayant une philosophie avant-gardiste mais collaborative et qui utilisait la technologie de manière progressive. J’ai été naturellement attirée par Buro Happold car cette grande entreprise a deux grandes qualités, en plus d’être réputée pour certains projets étonnants dans le monde entier (comme le Museum of the Future à Dubaï, Südkreuz en Allemagne et l’Academy Museum of Motion Pictures à LA), elle a un engagement fort lié à la durabilité.

Buro Happold dispose même d’une équipe d’ingénierie informatique distincte et très appréciée. Lorsque nous avons discuté pour la première fois de mon arrivée à Buro Happold, ils étaient intéressés par les avantages liés à ma spécialisation numérique, car cela m’a permis non seulement d’être une avocate interne de l’entreprise, mais aussi de fournir un soutien éclairé et dédié aux nombreux services digitaux et processus technologiques que nous avons et que nous continuons de développer à travers l’entreprise et dans le monde. Le BIM et les technologies de construction sont généralement des domaines assez techniques et nécessitent des années de connaissances ou d’expérience pour bien comprendre les problèmes qui peuvent être impliqués. Je travaille avec l’équipe BIM et les équipes numériques pour fournir une formation à toute l’entreprise, y compris à nos autres avocats, afin de permettre à chacun de comprendre les vastes problématiques impliquées et comment atténuer ou éviter les problèmes connus d’une manière bénéfique pour nos clients et nous.

Avez-vous toujours été passionnée par la technologie et les nouveaux processus avant de commencer vos rôles liés au BIM / numérique au niveau national ? Ou était-ce une coïncidence de vous être spécialisée dans ce domaine d’expertise ?

En fait, je me suis d’abord intéressée à ce domaine en raison de ma passion pour tout ce qui concerne la technologie et le numérique. C’était l’occasion d’associer mes passions avec mon métier ! On m’a dit qu’il était relativement inhabituel pour un avocat de s’intéresser autant à la technologie, mais je développais/codais déjà sur des ordinateurs lorsque j’étais enfant, alors je suppose que mon intérêt a perduré depuis toujours. Beaucoup de mes passe-temps restent très axés sur la technologie – même mes activités sportives me poussent parfois à «rivaliser» sur mon iWatch avec un certain nombre de directeurs BIM et numériques d’autres cabinets de conseil.

D’un point de vue personnel, quand et comment avez-vous vu cette transition vers le BIM et le numérique s’effectuer au Royaume-Uni ? Avez-vous compris que cela allait être une sorte de Big Bang à bien des points de vue, et par conséquent d’un point de vue juridique et aussi du point de vue de l’industrie, bien sûr ?

Je me souviens encore très bien d’avoir assisté à la première conférence BIM Show Live au Royaume-Uni à la fin de 2011, peu de temps après que le gouvernement britannique eut émis son obligation du BIM niveau 2. La grande majorité des présentations portaient sur les subtilités de l’utilisation de Revit et la question que l’on me posait sans cesse lorsque je rencontrais des personnes était : «Pourquoi êtes-vous ici ? Le BIM n’a rien à voir avec le juridique ».

Au cours de ces premières années de voyage BIM dans l’industrie de la construction au Royaume-Uni et dans diverses régions d’Europe, l’accent était en effet mis sur la mise en œuvre de logiciels BIM et le BIM est devenu synonyme de modèles 3D. Cependant, le BIM est bien plus, et il nécessite un mode de travail différent et plus collaboratif (à la fois en interne et en externe) ainsi qu’une plus grande diffusion et une plus grande dépendance à l’égard des informations et des données. Cela devenait de plus en plus évident à mesure que les consultants étaient confrontés à des demandes d’obtention de copies de leurs modèles à utiliser par les entreprises, et que les parties avaient du mal à prendre des décisions sur l’étendue des modèles et des données à échanger en l’absence d’une entente uniforme ou de conditions d’accord claires.

J’ai vu de nombreux exemples dès les débuts du BIM. Même dès 2012, mes clients consultants cherchaient des conseils sur ce qu’il fallait faire lorsqu’un client important demandait des copies de leurs modèles BIM pour une utilisation par l’entreprise alors que leur contrat ne mentionnait pas les termes BIM ; ce qui pourrait être considéré comme un moyen d’offrir une certaine protection en l’absence de clauses contractuelles claires. Malheureusement, cette prise de conscience et cette clarté de la documentation sont toujours d’actualité. En conseillant des clients dans le monde entier, j’ai vu comment nous sommes encore fréquemment confrontés à des conditions contractuelles BIM vagues ou inexistantes, ce qui entraîne de la confusion et des attentes différentes, conduisant à son tour à des litiges coûteux et chronophages où personne n’est vraiment satisfait. Alors que la loi est nécessairement réactive et plus lente que le progrès global, nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer son impact sur le BIM ou cette bombe à retardement réduira voire supprimera les avantages que le BIM peut offrir.

Une chose que j’ai remarquée au fil du temps, et même maintenant, est que les problèmes juridiques et contractuels auxquels nous sommes confrontés sont fondamentalement les mêmes, que ce soit au Royaume-Uni, en Pologne, aux Pays-Bas, au Moyen-Orient, aux États-Unis, en Australie ou ailleurs. Toute personne impliquée dans le BIM a vu des documents d’appel d’offres et des contrats qui demandent simplement aux destinataires de «faire du BIM» ou «d’atteindre le niveau 2 du BIM» ou des variations sur ce thème. Il existe encore une incertitude importante concernant le droit d’auteur, par exemple, certains contrats ne mentionnant pas les droits de propriété intellectuelle pour les données et les objets d’un modèle (qui peuvent différer des modèles eux-mêmes). Les contrats peuvent souvent ne pas expliquer où se situe la responsabilité lorsque les choses tournent mal dans le processus BIM, comme dans les cas de corruption de données, de dépendance à d’anciennes versions de modèles ou de problèmes d’interopérabilité.

Cependant, les choses changent. Au fil des années, il a été gratifiant de voir la communauté juridique et de la construction s’engager de plus en plus et échanger autour de leurs expériences et des connaissances dans ce domaine sans que cela ne se sache. J’ai passé de nombreuses heures et une grande partie de mon temps de «loisirs» au fil des ans à mettre en évidence les questions cruciales du BIM juridique et contractuel, à la fois sur papier et en personne. Cependant, il est de plus en plus fréquent que je reçoive des commentaires sur la façon dont les équipes et les sociétés ont progressé sur la gestion des risques de leur documentation contractuelle BIM et de leur conscience juridique / contractuelle, et voir jusqu’où nous sommes tous arrivés pendant ce voyage qui a commencé depuis 2011 et qui en vaut la peine. C’est ce qui m’a frappé lorsque j’ai de nouveau assisté au BIM Show Live lors de ces 3 dernières années, mais cette fois-ci en tant que conférencier sur les thèmes du BIM juridique et contractuel, devant un public de taille. Les orientations et documents BIM sont désormais souvent accompagnés d’une section juridique, comme on peut le voir dans le Guide ISO 19650 disponible sur le site Web de la UK BIM Alliance. J’ai eu l’honneur d’être conférencière d’honneur lors de conférences BIM en 2018 à Berlin et Porto et de prendre la parole lors d’une conférence BIM en 2019 à Johannesburg, indiquant que cette prise de conscience de l’importance d’obtenir le bon support juridique et contractuel s’applique dans le monde entier. Les participants à la conférence en 2011 auraient été déroutés par un conférencier juridique ou des conseils juridiques, et ils auraient pensé : “Que voulez-vous dire en indiquant que le BIM pourrait causer une responsabilité accrue ou confuse et des litiges ?”

Vous avez fondé un groupe très important appelé «BIM4Legal». Pourriez-vous nous expliquer un peu plus pourquoi vous avez décidé de le créer, comment il est organisé et quels sont ses objectifs ?

Une autre avocate du secteur de la construction nommée Sarah Rock de Gowling WLG et moi-même travaillons toutes deux dans le domaine du BIM. En discutant de BIM en 2017, nous avons découvert que nous étions toutes deux confrontées à une mauvaise compréhension des problèmes juridiques et contractuels du BIM parmi les avocats et l’industrie. Nous voulions découvrir si c’était vrai. À l’époque, il n’y avait qu’une seule affaire judiciaire rapportée, touchant légèrement au BIM. Nous avons donc décidé d’analyser ce cas en septembre 2017, ce qui nous a conduit à rédiger le Winfield Rock Report. Nous avons mis en place une enquête, qui a reçu 158 réponses sur l’utilisation de la documentation BIM et du BIM et nous avons également interrogé 44 personnes provenant d’une diversité de typologie de clients, entreprises, consultants, universitaires et avocats – certains travaillant sur de grands projets au Royaume-Uni. Le Winfield Rock Report a été lancé en association avec la UK BIM Alliance lors du BIM Show Live au Royaume-Uni le 28 février 2018.
Au cours de notre processus d’entrevue et de recherche pour le rapport Winfield Rock 2018, nous avons découvert un manque de compréhension inquiétant de la communauté juridique et également une perception dans le secteur de la construction selon laquelle les avocats ne comprenaient pas le BIM. Cela a conduit à la création de BIM4Legal (@BIM4Legal), un forum neutre permettant à la communauté juridique de se perfectionner et d’accroître ses connaissances sur le BIM, afin de leur permettre de mieux conseiller leurs clients. Depuis sa création, les participants à l’événement sont passés d’une forte proportion de personnes principalement de l’industrie de la construction à un nombre important de cabinets d’avocats et d’équipes juridiques internes; l’importance étant de bien définir les conditions du contrat BIM. Cependant, nous avons encore du chemin à parcourir au sein de la communauté juridique, qui peut encore considérer le BIM comme de la «CAO sous stéroïdes» (comme l’a mentionné un avocat interviewé du Winfield Rock Report) ou un «art obscur» (comme me l’a dit un avocat personnellement).

Avez-vous tout de suite ressenti le besoin et la nécessité de modifier les lois et règlements de l’industrie de la construction pour vous préparer à cette transition numérique ? Si oui, était-ce quelque chose de difficile, de giganteque et comment vos pairs ont-ils réagi à cela ? Y a-t-il eu beaucoup de résistances?

La transformation numérique est un changement important pour le secteur de la construction. Il est important que les lois et règlements soient précis et utiles, reflétant les meilleures pratiques pour le domaine concerné. Cela n’est possible qu’une fois qu’il y a eu une utilisation commune suffisante de la technologie numérique concernée pour tirer des leçons d’expériences et de points de vue réels. À l’inverse, il est important de ne pas attendre trop longtemps pour définir un cadre réglementaire garantissant la normalisation des meilleures pratiques et processus, réduisant ainsi les malentendus et les litiges potentiels. Il y a en effet une résistance à la réglementation comme à tout changement significatif ou nouveau contrôle des modes de travail. Il reste encore très peu de lois et de réglementations visant des technologies numériques spécifiques, par exemple contrats intelligents, BIM et construction modulaire. Les drones font exception à cette règle car ils disposent de cadres réglementaires détaillés dans de nombreux pays, mais cela est sans doute dû aux divers problèmes importants de santé, de sécurité et de confidentialité que l’utilisation des drones pose. Même le BIM est régi par des normes, qui deviennent exécutoires par contrat, plutôt que par un cadre exécutoire légal ou réglementaire.

En effet, sur quel aspect de la loi avez-vous travaillé pour la faire changer ? Quel est l’impact réel en termes d’organisation des entreprises, de responsabilités, d’impact sur les assurances, etc. ?

Il est important d’être sensible au fait que la technologie et la numérisation seront utilisées à des degrés différents et de différentes manières en fonction de la taille du projet, du nombre de parties prenantes et des besoins du client. Il n’existe pas de «taille unique», tout comme il n’existe pas de type de construction qui convienne à tous les clients. La mise en œuvre s’est faite au moyen de normes et de processus visant à promouvoir et à exiger les meilleures pratiques et des méthodes de travail normalisées pour faciliter cette flexibilité nécessaire. Parallèlement à cela, le gouvernement britannique a mené diverses recherches et analyses au moyen de projets pilotes et de livres blancs (un pour les points de vue de l’industrie) tout en collaborant étroitement avec l’industrie (par exemple via le Center for Digital Built Britain) pour garantir un processus continu d’amélioration et de peaufinage dans notre parcours numérique.

La numérisation a eu un impact considérable sur les entreprises. De la façon dont ils rassemblent, stockent et partagent les informations à la façon dont ils collaborent avec leurs clients et les autres membres de l’équipe projet, ainsi que les responsabilités et les droits qui en découlent pour toutes les parties concernées. Le problème persistant non résolu est que les conséquences juridiques et contractuelles de cette situation n’obtiennent pas toujours l’attention qu’elles méritent. Si l’un des intervenants partage des données et des informations en utilisant un nouveau format ou une nouvelle plateforme, ou si un client a certaines exigences relatives à l’utilisation ou aux formats d’export des technologies ou des processus numériques utilisés, la responsabilité de la corruption, de la modification involontaire ou de la perte des données et informations est-elle claire ? Existe-t-il une compréhension commune de ce qui répondrait adéquatement aux critères exprimés par le client ? À qui appartiennent les différents éléments des données et autres livrables produits à partir des processus ? Le fait de ne pas clarifier précisément ces questions entraîne des malentendus potentiels, des attentes divergentes et, en fin de compte, des différends expressifs et chronophages. Il y a aussi l’aspect important de l’assurance. Lorsque le gouvernement britannique a émis son obligation du BIM pour la première fois en 2011, j’ai conseillé divers assureurs de premier plan sur l’impact potentiel et les conséquences sur les politiques de responsabilité professionnelle existantes et je rappelle que beaucoup, à l’époque, ont décidé d’adopter une attitude attentiste à l’égard du BIM. Les assureurs reconnaissent que le BIM et la numérisation peuvent généralement réduire les risques et améliorer l’efficacité, ce qui est évidemment bénéfique tant pour les assureurs que pour les assurés. Cependant, certains assureurs exigent plus de déclarations sur leur utilisation que d’autres, comme la notification si une partie agit au titre d’un nouveau rôle spécifique au BIM en dehors de son rôle normal en tant que, par exemple, architecte ou ingénieur. À cet égard, cela vaut toujours la peine d’avoir une discussion avec son courtier d’assurance pour confirmer si le BIM ou une autre technologie envisagée (par exemple, les drones ou les contrats intelligents) a un impact sur la couverture d’assurance ou nécessite que des informations supplémentaires soient soumises aux assureurs. Mieux vaut clarifier cela tôt que de constater qu’il y a un risque de ne pas être assuré en cas de problème.

Vous écrivez actuellement l’histoire. Cela doit être très passionnant. Existe-t-il déjà une grande jurisprudence en matière de BIM ?

