[Témoignage] L’Agence Cro&Co fait entrer une gare du Grand Paris de manière magistrale sous le fabuleux CNIT

Le CNIT est le bâtiment de tous les superlatifs. Ouvrage remarquable et historique, il nécessitait d’être rénové afin de faire entrer l’une des futures gares de la ligne E du Grand Paris construite par la SNCF. Un défi relevé avec finesse et élégance par l’agence CRO&CO qui avait déjà rénové ce monument des temps modernes il y a quelques années.

À travers le témoignage de plusieurs intervenants sur ce projet hors normes ; dont celui de son créateur Jean-Luc Crochon, Architecte et fondateur de l’Agence Cro&Co ; découvrez comment le processus BIM et Revit ont permis d’éviter les surprises de chantier et d’assurer la cohérence globale entre restructuration de l’existant – afin de faire entrer lumière naturelle et flux de voyageurs – et création d’une gare moderne et accueillante.

Témoignage Cro&Co ici sur le site Autodesk.

MOA : Unibail Rodamco
Surface : 13 000 m² de commerces
Architecte mandataire : Cro&Co Architecture
Architecte associé : o’Zone architectes
Structure : Setec TPI
Fluides : SiPec
Livraison : 2022
Adresse : Parvis de La Défense, Nanterre (92)

Site officiel de l’Agence Cro&Co : http://www.croandco.archi/

Le BIM avance au Brésil ! Décret 10.306 / 2020 publié

Avancées du BIM au Brésil, le décret publié

Traduit du brésilien par Emmanuel Di Giacomo. Source

Au Brésil, beaucoup reconnaissent déjà que le BIM est l’acronyme du moment qui traduit le mieux l’innovation dans les secteurs de l’architecture, de l’ingénierie, de la construction et de l’exploitation (AECO).

Au cours de la dernière décennie, de nombreux efforts ont été faits au niveau fédéral au travers d’actions descendantes pour diffuser le sujet et élaborer une obligation nationale BIM, c’est-à-dire une politique avec des lignes directrices exigeant le BIM afin de fournir des avantages tangibles et intangibles pour l’administration publique.

La position du gouvernement brésilien en tant que demandeur et promoteur de l’adoption du BIM a été essentielle pour sa diffusion et sa mise en œuvre sur l’ensemble du territoire. Mais ce n’est pas seulement le Brésil qui suit cette voie. Cette position politique reflète les initiatives internationales des pays voisins du bloc latino-américain, l’accent étant mis sur le Chili, qui s’appuie aujourd’hui sur le réseau BIM des gouvernements latino-américains; et l’horizon des pays dont les stratégies de macro-adoption sont déjà à un stade plus avancé, comme le Royaume-Uni et les États-Unis.

La première obligation BIM : détail du décret 10.306 / 2020

Le décret 10.306 / 2020 récemment publié consolide la première obligation nationale BIM, dans lequel le gouvernement fédéral rend obligatoire l’utilisation du BIM dans l’exécution directe ou indirecte de travaux et de services d’ingénierie, exécutés par les agences et entités de l’administration publique fédérale, dans le cadre du champ d’application de la stratégie BIM BR.

D’un point de vue juridique, il est important de souligner que :

  • Les services d’architecture et d’ingénierie ainsi que les travaux réalisés pour le ministère de la défense et le ministère des infrastructures sont tenus de répondre aux exigences d’adoption du BIM
  • L’exécution de services et de travaux dans les propriétés qui sont sous la juridiction de l’armée, de la marine et de l’armée de l’air brésilienne, les investissements dans les aéroports régionaux et ceux effectués par le ministère national des infrastructures de transport (DNIT) – pour le renforcement structurel et la réhabilitation des travaux de construction art spécial – sont tenus de respecter strictement les exigences d’adoption du BIM

Les autres entités de l’administration publique fédérale peuvent adhérer aux exigences d’adoption du BIM, mais ne sont pas tenues de respecter les critères établis.

De la stratégie de mise en œuvre progressive

Comme prévu dans la stratégie BIM BR, instituée par le décret 9.983 / 2019, l’utilisation du BIM sera mise en œuvre progressivement en trois phases de diffusion obligatoire.

La première phase, immédiatement pour le 1er janvier 2021, envisage l’utilisation du BIM dans le développement de projets d’architecture et d’ingénierie utilisés dans des projets hautement pertinents.

Les modèles devraient être utilisés pour la préparation de projets et la documentation des disciplines, détection des interférences physiques et fonctionnelles, coordination du projet et extraction des quantités.

La deuxième phase, à compter du 1er janvier 2024, envisage l’utilisation du BIM dans l’exécution directe ou indirecte de projets architecturaux et d’ingénierie et dans la gestion des travaux utilisés dans des projets hautement pertinents.
Outre les utilisations décrites dans la première phase, il est également prévu d’utiliser les modèles de budgétisation, de planification, de contrôle dans l’exécution des travaux et tels que construits.

La troisième phase, à compter du 1er janvier 2028, envisage les utilisations du BIM prévues dans les première et deuxième phases, ainsi que la gestion et la maintenance de projets de tailles moyenne et élevée après leur construction.
Ainsi, en plus des utilisations décrites dans les première et deuxième phases, la troisième phase prévoit leur utilisation dans la gestion des biens publics.

En règle générale pour les marchés publics, les marchés doivent respecter les formalités énoncées dans la loi fédérale sur les appels d’offres publics 8.666 / 93. Les paramètres « Objectifs du Marché » pour l’exécution des prestations et travaux doivent respecter les dispositions du décret 10.306 / 2020.

Concernant les règles générales de l’instrument d’appel et du contrat :

Les organismes et entités de l’administration publique énumérés dans le décret doivent :

  • Définir les niveaux de détails et d’informations sur les objets des modèles BIM requis (LOD + LOI)
  • Demander la livraison de la documentation du projet dans des formats propriétaires et ouverts (Industry Foundation Classes – IFC), en vue d’assurer la collaboration et l’interopérabilité; et
  • Exiger des professionnels qualifiés ayant une expérience ou une formation en BIM, ainsi que enregistrés auprès de leur organisme professionnel compétent, comme condition essentielle pour garantir, protéger et conserver les services rendus.

Il est à noter que les professionnels sous contrat doivent respecter strictement le programme des besoins et les lignes directrices de la conception technique et de l’architecture référentielle, car le non-respect des paramètres requis nécessitera la correction ou la refonte des services à ses frais.

En outre, l’un des problèmes les plus débattus sur le marché, particulièrement inhérent aux projets reste le droit d’auteur. Il existe une définition dans ce décret qui indique qu’au moment de la passation du contrat, les entrepreneurs doivent renoncer, en faveur de l’administration publique, au droit d’auteur sur les services rendus.

L’histoire des étapes réglementaires : comment a-t-elle commencé?

Les premières étapes réglementaires au Brésil, au niveau fédéral, ont consisté en une enquête poussée et des initiatives de benchmarking. Ces initiatives ont été menées dans le cadre du projet MDIC / UE, qui date de 2015 et comprend l’étude Dialogues sectoriels pour le BIM – BIM au Brésil et dans l’Union européenne, ainsi que la signature du protocole d’accord (MOU), en 2016, entre le Brésil et le Royaume-Uni, afin que les gouvernements alignent les stratégies nationales BIM.

Juin / 2017 : CE-BIM 2017

Le gouvernement fédéral a créé le Comité de mise en œuvre stratégique du BIM, chargé de formuler la stratégie du BIM BR pour «aligner les actions et les initiatives des secteurs public et privé, stimuler l’utilisation du BIM dans le pays, promouvoir les changements nécessaires et assurer un environnement adéquat pour son usage ». Le CE-BIM était composé de représentants de sept organismes publics, comme détaillé ici. Dans ce contexte, le Groupe de soutien technique (GAT-BIM) a également été créé et six groupes ad hoc sur des sujets spécifiques ont été créés.

Mai / 2018 : Décret CG-BIM 9.377 / 2018

Le gouvernement fédéral a créé et institué le comité de gestion (CG-BIM) de la stratégie BIM BR, pour «mettre en œuvre la stratégie et gérer ses actions et ses performances, suivre ses progrès, vérifier la réalisation des objectifs et, si nécessaire, promouvoir les initiatives de correction ou amélioration ». Le CG-BIM était composé de représentants de neuf organismes publics, comme détaillé ici, et de là, les membres du Groupe Technique (GTEC-BIM) ont été désignés.

La stratégie a été systématisée dans ses buts, objectifs, actions, indicateurs et cibles, inscrits dans une feuille de route qui a mis en évidence l’adoption stupéfiante et les produits d’importance inégale, tels que la plateforme et la bibliothèque nationale BIM.

Dans ce contexte, des projets pilotes ont été définis pour le Programme régional de l’aviation (SAC), le Programme de Revitalisation des œuvres d’art spéciales (DNIT), et des actions menées dans des propriétés de l’armée, la marine et l’armée de l’air brésilienne.