C’est une époque passionnante. Quand je me suis impliqué pour la première fois dans le BIM en 2011, et que beaucoup de gens m’ont dit – y compris mon employeur à l’époque – que c’était une perte de temps car il n’y avait pas de problèmes juridiques, je n’aurais jamais pu imaginer que je serais là où je suis aujourd’hui. Le BIM et les technologies numériques pour la construction sont un domaine en constante évolution et ce que nous pouvons de plus en plus réaliser avec les outils numériques est tellement passionnant. Je suis toujours étonnée et ravie d’avoir l’opportunité d’assister à des démonstrations de nouvelles technologies, qu’il s’agisse du robot Spot the Dog ou d’un nouvel outil de visualisation 3D temps réel. Mon esprit s’oriente alors immédiatement vers les questions juridiques et les risques de responsabilité que celles-ci pourraient engendrer. Les professionnels de l’industrie du BIM sont habitués à mes questions, peut-être parfois irritantes, à la fin des présentations et des démonstrations pour mieux comprendre comment ils abordent ces problèmes. J’ai fait de mon mieux pour transmettre ces informations et connaissances, et je parle fréquemment lors de conférences et rédige des articles pour aider à la sensibilisation et mettre à disposition des ressources supplémentaires dans ce domaine, tout en étant toujours ouverte à la discussion sur n’importe quel sujet et en fournissant d’autres informations via les événements BIM4Legal.

De mes contacts dans le secteur de la construction à travers le monde, je suis consciente que des litiges BIM se produisent au sujet du contenu des modèles et des obligations des parties concernant le BIM, mais il y a très peu de jurisprudence formelle à l’heure actuelle. Cela changera sans aucun doute à mesure que les projets qui avaient des exigences BIM et des clauses contractuelles précoces, non affinées, ou aucune clause contractuelle formelle du tout, se termineront et que des différends surgiront concernant les frais ou d’autres problèmes d’achèvement. Il y a eu ce qui est considéré comme la première affaire BIM au Royaume-Uni, Trant contre Mott MacDonald. Dans ce cas, Mott MacDonald, le gestionnaire de l’information, avait retiré l’accès au CDE (Common Data Environment) en raison de différends sur les frais. Trant, l’entrepreneur, n’a pu retrouver l’accès qu’après avoir porté l’affaire jusqu’à la Cour suprême, puis seul l’accès a été accordé moyennant le versement temporaire d’une somme importante au tribunal jusqu’à ce que le différend soit entendu dans son intégralité. Le problème était, apparemment, que non seulement il n’y avait pas de contrat signé, mais le contrat ne traitait pas en détail du CDE, y compris sur le fait que l’accès pouvait en être retiré. Les deux parties ont donc estimé que leur position était justifiée et correcte. Ce différend aurait pu être évité s’il y avait des clauses contractuelles claires sur les droits et responsabilités des parties prenantes dans le processus BIM.

Aux Pays-Bas, il y a quelques autres cas signalés, et un universitaire et spécialiste du BIM renommé, Evelien Bruggeman, a écrit un article de blog utile à ce propos 🙁https://www.linkedin.com/pulse/bim-procurement-law-netherlands-part-4-use-model-tender-bruggeman/).

Du point de vue du cycle de vie d’un projet, quelles phases sont juridiquement plus impactées par le BIM et comment ?

D’un point de vue juridique, la phase de pré-contrat est le moment clé pour faire face aux risques juridiques et aux enjeux liés au BIM. Le fait de ne pas définir les attentes des parties en matière de BIM dans le projet dans la documentation contractuelle, y compris les droits, les obligations et les processus prévus, est une bombe à retardement pour les malentendus, les attentes divergentes et les différends potentiels.

Une question fondamentale : en France, de nombreux professionnels de l’AEC questionnent sur la propriété du modèle BIM. À qui finalement appartient-il ? Le maître d’ouvrage, l’architecte, l’entreprise de construction ? Et qu’en est-il de la propriété intellectuelle, que ce soit du point de vue de l’ingénierie ou de l’architecture, car ces deux aspects sont différents ?

C’était l’une des premières grandes préoccupations des auteurs de modèles et de données BIM lorsque les processus BIM sont devenus plus fréquents. Je me souviens d’un débat détaillé sur LinkedIn vers 2012 ou 2013 entre des consultants européens et américains, où les consultants européens estimaient que la propriété intellectuelle devait être conservée par les auteurs d’origine alors que les consultants américains expliquaient qu’il était courant de transférer au client la propriété intellectuelle avec toutes les données BIM. Leur explication était la suivante, sinon pour quoi le client payerait-il ? La réalité est plus complexe et nécessite de se rappeler qu’un modèle BIM est constitué de différents composants du point de vue de la propriété intellectuelle : principalement le modèle lui-même, la conception, les objets et les autres données électroniques du modèle (y compris les données qui peuvent être produites à partir du modèle). Il est possible que différentes parties prenantes soient propriétaires de ces différents composants. Par exemple, un concepteur peut vouloir conserver la propriété intellectuelle de sa conception, mais est heureux de renoncer à la propriété du modèle lui-même, et les objets dans le modèle peuvent être la propriété des fabricants des objets ou la propriété transférée au client lorsque cela est possible. Que signifie la propriété du modèle et des objets dans la pratique dans ce contexte ? Cela se résumera aux clauses du contrat qui préciseront les droits de chaque partie sur les différents composants. Par exemple, j’ai vu de nombreux contrats qui spécifient :

  1. les concepteurs conservent la propriété intellectuelle ou la propriété de leur conception, une licence étant accordée au client pour utiliser la conception à toutes fins liées au projet;
  2. la propriété des modèles est transférée au client, et ils sont libres de faire ce qu’ils veulent avec les modèles soumis aux restrictions de licence concernant les conceptions qui font partie des modèles

À cet égard, la propriété et les droits de propriété intellectuelle signifient la même chose, en termes pratiques. Cependant, sans doute en raison du manque de compréhension de nombreux avocats sur la façon dont les modèles sont assemblés, ce n’est que très récemment que j’ai vu des contrats traiter également de la propriété des objets et autres données électroniques contenus dans les modèles. De nombreux contrats qui visent à transférer la propriété des modèles à un client cherchent également à transférer la propriété de toutes les données électroniques qu’ils contiennent, mais le concepteur peut ne pas avoir le droit ou l’autorité de transférer la propriété de ces éléments. Un exemple le plus courant est celui des objets sous licence d’un fabricant. Cela peut ne pas être réalisé par l’une ou l’autre des parties tant que le propriétaire réel des données électroniques concernées n’a pas soulevé une objection à l’utilisation prévue par le client, ce qui pourrait amener un client mécontent à déposer une plainte pour rupture de contrat contre le concepteur concerné.

Au Royaume-Uni, le BIM est obligatoire pour tous les projets publics. Mais qu’en est-il du secteur privé ? Est-il également concerné par cette obligation ? Et vos lois relatives au BIM s’appliquent-elles également au secteur privé ou non ?

Après l’obligation BIM de 2011, le gouvernement britannique a fait beaucoup d’efforts pour démontrer les avantages du BIM via des projets pilotes et d’autres étapes. Cela a permis de fournir au secteur privé des preuves concrètes des coûts, du temps et des avantages et des économies de qualité que le BIM avait à offrir, encourageant une adoption plus large du BIM. Des groupes industriels comme la UK BIM Alliance ont également joué un rôle déterminant à rendre le BIM (selon leurs propres termes) «business as usual» au sein de l’industrie de la construction au sens large, via le partage des connaissances, des recherches publiées et des événements accessibles. Je suis une Ambassadrice de l’Alliance BIM du Royaume-Uni et j’ai vu comment la réponse du secteur privé au BIM a augmenté rapidement, car il y avait à la fois des preuves de ses avantages, mais aussi une quantité importante de ressources disponibles et d’assistance pour faciliter son adoption et sa compréhension.

Une chose à retenir à propos du BIM d’un point de vue juridique : dans la majorité des pays, y compris le Royaume-Uni, les normes BIM telles que la série ISO19650 n’ont pas force de loi et il est encore très rare qu’il y ait des lois ou des statuts spécifiques au BIM. Les normes BIM s’appliquent via leur importation dans les termes du contrat ou via les exigences réglementaires, telles que les exigences de soumission de planification de Singapour spécifiant l’utilisation du BIM. Les différentes normes BIM dans le monde sont écrites pour s’appliquer à tous les types de projets, qu’ils soient du secteur public ou privé, car le BIM s’applique aux deux. De même, les problèmes posés par la simple inclusion d’une spécification de «Do BIM» dans un contrat comportent le même risque de confusion et d’incertitude dans un projet du secteur public qu’un projet du secteur privé.

Travaillez-vous également sur les aspects IoT, des CDE, des jumeaux numériques et par conséquent, du big data, sur les thèmes de propriété des données et de la continuité des données numériques ?

En effet, je suis impliquée dans de nombreux aspects de la numérisation et des nouvelles technologies de la construction. On peut soutenir que bon nombre d’entre eux sont liés les uns aux autres. Par exemple, les jumeaux numériques et la construction modulaire utilisent la modélisation 3D. En fin de compte, toute la numérisation et la technologie se résument aux données et aux processus, et de nombreux problèmes et problématiques sont les mêmes – bien que la façon dont vous les résolviez change en fonction du type de technologie impliquée. J’ai rédigé divers articles sur les drones, l’impression 3D et la construction 4.0. Plus récemment, je viens de terminer l’écriture d’un chapitre pour un livre rassemblant des chapitres de différents auteurs sur les nouvelles technologies au service de la construction. Mon chapitre examine les obstacles et les problèmes juridiques et contractuels découlant de la numérisation et de la technologie, et comment ceux-ci pourraient être surmontés. Je suis également impliquée dans divers groupes industriels, notamment en étant membre du groupe de travail Digital Twin Roadmap du Center for Digital Built Britain et de leur groupe de travail Digital Twin Toolkit. Il existe des outils et des conseils vraiment intéressants et utiles dans ce domaine.

Au sein de Buro Happold, j’ai également le plaisir de travailler avec les équipes pour développer les offres de services de Buro Happold dans les domaines du digital et des données, comme les nouveaux services concernant le fil d’or (qui est centré sur la continuité des données – https://www.thenbs.com/knowledge/what-is-the-golden-thread), les jumeaux numériques, la gestion de l’information et, plus récemment, même un outil logiciel utile appelé Workplace Analytics (https://www.burohappold.com/specialisms/analytics/workplace -analytique/)

Etant donné que le Royaume-Uni a presque tout construit à partir de zéro, vous êtes-vous inspiré d’un autre secteur comme l’industrie manufacturière ou avez-vous complètement tout inventé ?

Nous avons beaucoup appris d’autres secteurs comme la fabrication et l’industrie automobile, qui sont passés par le processus de numérisation. Cependant, il y a beaucoup de choses qui sont relativement uniques à l’industrie de la construction. De nombreux secteurs fortement numérisés, comme les industries manufacturière et l’automobile, affinent la conception d’un produit avant une production répétée ou de masse. Comparativement, à quelques exceptions près, comme certains développements résidentiels, chaque projet de construction est complètement ou en grande partie unique. Par conséquent, bien que nous puissions apprendre des autres secteurs, l’application et la mise en œuvre précises de la numérisation et de la technologie au sein de notre industrie doivent être conçues pour répondre à la manière spécifique dont notre industrie fonctionne.

L’expérience et les leçons tirées des projets précédents sont inestimables, mais nous ne pouvons pas simplement reproduire ce qui a été fait auparavant. Les processus et les exigences doivent être adaptés à toute situation particulière. Il n’est malheureusement pas tout à fait rare de voir le contraire; par exemple, j’ai vu les mêmes exigences BIM dans différentes offres pour des projets entièrement différents, je suppose qu’ils ont été préparés par le même consultant à partir de leur modèle sans modifications.

Quelle est votre collaboration avec les autres pays en termes de BIM et d’aspects juridiques ? Attendent-ils beaucoup de vous ? Est-ce une grosse pression d’être des leaders mondiaux ?

Je comprends qu’avant la formulation des normes et processus BIM par le gouvernement britannique, diverses visites et discussions ont eu lieu avec d’autres pays mettant en œuvre le BIM pour comprendre et apprendre de leurs expériences. Comme le Royaume-Uni était en avance sur de nombreux autres pays dans la formalisation des normes BIM, divers groupes d’autres pays se sont rendus chez nous, à leur tour, pour comprendre comment le Royaume-Uni avait fait cela et comment cela pourrait être utilisé pour aider leur propre mise en œuvre et éviter certaines des lacunes ou des problèmes que nous avons rencontrés. Par exemple, il y a quelques années, une délégation du Vietnam s’est rendu ici à cette fin. J’étais l’une des nombreuses spécialistes BIM qui leur ont fait des présentations et répondu à leurs questions. J’ai résumé la configuration juridique et contractuelle et les problèmes rencontrés dans le BIM, y compris la manière dont le BIM est intégré dans les contrats. Je pense qu’ils ont trouvé cela très utile car ils envisageaient d’utiliser un style similaire de clauses contractuelles. J’ai été invité ces dernières années à présenter le parcours juridique et contractuel du Royaume-Uni dans le domaine du BIM en parlant lors des keynotes dans des conférences BIM à Berlin et Porto, et en tant que conférencier lors d’une conférence à Johannesburg. J’étais censée présenter un contenu similaire lors d’autres conférences au Moyen-Orient et ailleurs, mais la pandémie m’en a empêché ! Les gens sont très intéressés à comprendre nos expériences des 10 dernières années. De la même manière que nous avons appris d’autres secteurs, d’autres pays cherchent également à tirer les leçons de certaines de nos expériences (bonnes et mauvaises ! ) Afin de pouvoir créer leurs propres processus et un cadre qui leur convienne le mieux.

Le Royaume-Uni est définitivement en tête en Europe et dans le monde. Et nous pouvons clairement voir à partir de toutes vos actions, initiatives stratégiques, réglementations, normes, etc. que cela commence à porter ses fruits et que personne ne vous arrêtera. Avec cette stratégie et ces moyens fantastiques, le numérique et le BIM se développent-ils aussi vite que prévu ? Et est-ce aussi réussi que prévu ?

Comparé à des secteurs tels que la fabrication et l’industrie automobile, la construction n’accepte pas facilement le changement et le progrès. On peut soutenir que l’industrie n’a pas, à certains égards, progressé de manière significative par rapport à l’industrie des briques et du mortier d’il y a 50 ans. Selon le Committee for European Construction Equipment, le secteur du génie civil et de la construction est apparemment l’un des secteurs les moins numérisés au monde, en particulier en Europe (comme mentionné ici). L’impact désastreux à long terme de cette peur du changement, y compris l’adoption des progrès technologiques, a été souligné dans le rapport britannique de 2016 au titre convaincant suivant : The Farmer Review of the UK Construction Labour Model: Modernize or Die.

Certains de vos chefs de file de l’industrie disent également que nous devrions revenir à l’essentiel et ne laisser personne sur le bord de la route. Cela signifie-t-il que de nombreuses petites et moyennes entreprises ont du mal à effectuer cette transition ?