Selon la brochure publiée, et compte tenu de la garantie de l’institutionnalité du sujet, le gouvernement fédéral attend les résultats suivants grâce à la macro adoption du BIM :

  • Assurer des gains de productivité et encourager la réduction des coûts dans le secteur de la construction civile;
  • Contribuer à améliorer la transparence des processus d’appel d’offres;
  • Augmenter la précision de la planification et fournir des gains de qualité et réduire les délais de travaux publics;
  • Réduire le besoin d’additifs contractuels;
  • Augmenter le niveau de qualification professionnelle dans l’activité productive.

Août / 2019 : Décret CG-BIM 9.983 / 2019

Le gouvernement fédéral a abrogé le décret 9.377 / 2018 et a institué un nouveau CG-BIM de la stratégie BIM BR, en raison de changements dans les ministères et de l’affectation de nouveaux membres et responsabilités. Les modifications sont détaillées dans le décret 9.983 / 2019, disponible ici. La stratégie BIM BR précédemment définie a été préservée au milieu de ce contexte de transition.

Considérations finales : qu’en est-il des développements dans l’administration publique et le marché?

De la première enquête poussée et des initiatives d’évaluation, qui ont soutenu la création d’un plan visant à promouvoir un environnement approprié pour l’investissement dans le BIM et sa diffusion au Brésil, jusqu’à la matérialisation effective des bases de son application dans les contrats avec Administration publique, il a fallu un peu plus de 5 ans avant la publication de la première obligation nationale, en avril dernier.

Au milieu de cette période, on a pu observer l’importance des Programmes Pilotes définis en 2018 et la maturité atteinte par les instances liées à la progressivité du décret, avant la publication des marchés publics obligatoires. La priorisation des utilisations du modèle par phase, la demande de définir les niveaux de développement des objets de chaque discipline à élaborer et la charge pour les livrables dans un format propriétaire et ouvert reflètent le répertoire et l’analyse des causes et effets.

L’obligation ouvre une nouvelle étape dans l’administration publique, qui devrait mettre à jour son parc technologique, s’organiser et se former en interne afin que l’ensemble de l’organisme technique des agences puisse recevoir, valider et apprécier les livrables BIM établis.

L’obligation, bien que définie comme une contrainte, stimule un vaste écosystème, non seulement d’organismes publics liés au ministère de la Défense et au ministère de l’Infrastructure, mais également de prestataires de services et de fournisseurs du secteur privé qui doivent se conformer aux directives.

Ces deux évolutions indiquent le grand besoin de qualification et d’expérience professionnelle en BIM dans les sphères publiques et privées, ratifié par l’exigence des contrats.

L’obligation se consolide en tant que cadre national qui valide les efforts des entités d’autres sphères de l’administration publique, qui avaient déjà commencé à publier une obligation demandant le BIM comme requis. Néanmoins, il renforce les actions tangentielles de normalisation promues par l’ABNT ou la diffusion assurée par le CBIC, le SENAI et d’autres associations.

Enfin, et de manière plus pertinente, l’obligation BIM devrait encourager davantage l’adoption du BIM dans le secteur privé, car le gouvernement fédéral institutionnalise ses avantages et encourage une productivité et une qualité accrues dans le secteur du BTP.

Remerciements

Cet article a été initialement écrit et publié par Fernanda MachadoCamilo Barros e Joyce Delatorre. Traduit en français par Emmanuel Di Giacomo.

Source : https://blogs.autodesk.com/mundoaec/bim-no-brasil-uma-visao-tecnica-e-juridica/

Les rendez-vous Forge, plateforme de développement du futur – Dashboards et informations sur vos projets

L’équipe d’Autodesk Forge a lancé en mai une toute nouvelle série Web hebdomadaire appelée Forge Partner Talks ou « Les rendez-vous Forge ». C’est l’occasion pour vous tenir au courant des dernières avancées de Forge et de vous présenter les innovations en matière de technologie Cloud développées par les partenaires Autodesk. Vous pourrez ainsi voir comment elles peuvent aider votre entreprise à être plus compétitive et rentable.

Les données sont la clé de notre époque ! Découvrez certains des tableaux de bord innovants que nos principaux partenaires Forge ont développé et découvrez comment ce types de solutions peuvent vous aider à mieux visualiser vos données, à en tirer des enseignements et à être ainsi plus rentables.

Fernando Morales, directeur de BIM6D Consulting, parlera de la solution que son entreprise a construite, appelée POWERBIM. C’est une application Web cloud qui intègre une plate-forme BIM 360 avec l’analyse de données afin que les clients puissent gérer leurs données de projet en temps réel.
Il sera rejoint par l’un de ses clients, Gregorio Saura, architecte et directeur BIM chez SIA Architects en Belgique, qui partagera avec nous comment SIA utilise POWERBIM pour créer des tableaux de bord de données et connecter des modèles BIM de leurs projets.

Radu Gidei, co-fondateur de Matterlab, nous rejoindra également et parlera de sa solution Archivehub, qui offre aux utilisateurs un accès et un contrôle accrus à toutes leurs données de projet BIM 360.

Une matrice de maturité BIM et beaucoup d’autres ressources de qualité sur le site de Bilal Succar, BIMe initiative

Le Dr Bilal Succar, Expert internationalement reconnu du BIM est notamment connu pour avoir lancé l’initiative BIMdictionary qui recense toutes les terminologies du BIM dans de nombreuses langues.

Son site, BIMexcellence.org est le portail de la communauté de l’initiative BIMe. Il y recense plus de 130 pages couvrant des projets en cours et de nombreuses ressources utiles à télécharger gratuitement quand on s’intéresse au BIM. Aucune inscription n’est nécessaire, sauf si vous souhaitez participer aux forums BIMei.

L’initiative BIMe est un effort générationnel de partage de connaissances sans but lucratif entrepris par des chercheurs bénévoles du secteur professionnel et du milieu universitaire. L’Initiative BIMe offre une alternative communautaire, axée sur la recherche, aux politiques de diffusion BIM descendantes, dirigées par les pouvoirs publics et organisations normatives. Soutenue par des structures de connaissances claires, un réseau d’experts internationaux en la matière et un langage modulaire en expansion, l’Initiative BIMe offre une réponse innovante, cohérente et opportune aux opportunités et défis présentés par l’adoption du BIM à toutes les échelles organisationnelles.

Les projets de l’Initiative BIMe sont soutenus par des contributions en nature, des subventions de recherche, des services commerciaux et un parrainage institutionnel.

Matrice de maturité BIM

Parmi les solutions intéressantes, la matrice de maturité BIM (BIm3) est un outil de connaissances permettant d’identifier la maturité BIM actuelle d’une société ou d’une équipe projet. BIm³ a deux axes – les ensembles de capacités BIM et l’indice de maturité BIM. La matrice est disponible en plusieurs langues dont le français. L’Equipe Espagnole de buildingSMART Spain s’en est notamment servi pour mesurer l’adoption du BIM en Espagne dans leur récent rapport sur le sujet.

L’initiative BIMe vise à améliorer la performance des individus, des sociétés et des équipes projet dans le secteur de la construction à travers différentes actions :

  • Développement d’un langage modulaire pour la transformation numérique dans le secteur de la construction. Le langage simplifiera des sujets complexes et associera plusieurs efforts de recherche en un tout cohérent
  • Création de référentiels de compétences fiables à l’échelle du secteur du BTP et identification des lacunes de compétences à combler par des activités d’amélioration continue des performances
  • Développement de méthodes, outils et matériels d’apprentissage basés sur les compétences applicables à l’enseignement supérieur, à la formation professionnelle, à l’auto-apprentissage et au développement professionnel
  • Facilitation de l’échange de connaissances et d’expériences entre le monde universitaire et le secteur professionnel
  • Développement d’outils et de modèles gratuits pour simplifier les processus décisionnels et automatiser les procédures répétitives.

Découvrez le site BIMexcellence et toutes ses ressources en cliquant ici.

Découvrez la matrice de maturité BIM ici.

[Interview] WISEBIM, l’Intelligence Artificielle au service de la production magique de modèles BIM à partir de plans papier – Tristan Garcia, CEO

Lorsqu’on parle de BIM et de patrimoine existant, se pose souvent la question du travail nécessaire à la BIMisation des assets existants et des moyens et ressources à mettre en œuvre. Comment massifier cette reconstitution de maquettes sans exploser les budgets et rendre ainsi impossible le premier pas vers le BIM ? Lasergrammétrie et photogrammétrie sont des procédés intéressants et efficaces mais qui ont un coût non négligeable.

Par ailleurs, nombre de bâtiments existants n’ont pour documentation que des documents 2D papier ou dans le meilleur des cas, aux formats PDF ou DWG.

Afin de pallier à cet écueil, une startup innovante née il y a quelques temps a totalement changé la donne : WISEBIM. Elle propose de transformer les bons vieux plans papier 2D en maquettes BIM au format IFC qui seront directement exploitables dans des solutions BIM du marché telles qu’Autodesk Revit. Nous allons découvrir cette révolution basée sur l’Intelligence Artificielle avec l’un de ses co-fondateurs, Tristan Garcia.

Tristan Garcia
CEO de WISEBIM
contact@wisebim.fr
www.wisebim.fr

Bonjour Tristan et bienvenue sur ABCD Blog. Pourrais-tu stp te présenter et nous parler de ton parcours avant d’avoir fondé WISEBIM ?

Merci beaucoup Emmanuel pour cette interview. J’ai un parcours un peu atypique. Après des études de géologie et l’obtention de mon doctorat en géochronologie, j’ai été recruté au sein du Commissariat à l’Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives (CEA) en tant qu’Ingénieur-Chercheur en métrologie des rayonnements ionisants. J’y ai ensuite valorisé les technologies du CEA en tant que responsable des affaires industrielles d’un des départements du CEA List. En 2017, j’ai fondé WISEBIM avec Frédéric SUARD, alors aussi chercheur au CEA.

Quand et comment t’es venue cette idée de fonder WISEBIM ? Quel a été l’élément déclencheur ?

C’est dans ma dernière fonction que j’ai eu l’opportunité d’exposer, auprès d’industriels issus de marchés variés mais aussi à des acteurs publics, les résultats d’une thèse dont l’idée première était de simplifier la création de la maquettes BIM à partir de documents existants (en particulier les plans architecturaux) pour pouvoir les utiliser dans le domaine de la simulation thermique du bâtiment.

L’attrait suscité par cette technologie a motivé la création de WISEBIM afin de répondre rapidement et de manière flexible à ces besoins concrets. Cette volonté de créer une start-up plutôt que d’effectuer un transfert technologique s’est justifiée par la multiplicité des segments de marché et la rapidité d’évolution de ces derniers. Cette effervescence autour du BIM, implique d’être au plus près de la demande et l’agilité de WISEBIM permet de réagir efficacement pour adresser ces marchés. 

Avais-tu auparavant travaillé dans ou pour le bâtiment ?

Jamais, mis à part un peu de géotechnique pendant mes études.

Combien êtes-vous chez WISEBIM et comment êtes-vous organisés ?

Nous sommes bientôt 12. L’équipe technique (la plus grande) est basée à Chambéry, au VillagebyCA des Savoie et elle est dirigée par Frédéric, mon associé et également directeur technique. La partie administrative, commerciale et marketing, est quant à elle basée à la Station F à Paris, ce qui permet d’être au plus près de nos partenaires et de nos clients.

Quelles sont les technologies et services que vous développez et vendez ? Pourrais-tu stp les décrire concrètement ?

La solution phare de WISEBIM permet d’automatiser en grande partie la génération de maquettes BIM à partir des plans architecturaux existants. Fondée sur l’intelligence artificielle, cette technologie est pour l’instant unique. Grâce à WISEBIM, les propriétaires, les exploitants, les gestionnaires de parcs immobiliers importants, peuvent ainsi numériser en BIM leur patrimoine 10 fois plus rapidement qu’avec les méthodes classiques.

Nous avons 2 offres :

  • Une offre de service : nos clients nous fournissent leurs plans scannés avec des coupes ou des informations d’élévation et nous leur rendons des maquettes numériques finalisées.
  • Une offre en ligne PLANS2BIM (bientôt disponible) : cette solution en SaaS permet de mettre à disposition de nos futurs utilisateurs nos algorithmes.
Exemple de réalisation : Lycée Raspail Paris 14ème – Client : Région Ile-de-France

Est-ce que cela fonctionne bien sur de l’ancien, avec des murs complexes, des toitures, des sous-pentes, des escaliers et éléments architectoniques complexes ?

Notre donnée d’entrée étant le plan en 2D, toutes les différences d’élévation au sein d’un même élément nécessitent des reprises manuelles avec des logiciels auteurs tel que Revit. 

Notre solution a pour objectif d’automatiser au maximum la génération de la maquette numérique. Il restera toujours, néanmoins, une part de vérification, de correction et d’enrichissement manuelle plus au moins longue en fonction de la complexité du bâtiment. Cependant, nous avons récemment fait un test avec un bureau d’étude technique : pour un bâtiment résidentiel classique, pour le même niveau de détails, il nous a fallu 13 fois moins de temps.

Quid des usines et bâtiments plus complexes ou métalliques ?

Cela dépend : une centrale nucléaire sera bien plus compliquée qu’un entrepôt logistique.

Je dis toujours que l’on ne fait pas le Panthéon, cela dit, la plupart des bâtiments ne ressemblent pas au Panthéon. Nous travaillons beaucoup sur des bâtiments de bureaux, des logements, des entrepôts, des usines, des hôtels, des écoles et des lycées et, plus rarement, sur des maisons individuelles.

Vous allez d’ailleurs lancer prochainement une nouvelle offre Plans2BIM ? Pourrais-tu nous en dire 2 mots ?

L’objectif de PLANS2BIM est de mettre nos algorithmes à disposition de nos futurs utilisateurs selon le principe suivant :

  • L’utilisateur se connecte et charge les plans architecturaux numériques (DWG, PDF, PNG, etc.), sur la plateforme,
  • L’utilisateur renseigne quelques paramètres nécessaires aux traitements,
  • Les éléments structurants des bâtiments sont automatiquement reconnus et incrémentés.
    Les éléments reconnus automatiquement sont les murs extérieurs et intérieurs, les fenêtres, les portes extérieures et intérieures, les dalles de sol/plafond et les espaces,
  • L’utilisateur peut vérifier le résultat en ligne. S’il est satisfait, il peut télécharger le fichier IFC créé, sinon il peut relancer le traitement en changeant certains paramètres,
  • L’utilisateur peut éditer la maquette pour la finaliser et l’enrichir par lui-même,
  • L’utilisateur peut télécharger ensuite le fichier IFC afin de l’exploiter dans son logiciel.

A qui s’adresse WISEBIM ? Toute la maîtrise d’œuvre ?

Notre offre de service s’adresse plutôt aux maîtres d’ouvrage qui souhaitent facilement intégrer les maquettes qui constituent l’avatar numérique de leur patrimoine dans leurs outils de GMAO ou de GTB (GTP).

Notre offre en ligne (PLANS2BIM) cible les architectes, les bureaux d’études ainsi que les entreprises du BTP, quelle que soit leur taille.

Exemple de réalisation : Logement social, client : RIVP

D’ailleurs, adressez-vous uniquement les Grands Comptes ou WISEBIM est-il aussi pour les TPE/PME ? En somme, faut-il de gros projets pour faire appel à vous ?

WISEBIM travaille avec des clients ayant essentiellement des besoins de gestion de patrimoine, de rénovation et/ou de démantèlement, tels que les bailleurs sociaux, les grandes entreprises, les groupes du BTP ainsi que les institutionnels. Ce sont surtout des grands comptes mais des bureaux d’études font de plus en plus souvent appel à nous, c’est aussi l’objectif de PLANS2BIM que de pouvoir adresser les ETI, PME et TPE.

Exemple de réalisation : Hôtel, Allemagne

Vous communiquez sur l’Intelligence Artificielle. Pourrais-tu nous en dire un peu plus ? Est-on dans le machine learning ou deep learning ou autre ?

Nous utilisons, réalisons et compilons des algorithmes spécifiques de reconnaissance d’image, d’apprentissage statistique, de recherche sémantique et de contextualisation. De plus, nous utilisons le machine learning (dont le deep learning) pour capitaliser au fur et à mesure sur les différents plans qui sont transformés. Cela permet de renforcer et d’accélérer la reconnaissance des différents éléments présents dans des plans dont la facture peut être très différente de l’un à l’autre.

Pour que nos lecteurs comprennent, votre algorithme fait-il tout automatiquement ou y-a-t-il encore une intervention importante de l’homme ?

Comme je vous l’expliquais précédemment, la vérification et/ou correction des modèles seront toujours nécessaires, que ce soit par WISEBIM dans le cadre de son offre de service ou par l’utilisateur dans le cadre de PLANS2BIM

Avez-vous développé votre propre moteur de modélisation et votre propre viewer, ou vous appuyez-vous sur des librairies existantes ?

 Cela dépend des fonctionnalités, pour la plateforme logicielle en elle-même nous utilisons autant que possible des frameworks existants afin d’avoir la solution la plus robuste. D’autres outils nécessitent, eux, un développement complet, par exemple notre export IFC est développé à 100% en interne. Et dans d’autres cas, nous complétons les solutions existantes pour répondre au mieux à nos besoins, par exemple le viewer en ligne 3D issu de librairies JavaScript performantes.

Vous demande-t-on aussi de structurer la donnée en fonction de certaines classifications (UNICLASS, Omniclass, etc.) ?