Passer des méthodes traditionnelles au BIM peut être un exercice coûteux dans la phase initiale, avec des logiciels, du matériel et de la formation. Si les avantages ultérieurs justifient cette dépense initiale, cela peut être une décision difficile pour les petites sociétés. Quoi qu’il en soit, de nombreuses petites sociétés au Royaume-Uni sont des pionniers dans le processus BIM et reconnaissent les économies et les avantages qu’il offre à leur organisation, même en l’absence de livrables BIM formels. Cependant, le coût, l’incertitude et le manque de compréhension demeurent des obstacles pour les petites et moyennes sociétés. Cela peut parfois provenir d’un manque de prise de conscience du fait que le niveau d’adoption du BIM dépend du rôle d’une partie et peut ne pas nécessiter beaucoup de coûts. Par exemple, un petit sous-traitant pourrait uniquement avoir besoin d’accéder à un visualiseur gratuit en mode BIM pour participer à sa partie du processus BIM, ou être en mesure de soumettre des informations appropriées à insérer dans les données BIM ou la feuille de calcul au format COBie. Accroître la sensibilisation et fournir un soutien permettra de surmonter les préoccupations et permettra aux organisations d’acquérir les connaissances et les compétences dont elles ont besoin pour rester compétitives, alors que le BIM devient une partie courante des phases de conception et de construction. Il est également essentiel de ramener le BIM à l’essentiel car il y a beaucoup de malentendus au sein de l’industrie sur le BIM, même au sein de grandes entreprises. Il existe différentes interprétations de ce qui constitue les meilleures pratiques pour les processus BIM, de la manière dont les normes doivent être appliquées et de la manière dont le BIM doit être détaillé dans la documentation. Ce malentendu ne peut que causer des problèmes entre les parties, mais cela peut être résolu en surmontant toute confusion qui règne encore sur le BIM, ce qu’il est et comment il devrait être appliqué par les acteurs du projet.

En France, plusieurs Leaders de l’Industrie et certaines organisations professionnelles sont contre toute obligation du BIM, affirmant qu’il ne changerait pas la donne, ni n’accélérerait son adoption (en France, nous avons un taux d’adoption moyen de 17%, sauf pour les grandes entreprises). Et le gouvernement français y est également opposé. Quel est votre point de vue et a-t-il été difficile de créer une obligation BIM ? Cela a-t-il mis certaines entreprises, en particulier les petites et moyennes, en difficulté, ne pouvant plus rivaliser avec les autres, créant donc un déséquilibre sur le marché ?

L’obligation du BIM au Royaume-Uni avait des défenseurs et des détracteurs à l’époque. Cependant, elle a accéléré considérablement l’adoption. Les entreprises ont été obligées de se pencher sérieusement sur le BIM et de réfléchir à la manière de l’adopter, plutôt que de simplement dire que c’était un autre engouement qui à terme disparaîtrait. C’est en raison de l’obligation BIM que la suite de normes PAS1192 a été produite, qui à son tour a été utilisée comme base pour les normes ISO19650 adoptées au niveau international. L’obligation BIM indiquait également l’engagement ferme du gouvernement à faire progresser le BIM au sein de l’industrie, qui se poursuit avec le guide de construction 2020 du gouvernement britannique qui contient de nombreuses références au BIM. Cet investissement, y compris dans les projets pilotes et la recherche, a à son tour incité le secteur privé à adopter le BIM. Il est désormais normal que tous les grands projets contiennent des exigences relatives au BIM au Royaume-Uni. L’industrie de la construction est connue pour évoluer très lentement, et il existe de nombreuses études qui comparent négativement notre industrie aux industries manufacturières et à d’autres industries à cet égard. Sans au moins une adoption obligatoire, il est peu probable que notre industrie prenne le risque et l’incertitude d’adopter une nouvelle façon de travailler.

Au fait, quelle est votre analyse de l’évolution du BIM dans le monde? Et comment les réglementations et les lois relatives aux obligations semblent être définies et appliquées si différemment? Préféreriez-vous que tout soit harmonisé ? Êtes-vous impliqué dans de telles discussions au sein du groupe de travail de l’UE sur le BIM ?

Le parcours BIM sera toujours un peu relatif à la manière dont le secteur de la construction opère dans un pays particulier, ainsi qu’aux lois et au cadre contractuel de ce pays. Néanmoins, les problèmes, les problématiques et les expériences du BIM sont très similaires dans le monde entier. Par exemple, de nombreuses parties prenantes auront reçu des spécifications qui leur demandent essentiellement de «faire du BIM». Les préoccupations et la confusion concernant le droit d’auteur des différents éléments composant un modèle et un processus BIM sont courantes. Cependant, l’évolution de la mise en œuvre formelle et du côté contractuel du BIM est assez fragmentée à travers le monde. Il se divise sans doute en 3 types de mise en œuvre :les obligations (par exemple au Royaume-Uni, à Singapour et au Wisconsin aux États-Unis); les exigences ad hoc ou non officielles (par exemple l’article 42 français du décret 2017-1097 et les exigences des autorités publiques telles que l’autorité suédoise des transports); les normes mises en œuvre par contrat (par exemple, ISO19650 et le protocole d’information conforme ISO19650 – qui fait partie du cadre britannique BIM; les normes BIM nationales américaines et la documentation BIM standard, la suite AIA et les ConsensusDOCs). Il y a alors divers conseils, tels que les dictionnaires BIM ou BIM Dictionaries (qui sont dans de nombreuses langues et inestimables pour les parties internationales travaillant sur le même projet – en termes simples, donc quand quelqu’un dit une pomme, d’autres ne peuvent penser qu’il voulait dire une poire), les directives publiées dans le cadre du UK BIM Framework et du EU BIM Handbook. L’objectif des normes internationales, ISO19650, était de fournir une plus grande harmonie et une plus grande consolidation à travers l’industrie mondiale de la construction dans sa mise en œuvre du BIM. Etant donné le caractère international de la construction – les consultants français, allemands et britanniques peuvent tous travailler sur un projet au Moyen-Orient, par exemple – une manière unifiée de travailler et de comprendre semble logique et sensée pour toutes les parties concernées. J’ai participé activement à la préparation du guide ISO19650 et de certains autres documents liés à ISO19650 au Royaume-Uni, mais il reste encore beaucoup à faire pour poursuivre le processus d’harmonisation dans le monde et j’ai essayé d’y apporter mes petites contributions lors de conférences et participation à divers groupes industriels. Je n’ai pas eu l’honneur de participer directement au groupe de travail de l’UE sur le BIM, mais je serais heureuse de pouvoir fournir un soutien et des détails sur les leçons que nous avons apprises à ce jour pour informer sur le voyage continu du BIM.

Quelles sont les prochaines grandes étapes en termes d’adaptation ou de création législative au Royaume-Uni concernant le BIM et le numérique ?

En ce qui concerne le BIM, nous progressons actuellement dans le développement du UK BIM Framework, qui met en œuvre la norme internationale ISO19650. Nous avons encore du chemin à parcourir pour rendre le BIM habituel, mais nous avons fait d’énormes progrès au cours des 10 dernières années. En ce qui concerne les autres domaines de la technologie numérique, une réflexion sur l’élaboration de lois et réglementations appropriées pour l’IA et les contrats intelligents est déjà sérieusement envisagée. Je m’attendrais à ce qu’un cadre réglementaire autour de l’utilisation de la robotique et de la construction modulaire dans l’industrie de la construction fasse de même, étant donné la popularité croissante de ces technologies dans l’industrie. Un tel cadre juridique et réglementaire aidera les parties à respecter (et à s’appuyer sur) les meilleures pratiques sûres dans la mise en œuvre de ces nouvelles technologies, et encouragera éventuellement l’adoption, car les clients et d’autres se sentiront rassurés qu’il ne s’agisse pas d’un nouveau «Far West».

Quand pensez-vous que le Royaume-Uni sera entièrement numérique et prêt pour le BIM ? Et que va-t-il se passer avant ? Ne vous sentirez-vous pas orpheline ? 😊

Je pense qu’il serait plus prudent de dire qu’il faudra peut-être quelques années avant que le Royaume-Uni ne soit pleinement et complètement prêt pour le BIM, et je suis ravie de participer au processus pour atteindre cet objectif. En ce qui concerne le numérique, je dirais que le numérique et la numérisation sont un voyage sans fin. Il y a toujours un nouveau développement, une amélioration ou un peaufinage dans le processus numérique, qu’il s’agisse de construction computationnelle, de robotique ou d’apprentissage automatique, qui peuvent aider à faire progresser notre industrie. Au cours des dernières années, j’ai eu l’occasion de m’impliquer dans des groupes industriels dans divers de ces domaines; récemment j’ai fait partie d’un groupe de travail qui a récemment publié une boîte à outils Digital Twins (disponible gratuitement sur le site Web du Center for Digital Built Britain). Je suis toujours extrêmement enthousiaste à l’idée de comprendre un nouvel élément de la technologie numérique et je pense que je travaillerai continuellement à la compréhension de la dernière pièce utile de la technologie numérique pendant de nombreuses années à venir. Je me sentirais en effet perdue sans avoir accès aux toutes dernières technologies de construction pour divertir mon cerveau !

Nous posons souvent la question des femmes dans le BIM sur ABCD Blog. Bien que nous sachions que le Royaume-Uni a des stars comme vous May et d’autres, y a-t-il beaucoup de femmes dans ce domaine au Royaume-Uni ? Et est-ce difficile au quotidien, sachant que l’industrie de la construction n’est pas tout à fait équilibrée ? Quel est votre sentiment à ce sujet ?

Merci. C’est très gentil. J’ai toujours trouvé le BIM et les communautés numériques très accueillants et solidaires pour tout le monde. S’il y a moins de femmes que d’hommes, comme il y en a dans le secteur de la construction, de nombreuses personnes dans les communautés sont attirées par leurs passions dans ce domaine et elles ne jugent pas par sexe, âge ou race. À certains égards, il a été plus difficile d’être l’un des très rares avocats de ces communautés et d’être celui qui soulève les questions et les problèmes “ennuyeux” (mais cruciaux) concernant la répartition des risques, la responsabilité potentielle et – les parties ont-elles une compréhension commune ? Qu’est-ce qu’ils ont convenu de réaliser avec la technologie?

Que recommanderiez-vous à un pays qui décide rendre le BIM obligatoire ? Quelle serait la stratégie à mettre en place d’un point de vue juridique et les grandes étapes à suivre attentivement ?

D’après mes observations, une obligation BIM présente de nombreux avantages. L’industrie de la construction évolue lentement et elle est généralement défavorable au risque. Une obligation contraint l’industrie à adopter plus rapidement le BIM et, ce faisant, elle bénéficiera des différents avantages qu’il a à offrir tout en étant rassurée que le reste de l’industrie doit y investir les mêmes coûts et risques. Il est maintenant facilité par les différents exemples, par ex. au Royaume-Uni, de la manière dont une obligation BIM peut être mise en œuvre et de la présence de normes et de cadres contractuels qui peuvent être adoptés (par exemple, l’ISO19650, le protocole d’information conforme à l’ISO19650, la note de pratique du contrat JCT 2018 sur le BIM, etc.). D’un point de vue juridique, il est si important de disposer de termes BIM facilement accessibles et faciles à comprendre qui peuvent être facilement insérés dans les contrats types couramment utilisés. Ils doivent être faciles à comprendre car de nombreuses personnes qui rédigent les contrats ou les lisent n’auront probablement pas de connaissances détaillées (ou peut-être aucune) du BIM. J’ai vu trop d’exemples au fil des ans, à travers le monde, de parties prenantes se retrouvant dans des litiges en raison du manque de termes BIM pour un projet compatible BIM, ou en raison de termes vagues BIM qui conduisent à des attentes divergentes et à des malentendus.

Le Brexit a-t-il changé quelque chose dans vos projets en termes de lois et réglementations pour le BIM ? Le BIM étant si international, allez-vous vous en tenir aux règles mondiales ou allez-vous développer une réglementation britannique orientée BIM ?

L’avantage du BIM est qu’il est sans frontières. D’après mon expérience lors de rencontres avec de nombreuses personnes dans le monde, les problèmes les plus courants auxquels l’industrie de la construction est confrontée pour mettre en œuvre le BIM et surmonter les problèmes sont les mêmes qu’au Royaume-Uni, en France, en Australie et en Afrique du Sud. J’ai trouvé une communauté toujours désireuse d’apprendre les unes des autres, en particulier, comme vous le dites, parce que le BIM est tellement international.

Nous prenons de nombreuses mesures pour aider l’industrie britannique de la construction à comprendre et à mettre en œuvre les normes internationales pour le BIM et la gestion de l’information, telle que l’ISO19650. Je fais partie du groupe de travail qui a développé les documents d’orientation sur l’ISO19650 et j’ai dirigé l’équipe qui a rédigé un protocole d’information conforme à l’ISO19650. Je pense que c’est le premier protocole d’information conforme à la norme ISO19650 à être publié et il est discuté plus en détails (en français) dans un article de LexisNexis que j’ai co-écrit avec le très compétent, David Richard.

Ces documents d’orientation et le protocole d’information font partie du cadre britannique BIM (https://www.ukbimframework.org/) qui définit l’approche de mise en œuvre du BIM au Royaume-Uni en utilisant le cadre de gestion des informations fourni par la série ISO 19650. Le UK BIM Framework a récemment reçu un fort soutien du gouvernement Britannique, comme cela a été mentionné dans le guide de construction 2020 du gouvernement britannique, qui stipule que «les pouvoirs adjudicateurs et les fournisseurs doivent appliquer le UK BIM Framework. Cela comprend des normes, des orientations et d’autres ressources » et indique que « les pouvoirs adjudicateurs devraient utiliser le cadre britannique BIM pour normaliser l’approche de génération et de classification des données, la sécurité et l’échange de données, et pour soutenir l’adoption du cadre de gestion de l’information et la création d’un jumeau numérique national ». Cela montre l’engagement du Royaume-Uni

Qu’aimeriez-vous dire à nos lecteurs français et internationaux ?

Je sais que les gens peuvent encore remettre en question la pertinence ou l’importance des questions juridiques et contractuelles en matière de BIM et de technologie numérique. Il y a aussi un manque regrettable de nombreuses ressources et orientations dans ce domaine. J’exhorte vos lecteurs à prendre ces questions au sérieux, afin d’éviter les malentendus et les différends coûteux et chronophages. J’espère que la documentation que nous avons compilée sur le site web du UK BIM Framework sera l’un des points de référence utiles dans leur voyage dans ce domaine. Ce site Web n’est pas uniquement pertinent pour le BIM mais pour la gestion de l’information numérique aussi, étant donné que la norme ISO19650, sur laquelle il se concentre, couvre la gestion globale de l’information numérique – qui est l’une des pierres angulaires de la technologie numérique.

Connaissiez-vous le blog ABCD avant ? N’hésitez pas à nous dire non 😊

Je regrette de ne pas l’avoir connu avant, mais je suis dorénavant ravie d’avoir découvert votre excellent blog ! J’ai déjà appris beaucoup de choses en le lisant.

Quelles sont vos passions liées à votre implication au niveau national ?