Oui, en particulier pour respecter la charte BIM de nos clients et partenaires. Souvent dans l’optique d’un import de la maquette dans un outil de GMAO ou de GTP, voire dans des systèmes d’information géographiques (SIG).

Livrez-vous uniquement des maquettes au format IFC ou vous arrive-t-il de fournir des maquettes au format Revit à la demande de vos Clients ?

Notre solution génère des formats IFC, dans le cadre de l’openBIM et pour satisfaire l’interopérabilité de nos maquettes avec les solutions logicielles variées utilisées par nos clients.

Quel est le ratio des projets Revit selon toi ?

Cela dépend de l’usage de la maquette. Dans le cadre d’une numérisation d’un patrimoine en vue d’une intégration dans un outil de gestion ou dans le cadre d’un démantèlement, le passage par Revit est moins systématique que pour des réhabilitations ou des rénovations.

Cela dit, 70% à 80% de nos clients utilisent Revit.

Vos maquettes sont-elles à destination de la maîtrise d’œuvre pour des phases de conception, de construction, ou alors pour la maîtrise d’ouvrage pour des besoins de gestion et maintenance ? Et quel est justement le ratio entre les grandes utilisations de vos maquettes ?

Dans le cycle de vie du bâtiment, nous ne travaillons pas dans les premières phases que sont la conception et la construction, nous travaillons dans tout le reste du cycle jusqu’au démantèlement.

Quel est le coût des solutions WISEBIM et des services associés ?

Cela dépend du niveau de détails et du volume. En général, dans le cadre d’une numérisation d’un bâtiment tertiaire avec les éléments de structures et les sanitaires, tout en respectant les nomenclatures de la charte BIM, nous facturons entre 0,50 et 0,70 €/m2.

Vous avez été récompensés maintes fois, c’est impressionnant ! Pourrais-tu nous parler de ces prix dont vous êtes fiers ?

Comme beaucoup de startups, nous avons reçu des prix d’innovation, une dizaine. Ces reconnaissances nous ont permis de nous faire connaître, de travailler avec de grands comptes (RATP, Véolia, EDF) mais surtout elles ont montré l’appétence du marché pour cette technologie unique.

Comment votre activité a-t-elle progressé au fil des années ? Est-ce exponentiel ? Vos équipes s’étoffent-elles en conséquence ?

Bien sûr, nous sommes en perpétuel développement, en particulier sur la distinction de plus en plus d’éléments présents dans les plans. Grâce au machine learning, la reconnaissance est de plus en plus robuste, quelle que soit la provenance des plans. Nous recrutons aussi régulièrement des développeurs et des ingénieurs R&D pour améliorer les algorithmes et leur utilisation.

Comment vous situez-vous par rapport à la traditionnelle rétroconception (scan-to-BIM) ? Etes-vous compétitifs et aussi précis ?

Notre concurrence est celle liée à la transformation des plans en BIM de manière classique avec des logiciels BIM où chaque élément est créé sur la base du plan de manière manuelle. Les relevés par nuage de points puis la BIMisation est plutôt complémentaire de notre technologie dans le cas où les plans sont inexistants ou vraiment trop obsolètes. Cependant, cela est bien plus long et nécessite d’aller sur site :  ce qui est coûteux.

Vous avez des références Clients assez impressionnantes. Pourrais-tu nous en citer quelques-unes dont tu es fier ?

Nous avons environ 35 clients, majoritairement des Grands Comptes. Dans le cas des bailleurs sociaux, nous avons beaucoup travaillé en partenariat avec la RIVP et Immobilière 3F. Pour les grandes entreprises, nous pouvons citer EDF ou Orange. Avec les institutionnels, nous collaborons avec le Ministère de la Défense (SID) et la Région Grand Est. Dans le BTP, nous travaillons beaucoup avec COLAS, y compris dans le cadre de développements R&D.

Vous avez été notamment associés au BIM d’or 2018 pour la raffinerie de Dunkerque. Cela vous a-t-il permis de faire évoluer vos solutions et cela a-t-il changé vos activités ?

Nous avons simplement réalisé quelques bâtiments de la raffinerie. Ce projet, porté principalement par COLAS a surtout montré le potentiel important du BIM pour le démantèlement. Il est vrai que nous n’aurions pas imaginé de prime abord que la réalisation de maquettes BIM de bâtiments à déconstruire pouvait avoir de l’intérêt. Depuis, nous avons réalisé plusieurs maquettes pour le démantèlement en vue de connaître par exemple la volumétrie de gravats à évacuer, le nombre de fenêtres à recycler ou encore les scenarii de découpage du bâtiment en fonction de la présence d’amiante.

Vous avez aussi récemment signé un partenariat avec ESRI. Cela veut-il dire que vous allez être en mesure de fabriquer des maquettes infrastructure ?

Le partenariat avec ESRI a surtout pour ambition de trouver des clients communs qui s’intéressent non seulement au contenu (la maquette) mais aussi au contexte (l’environnement). L’idée étant aussi de faciliter l’intégration des maquettes au format IFC dans un SIG.

Pour ce qui est des infrastructures, rendez-vous au BIM World pour en parler !

Vous avez récemment signé un partenariat avec la Plateforme Tipee dans le cadre de la rénovation thermique des bâtiments. A quoi cela correspond-il ?

La Plateforme Tipee et WISEBIM ont associé leurs technologies d’intelligence artificielle. Le principe est que la Plateforme Tipee  exploite facilement les maquettes de WISEBIM au travers de sa solution Renoir pour une optimisation économique et énergétique de la réhabilitation des bâtiments résidentiels.

Comment perçois-tu l’état du BIM en France ? Progresse-t-il selon toi ? Quelles mesures au niveau national faudrait-il prendre selon toi pour accélérer l’adoption ?

Je pense que la transition numérique vers le BIM est en route, ce qui est rassurant pour l’avenir de ce processus. Il est cependant regrettable que cette transition soit si lente. Les outils logiciels sont là, le retour sur investissement est avéré, malgré cela, au sein des entreprises, il faudrait investir et former plus massivement. Je trouve que la plupart des entreprises sont assez frileuses sur ces deux derniers points. Les incitations nationales sont au rendez-vous (ex. : Plan BIM 2022),  c’est aux entreprises de se prendre en main pour faciliter cette adoption au sein des équipes.

Entendez-vous vous développer au niveau international ?

Bien sûr, c’est l’intérêt en particulier de notre offre en ligne PLANS2BIM

Quels sont vos plans stratégiques de développement pour les années à venir ?

WISEBIM a pour objectif d’utiliser l’intelligence artificielle pour le BIM. Aujourd’hui, nous travaillons uniquement sur les plans architecturaux, nous comptons diversifier ces sources de données d’entrée. Nous souhaitons rester centrés sur l’innovation et la R&D en privilégiant l’aspect édition de logiciel plutôt que l’offre de services.

Aurais-tu un message particulier à faire passer à nos lecteurs ?

WISEBIM est là pour faciliter la vie de tous ceux qui passent au BIM, il ne faut surtout pas hésiter à nous contacter !

Connaissais-tu ABCD Blog ?

Oui, je suis ton blog quotidiennement depuis maintenant longtemps. C’est pour moi une sorte de revue de presse du BIM ! Merci à toi de partager toutes ces informations avec la communauté du BIM qui ne cesse de s’agrandir.

Tristan, merci pour cet échange passionnant. Nous te souhaitons de continuer cette belle aventure encore très longtemps et de croître à l’international. Bravo !

[Webinaires] Inscrivez-vous aux Rendez-vous de la Collaboration et venez écouter vos pairs les 16 et 25 juin !

La Collaboration numérique est devenue plus que jamais un enjeu de compétitivité et d’efficacité pour une grande majorité d’entreprises du secteur du BTP.

Engager une démarche de transition vers la collaboration du futur vous assure une fluidité des échanges et des projets BIM de grande qualité, réussis et avec un retour sur Investissement optimal. Venez écouter vos pairs en vous inscrivant à ces 2 webinaires. Deux sociétés reconnues, l’agence d’Architecture de renom Patriarche, et le bureau d’études DEESIB viendront vous parler de leur implémentation réussie de la collaboration Cloud et BIM du futur et échanger avec vous.

Cliquez sur ce lien afin d’en savoir plus et de vous inscrire à ces webinaires des 16 et 25 juin 2020.

[Tutoriel vidéo] Bien gérer le géoréférencement de modèles BIM avec InfraWorks, Civil 3D et Revit

Le géoréférencement dans les projets d’infrastructure, un enjeu !

Lien vers la Playlist

La problématique du géoréférencement est clé, notamment dans le cadre de projets d’infrastructures. Elle apparaît surtout en lien avec l’utilisation d’Autodesk Revit. En effet, les outils dédiés à l’infrastructure et à l’aménagement du territoire tels qu’InfraWorks et Civil 3D intègrent nativement la notion de systèmes de projection et permettent de reprojeter au besoin. Les spécialistes en infrastructure sont en général familiers de ces notions.