Je suis très passionnée pour aider l’industrie à continuer à progresser et à s’améliorer dans le domaine du numérique et de la numérisation. Il y a encore beaucoup de travail à faire dans le monde et j’espère avoir plus d’occasions de travailler avec mes collègues internationaux à ce sujet, en mettant à disposition, espérons-le, une aide utile basée sur mes expériences et mon implication dans ce domaine au cours de la dernière décennie.

Chère May, merci beaucoup pour cette incroyable interview, votre vision et votre leadership. Nous vous souhaitons le meilleur dans ce voyage passionnant et permanent sur les routes du BIM et du juridique.


Interview Leaders of Digital Transition in the UK – May Winfield, Chair of BIM4Legal, heavily involved in many other international key initiatives and Ambassador for the UK BIM Alliance!

This week, we have the pleasure to welcome the most important Expert in the field of Legal for BIM in the United Kingdom, May Winfield. She’s a Star in a country and she highly contributes to the development of legal aspects related to BIM which are currently work in progress as the situation, standards, experience on construction are quite recent in terms of history.

Hi May, it’s a pleasure and honor for us to welcome you on ABCD blog. Could you please introduce yourself and your current role to our readers?

I am Head of Commercial and Legal: Cities and Digital at international engineering company, Buro Happold.  In this role, I lead the Commercial and Legal team’s support of Buro Happold’s Cities and Digital businesses globally.  From the Digital side, this includes working closely with the business to provide legal support and advice to the teams within Buro Happold providing digital and BIM services, and assisting the development of new construction technology and digital data products, services and offerings across our global business.  Every day is different, and I enjoy the opportunity to use my knowledge and experience to help the business improve processes and deal with legal and commercial issues arising from construction technology and digitisation, whether it is BIM, modular construction, software or something else.

Outside of my dayjob, I have been heavily involved in development of BIM documentation and writing papers on this topic for some years.  I speak regularly at conferences worldwide about legal and contractual issues of BIM and construction technology, and write papers and articles on this these topics.  I am the chair of BIM4Legal, which I explain more about below.  I am also a Core Team Member of the international 4D Construction Group, member of the Working Groups for the ISO19650 Transition Guidance, the ISO19650 Guidance, the Centre for Digital Built Britain’s National Digital Twins Roadmap and the Digital Twins Toolkit.  I am also an Ambassador for the UK BIM Alliance.  I have led the teams that wrote the 2018 JCT Practice Note on BIM and the ISO19650-compliant Information Protocol, and consulted/commented on a number of other BIM guidance documents.

What was your background before working in the Construction Industry?

I qualified as a lawyer in 2002 and have worked as a construction lawyer since around 2005.  In 2011, I read about the UK Government’s BIM mandate contained in the UK Government’s Construction Strategy, which mandated the use of BIM within centrally procured government projects by 2016.  At the time, I was working at an international law firm in London as a construction and construction insurance lawyer.  I proceeded to attend many BIM events and research the area in my personal time.  People in the industry were very helpful in answering my questions and discussing the issues with me.  In 2011 and the couple of years following that, I could find very little research or papers on the legal and contractual issues of BIM although there were vast amounts of data and research on the technical aspects.  In between this, I also took a part-time Masters in Construction Law and Dispute Resolution at King’s College, London where I was very honoured to manage to obtain 7 of 8 available awards for my year.  My dissertation for my Masters set out a proposed contractual framework for BIM-enabled projects.  A version of this paper was published by the Society of Construction Law, and was awarded a prize by them in 2014.  This Society of Construction Law paper has been quoted worldwide, and someone once contacted me to say they had mentioned it in a lecture in India.  In around 2015, I moved to the large construction company, Carillion, where I was both an in-house construction lawyer as well as taking the lead on all BIM-related legal and contractual matters for projects worldwide.  After Carillion’s sad demise, I was looking to work in an organisation that had a forward-thinking but collaborative ethos and utilized technology in a progressive way.  I was naturally drawn to Buro Happold as it does both these things, as well as being known for some amazing projects worldwide (such as the Museum of the Future in Dubai, Südkreuz in Germany and Academy Museum of Motion Pictures in LA) and its commitment to sustainability.  Buro Happold even has a separate, and highly regarded, computational engineering team.  When we first discussed my joining Buro Happold, they were interested in the additional benefits of my digital specialism as it has enabled me to not just be an in-house lawyer to the business, but give informed, specialist support for the many digital and technology services and processes we have and continue to develop across the business and world.  BIM and construction technology generally can be quite a technical area and requires years of knowledge or experience to fully understand the issues that can be involved.  I work with the BIM team and digital teams to provide training across the business, including to our other lawyers, to enable everyone to understand the important issues involved and how to mitigate or avoid the common issues in a way that is beneficial for both our client and us.

Have you always been passionate about technology and new processes before starting your BIM / Digital related roles at national level? Or was it a coincidence that you entered into that field of expertise?

I actually first got interested in this area due to my love of all things technology and digital.  It was the chance to combine my interests with my job!  I have been told it is relatively unusual for a lawyer to be so interested in technology but I was coding on computers as a child so I guess my interest has been lifelong.  Many of my hobbies remain very tech-focussed – even exercise involves ‘competing’ on my iWatch against a number of BIM and digital directors from other consultancies.

From a personal point of view, when and how did you see this transition to BIM and digital of the UK? Did you understand that it was going to be a kind of Big Bang from many point of views, and by consequence from a legal perspective? And also from an industry perspective switch of course?

I still vividly remember attending the first BIM Show Live conference in UK in late 2011, shortly after the UK Government had issued its Level 2 BIM mandate.  The vast majority of presentations were on the finer points of using Revit and the question I kept being asked on meeting people was – “Why are you here?  BIM has nothing to do with legal”.  During those early years of the BIM journey in the UK construction industry, and across various parts of Europe, the focus was indeed on implementing BIM software and BIM became synonymous with 3D models.  However, BIM is so much more, requiring a different and more collaborative way of working (both internally and externally) and a greater release of and reliance on information and data.  This became more and more apparent as consultants faced requests for copies of their models for use by contractors, and parties struggled with decisions on the extent of models and data to exchange in the absence of uniform understanding or clear agreement terms.  I saw many examples of this from the outset.  Even as early as 2012, my consultant clients were seeking advice on what to do when an important client requested copies of their BIM models for use by the contractor despite their appointment having no mention of BIM terms; what could be issued to provide some protection in the absence of clear contract terms.  Sadly, this awareness and clarity of documentation is still on its journey.  In advising clients worldwide, I have seen how we are still frequently faced with vague or non-existent BIM contract terms and requirements, resulting in confusion and differing expectations, leading in turn to expensive and time-consuming dispute where no one really is going to end up happy.  Whilst law is necessarily reactive and slower than overall progress, we cannot afford to ignore its impact on BIM or this ticking time bomb will reduce or even remove the benefits BIM has to offer.  

One thing that I have noticed over time, and even now, is that the legal and contractual problems we face are fundamentally the same, whether in the UK, Poland, the Netherlands, Middle East, US, Australia or elsewhere.  Anyone involved in BIM would have seen bid documents and contracts which simply ask recipients to “do some BIM” or “achieve Level 2 BIM” or variations on that theme.  There is still significant uncertainty about copyright, for example with some contracts failing to mention intellectual property rights for the data and objects within a model (which may need to differ from the models themselves).  Contracts often may not explain where liability sits when things go wrong in the BIM process, such as in the event of corruption of data, reliance on old versions of models or issues of interoperability.  

However, things are changing.  Over the years, it has been gratifying to watch the legal and construction community increasingly engage and exchange experiences and knowledge share in this area in a way that we are not perhaps known for.  I have spent many hours and a lot of my ‘leisure’ time over the years highlighting the crucial issues of legal and contractual BIM, both in papers and in person.  However the moments are becoming vastly more regular that I receive feedback about how teams and organisations have progressed and risk managed their BIM contract documentation and legal/contractual awareness, and seeing how far we have all come in that journey since 2011, makes it worthwhile.  I was reminded of this when I again attended BIM Show Live over the last 3 years, but this time as a speaker about legal and contract BIM, to a full audience.  BIM guidance and documents are now is often accompanied by a legal section, as can be seen in the ISO 19650 Guidance available on the UK BIM Alliance website.  I had the honour of being keynote speaker at BIM conferences in 2018 in Berlin and Porto and speaking at a BIM conference in 2019 in Johannesburg, indicating this awareness of the importance of getting the legal and contract side right applies worldwide.  The attendees at the conference in 2011 would have been confused at a legal speaker or legal guidance, they would think – What do you mean BIM could cause increased or confused liability and disputes?

You founded a very important Group called “BIM4Legal”. Could you please explain to us a bit more why you decided to create it, how it’s organized and what’s its goals?

Another construction lawyer named Sarah Rock of Gowling WLG and I both work specialising in BIM matters.  When discussing BIM in 2017, we discovered that we both were experiencing that there seemed to be a low understanding of legal and contractual issues of BIM among lawyers and the industry.  We wanted to discover if this was true.  At the time, there was only one reported court case even slightly touching on BIM so we set out to discover the position in September 2017 which led to us writing the Winfield Rock Report.  We had a survey, which received 158 responses on the use of BIM and BIM documentation and also interviewed 44 individuals from a mix of clients, contractors, consultants, academics and lawyers – some from the large projects in the UK.  The Winfield Rock Report was launched in association with the UK BIM Alliance at BIM Show Live in the UK on 28 February 2018.

During our interview process and research of the 2018 Winfield Rock Report, we discovered a worrying lack of understanding among the legal community and equally a perception in the construction industry that lawyers didn’t understand BIM.  This led to the formation of BIM4Legal (@BIM4Legal), a neutral forum for the legal community to upskill and increase knowledge about BIM, to enable them to better advise their clients.  Since its formation, event attendees have shifted from being primarily construction industry individuals to a significant number from law firms and in-house legal teams; the importance of getting the BIM contract terms right.  However, we still have some way to go within the legal community, which still may regard BIM as “CAD on steroids” (as mentioned by a lawyer interviewee of the Winfield Rock Report) or a “dark art” (as one lawyer told me personally).    

Have you straight away felt the need and necessity to change the Construction Industry’s laws and regulations to be prepared for this digital transition? If yes, was it something difficult, huge and how have your peers reacted to that? Were there many resistances?

Digital transformation is a significant change for the construction industry.  It is important for laws and regulations to be accurate and useful, reflecting the best practices for the area concerned.  This is only possible once there has been sufficient common use of the digital technology concerned to learn from real-life experiences and views.  Conversely, it is important not to wait too long to set out a regulatory framework to ensure there is standardization of best practices and processes, thereby reducing potential misunderstandings and disputes.  There will indeed be resistance to regulations as there is to any significant change or new control to ways of working.  There still remain very few laws and regulations aimed at specific digital technologies, e.g. smart contracts, BIM and modular construction.  Drones is an exception to this as it has detailed regulatory frameworks in many countries, but this is arguably due to the various important health and safety and privacy issues that drones use gives rise to.  Even BIM is governed by standards, which become enforceable by contract, rather than a legal or regulatory enforceable framework.

Indeed, which aspect of the law have you been working on to get it changed? What’s the real impact in terms of companies organization, responsibilities, insurances impact, etc.?

It is important to be sensitive to the fact that technology and digitisation will be used to different degrees and in different ways depending on the size of the project, the size of the parties and the needs of the client.  There is no ‘one size fits all’, just like there is no one type of construction that suits all clients.  Implementation has been by way of standards and processes to promote and require best practice and standardized ways of working to facilitate this necessary flexibility.  Coupled with this, the UK Government has carried out various research and analysis by way of pilot projects and White Papers (asking for industry views) whilst also collaborating closely with industry (e.g. via the Centre for Digital Built Britain) to ensure there is a continuing process of improvement and refinement in our digital journey.

Digitisation has had widespread impact on companies.  From the way they collate, store and share information to the way they collaborate with their client and other project team members, as well as the consequent responsibilities and rights of all concerned.  The ongoing unresolved problem is that the legal and contractual consequences of this often still does not get the attention it deserves.  If a party is sharing data and information using a new format or platform, or a client has certain requirements relating to the use or output of the technologies or digital processes being used, is it clear who is responsible for corruption or unintended amendment or loss of the data and information?  Is there a common understanding of what would adequately fulfil the client’s expressed criteria?  Who owns the different elements of the data and other outputs being produced from the processes?  A failure to clearly clarify these issues leads to potential misunderstandings, differing expectations and, ultimately, expressive and time-consuming disputes.  There is also the important aspect of insurance.  When the UK Government first issued their BIM mandate in 2011, I advised various leading insurers on the potential impact and consequences on existing professional indemnity policies and I recall that many, at the time, decided to adopt a ‘wait and see’ attitude to BIM.  Insurers accept that BIM and digitisation can generally reduce risk and improve efficiency, which is obviously beneficial for both insurers and insured.  However, some insurers do require more declarations about their use than others, such as notification if a party is acting in a new BIM-specific role outside its normal role as, for example, an architect or engineer.  In this regard, it is always worthwhile having a discussion with one’s insurance broker to confirm whether BIM or another intended technology (e.g. drones or smart contracts) impacts insurance cover or requires any additional information to be submitted to insurers.  Better to clarify this early than find there is a risk of being uninsured if something goes wrong.

You’re currently writing the History. It must be very exciting. Is there already a big jurisprudence in terms of BIM?

It is very exciting times.  When I first got involved in BIM in 2011, and got told by many people – including my boss at the time – that it was a waste of time as there were no legal issues, I could never have imagined that I would be where I am today.  BIM and construction technology is a constantly changing area and what we can increasingly achieve with the digital tools is so exciting.  I still get amazed and thrilled at having the opportunity to watch demos of new technology, whether it is Spot the Dog robot or a new 3D real-time visualization tool.  My mind then immediately goes to consider the legal issues and liability risks that these could give rise to.  Those in the BIM industry are used to my, perhaps sometimes irritating, questions at the end of talks and demos to understand more about how they are tackling these issues.  I have tried my best to then pass this information and knowledge on, and I speak frequently at conferences and write articles and papers to help awareness and provide some further resources in this area, as well as always being open to discussion on the topics and providing additional resources via the BIM4Legal events.

From my contacts in the construction industry worldwide, I am aware that BIM disputes are happening about the content of models and parties’ obligations regarding BIM, but there is very little formal case law at present.  This will no doubt change as projects which had early, unrefined BIM requirements and contract clauses, or no formal contract clauses at all, conclude and disputes arise regarding fees or other completion issues.  There was what is being considered as the first BIM case in the UK, Trant v Mott Macdonald.  In this case, Mott Macdonald, the Information Manager, withdrew access to the CDE when there was a fee dispute.  Trant, the contractor, only regained access after taking the case all the way to the Supreme Court and then only access was granted on a temporary payment of a significant sum into court until the dispute was heard in full.  The problem was, apparently, that not only was there no signed contract, the contract did not deal with the CDE in detail including when access could be withdrawn.  So both parties believed their position was justified and correct.  This dispute could have been avoided if there were clear contract terms on parties rights and responsibilities in the BIM process.