Lorsqu’il s’agit de bâtiments dans Revit, la modélisation correctement géolocalisée demande quelques réglages préliminaires et vérifications. Il est pourtant indispensable de prendre en compte cet aspect très tôt dans les flux de production BIM si l’on veut s’éviter de mauvaises surprises et des recalages fastidieux (et dangereux !) en cours de projet.

Pour caler facilement un modèle Revit le plus simple est de s’appuyer sur les outils qui intègrent le géoréférencement : chacun sa spécialité !

Découvrez les bonnes pratiques liées à ce sujet sur le blog de Vincent Fredon, Expert Infrastructure chez Autodesk en cliquant ici.

Webinaire buildingSMART France – Les jumeaux numériques sont-il prêts à naître ? Frédéric Grand nous dit TOUT !

Dans ce webinaire de qualité, vous aurez la chance de pouvoir écouter Frédéric Grand, Expert Technique International référent « Product Room » au sein de buildingSMART-France / Médiaconstruct et buildingSMART International. Il nous sensibilise à ce grand sujet d’actualité que sont les jumeaux numériques permettant une exploitation et une maintenance efficace des édifices.

L’objectif de cette rediffusion de webinaire consiste à vérifier si les conditions techniques sont là afin que ces jumeaux numériques se développent vraiment. Une certitude, l’openBIM et le standard IFC y contribueront Grandement.

Pendant 30 minutes, Frédéric abordera entre autres différentes notions de sémantique :

  • Comment ajouter la gestion de la sémantique dans les échanges IFC pour aller vers le jumeau numérique ?
  • Quid de la gestion de la sémantique avec le bSDD (buildingSMART Data Dictionary) dans les outils métier tels que Revit ? 
  • Est-il possible d’associer la sémantique du bSDD à l’IFC ? 

Il présentera notamment les prototypes de connecteurs entre Revit et bSDD ayant été développés par Autodesk, ainsi que le connecteur entre Autodesk Civil 3D et bsDD. Autodesk, pour le moment seul éditeur BIM ayant réalisé ce type de connecteurs souhaitait montrer à la communauté des professionnels du secteur, l’importance de l’openBIM et de la possibilité de structurer les données et maîtriser leur sémantique grâce à bsDD et au standard IFC.

En 2018, un groupe de travail piloté par Frédéric Grand et Daniel Saïd de Bouygues Construction, dans le cadre des travaux de buildingSMART France et d’EGF-BTP (FFB) ont poussé l’étude de ce connecteur Revit-bsDD plus loin et l’ont fait évolué positivement.

Plus tard, c’est EGIS et Autodesk qui pousseront l’expérimentation, pour le BIM Infrastructure cette fois-ci. en connectant bsDD à Civil 3D.

Mais place à la présentation passionnante de Frédéric Grand en cliquant ici.

[Interview] Capgemini, un leader innovant et de tout premier plan sur les Digital Twins – Mickaël Guilleux-Nedellec, Head of BIM Solution nous livre leur vision !

Parmi les sujets clés du moment, il en est un qui revient de manière continue, celui des jumeaux numériques, ou digital twins en langage anglo-saxon. Cette nouvelle approche permet de mieux gérer et maintenir ses assets et d’effectuer des économies substantielles sur la partie OPEX. Parmi les grands acteurs leaders en la matière, Capgemini fort de nombreuses années d’expérience sur le sujet, ouvre de nouvelles voies et nous livre sa vision.

Nous avons ainsi l’honneur et le plaisir de recevoir cette semaine l’un des grands noms français Leader du conseil des services informatiques et de la transformation digitale, Capgemini. Ils s’impliquent depuis plusieurs années sur les sujets du BIM et collaborent de manière très étroite avec la Société Autodesk. Mickaël GUILLEUX-NEDELLEC est à la tête des Solutions BIM au sein de cette grande entreprise et il va nous expliquer les orientations et implications stratégiques de Capgemini sur ces sujets impactants.

Mickaël GUILLEUX-NEDELLEC
Head of BIM Solution | Practice CSD

Bonjour Mickaël, pourrais-tu stp te présenter en quelques mots et nous parler de ton parcours professionnel avant d’avoir intégré Capgemini ?

Bonjour Emmanuel. La ligne directrice qui a orienté mon parcours scolaire et mes expériences professionnelles, c’est l’apport de l’informatique à la représentation du monde réel. De fait, je suis passé par la CAO-DAO et le SIG pour arriver il y a quelques années dans le BIM. Mes activités depuis plus de 20 ans m’ont amené à travailler dans les secteurs public et privé sur un large spectre métiers, que ce soit en BE, pour un éditeur ou désormais chez Capgemini, leader des intégrateurs.

Tu es un expert reconnu des sujets SIG. Était-il naturel et aisé pour toi de bifurquer vers les sujets tels que le BIM ?

Le Système d’Information Géographique est véritablement un terrain de jeu riche et très intéressant qui permet des analyses croisées de données en utilisant le support de la cartographie. Passer de l’extérieur à l’intérieur des bâtiments et des infrastructures est en soi un exercice simple mais rendu compliqué par les outils mis à disposition. Les silos existent aussi en informatique. Le rapprochement de grands éditeurs comme Esri et Autodesk et au-delà l’ouverture des systèmes informatiques à travers les APIs ont facilité ce passage.

Deux éléments l’ont permis :

1. Le BIM sous l’impulsion de l’état, des éditeurs et d’acteurs comme MediaConstruct ou MINnD est devenu un sujet pour les clients de Capgemini notamment autour de la maîtrise des données et d’un fort besoin de collaboration et d’interopérabilité.

2. La capacité d’un intégrateur comme Capgemini d’accompagner ses clients vers des sujets relativement nouveaux pour eux et à permettre à ses collaborateurs de monter sur le sujet. J’avoue qu’au début ce ne fut pas simple, la présence de Capgemini sur la première édition du BIM World pouvait apparaître surprenante mais nous avons su en très peu de temps présenter notre positionnement et sa valeur ajoutée sur les sujets BIM. Aujourd’hui Capgemini est reconnu comme un acteur du BIM intégré à l’écosystème et son partenariat avec Autodesk va dans ce sens.

Donc merci à nos clients et à Capgemini d’avoir permis à cette possibilité de devenir une réalité.

Quel est ton rôle et quelles sont tes missions chez Capgemini ?

Mon rôle premier chez Capgemini est Business Analyst autrement dit Consultant métier. Les premières missions que j’ai réalisé consistaient à aider mes clients à définir, mettre en œuvre et déployer des solutions SIG dans leur contexte SI. Par la suite, j’ai eu l’opportunité d’enrichir mon expérience avec des rôles de Chef et Directeur de projet tout en étendant le périmètre de mes activités au BIM et sujets liés comme l’Asset Management, la GED, la GMAO, l’IoT avec l’étiquette de Head of BIM, précurseur et expert reconnu du sujet chez Capgemini.

Aujourd’hui, je suis responsable des activités d’Assistance à MaÎtrise d’Ouvrage (AMOA) pour l’offre Smart Digital Twins (SDT) de l’entité Custom Software Development (CSD) de Capgemini France.  Celle-ci regroupe tout ce qui est Smart Asset, BIM, Smart Building, Smart Cities et Smart Territories. Le Jumeau numérique dans l’ensemble de ses dimensions spatiales pour les usagers, les gestionnaires, les décideurs.

Capgemini, un grand nom du Conseil informatique français. Pourrais-tu nous présenter en quelques mots et chiffres le groupe et nous dire vos secteurs d’activité historiques ?

Grand est un euphémisme. A ce jour, c’est la plus grande entité dans laquelle il m’ait été donné de travailler. A fin 2019, le Groupe regroupait presque 220 000 personnes réparties dans le monde entier avec un chiffre d’affaire de plus de 15 Milliards d’euros en croissance. Une dynamique incroyable. Nos activités se concentrent sur les sujets cœur du groupe que sont la donnée et les services autour des applications IT, qui touche aujourd’hui de grands sujets d’innovation que sont le Cloud, l’IA, la 5G, l’environnement et bien sûr tout ce qui touche au Jumeau Numérique.

Pour ce qui est des verticaux métiers, Capgemini est présent partout avec comme grands secteurs les services, l’industrie, l’énergie et les utilities mais aussi les biens de consommation, le commerce, les services publics, les télécoms, la finance. Un environnement très vaste.

L’OPA amicale sur ALTRAN devrait également nous permettre de consolider et renforcer notre offre autour de notre expertise métier et des industries. 60 000 personnes de plus. C’est juste incroyable.

Capgemini de l’extérieur est vu comme une ESN, pour autant c’est une entreprise qui permet aux développeurs mais pas seulement d’évoluer.