In the Netherlands, there are a few more reported cases, and the esteemed academic and specialist in BIM, Evelien Bruggeman, has written a useful blog on this (https://www.linkedin.com/pulse/bim-procurement-law-netherlands-part-4-use-model-tender-bruggeman/).

From a project lifecycle perspective, which phases are more impacted by BIM legally speaking and how?

From a legal perspective, the pre-contract stage is the key time to deal with the legal risks and issues regarding BIM.  A failure to set out the parties’ expectations for BIM in the project within the contractual documentation, including rights, obligations and intended processes, is a ticking time bomb for misunderstandings, differing expectations and potential disputes.    

A big and basic question: In France, many AEC professionals are asking for the property of the BIM model. Who finally owns it/them? The owner, the architect, the construction company? And what about the intellectual property, whether it’s from an engineering or architecture perspective as these 2 aspects are different?

This was one of the first big concerns for authors of BIM models and data when BIM processes became more commonplace.  I recall a detailed debate on Linkedin in around 2012 or 2013 between European and American consultants, where the European consultants felt the intellectual property should be retained by the original authors whereas the American consultants explained it was standard for intellectual property in all the BIM data to transfer to the client.  Their explanation was that, otherwise what was the client paying for?  The reality is more complex and requires one to remember that a BIM model consists of different components from an intellectual property perspective, primarily the model itself, the design, the objects and the other electronic data within the model (including data that can be produced from the model).  It is possible for different parties to own these different components.  For example, a designer may want to retain intellectual property of their design, but are happy to give up ownership of the model itself, and the objects within the model may be owned by the manufacturers of the objects or ownership transferred to the client where possible.  What does ownership of the model and objects mean in practice in this context?  This will come down to the clauses in the contract which will specify what rights each party has over the different components.  For example, I have seen many contracts that specify:

  • the designers retain intellectual property or ownership of their design with a licence being granted to the client to use the design for all purposes related to the project;
  • ownership in the models is transferred to the client, and they are free to do whatever they want with the models subject to the licence restrictions regarding the designs that form part of the models

In this regard, ownership and intellectual property rights mean the same thing, in practical terms.  However, arguably due to many lawyers lack of full understanding of how models are put together, it is only very recently that I have seen contracts also deal with who has ownership of the objects and other electronic data contained in the models.  Many contracts that seek to transfer ownership of models to a client also seek to transfer ownership of all electronic data within them, but the designer may not have the right or authority to transfer ownership in such elements.  A most common example is objects licenced from a manufacturer.  This may not be realized by either party until the actual owner of the relevant electronic data raises an objection to a client’s intended use, resulting in an unhappy client raising a complaint for breach of contract against the designer concerned.

In the UK, BIM is mandatory for all public projects. But what about the private sector? Is it impacted by this mandate as well? And do your BIM related laws also apply for the private sector or not?

After the 2011 BIM mandate, the UK Government made a lot of effort to evidence the benefits of BIM via pilot projects and other steps.  This assisted in providing concrete evidence to the private sector of the costs, time and quality benefits and savings that BIM had to offer, encouraging a wider adoption of BIM.  Industry groups like the UK BIM Alliance have also been instrumental in making BIM (in their words) “business as usual” within the wider construction industry, via knowledge sharing, published research and accessible events.  I am a UK BIM Alliance Ambassador and have seen how the private sector’s response to BIM has increased rapidly as there was both evidence of its benefits but also a significant amount of available resources and assistance to facilitate easy adoption and understanding.

One thing to remember about BIM from a legal perspective that, in the majority of countries including the UK, BIM standards such as the ISO19650 series have no force in law and it is still very rare for there to be BIM-specific laws or statutes.  BIM standards apply via being imported into contract terms or via regulatory requirements, such as the Singaporean planning submission requirements specifying use of BIM.  The various BIM standards worldwide are written to apply to all types of projects, whether public or private sector, as BIM is applicable to both.  Equally, the problems arising of simply including a specification to “Do BIM” in a contract carries the same risk of confusion and uncertainty in a public sector project as a private sector project.

Are you also working on IoT aspects CDEs, Digital Twins and by consequence, big data, data property topics and the digital data continuity as well?

Indeed I am involved in many aspects of digitisation and construction technology.  Arguably, many of them interlink to each other.  For example, digital twins and modular construction use 3D modelling.  Ultimately, all the digitisation and technology comes down to data and process, and many issues and problems are the same – although how you solve them changes depending on the type of technology involved.  I have written various papers on drones, 3D printing and Construction 4.0.  Most recently, I just finished writing a chapter for a book collecting chapters from different authors on construction technology.  My chapter considers the legal and contractual obstacles and issues arising from digitisation, digitalisation and technology, and how these could be overcome.  I am also involved in various industry groups, including being a member of the Centre for Digital Built Britain’s Digital Twin Roadmap Working Group, and their Digital Twin Toolkit Working Group.  There are some really exciting and useful tools and guidance coming out in that area.

Within Buro Happold, I also have the pleasure of working with the teams to develop Buro Happold’s service offerings in the areas of digital and data, such as new services regarding golden thread (which is all about data continuity – https://www.thenbs.com/knowledge/what-is-the-golden-thread), digital twins, information management and, most recently, even a useful software tool called Workplace Analytics (https://www.burohappold.com/specialisms/analytics/workplace-analytics/)

As the UK built almost everything from scratch, did you get some inspiration from another sector like the manufacturing industry or did you completely invent everything?

We learnt a lot from other sectors like manufacturing and the auto industry, who have gone through the digitisation process.  However there are many things which are relatively unique to the construction industry.  Many sectors which are highly digitized, like the manufacturing and auto industries, refine the design of a product before repeated or mass production.  Comparatively, with some exceptions such as some residential housing developments, each construction project is completely or largely unique.  Therefore whilst we can learn from other sectors, the precise application and implementation of digitisation and technology within our industry must be shaped to cater for the specific way our industry functions.

Experience and lessons learnt from previous projects is invaluable but we cannot simply replicate what has been done before.  Processes and requirements need to be adapted to suit the particular situation.  It is sadly not completely uncommon to see the reverse of this; for example I’ve seen the identical BIM requirements in different bids for entirely different projects, I assume prepared by the same consultant from their template without amendments.

What are your collaboration with other countries in terms of BIM and legal aspects? Are they expecting a lot from you? Is it a big pressure to be leaders?

I understand that before the BIM standards and processes were formulated by the UK Government, various visits and discussions were held with other countries implementing BIM to understand and learn from their experiences.  As the UK was ahead of many other countries in formalizing BIM standards, there have been various contingents from other countries who have visited to, in turn, understand how the UK has done this and how this could be used to assist their own implementation and avoid some of the shortfalls or problems we encountered.  For example, a couple of years ago, a contingent from Vietnam visited for this purpose.  I was one of a number of BIM specialists who gave presentations to them and answered their queries.  I summarized the legal and contractual setup and issues encountered in BIM, including how BIM is being incorporated into contracts; I think they found this quite useful as they were thinking of using similar style of contract terms.  I have been invited in recent years to present the UK’s legal and contractual BIM journey in opening keynotes at BIM conferences in Berlin and Porto, and as a speaker at a conference in Johannesburg.  I was meant to present similar content at further conferences in the Middle East and elsewhere but the pandemic delayed this!  I find people are very interested to understand our experiences of the last 10 years.  In the same way we learnt from other sectors, equally other countries look to learn from some of our experiences (good and bad!) so they can form their own processes and framework that works best for them.

The UK is definitely leading the way in Europe and in the world. And we can clearly see from all your actions, strategic initiatives, regulations, standards, etc. that it’s starting to pay off and that nobody will stop you. With this fantastic strategy and means, is digital and BIM growing as fast as expected? And is it as successful as expected?

Compared to sectors such as manufacturing and auto industry, construction does not readily embrace change and progress.  Arguably, the industry has, in some ways, not significantly progressed from the bricks-and-mortar industry of 50 years ago.  According to the Committee for European Construction Equipment, the civil engineering and construction sector is apparently one of the world’s least digitized sectors, particularly in Europe (as mentioned in https://www.ice.org.uk/news-and-insight/the-civil-engineer/november-2019/difficulties-digital-transformation-construction).  The disastrous long-term impact of this fear of change, including embracing technology advances, was emphasized in the compellingly entitled 2016 UK report, The Farmer Review of the UK Construction Labour Model: Modernize or Die (http://www.constructionleadershipcouncil.co.uk/wp-content/uploads/2016/10/Farmer-Review.pdf).

Some of your Industry leaders are also saying that we should go back to basics and not let anyone behind. Does that mean that many small and medium companies struggle to make this transition?

Moving from traditional methods to BIM can be a costly exercise at the initial phase, with software, hardware and training.  Whilst the later benefits justify this initial expenditure, it may be a difficult decision for smaller organisations.  Regardless, many smaller organisations in the UK are pioneers in BIM process and recognize the savings and benefits it provides to their organisation even where there are no formal BIM deliverables.  Cost, uncertainty and lack of understanding remain barriers for smaller and medium organisations however.  This sometimes can come from a lack of realization that the level of adoption of BIM depends on a party’s role and may not need much cost at all.  For example, a small sub-consultant may only need access to a free BIM mode viewer to participate in their aspect of the BIM process, or be able to submit appropriate information to be inserted into the BIM data or COBie spreadsheet.  Increasing awareness and providing support will overcome the concerns and enable organisations to have the knowledge and skills they need to remain competitive as BIM becomes a commonplace part of design and construction.  It is also vital to bring BIM back to basics as there is a lot of misunderstanding within the industry about BIM, even within big organisations.  There are different understandings of what constitutes best practice for BIM processes, how the standards should be applied and how BIM should be detailed in the documentation.  This misunderstanding can only cause issues and problems between parties but can be resolved by overcoming any confusion that still pervades about BIM, what it is and how it should be applied by parties.

In France, several Industry Leaders and some trade organizations are against any BIM Mandate, stating that it would neither change the game, nor accelerate its adoption (in France we have an average of 17% adoption rate, except for big companies). And the French Government is also against it. What’s your point of view and has it been difficult to create a BIM Mandate? Has it put some companies, especially small and medium ones, in difficulty, not being anyme able to compete against the others, creating therefore an imbalance on the market?

The BIM mandate in the UK had advocates and critics at the time.  However what it did was significantly accelerate adoption.  Companies were forced to look at BIM seriously and consider how to adopt it, than simply say it is another craze that will go away.  It is due to the BIM mandate that the PAS1192 suite of standards were produced, which in turn were used as a basis for the ISO19650 standards being adopted internationally.  The BIM mandate also indicated the Government’s firm commitment to progressing BIM within the industry, which continues with the UK Government’s 2020 Construction Playbook which has many references to BIM.  This investment, including in pilot projects and research, in turn encouraged the private sector to adopt BIM.  It is now normal for all big projects to contain requirements relating to BIM in the UK.  The construction industry is known for moving very slowly, and there are many studies which compare our industry negatively against the manufacturing and other industries in this regard.  Without at least some obligatory adoption, our industry is unlikely to take the risk and uncertainty of adopting a new way of working.

By the way, what’s your analysis of how BIM is evolving in the world? And how regulations and laws around mandates seem to be defined and applied so differently? Would you prefer everything to be harmonized? Are you involved in such discussions at the EU BiM Task group?

The BIM journey will always be a bit particular to the way the construction industry operates in a particular country, and the laws and contractual framework of that country.  Nonetheless, the problems, issues and experiences of BIM are very similar worldwide.  For example, many parties will have received specifications which essentially ask them to “Do some BIM”.  Concerns and confusion regarding copyright of the different elements comprising a BIM model and process are common.  However, the evolution of the formal implementation and contractual side of BIM is fairly fragmented across the world.  It arguably falls into 3 types of implementation: mandates (e.g. in the UK, Singapore and Wisconsin in USA); ad hoc or unofficial requirements (e.g. French Article 42 of Decree 2017-1097, and requirements of public authorities such as the Swedish Transport Authority); standards implemented by contract (e.g. ISO19650 and the ISO19650-compliant Information Protocol – which forms part of the UK BIM Framework; the US National BIM Standards and the standard BIM documentation, AIA suite and ConsensusDOCs).  There are then various guidance, such as the BIM Dictionaries (which are in many languages and invaluable for international parties working on the same project – put simply, so when someone says an apple, others don’t think they mean a pear), the guidance published under the UK BIM Framework, and the EU BIM Handbook.  The aim of the international standards, ISO19650, was to provide greater harmony and consolidation across the worldwide construction industry in its implementation of BIM.  Given the international nature of construction – French, German and British consultants may all be working in a project in the Middle East, for example – a unified way of working and understanding seems logical and sensible for all concerned.  I have been actively involved in the preparation of the ISO19650 guidance and some other ISO19650-related documents within the UK, but there is still much to be done to continue the harmonization process worldwide and I have tried to make my small contributions to this at conferences and involvement in various industry groups.  I have not had the honour of being involved with the EU BIM Task Group directly, but would welcome the chance to provide support and detail of the lessons we have learnt to date to inform the continuing BIM journey.

What are the next big steps in terms of law adaptation or creation in the UK regarding BIM and Digital?

As regards BIM, we are currently progressing the development of the UK BIM Framework, which implements the ISO19650 international standard.  We still have some journey to go to make BIM business as usual, but we have made tremendous progress in the last 10 years.  As regards other areas of digital technology, consideration on the development of appropriate laws and regulations for AI and smart contracts are already being seriously contemplated.  I would expect a regulatory framework around the use of robotics and modular construction within the construction industry to follow suit given the rising popularity of these technologies within the industry.  Such legal and regulatory framework will assist parties to uphold (and rely on) best and safe practices in implementing such new technologies, as well as possibly encourage adoption as clients and others will feel reassured it is not the ‘Wild West’.

When do you think that UK will be fully digital and BIM ready? And what will happen before? Won’t you feel orphan? 😊

I think it is safe to say it may be a few years before the UK is fully and completely BIM ready, and I am excited to be participating in the process to that goal.  As regards digital, I would argue that digital and digitisation is a never-ending journey.  There is always a new development, improvement or refinement in the digital process, whether it is computational construction, robotics or machine learning, that can help progress our industry.  In recent years, I have had the opportunity to be involved in industry groups in various of these areas; most recently being part of a working group that has recently issued a Digital Twins Toolkit (available for free on the Centre for Digital Built Britain website).  I still get exceptionally excited to understand a new element of digital technology and I expect I will be continuously working at understanding the latest useful piece of digital technology for many years to come.  I would indeed feel lost without having construction technology to entertain my brain!

We often ask the question of Women in BIM on ABCD Blog. Although we know that the UK have some Stars like You May and others, are there many Women in that field in the UK? And is it challenging on a daily basis, knowing that the Construction Industry is not quite balanced? What’s your feeling about it?

Thank you.  That is very kind.  I have always found the BIM and digital communities very welcoming and supportive to everyone.  Whilst there are fewer women than men, as there are in the construction industry, many people in the communities are drawn together by their passions in this area and they do not judge by gender, age or race.  In some ways, it has been more challenging being one of very few lawyers in these communities, and being the one to raise the ‘boring’ (but crucial) questions and issues about risk allocation, potential liability and – do parties have a common understanding what they’ve agreed to achieve with the technology?