Comment se situe le Département dont tu fais partie et comment êtes-vous organisés ?

Au sein de Capgemini, je suis dans l’entité Application Services et plus précisément au sein de la Practice CSD (Custom Software Development) soit l’entité qui imagine des solutions technologiques pour ses clients.

Cette entité regroupe environ 2600 personnes en France (Paris, Rennes, Nantes, Bordeaux, Bayonne, Toulouse) et environ 230 à l’étranger (Maroc, Espagne, Inde).

La practice CSD est au service des entités commerciales sectorielles comme par exemple EUC (Energy, Utilities & Chemicals), MALS (Manufacturing/Automotive, Aerospace & Life Science), Services, Public Sector, TMT (Telecom, Media & Technology), CPRD (Concumer Products, retail & Distribution).

Quelle typologie de Clients adressez-vous ?

2 typologies par défaut :

  • Les métiers regroupant les opérationnels et les décideurs sur des sujets spécifiques qui peuvent être en lien avec les secteurs indiqués précédemment.
  • Et les DSI, autrement dit les fonctions supports aux métiers pour la mise en œuvre de solutions technologiques adaptées au sein des SI existants.

On trouve aussi les Achats, partie prenante de tous les Appels d’Offres mais ce ne sont pas nos interlocuteurs premiers.

En général, pour qu’un projet se déroule bien il faut que ces différentes typologies aient été adressées.

Le BIM ! Quand avez-vous décidé de prendre cette orientation stratégique et quel type de solutions développez-vous pour vos clients ?

Avant mon arrivée chez Capgemini, une équipe travaillait dans le domaine de la gestion d’actifs (Asset management), en particulier dans le secteur de l’énergie.

En 2015, j’étais en AMOA pour un opérateur ferroviaire sur un projet Européen de transit des marchandises et responsable entre autres de la mise en œuvre de chaînes de traitement de données redondées (en mode SIL 4) pour collecter, maîtriser et mettre à disposition des industriels les infrastructures des lignes ferroviaires. Dans ce contexte où la connaissance de la donnée est cruciale, le Jumeau Numérique s’est imposé de lui-même. Cet opérateur avait déjà des actions en cours sur le BIM et c’est donc naturellement que nous avons lancé des expérimentations sur le sujet y compris avec le prisme de la gestion d’actifs.

Par la suite, plusieurs de nos clients nous ont sollicité pour aborder ce sujet et son intégration au sein de leur SI, ce qui nous a permis d’acquérir une expertise et une connaissance approfondie du BIM que ce soit au niveau technologique, démarche et écosystème. Ce fût également le début de la présence de Capgemini à BIM World et le début du rapprochement avec les grands acteurs dont certains éditeurs mondialement connus.

Pourquoi la phase de gestion et maintenance est-elle si importante selon toi et mérite-t-elle une attention aussi particulière ?

La conception et la construction sont des phases critiques et indispensables mais pas celles qui nécessitent le plus d’investissement et de temps.

Une fois le bâtiment ou l’infrastructure réalisée, elle est mise à disposition de ses occupants, des gestionnaires et des équipes de maintenance et ce pour une durée qui varie de quelques années à plusieurs dizaines d’années. Typiquement, quand on construit une gare c’est pour 100 ans. L’entretien de cette gare, les services proposés aux usagers vont coûter 75 à 80 % du cout total (life cycle cost) de ce patrimoine.

Ce temps et cet investissement font que cette phase est la plus importante et mérite une attention particulière.

Chez Capgemini nous avons observé que le gros de l’investissement informatique quand on écarte la GMAO ou les solutions de gestion patrimoniale était focalisés sur le BIM pendant la phase de construction. Après échanges avec nos clients et nos partenaires dont Autodesk, nous avons décidé de faire un focus sur cette phase de gestion et maintenance pour répondre à leur besoin.

En quoi le jumeau numérique peut-il aider les exploitants à mieux gérer leur patrimoine ?

Le jumeau numérique est la fédération de toute la connaissance d’un actif en un point unique (souvent appelé la source unique de vérité), mis à la disposition de l’ensemble des parties selon leur niveau d’accès, à travers des visualisations variées comme la 2D (schématique), la 3D ou la cartographie pour faciliter la mise en contexte.

Le cerveau perçoit notre environnement en 3D. Il nous est donc plus facile d’appréhender une situation en 3D que sur un dessin technique en 2D notamment quand plusieurs objets sont superposés. Disposer d’un Jumeau Numérique dans lequel chaque objet est à sa place et correspond au monde réel est un facilitateur pour les équipes de maintenance afin d’appréhender au mieux ce qu’il faut remplacer, comment réaliser la gestion et maintenance et comment l’environnement immédiat se prête à cette opération. Difficile d’appréhender sur un dessin 2D s’il vous faut un plan ou si vous aurez la place pour manipuler une pièce que vous devez remplacer.

Reflect IoD est-elle votre solution phare et à quels besoins répond-elle ?

Oui, mais pour autant Capgemini n’est pas éditeur, nous avons donc décidé de concevoir ce que nous appelons un « accélérateur », une solution prête à l’emploi et que nos clients peuvent étendre à leur guise en enrichissant son code de leurs besoins spécifiques. Cette solution devant permettre une grande ouverture, son architecture a été pensée pour répondre au plus grand nombre de besoins autour de la manipulation des maquettes numériques mais surtout pour la fédération de données multi-sources pour réaliser le référentiel de données BIM, y compris la liaison vers la GED, la GMA, le SIG et l’IoT. ReflectIoD est une solution native cloud, serverless, et scalable by design.

Autre point, cette solution a été conçue pour s’adresser en priorité aux opérationnels, ceux qui ont besoin de superviser leur patrimoine, d’accéder facilement à des données diverses mais complémentaires et de les consulter sans changer plusieurs fois d’interfaces.

De ce fait, c’est une solution que nous mettons en avant car elle se distingue des plateformes existantes par sa polyvalence fonctionnelle, technologique à destination d’un propriétaire, d’un gestionnaire d’actifs ou d’un mainteneur.

Notre but, en tant qu’intégrateur, n’est pas de vendre des licences mais de délivrer un service qui réponde aux besoins en s’appuyant sur un accélérateur qui a été pensé pour s’intégrer au SI.

Elle couvre aussi bien le bâtiment que les infrastructures et les SIG ?

Par son concept de fédération de données, Reflect IoD s’adresse à tous les types d’actifs que l’on est capable de représenter sous forme de jumeau numérique tout en les positionnant dans un environnement SIG ce qui permet facilement ensuite au sein de l’interface de visualiser les objets dans leur environnement, en contexte et facilite certaines analyses.

Quel type de données est-elle capable d’agréger ?

La solution Reflect IoD est capable d’agréger des données 1D, 2D, 3D, SIG, IoT dans différents formats. Vous pourrez ainsi superposer le nuage de points laser d’un bâtiment au format e57, sa maquette numérique en IFC ou RVT (Revit natif) et associer la sélection d’un objet sur le plan 2D en DWG, tout en accédant à la fiche technique au format PDF d’une vanne par exemple ou encore aux ordres d’intervention associés dans la GMAO.

Ces notions de fédération et d’hypervision ont été pensées pour être accessibles depuis une seule interface et nous travaillons régulièrement à améliorer l’expérience client. Nous faisons en ce moment le multifenêtrage et l’intégration d’un GeoServer.

Sa particularité est son développement sur Autodesk Forge en grande partie. Peux-tu stp nous en dire un peu plus ?

Dès le début des expérimentations, la question s’est posée de savoir si nous posions un principe de base au niveau du format : une plateforme openBIM ou éditeur donc liée à un format. Nous avons cherché une solution agnostique qui nous permette de nous affranchir des formats d’entrée sachant que la plateforme n’a pas vocation (aujourd’hui) à faire de la modification des maquettes elles-mêmes.

Parmi les options disponibles, les APIS de FORGE nous offraient cette souplesse, tout en répondant à notre priorité autour du Service. Notre analyse nous a montré qu’au-delà de développer une solution de type accélérateur pour nos clients, nous pourrions également apporter à Autodesk notre capacité de développement. Du coup nous avons fait les 2, intégrer les APIs Forge qui nous intéressaient et dans le même temps nous sommes devenus Forge System Integrator, avec une portée mondiale.  

Cette possibilité de faire converger les données des capteurs et des maquettes BIM est-elle une force selon toi et pourquoi ?

La possibilité de faire converger les différentes sources d’information, de les fédérer et de les superposer pour faciliter les analyses est un facteur de gain important. De fait, pouvoir associer les capteurs directement dans le jumeau numérique à l’image d’un SCADA mais dans un environnement dynamique où le support et donc la maquette n’est pas statique est un vrai plus.