What would you recommend to a country deciding to mandate BIM? What would be the strategy to be in place from a legal perspective and the big steps to follow carefully?

From my observations, a BIM mandate has a great many benefits.  The construction industry moves slowly and is generally risk adverse.  A mandate obliged the industry to move faster in adopting BIM and, in the process, they will experience the various benefits it has to offer whilst being reassured the rest of the industry is having to make the same cost and risk investment into it.  It is helped now by the various examples, e.g. in the UK, of how a BIM mandate can be implemented and the presence of standards and contractual frameworks that can be adopted (e.g. the ISO19650, the ISO19650-compliant Information Protocol, the JCT Contract 2018 Practice Note on BIM, and others).  From a legal perspective, it is so important to have readily available, easy to understand BIM terms that can be easily inserted into the commonly used standard form contracts.  They need to be easy to understand as many people drafting the contracts, or reading them, will likely not have detailed (or perhaps any) knowledge of BIM.  I have seen too many examples over the years, across the world, of parties ending up in disputes due to the lack of BIM terms for a BIM-enabled project, or due to vague BIM terms which lead to differing expectations and misunderstandings.

Has the Brexit changed anything in your plans in terms of laws and regulations for BIM? BIM being so international, will you stick to the worldwide rules or will you develop a UK BIM oriented regulation?

The great thing about BIM is that it is without borders.  From my experience in meeting many people worldwide, the most common problems that the construction industry faces in implementing BIM and overcoming the issues are the same in the UK, France, Australia and South Africa.  I have found the community always keen to learn from each other, particularly, as you say, because BIM is so international.

We are taking many steps to help the UK construction industry to understand and implement the international standards for BIM and information management, ISO19650.  I am part of the working group that has developed the Guidance documents about the ISO19650 and I led the team that drafted an ISO19650-compliant Information Protocol.  I think it is the first ISO19650-compliant Information Protocol to be published and is discussed further (in French) in a LexisNexis article I co-wrote with the very knowledgeable, David Richard.  

These Guidance documents and Information Protocol form part of the UK BIM Framework (https://www.ukbimframework.org/) which sets out the approach for implementing BIM in the UK using the framework for managing information provided by the ISO 19650 series.  The UK BIM Framework recently received strong UK Government support as it was mentioned in the UK Government’s 2020 Construction Playbook, which says that “Contracting authorities and suppliers should apply the UK BIM Framework. This includes standards, guidance and other resources” and that “Contracting authorities should use the UK BIM Framework to standardise the approach to generating and classifying data, data security and data exchange, and to support the adoption of the information management framework and the creation of the national digital twin”.  This shows the commitment in the UK

What would you like to say to our French and international readers?

I know people may still be questioning the relevance or importance of legal and contractual issues when it comes to BIM and digital technology.  There is also an unfortunate lack of many resources and guidance in this area.  I would urge your readers to take these issues seriously, to avoid expensive and time-consuming misunderstandings and disputes.  I hope the documentation we have compiled in the UK BIM Framework website will be useful reference points in their journey in this area.  This website is not just relevant for BIM but for digital information management generally, given that the ISO19650, on which it is focused, covers overall digital information management – which is one of the cornerstones of digital technology.

Did you know ABCD Blog before? Feel free to say no 😊

I regret I did not, but I am so pleased to have found out about your excellent blog!  I have already learnt many things from reading it.

What are your passions out of your involvement at National level?

I am very passionate about helping the industry to continue to progress and improve in the area of digital and digitisation.  There is a lot of work still to be done worldwide and I hope to have more opportunities to work with my international colleagues on this, hopefully providing useful assistance based on my experiences and involvement in this area over the last decade.

Dear May, thanks a lot for this amazing interview and your vision and leadership. We wish you all the best in this exciting journey.

Une application de PIRO CIE, une société Nantaise, permet une réduction des coûts sur le chantier grâce aux modèles 3D et RV/RA basés sur le cloud

PIRO CIE, une société d’édition logicielle et intégrateur système certifiée Forge basée dans la région Nantaise que nous avions d’ailleurs interviewée, développe des outils numériques innovants pour les professionnels du secteur de l’AEC en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient.

Cette société se concentre particulièrement sur les outils de conception, de suivi de chantier, d’assistance à la construction et de visualisation de modèles 3D, avec un fort accent sur l’utilisation de la réalité augmentée, virtuelle et mixte. PIRO s’est spécialisée dans le développement de plug-ins et applications standards et personnalisés, et a particulièrement mis la priorité sur le processus BIM (Building Information Modeling), dans le but de maximiser la flexibilité, la portabilité et l’utilisation de modèles numériques 3D.

Le défi

Alors que l’industrie de la construction s’éloigne des méthodes basées sur le papier pour se tourner vers la numérisation complète, l’accessibilité devient un problème croissant pour les entreprises. Les informations sur les projets, traditionnellement partagées et livrées à la main, par fax, par courrier ou par courrier électronique, sont désormais stockées numériquement. Cela signifie que les parties prenantes ont de plus en plus besoin d’un accès et d’une formation à des programmes logiciels complexes et coûteux, ainsi que des ordinateurs capables de les faire fonctionner, une approche coûteuse, notamment pour les grandes équipes. En outre, les différents systèmes des acteurs du projet fonctionnent avec différents formats de fichiers, ce qui complique la collaboration entre les équipes. Enfin, les parties prenantes se retrouvent contraintes à utiliser des ordinateurs de bureau, avec une capacité limitée d’accès aux données de projet stockées numériquement en dehors du bureau et sur site.

Comment PIRO a résolu ces contraintes avec Forge

Bien qu’elle soit encore une entreprise relativement petite, PIRO fait des progrès audacieux dans son travail visant à amener la réalité augmentée (RA), la réalité virtuelle (RV), la réalité mixte (RM) et la réalité étendue (XR) à l’industrie de la construction et de la fabrication. Conscient de la flexibilité et de la puissance de la plateforme Forge, PIRO a vu une opportunité de s’appuyer sur son travail et d’apporter des modèles 3D et des environnements RA / RV sur le chantier, le tout sur des appareils mobiles, tout en supprimant complètement le besoin de systèmes logiciels lourds.

En utilisant les API Forge, PIRO peut entièrement stocker les données de projet dans le cloud, sans logiciel d’édition de conception. Tout d’abord, PIRO utilise l’API de gestion des données de Forge afin d’extraire le modèle du logiciel de conception BIM Revit. L’API Model Derivative traduit l’objet – avec une capacité de traduction de plus de 70 formats de fichiers différents dont le standard ouvert IFC ou le format natif de Revit – afin qu’il puisse être visualisé en tant que modèle 3D dans l’API Viewer. Lorsque les données des clients sont déjà stockées dans BIM 360, PIRO peut ignorer l’API Model Derivative, car BIM 360 traduit déjà le modèle en un objet visible. L’équipe utilise également l’API Design Automation pour exécuter certaines des fonctionnalités traditionnellement réalisées dans Revit.

Le modèle 3D rendu est visible dans n’importe quel navigateur Web sur n’importe quel appareil portable. Sur site, les utilisateurs peuvent superposer le modèle 3D sur un rendu RA / RV de l’endroit où ils se trouvent. Si le modèle est un bâtiment, les parties prenantes peuvent faire des ajustements et des notes en fonction de l’environnement. Ils peuvent superposer des rendus 3D de plans sur des intérieurs pour, par exemple, explorer virtuellement le placement possible des ouvertures et de la tuyauterie CVC-Plomberie, et vérifier les conflits. Avec les rendus 3D d’objets tels que les échafaudages, les utilisateurs peuvent ajuster la taille et l’emplacement sur le site, et même «insérer» et déplacer des modèles de travailleurs pour vérifier à nouveau les mesures de sécurité.

Avec des modèles basés sur le cloud, alimentés par la capacité de Forge à convertir plusieurs formats, les équipes peuvent collaborer sur un projet sur n’importe quel appareil depuis n’importe quel endroit, réduisant ainsi le temps de communication papier, réduisant les erreurs coûteuses et accélérant l’achèvement des projets. Les parties prenantes n’ont pas à changer de plateforme uniquement pour des fonctionnalités supplémentaires. Les entreprises n’ont pas à investir dans des logiciels, des ordinateurs et des formations supplémentaires. Et PIRO n’a plus besoin de créer une nouvelle plateforme pour chaque nouveau client : l’API BIM 360 stocke toutes les données du projet au cœur d’un emplacement accessible.

Les points forts de Forge sont les suivants :

  • Traduit plus de 70 formats de fichiers différents dont le standard IFC
  • Élimine le besoin de logiciels coûteux, démocratisant l’accès aux modèles BIM
  • Simplifie la collaboration et réduit les erreurs

Site officiel de la Société PIRO CIE ici.

Contact :
Piro Charles, Directeur général associé
Contact : charles@piro-cie.fr

Interview Leaders de la transition numérique – Peter El Hajj, Responsable de la mise en œuvre du National Digital Twin Programme au Royaume-Uni

Nous savons tous que le Royaume-Uni est depuis de nombreuses années l’un des pays leader et les plus avancés en termes de mise en œuvre du BIM. Grâce à leurs normes et politiques nationales concernant le numérique, le BIM, les jumeaux numériques, les MMC (Modern Methods of Construction our hors site) et de nombreux autres sujets d’innovation, ils sont à la pointe. C’est dans ce contexte que nous avons cette semaine le plaisir et l’honneur de recevoir Peter El Hajj, qui occupe un rôle important en tant que Responsable de la mise en œuvre du programme britannique National Digital Twin (NDT). Cette initiative placera définitivement le Royaume-Uni à l’avant-garde de l’innovation et apportera de nombreux avantages à ses citoyens.

Bonjour Peter et bienvenue sur ABCD. Pourriez-vous svp vous présenter brièvement à nos lecteurs et nous parler également de votre parcours ?

Merci de me recevoir Emmanuel. C’est un plaisir de pouvoir échanger avec vous et vos lecteurs aujourd’hui. De formation professionnelle, je suis ingénieur et titulaire d’un doctorat en gestion d’actifs. Avant de m’impliquer dans le numérique et l’innovation, j’ai travaillé dans le financement des infrastructures et sur divers projets de recherche européens.

Vous avez étudié en France, n’est-ce pas ?

Effectivement, j’ai passé quelques années à Nantes, l’une des plus belles villes de France avec une scène d’innovation en effervescence. J’y ai fait un master en génie civil à l’Ecole Centrale de Nantes, puis un doctorat en gestion d’actifs à l’Ecole des Mines de Nantes en collaboration avec l’Université de Nantes. Lors de mes recherches, j’ai travaillé sur la simulation et la gestion du cycle de vie des infrastructures à l’aide de processus stochastiques.

Avez-vous toujours été passionné par le numérique, la gestion de l’information et l’innovation depuis vos études ?

Eh bien, mon intérêt pour le monde numérique remonte à avant mes études. Je me souviens avoir reçu mon premier PC alors que je n’avais que 5 ans. Bien qu’il fusse plus grand que moi, il me fascinait et j’étais désireux d’apprendre et de comprendre comment il fonctionnait. On peut donc dire que j’ai toujours été animé par une curiosité scientifique qui, je crois, m’amène là où je suis aujourd’hui, travaillant dans la gestion de l’information et la transformation numérique.

Quand êtes-vous entré chez Mott MacDonald et quels y ont été vos rôles ?

J’ai rejoint l’entreprise début 2017 en tant que consultant dans l’équipe de conseil en financement d’infrastructure basée à Londres et plus tard, j’ai rejoint une partie de la nouvelle équipe Digital Ventures de Mott MacDonald, travaillant sur la transformation numérique, déployant les produits Moata et investissant dans les start-ups en démarrage. Le but des entreprises du numérique est d’améliorer les performances des infrastructures et d’améliorer les résultats sociaux et environnementaux. Actuellement, je suis le Responsable produit ESG (Gouvernance sociale de l’environnement) pour Mott MacDonald Digital Ventures, et en parallèle, je suis responsable de la mise en œuvre du programme de jumeau numérique national (National Digital Twin) au Centre for Digital Built Britain (CDBB).

D’ailleurs, pourriez-vous nous en dire plus sur Mott MacDonald et ses centres d’intérêt ?

Mott MacDonald est un cabinet de conseil international qui emploie 16 000 personnes dans 150 pays. Notre objectif est d’améliorer la société en tenant compte des résultats sociaux dans tout ce que nous faisons, en nous concentrant sans relâche sur l’excellence et l’innovation numérique. Mott MacDonald est l’une des plus grandes entreprises appartenant à ses employés au monde. Nous avons travaillé sur de grands projets dans le monde et avons récemment soutenu le plus grand projet de production d’hydrogène d’Europe (projet NortH2). Nous avons aussi une équipe fantastique à Paris !

Quand et comment avez-vous commencé à travailler pour CDDB? D’ailleurs, pour nos lectrices et lecteurs, qu’est-ce que le CDDB?

Le Centre for Digital Built Britain ou CDBB est un partenariat entre le Department of Business, Energy & Industrial Strategy (BEIS) du Royaume-Uni et l’Université de Cambridge. Sa mission est de comprendre comment les secteurs de la construction et des infrastructures pourraient utiliser les technologies numériques pour mieux concevoir, construire, exploiter et intégrer l’environnement bâti. Le CDBB dirige plusieurs grands programmes tels que le UKBIM Framework, le programme international BIM et le programme national de jumeau numérique (NDTp).

J’ai commencé à travailler avec le CDBB en 2018. Le programme de jumeau numérique national était en cours de création et il fallait développer la «feuille de route pour une gestion efficace de l’information», ce qui fût ma première tâche dans le cadre du programme.

Étiez-vous déjà impliqué dans le thème du jumeau numérique avant de devenir responsable de la livraison du programme de jumeau numérique national ?

J’ai découvert le concept avant de m’impliquer dans le NDTp. En fait, j’ai travaillé sur ce thème dans le cadre de mon doctorat bien avant qu’ils n’appellent cela ainsi à l’époque. Les jumeaux numériques signifient toujours des choses différentes pour chaque personne, mais toutes les descriptions partagent une caractéristique commune : une connexion dynamique entre les mondes numérique et physique pour prendre de meilleures décisions et fournir de meilleurs résultats. Je ne pense pas que les jumeaux numériques soient une seule technologie, ils sont plutôt constitués de plusieurs composants et technologies qui se marient pour permettre un cas d’utilisation spécifique et servir un objectif unique. À mesure que les jumeaux numériques émergent, ils doivent s’étendre au-delà des actifs individuels et dans les systèmes dont ils font partie, et cette extension est ce que le NDTp vise à permettre.

En un mot, qu’est-ce que le programme National Digital Twin, pourquoi est-il si important pour le Royaume-Uni et quels est le planning de son déploiement ?

Le NDTp est un programme de transformation socio-technique qui envisage un écosystème de jumeaux numériques connectés et réunis par un partage de données sécurisé et résilient qui peut profiter à la société, à l’économie et à l’environnement. Pour partager avec vous quelques chiffres, on estime qu’un plus grand partage de données pourrait générer 7 milliards de livres supplémentaires par an d’avantages dans les seuls secteurs des infrastructures du Royaume-Uni. Le NDTp est donc un programme important pour le Royaume-Uni et il fait partie de la stratégie nationale infrastructure.

Pour activer le jumeau numérique national, nous nous devons de développer le cadre de gestion de l’information (FMI) – les éléments de base nécessaires pour permettre une gestion efficace de l’information – et développer le Digital Twin Hub (https://digitaltwinhub.co.uk/) qui est une communauté pour ceux qui possèdent ou qui développent des jumeaux numériques au sein du domaine de l’infrastructure et de l’environnement bâti. Avec pour devise «apprendre par l’action et progresser par le partage», le DT Hub a été mis en place pour partager les leçons tirées de cas d’usage réels, relever les défis et identifier les meilleures pratiques en matière de développement de jumeaux numériques. Nous comptons actuellement plus de 1 400 membres issus de plus de 800 organisations qui partagent et apprennent ensemble. Comme vous l’avez peut-être deviné, un changement à cette échelle nécessite du temps (plusieurs décennies) et de la concentration, et ne peut être réalisé que grâce à un effort conjoint de l’industrie, du milieu universitaire et du gouvernement.

Quels ministères s’en occupent et disposez-vous d’un budget national pour cela, à l’instar de la transition numérique de l’industrie de la construction avec ses 72 millions de £ ?

Le NDTp a été mis en place par le UK Treasury en 2018 via le département Business, Energy and Industrial Strategy (BEIS). Le programme est financé par le gouvernement et est également fortement soutenu par l’industrie et le milieu universitaire.

Quel est le lien avec la philosophie du « Data for the Public Good » ?

En effet, ce qui a lancé notre programme est un rapport de la National Infrastructure Commission du Royaume-Uni, intitulé «Data for the public good». Le bien public est au cœur de ce que nous faisons. Nous voulons des systèmes ouverts et sécurisés, pour améliorer la prise de décision et apporter de meilleures interventions à notre environnement bâti et à nos citoyens. Le BIM joue un rôle fondamental et complémentaire pour les jumeaux numériques et le jumeau numérique national.

Comment êtes-vous organisé au NDTp et quelles organisations sont impliquées ? S’agit-il d’un mélange d’organisations publiques et privées ?

Comme je l’ai mentionné, le NDTp est une collaboration entre l’industrie, le milieu universitaire et le gouvernement. Il est dirigé par le CDBB et dirigé par le groupe de travail sur le cadre numérique, qui est un conseil d’administration de plus de 30 hauts dirigeants représentant des groupes technologiques, des propriétaires, maîtres d’ouvrage et des opérateurs d’actifs, des organismes de normalisation, le gouvernement, la chaîne d’approvisionnement, des experts en gestion de l’information et en sécurité.

Le jumeau numérique national couvre-t-il à la fois le bâtiment et l’infrastructure ?

La portée du jumeau numérique national est volontairement large afin d’avoir un impact à la fois sur l’environnement bâti et sur la société, comme nous l’avons mentionné. Il couvre les infrastructures économiques, telles que les transports, l’énergie, l’eau, les déchets, les télécommunications, ainsi que les infrastructures sociales telles que les bâtiments, les hôpitaux et les écoles. Cela signifie que le National Digital Twin couvre tout ce qui est «construit». Ce n’est, en fait, que le début, car nous envisageons que la connexion de jumeaux numériques dans d’autres secteurs au-delà du bâtiment et de l’infrastructure puisse générer encore plus de valeur.

Faudra-t-il développer de nouvelles normes (ouvertes) et de nouveaux logiciels / plateformes ou comptez-vous vous fier aux normes, logiciels et plateformes existants?

Les principes fondamentaux du jumeau numérique national sont énoncés dans le rapport sur les principes Gemini qui a été publié en 2018. Un principe clé est «ouvert» qui définit un programme qui est ouvert autant que possible. Nous avons l’intention de maximiser l’utilisation des plateformes et des normes disponibles qui sont alignées sur les principes Gemini. Mais dans certains cas, nous développerons de nouveaux standards et protocoles conformes au principe Gemini permettant d’être : ouverts, sécurisés, non acquis, non propriétaires et pour le bien public.

Avec une telle quantité de données à venir, quelle sera votre stratégie de données ? Et devrez-vous construire des centaines de data centers ?

Nous n’avons pas encore défini les exigences en matière d’infrastructures pour le jumeau numérique national. Il y a encore un certain nombre de considérations clés à explorer, telles que l’architecture d’intégration, les services distribués, la cybersécurité et les coûts environnementaux. Ce sont des questions très importantes qui éclaireront une stratégie de données.

Combien de temps faudra-t-il pour «construire» ce National Digital Twin ?

Il est important de souligner que le National Digital Twin n’est pas un grand jumeau numérique intégrant tout, mais plutôt un écosystème de jumeaux numériques connectés et appartenant à différentes organisations. Par conséquent, il incombera aux organisations du Royaume-Uni de construire leurs jumeaux numériques et de les connecter en utilisant, par exemple, le FMI qui formera le jumeau numérique national. Vous pouvez considérer cet écosystème comme similaire à Internet. Aucune entité ne sera propriétaire du jumeau numérique national, mais il sera soutenu par des ressources, des fonctions, des services et des protocoles distribués et fédérés.

Est-il prévu de l’exporter vers d’autres pays par la suite ?

J’imagine que oui, à l’instar du programme international BIM qui est également géré par le CDBB.

Par ailleurs, collaborez-vous avec d’autres gouvernements européens et étrangers ?

Nous sommes toujours désireux de nous connecter et de collaborer. Nous avons de bonnes relations avec l’Australie, le Canada, les États-Unis, les Pays-Bas, Singapour et des organisations internationales telles que le Forum économique mondial. En outre, divers projets européens passionnants sont en cours, tels que les «Digital Twin Earth» et OntoCommons.

L’utilisation de ce futur Jumeau Numérique National sera-t-elle gratuite pour les citoyens ?

Le programme est destiné au bien public de par sa conception et son objectif. Ainsi, toutes les ressources développées par le NDTp comme le FMI seront toujours gratuites et accessibles à tous et il n’est pas question de changer cela.

Vous écrivez l’Histoire, mais qu’est-ce qui vous passionne le plus dans cette fantastique aventure ?

Je suis heureux que vous le pensiez. Je me sens très chanceux de participer à ce programme. Nous avons une équipe dévouée et altruiste qui rend le travail encore plus agréable. Ce qui me passionne le plus, c’est d’avoir la possibilité d’améliorer la vie des gens grâce à de meilleures infrastructures.

Comme vous connaissez très bien les deux pays, quelles différences voyez-vous entre le Royaume-Uni et la France en termes d’innovation, d’adoption et d’acceptation du numérique et du BIM ?

Le Royaume-Uni est doté d’institutions solides qui favorisent l’innovation et soutiennent la croissance de nouveaux marchés, et il est également un leader international du BIM, exportant déjà vers d’autres pays. Je dois avouer que je ne suis pas bien informé sur le niveau d’adoption du BIM en France. Cependant, j’ai rencontré diverses organisations et villes françaises faisant des travaux d’innovation et sur le numérique intéressants comme le programme de jumeau numérique de la SNCF et le jumeau numérique de Rennes. Cependant, à ma connaissance, il n’y a pas encore d’effort national conjoint pour le partage de données entre les infrastructures en France.

Vous êtes ingénieur de formation. Votre pratique d’ingénierie autour des bâtiments et des infrastructures ne vous manque-t-elle pas ?

Bien que je n’ai pas fait d’analyse structurelle ou de conception technique depuis un certain temps, j’utilise toujours mes compétences en ingénierie. À mon avis, «l’ingénierie» côté données est aussi importante que sur les aspects physiques et la connexion des deux mondes peut libérer énormément de valeur.

Souhaitez-vous dire quelques mots à nos lectrices et lecteurs ?

Je résumerais en disant que les données, c’est une infrastructure. Nous devons améliorer la qualité et la gestion de l’information afin de pouvoir prendre de meilleures décisions. Cela est essentiel pour relever nos défis les plus urgents tels que le changement climatique.

Cher Peter, merci beaucoup pour cette passionnante interview. Nous vous souhaitons le meilleur pour cette belle initiative et pour votre brillante carrière.

Merci beaucoup Emmanuel pour cette opportunité et ces échanges. Ce fut vraiment un grand plaisir de parler avec vous.

Peter El Hajj

Interview Leaders of Digital Transition in the UK – Peter El Hajj, Head of Delivery – National Digital Twin Programme

We all know that the United Kingdom has been since the start, one of the most advanced and leading nations in terms of BIM implementation. Thanks to their national standards and policies around digital, BIM, Digital Twins, MMC, and many other subjects of innovation, they’re definitely leading the way. In that context, we have this week, the pleasure and honor to receive Peter El Hajj who occupies an important role as Head of Delivery of the UK’s National Digital Twin (NDT) programme. This initiative is going to put the UK even more at the forefront of innovation and will bring lots of benefits to its citizens.

Hi Peter and welcome on ABCD. Can you briefly introduce yourself to our readers and tell us about your background as well?

Thank you for having me, Emmanuel. It’s a pleasure to be able to speak to you and your readers today. By trade, I’m an engineer with a PhD in asset management. Before getting involved in digital and innovation, I worked in infrastructure finance and on various EU research projects.

You studied in France, didn’t you?

I did. I spent few years in Nantes, one of the nicest cities in France with a buzzing innovation scene. There, I did a master’s in civil engineering at Ecole Centrale de Nantes, then a PhD in asset management at the Ecole des Mines de Nantes in collaboration with University of Nantes. In my research, I worked on infrastructure lifecycle simulation and management using stochastic processes.

Have you always been passionate about digital, information management and innovation since your studies?

Well, my interest in the digital world goes back to before my studies. I remember receiving my first PC when I was just 5 years old. Despite it being even taller than me, I was very fascinated by it and was keen to learn and understand how it worked. So you could say I have always been driven by a scientific curiosity which I believe lead me to where I am today, working in information management and digital transformation.

When did you enter Mott MacDonald and what have been your roles there?

I joined the company in early 2017 as a consultant in the infrastructure finance advisory team based in London and later I became a part of Mott MacDonald’s newly formed Digital Ventures team working on digital transformation, deploying Moata products and investing in early stage start-ups. The purpose of digital ventures is to improve infrastructure performance and enhance social and environmental outcomes. Currently, I am the ESG (Environment Social Governance) product lead for Mott MacDonald Digital Ventures, and Head of Delivery of the National Digital Twin Programme at the Centre for Digital Built Britain (CDBB).

By the way, could you please tell us more about Mott MacDonald and what their focuses are?

Mott MacDonald is a global consultancy employing 16,000 staff in 150 countries. Our purpose is to improve society by considering social outcomes in all we do, relentlessly focusing on excellence and digital innovation. Mott MacDonald is one of the largest employee-owned companies in the world. We have worked on major projects around the world and recently are supporting Europe’s largest hydrogen project (NortH2 project). We also have a fantastic team in Paris!

When and how did you start working for CDDB? By the way for our readers, what is the CDDB?

The Centre for Digital Built Britain or CDBB is a partnership between the UK’s Department of Business, Energy & Industrial Strategy (BEIS) and the University of Cambridge. Its mission is to understand how the construction and infrastructure sectors could use digital technologies to better design, build, operate, and integrate the built environment. CDBB leads several major programmes such as the UKBIM Framework, the International BIM Programme, and the National Digital Twin Programme (NDTp).

I began working with CDBB in 2018. The National Digital Twin programme was being established and they needed to develop the “roadmap for effective information management” which was my first task on the programme.

Were you already involved in the Digital Twin topic before becoming head of delivery for the National Digital Twin programme?

I did come across the concept before getting involved in the NDTp. In fact, I worked on them in my PhD although they weren’t called that at the time. Digital twins still mean different things to different people, but all descriptions share a common characteristic – a dynamic connection between the digital and the physical worlds to make better decisions and provide better outcomes. I don’t think digital twins are one technology, they are rather formed of multiple components and technologies that come together to enable a specific use case and serve a unique purpose. As digital twins emerge, they must extend beyond individual assets and into the systems they are part of, and this extension is what the NDTp is aiming to enable.

In a nutshell, what is the National Digital Twin programme, why is it so important for the UK and what are the timeframes of its deployment?

The NDTp is a socio-technical change programme that envisions an ecosystem of connected digital twins joined together by secure and resilient data sharing that can benefit society, economy and the environment. To share with you some numbers, it is estimated that greater data sharing could release an additional £7 billion per year of benefits across the UK infrastructure sectors alone. So the NDTp is an important programme for the UK and is part of the National Infrastructure Strategy.

To enable the National Digital Twin, we are developing the Information Management Framework (IMF) – the building blocks that are necessary to enable effective information management – and growing the Digital Twin Hub (https://digitaltwinhub.co.uk/) which is a community for those who own, or who are developing digital twins within infrastructure and the built environment. With a motto of ‘learn by doing and progress through sharing’ the DT Hub was set up for sharing lessons learnt from real-life use cases, addressing challenges and identifying best practices on developing digital twins. We currently have 1,400+ members from 800+ organisations all sharing and learning together. As you may have guessed, change at this scale requires time (multidecade) and focus, and can only be achieved by joint effort from industry, academia and Government.

Which ministries are handling it and do you have a national budget for that as per the digital transition of the construction industry with its 72M£?

The NDT program was set up by UK Treasury in 2018 through the department of Business, Energy and Industrial Strategy (BEIS). The programme is government funded and is heavily supported by industry and academia too.

How is it related to this “Data for the Public Good” philosophy?

Incidentally, what started our programme is a report by the UK’s National Infrastructure Commission called “Data for the public good”. Public good is at the heart of what we do. We want open and secure systems, to improve decision making and bring better interventions to our built environment and people. BIM plays a foundational and complementary role for digital twins and the National Digital Twin.

How are you organized at the NDTp and which organizations are involved? Is it a mix of public and private bodies?

As I mentioned, the NDTp is a collaboration between industry, academia and Government. It is led by CDBB and steered by the Digital Framework Task Group which is a board of 30+ senior leaders representing tech groups, asset owners and operators, standardisation bodies, Government, supply chain, information management and security experts.

Does the National Digital Twin cover both Building and Infrastructure?

The scope of the National Digital Twin is intentionally broad in order to impact both the built environment and society as we have mentioned. It covers economic infrastructure, like transportation, energy, water, waste, telecom, as well as social infrastructure like buildings, hospitals, schools. This means that the National Digital Twin covers everything that is ‘built’. This in, in fact, only the beginning as we envision that connecting digital twins across other sectors beyond building and infrastructure can release even more value.

Will it require to develop new (open) standards and software/platforms or will you rely on existing standards, software, platforms?