On donne la capacité à un exploitant de supervision d’un bâtiment ou à un process industriel, d’être notifié rapidement des anomalies, de pouvoir à travers la maquette accéder plus finement au problème, éventuellement d’associer l’accès aux caméras pour conforter son jugement et également d’intervenir directement si les objets connectés sont bidirectionnels, comme par exemple fermer une électrovanne en amont d’une fuite, ou encore une porte coupe-feu.

Dans notre monde connecté, à l’image de la domotique, c’est la rapidité et le choix judicieux de l’intervention qui optimisent les actions. La réduction des pertes de temps et les aides aux choix pour limiter les erreurs sont prépondérants.

Vos technologies couvrent-elles uniquement la phase d’exploitation et de maintenance ? Est-ce seulement les bâtiments de bureaux et industriels ou touchez-vous aussi d’autres types de programmes ?

Comme indiqué, nous avons fait le choix de nous focuser pour ce qui concerne Reflect IoD sur la phase exploitation – maintenance. Pour autant, nos technologies couvrent les phases amont, en particulier le suivi de la construction, en Greenfield (construction neuve) aussi bien qu‘en Brownfield (existant).   

Nos technologies appuient un choix assumé de ne pas aller sur un périmètre restreint pour répondre à un besoin métier très particulier. Nous couvrons l’ensemble des objets qui peuvent être représentés par un jumeau numérique, que ce soit du bâtiment, de l’infrastructure ou du process industriel.

Cette façon de penser nous a amené à ne plus penser les activités en silos. C’est pourquoi en 2020, nous parlons de Smart Digital Twins et associons plusieurs offres initialement traitées par des équipes séparées.

Il est important de voir un objet comme utile pour une action, intégré à un système qui lui-même interagit avec d’autres systèmes donc unitairement et dans sa globalité.

Quels bénéfices attendus et chiffrés cela représente-t-il pour vos clients ?

Le premier bénéfice dont nous font part nos clients c’est le gain de temps ou inversement la réduction de la perte de temps à chercher de l’information. L’agrégation de données issues initialement de mondes différents, la capacité à disposer d’une supervision sans limite géographique, en indoor et en outdoor est un vrai changement.

Le second bénéfice porte sur les processus de travail, la nécessité de structurer l’information pour casser les ruptures numériques. L’exemple le plus présent étant la non-utilisation des maquettes numériques produites dans le cadre des DOE pour la phase d’exploitation, car elles n’ont pas été pensées pour. Le constructeur va être intéressé pour découper une dalle en fonction de son coulage, le FMeur, pour les espaces alloués sur cette même dalle en termes d’occupation.

En troisième, les gains de prédiction à 2 niveaux :

  • Au niveau de la programmation avec des capacités accrues de Generative Design et d’analyse spatiale couplés notamment au SIG pour maximiser ces choix d’investissement, ce qui vaut bien évidemment également pour la phase de conception et l’optimisation des métrés, ce qui impacte les achats.
  • Au niveau de l’exploitation, durant laquelle prévoir et anticiper les pannes permet un fonctionnement optimal et donc une production améliorée ainsi qu’un dérangement limité pour les usagers.

On peut trouver que c’est secondaire mais on touche directement à un sujet qui tient à cœur à Capgemini, celui de l’environnement. Limiter les pertes, c’est aussi limiter l’utilisation des ressources, le gaspillage ou la mise en décharge de matières. Au-delà du gain financier, c’est donc une exploitation plus mesurée des espaces, des matières premières que sont le bois, l’eau, le sable, etc.

Votre offre Reflect IoD comprend-elle aussi du service pour le déploiement ? Si oui avez-vous des équipes dédiées et quel est leur rôle ?

Comme vous l’avez compris, notre souhait est de faire du service et la façon dont nous mettons en avant reflect IoD va dans ce sens. Nous avons une équipe de développement dédiée avec un chef de projet et un Product Owner, des équipes de développements dédiées au client et une équipe d’AMOA à même d’aider le client à opérer une transformation digitale intégrée au sein de son SI.

L’agilité et la souplesse sont le maître mot. Les équipes de développements sont donc à même de faire du déploiement ce qui par ailleurs leur permet pour la suite d’appréhender des difficultés et donc de les remonter et de les corriger.

Nos équipes travaillent main dans la main et font régulièrement des sessions de travail en commun.

Cette proximité est appréciée par nos clients qui du coup se sentent mieux écoutées et plus en confiance.
Dernier point et non des moindres, Capgemini dispose de commerciaux dédiés à des verticaux métiers, au sein de SDT, nous avons des business developers en appui de ces équipes pour mieux appréhender et présenter les sujets relatifs au jumeau numérique.

Créez-vous vous-mêmes les maquettes pluridisciplinaires BIM ou sous-traitez vous cette partie ?

Les deux mon cher. Capgemini  dispose d’une équipe de dessinateurs-projeteurs et de modeleurs BIM. Pour autant, il nous arrive notamment pour une question de proximité ou de réactivité de faire appel à certains de nos partenaires pour réaliser ces activités. Certains de nos AMOA sont aussi habitués à manipuler et à utiliser des outils de modélisation et il arrive qu’en plus de leur activité de conseil, nos clients leur demandent de réaliser des maquettes.

Autre point, il nous paraît important d’utiliser des modeleurs spécialisés, ayant l’habitude de certains objets particuliers livrés par des fournisseurs spécifiques. De la même façon qu’il faut utiliser le bon outil, il faut utiliser la bonne ressource et il nous est arrivé de refuser des missions car nous pensions ne pas être en mesure de réaliser un travail de qualité.

Où les jumeaux numériques sont-ils stockés ? Faites-vous du on premise ou utilisez-vous les plateformes des grands fournisseurs que sont Amazon, Microsoft et autres ?

Un choix stratégique a été opéré par Capgemini de ne pas faire de reflect IoD une plateforme OnPremise. Par défaut, nous sommes Cloud. La solution est certifiée sous AWS et Microsoft Azure sachant que d’autres fournisseurs notamment français sont dans le scope.

La question du référentiel de données que l’on peut aussi appeler CDE pour Common Data Environment, peut toutefois en termes d’architecture informatique être déployée dans les 2 environnements voire en hybride. Il faut différencier les fonctions gérées au sein de la plateforme et accessibles vie des services sur le Cloud, de l’accès aux données. C’est pourquoi, dès l’amont nous faisons intervenir un architecte d’entreprise afin de s’assurer que la solution proposée corresponde aux besoins, aux contraintes et soit possible.

Qui des projets confidentiels ? Peuvent-ils aussi bénéficier de jumeaux numériques ?

Les projets confidentiels sont en général très friands de ce qui peut sécuriser et/ou optimiser les prises de décision. A ce titre, le jumeau numérique, avatar intelligent de la réalité est clairement un plus demandé. La différence se situe dans les contraintes de sécurité apportés à différents niveaux de l’architecture, y compris au niveau des données elles-mêmes. Notre compétence d’intégrateur sur ce type de projet est vu comme un gage de sérieux.

Avez-vous une partie mobile à votre offre ?

Par défaut, oui dans le sens où Reflect IoD est une plateforme de type client serveur web. Dans ce contexte, une tablette avec un client Web classique peut utiliser la solution.

Au-delà, passé l’effet Wahoo, nous avons effectué des expérimentations autour des sujets de réalité virtuelle et de réalité augmentée sur différentes technologies y compris à base de moteurs de jeux comme Unity 3D.

Dans un cas comme dans l’autre, ce qui prévaut à l’utilisation du mobile pour nous reste lié au besoin premier du client. Du coup, notre offre s’adapte à celui-ci y compris s’il faut travailler sur des sujets asynchrones quand le réseau manque sur certains sites.

Vous collaborez avec Autodesk depuis longtemps maintenant. Peux-tu nous détailler cette collaboration ?

Je me souviens de l’époque où avec Maxime Suing (CSM chez Autodesk) nous avions commencé à évoquer cette possibilité lors d’un salon sur un coin de table, avant que les premiers échanges ne se concrétisent à plus haut niveau chez vous et chez nous.

En très peu de temps, on est passé de « ce serait intéressant » à des échanges entre nos équipes techniques respectives, de la visibilité croisée sur nos roadmaps et choix stratégiques, pour aboutir à des actions commerciales conjointes en France mais également ailleurs dans le monde comme aux USA, en Europe, et en Asie.

Il est très important d’indiquer que cette collaboration se fait aujourd’hui avec une grande transparence et une vraie volonté d’aller de l’avant qui se ressent déjà à travers les retours de nos clients.

Ce n’est que le début et nous sommes très heureux de cette synergie. Par ailleurs, ce partenariat est complémentaire d’autres, ce qui nous permet d’adresser certains clients sur un périmètre plus large de leur SI pour optimiser encore mieux les gains.

A ce stade, je ne peux citer nos clients mais certains seront présents sur notre stand pour s’exprimer lors du salon BIM World 2020.

Les solutions pour la gestion et la maintenance commencent à se multiplier. Quels sont les éléments qui vous différencient par rapport à vos concurrents ?