The National Digital Twin core principles are set out in the Gemini Principles report that was published in 2018. A key principle is “Open” which sets out a programme that is open as much as possible. We do intend to maximise the use of available platforms and standards that are aligned with the Gemini Principles. But in some cases, we will develop new standards and protocols which comply with the Gemini Principle: being open, secure, non-acquirable, non-proprietary and for the public good.

With such a forthcoming amount of data, what will be your data strategy? And will you have to build hundreds of datacenters?

We are yet to define the infrastructure requirements for the National Digital Twin. There are still a number of key considerations that should be explored such as the integration architecture, distributed services, cybersecurity and environmental costs. All are very important questions that will inform a data strategy.

How long will it take to “build” this NDT?

It’s important to highlight that the National Digital Twin is not one large digital twin of everything, but  an ecosystem of connected digital twins owned by different organisations. Therefore, organisations across the UK will be the ones building their digital twins and connecting them using, for example, the IMF which will form the National Digital Twin. You can think of this ecosystem as analogous to the internet. No single entity will own the National Digital Twin but it will be supported by distributed and federated resources, functions, services and protocols.

Are there any plans to export it in other countries afterward?

I imagine yes, like the International BIM Programme which is also run by the CDBB.

By the way, do you collaborate with other European and foreign governments?

We are always keen to connect and collaborate. We have good connections with Australia, Canada, USA, the Netherlands, Singapore and international organisations such as the World Economic Forum. Also, there are various exciting EU projects taking place such as ‘Digital Twin Earth’ and the OntoCommons.

Will the use of this future NDT be free for people?

The programme is for the public good by design and purpose. So all resources developed by the NDTp like the IMF will always be free and open for everyone to use and there is no plan to change this.

You’re writing History, but what’s most exciting about this fantastic adventure for you?

I’m glad you think so. I feel very fortunate to be involved in this programme. We have a dedicated and altruistic team which makes the work even more enjoyable. What excites me most is having the chance to improve people’s lives through better infrastructure.

As you know both countries really well, what differences do you see between UK and France in terms of Innovation, Digital and BIM adoption and acceptance?

The UK is equipped with strong institutions that foster innovation and support new markets growth, and it is also an international leader in BIM, already exporting to other countries. I must confess, I’m not well informed about the level of adoption of BIM in France. However, I did meet with various French organisations and cities doing interesting innovation and digital work such as the SNCF digital twin programme and Rennes’ digital twin. However to my knowledge, there is not yet a joint national effort for data sharing across infrastructure in France.

You’re an engineer by training. Do you sometimes miss engineering houses, building and infrastructures?

Although I haven’t done any structural analysis or engineering design in a while, I’m still using my engineering skills. The way I see it, ‘engineering’ the data side is as important as the physical side and connecting the two sides can unlock so much value.

Would you like to say a few words to our readers?

I guess I would sum up by saying that data is infrastructure. We need to improve information quality and management so we can make better decisions. This is critical to tackling our more pressing challenges like climate change.

Dear Peter, thanks a lot for this exciting interview. We wish you the best for this great initiative and for your brilliant career.

Thank you very much Emmanuel for the opportunity to reflect. It was really a great pleasure talking with you.

Peter El Hajj

Interview “BIM Worldwide” – Bertrand Menard, Responsable du développement chez Oger International Maroc, un acteur clé et global de l’Ingénierie

Cette semaine, le BIM à l’international s’invite chez nous, et plus particulièrement le Maroc. Il est toujours passionnant de voir comment ce processus se développe et se pratique chez nos chers voisins. Bertrand Menard, Responsable du développement chez Oger International Maroc, une grande ingénierie internationale nous fait le plaisir de répondre à nos questions. Nous allons ainsi comprendre comment le BIM se développe dans ce beau pays qu’est le Maroc.

Bertrand Menard, OGER International Maroc
Responsable Développement
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Bonjour Bertrand, bienvenu sur ABCD Blog et ravi de te recevoir. Pourrais-tu svp te présenter à nos lecteurs et nous parler de ton parcours avant d’arriver chez Oger International ?

Bonjour Emmanuel. Merci de cette invitation et ravi de te retrouver. Je suis Bertrand MENARD, originaire de Paris et diplomé d’une école d’ingénieur en environnement et maitrise de l’énergie depuis une vingtaine d’années environ. J’ai commencé dans le BTP en travaillant dans le domaine de l’électricité courants forts et courants faibles.

D’ailleurs, tu as eu une belle progression chez Oger International. Pourrais-tu stp nous en parler ?

Avec plaisir. Je suis arrivé chez Oger International en 2003 en tant que chargé d’affaires courants faibles sur des opérations à l’international et majoritairement au Moyen-Orient. J’ai ensuite intégré notre succursale Oger International Maroc en 2007, pour être successivement Pilote Coordonnateur, Responsable de Projet puis Responsable du Bureau d’Etudes. J’occupe depuis 2018 le poste de Responsable Développement. 

Pour nos lecteurs qui ne connaissent pas encore votre société, pourrais-tu stp nous présenter la société, ses secteurs d’activités, et ses couvertures géographiques ?

Nous sommes une société d’ingénierie de la construction crée il y a plus 40 ans, dont le siège est basé à Paris, avec une agence à Tunis et une à Casablanca.

Notre agence Oger International Maroc propose depuis plus de 20 ans des missions de maitrise d’œuvre technique, Due Diligence, OPC, AMO, MOD etc…

Nous travaillons dans différents pays en Afrique sub-saharienne francophone ou anglophone (Mali, Sénégal, Gabon, Tchad, Sierra Leone) et également au Moyen Orient.

Etes-vous une ingénierie tous corps d’états ? Pourrais-tu stp nous en dire un peu plus ?

Nous avons en interne l’ensemble des corps d’état, répartis par service : Architecture, Structure, Fluides et Electricité. Nous avons les compétences pour développer la conception initiale de l’architecte signataire, et prendre en charge également l’économie de la construction. Notre société possède les certifications ISO9001, ISO14001 et OHSAS 18001.

© OGER International I Modélisation TCE – Villa privée

Chaque filiale par pays est-elle indépendante ? Ou est-ce le siège à Saint-Ouen qui définit la stratégie et les moyens ?

Notre agence du Maroc est une succursale, possédant ses propres moyens financiers. Notre stratégie de développement est simplement présentée à Paris pour assurer une cohérence globale du groupe, et selon notre compréhension du marché local.

Faites-vous du BIM sur tous vos projets ? Est-ce qu’il y a un surcoût pour vous à faire du BIM ?

Le BIM n’est pas encore systématique mais sa part est en forte croissance.

Il faut abolir cette notion de surcoût, car le BIM ne coute pas plus cher, il représente simplement une anticipation des honoraires de maitrise d’œuvre. Chez OGER INTERNATIONAL MAROC, le BIM se fait au même coût, et sera demain moins coûteux qu’une maitrise d’œuvre classique en 2D.

© OGER International I Modélisation TCE – Villa privée

Quels avantages vous apporte le BIM sur vos projets ?

Le BIM nous permet de mieux visualiser et optimiser la conception d’un projet de construction. Chaque spécialiste anticipe et se pose les bonnes questions très en amont dans le processus de conception.

© OGER International

La maturité actuelle du BIM au Maroc nous permet également de faire un suivi EXE de qualité, en comparant l’état du construit avec la modélisation initiale.

Comment êtes-vous organisés au niveau de votre département BIM ? Est-ce intégré au bureau d’étude ou est-ce un service séparé ?

Le BIM est pleinement intégré dans nos services, avec pour chaque spécialité un référent qui pilote et formalise l’évolution de notre métier.

© OGER International I Modélisation TCE en rendu réaliste – Villa privée

Proposez-vous aussi des services pour créer des jumeaux numériques pour les maîtres d’ouvrage et propriétaires ? Est-ce récent ?

Nous assurons actuellement des missions pour des maitres d’ouvrage au Maroc, qui ont décidé de numériser leur patrimoine. L’objectif est de créer une maquette numérique pour la maintenance, en optimisant l’exploitation du bâtiment.

Quels sont vos projets intéressants et iconiques actuellement en cours ?

Actuellement, nous terminons la numérisation de bâtiments de l’ONCF, et aussi la synthèse EXE du Grand Théâtre de Rabat de l’Agence Zaha Hadid Architects.

© OGER International

Le Grand Théâtre de Rabat est un projet extraordinaire. Comment la partie technologique et BIM était organisée ?

Pour cet ouvrage d’exception, le BIM est indispensable pour concevoir et coordonner l’ensemble des lots. L’Architecte a donc souhaité impliquer l’AMO OGER INTERNATIONAL MAROC pour effectuer la synthèse EXE à partir des modélisations des entreprises ou pour modéliser à partir de plans 2D. Nous étions en charge de la détection puis de l’aide à la résolution des conflits.

Nous avons également implémenté le BIM sur le chantier en déployant des scanners 3D qui comparent l’état du construit avec la modélisation. Ces scanners créent des fichiers nuages de points que nous convertissons en modèle Revit. Nous réglons ensuite la tolérance requise selon le lot concerné afin d’identifier les écarts et suggérer des corrections sans entraver la bonne marche du chantier.

La technologie justement. Vous travaillez sur les solutions BIM Autodesk ? Quels avantages vous apportent-elles ?

Nous travaillons avec Autodesk Revit pour tous les corps d’état, et avec la plateforme Cloud BIM 360 pour le travail collaboratif. Les produits Autodesk nous assurent une totale compatibilité avec notamment les outils de calculs de nos différents spécialistes.

© OGER International I Modélisation plomberie – villa privée

Vous n’avez que des projets au Maroc ou ailleurs aussi dans les pays voisins ?

Comme expliqué précédemment, nous travaillons désormais dans plusieurs Pays en Afrique Francophone ou Anglophone : au Mali, au Sénégal, au Gabon, au Tchad, et en Sierra Léone. Notre savoir-faire et nos compétences en maitrise d’œuvre technique y est très appréciée et reconnue. D’une manière générale, le savoir faire marocain a très bonne réputation sur le continent africain.

© OGER International

Etes-vous une ingénierie en avance sur le BIM au Maroc ?

Nous avons eu l’opportunité de démarrer le BIM dès 2009 pour un client privé, et nous avons ensuite déployé cette nouvelle facon de travailler. Nos stations de travail sont opérationnelles et notre personnel formé. Nous sommes dans une phase de maturité du déploiement de ces outils.

© OGER International I Modélisation TCE chaîne hôtelière

Avez-vous des normes propres au Maroc ou vous basez-vous sur les standards français ou anglo-saxons ?

Les projets de construction au Maroc sont largement inspirés par la loi de Maitrise d’Œuvre Publique (loi MOP), mais également par les normes françaises et les Documents Techniques Unifiés (NF et DTU)

Nous sommes également capables de nous adapter à des clients internationaux qui vont privilégier d’autres standards, avec des contrats FIDIC et des normes étrangères renommées (British Standards Institute).

Y-a-t-il une obligation du BIM au Maroc ?

Il n’y a aucune obligation pour le moment : l’approche BIM reste une démarche volontaire. Nous savons que plusieurs pays ont imposé une maquette BIM dans la procédure de dépôt du Permis de Construire, cela viendra sans doute un jour au Royaume du Maroc.

Le BIM c’est le changement, et vous avez de jeunes générations au Maroc. Sont-ils moteurs de ce changement ?

Notre masse salariale est effectivement à l’image du Maroc, avec beaucoup de jeunes. Cette jeunesse représente un potentiel énorme car ils veulent apprendre et découvrir de nouvelles choses. La modélisation BIM à travers des stations de travail performantes est un atout pour séduire nos salariés et motiver nos équipes.

On voit d’ailleurs ici en Europe de nombreux jeunes professionnels d’Afrique du Nord avec de fortes compétences BIM. Comment l’expliquez-vous ? Les écoles forment-elles mieux ?

 Il y a beaucoup d’autodidactes aux compétences impressionnantes. Les meilleures écoles forment désormais au BIM avec des modules spécifiques, que ce soit de la modélisation de spécialistes ou du BIM Management.

Quels sont vos projets de développements technologiques futurs ? Allez-vous mettre en place des process encore plus innovants à l’avenir ?

Nous faisons de la veille technologique, et je reste persuadé que le BIM n’a pas encore dévoilé tout son potentiel. La prochaine étape sera sans doute la démocratisation de la visualisation embarquée lors des visites de chantier pour faciliter notamment le contrôle général des travaux pour nos équipes.

© OGER International I Modélisation plomberie en rendu réaliste – Chaine hôtelière

Connaissais-tu ABCD Blog ?

Je connais bien ce blog, et je tenais à te remercier personnellement pour l’effervescence intellectuelle de son contenu.

Aurais-tu un message particulier à adresser à nos lecteurs ?

Le changement est une chance et une opportunité, n’ayez pas peur de sortir de votre zone de confort pour apprendre davantage.

Bertrand, merci beaucoup pour cet échange très enrichissant. Nous te souhaitons de continuer avec succès le développement du BIM au Maroc.

Merci à toi Emmanuel, et à très bientôt !

REX BIM Tour 2021 de la Fédération CINOV du 25 mars – Une rénovation BIM Enerphit pour un projet vertueux paille et bois de No Man’s Land, les inscriptions sont ouvertes !

Le REX BIM Zoom Ile-de-France se poursuit !

Le REX BIM Tour en région, imaginé et réalisé par la Fédération CINOV, est conçu pour partager des retours d’expériences à partir de projets réalisés en processus BIM. La démarche du REX BIM Tour a pour objet de démystifier, simplifier et confronter les approches à toutes les étapes du projet, de la conception à la maintenance.

L’édition du jeudi 25 mars de 18h à 19h vous proposera un beau témoignage :

Rénovation Enerphit de la Villa Ledoux par No Man’s Land

Le cabinet d’architecture No Man’s Land s’est appuyé sur le BIM pour réaliser la rénovation passive et l’extension d’une maison individuelle à Nogent-sur-Marne. Utilisant l’isolation bois et paille, ce projet a nécessité un scan 3D pour modéliser l’existant avec Autodesk Revit et intégrer l’extension, la surélévation, et l’installation de VMC double flux. Une fois renseignée, la maquette a servi à réaliser des simulations thermiques dynamiques, en s’appuyant également sur le logiciel Numfem Therm, permettant d’anticiper et calculer les ponts thermiques dans différents scénarios.
Cette rénovation vertueuse a remporté le BIM d’Argent en 2020 dans la catégorie “projets inférieurs à 1 000 m²”.

Pour réaliser ce projet très technique, l’utilisation du BIM a notamment permis d’anticiper, détecter et solutionner rapidement les problèmes d’interaction entre les nombreux réseaux électriques, de ventilation, de fluides médicaux ou encore de climatisation, au sein d’une seule maquette BIM dynamique.

Avec les témoignages de :

Laurence Bonnevie – Fondatrice, Architecte et gérante de No Man’s Land 
Hamid Badi – Docteur Ingénieur et fondateur de Numfem

Pour vous inscrire, cliquez ici