Ceci tient en 3 mots : intégrateur, agrégation, hypervision

  • Intégrateur nous sommes et nous le mettons en avant comme un différenciateur. Par défaut nous sommes agnostiques, donc notre focus est que la solution proposée réponde au besoin tout en s’intégrant parfaitement dans le SI client pour être utilisé par les clients. A ce niveau, notre expérience en gestion de projet est également saluée et sollicitée par nos clients et partenaires.
  • Agrégation car la priorité d’une plateforme collaborative, c’est sa capacité à rassembler des données très hétérogènes pour permettre une gestion optimisée de son patrimoine. Et dans ce domaine, nous ne sommes pas liés à un éditeur ou à un format.
  • Hypervision au-delà de la gestion à proprement parler qui peut sur faire avec une vision tableur, nous amenons la représentation du jumeau numérique au cœur du dispositif pour aider à contextualiser la gestion, prenant ainsi en compte l’ensemble des apports des outils métiers du SI, le tout rassemblé sous une interface.

Pourrais-tu nous citer quelques cas de succès clients et les argumenter ? Des projets qui te tiennent à cœur ?

Comme indiqué précédemment, je ne peux citer nos clients. Voici cependant trois projets qui ont jalonné mon parcours.

Le premier est celui de l’opérateur ferroviaire, car ce fut pour moi le début de l’histoire vers le BIM, dans un contexte Européen, la maîtrise de la qualité et de la précision de la donnée était juste un challenge incroyable.

Le second est un client que j’accompagne depuis quelques années maintenant, un peu en dehors des sujets habituels et qui touche de près à l’environnement. Cette structure qui gère une dizaine de sites industriels m’a impressionné depuis le début de par sa volonté de se transformer, d’intégrer de nouvelles technologies, son implication à tous les niveaux et le souhait de viser la valeur ajoutée (un service public soucieux des deniers de l’état). Cette structure publique prend le temps de monter en compétence sur les sujets, de les intégrer dans ses processus et augmente son niveau d’échange avec ses prestataires d’année en année avec toujours ce souci du service efficace.

Le troisième est un acteur important du secteur parapétrolier. Ce serait plus à mon collègue Alban ALEV (responsable de l’offre SDT) d’en parler mais c’est l’un de nos premiers clients pour lequel nous faisons de l’intégration autour des APIs Forge. Nous avons dû relever de gros défis et l’équipe a franchement fait un très beau travail qui se solde par la confiance du client sur différents sujets.

L’interopérabilité joue-t-elle un rôle clé pour vous et en quoi la plateforme Forge vous aide de ce point de vue ?

On revient au cœur des plateformes collaboratives : les données. Comme indiqué précédemment, nous avons testé différentes opportunités qui s’offraient à nous et nous avons jugé que pour répondre au plus grand nombre il fallait de l’ouverture notamment en termes de formats d’entrée. Les APIs Forge dont Model Derivative nous ont permis de passer ce cap. Avec plus d’une soixantaine de formats acceptés (dont le standard openBIM IFC), elle offre un choix suffisant pour répondre à la grosse majorité des demandes. L’investissement d’Autodesk pour pérenniser Forge et en faire le socle de son offre Cloud et notamment de BIM 360 nous conforte également dans ce choix en termes de pérennité.

Quels sont vos objectifs stratégiques de développement pour le futur très proche et moyen terme ?

Devenir le partenaire principal d’Autodesk en tant que Forge System Integrator Monde, ce qui peut passer par un rapprochement entre Forge et BIM 360 au niveau des synergies. Notre équipe de développement a des objectifs ambitieux de croissance cette année.

Positionner notre savoir-faire notamment sur nos compétences Smart Digital Twin aussi bien à travers nos solutions comme Reflect IoD que sur notre accompagnement client en AMO pour lequel là-aussi les actions commerciales avec Autodesk sont un point fort.

Accroitre nos activités en France et dans le monde autour de l’intégration des nouvelles technologies du SI en s’appuyant sur le jumeau numérique. Je profite de cette question pour saluer le travail de Thomas PERPERE, qui nous a rejoint l’an dernier en tant que Busines Developer et fait un gros travail avec les équipes commerciales de Capgemini et d’Autodesk pour promouvoir des actions communes.

Comment votre collaboration avec Autodesk peut-elle vous aider ?

La synergie entre nos équipes commerciales et techniques doit se poursuivre et s’accentuer car elle nous permet de sécuriser les briques technologiques utilisées dans les solutions que nous proposons à nos clients. Il est impératif que nos roadmaps continuent d’être partagées sur le court moyen et long terme car c’est ainsi que l’on apporte de la valeur aux clients.

Capgemini est connu pour son impact sur les Grands Comptes. Reflect IoD et votre développement autour du BIM vous permettra-t-il d’atteindre d’autres typologies de clients ?

Parmi nos clients, nous avons des acteurs industriels à portée régionale. En soi, cela ne s’assimile pas à un grand compte et pourtant nous les accompagnons sur ce chemin C’est le cas notamment de mon second exemple indiqué précédemment. Il est vrai que les Grands Comptes sont la cible privilégiée des grands Groupes, mais Capgemini est un groupe qui permet aussi de travailler sur des sujets différents et des typologies de comptes différents. La meilleure preuve étant mon histoire ces dernières années. Dans le même niveau de comparaison, nous sommes partenaires de grands éditeurs mondiaux, pour autant j’ai pu mener des missions pour de grands comptes avec des startups comme Xinapps ou BlocInBloc, que je salue au passage pour leurs travaux et implications.

Connaissais-tu ABCD Blog ?

Qui ne connait pas ton travail et ton blog ? Tu me donnes là l’occasion d’intégrer le monde de tes lecteurs et c’est un très grand honneur pour moi de m’adresser à eux à travers ton blog. Ayant moi-même été revendeur Autodesk il y a plus de 20 ans et certifié sur ces technologies, j’ai appris auprès de cet écosystème beaucoup de mes connaissances actuelles même si j’ai pu m’en éloigner à d’autres moments. Ce partage est une vraie richesse, aussi je me permets de te remercier pour cela Emmanuel.

Quel message souhaiterais-tu passer à nos lecteurs ?

Quand je suis rentré chez Capgemini, je me suis demandé si j’y trouverai un écosystème qui me permette d’utiliser mes connaissances, d’en apprendre d’autres et de m’y épanouir. J’y ai trouvé des passionnés, des gens qui m’ont permis de progresser et m’ont encouragé à tracer de nouveaux sillons. Les histoires se font souvent sur la rencontre de personnes et je remercie ceux qui ont permis que cette histoire se concrétise.

Je n’oublie pas également nos clients, qui à l’époque où Capgemini se montrait un peu jeune sur ces sujets, nous ont fait confiance et avec lesquels j’entretiens encore aujourd’hui de très bonnes relations. Certains parmi eux sont des lecteurs de ce blog et je remercie cette communauté qui permet un tel foisonnement d’idées aujourd’hui. Nous vivons une époque incroyable, merci à vous et pour ceux qui le souhaitent retrouvons-nous à BIM World en octobre ou avant par téléphone.

Avec toute l’équipe Smart Digital Twin, nous serons heureux d’échanger avec vous.

Mickaël, un grand merci pour cette interview passionnante. Nous vous souhaitons un immense succès sur la route du BIM.

Site officiel de Reflect IoD ici.

Des robots pour réparer les sous-sols au Royaume-Uni sans interruption de trafic !

Nos voisins Britanniques ne cesseront de nous impressionner. Ils font désormais rentrer les robots dans le quotidien des chantiers pour plus d’efficacité, de sûreté et d’économies. Les robots deviennent plus intelligents et plus accessibles que jamais. Certains sont désormais capables de réparer des tuyaux sous tension.

En voyant ce qui se passe sur les grands chantiers de construction au Royaume-Uni, il est clair que les drones sont désormais utilisés couramment pour les relevés et la surveillance. Mais ces objets volants sans pilote ne sont pas les seules machines autonomes. Les robots se développent également rapidement et certains sont maintenant même capables de réparer des tuyaux sans en couper l’alimentation et les implications pour les infrastructures britanniques sont immenses. C’est le début d’une nouvelle ère !

Les robots peuvent effectuer des réparations de canalisations sans tranchées à l’intérieur de tuyaux allant de 150 mm à 500 mm de diamètre. Ce sont plus d’1,5 million de fouilles routières qui ont lieu chaque année au Royaume-Uni. Les arrêts de trafic et les perturbations des entreprises coûtent plus de 5 milliards de livres sterling, soit près de 5% du chiffre d’affaires total de la construction au Royaume-Uni. En 2018, le gouvernement britannique a investi plus de 26,6 millions de livres sterling pour construire des micro-robots pouvant aider à réparer le vaste réseau de canalisations souterraines du pays. Ces robots aideront non seulement à réparer les canalisations souterraines, mais aussi les oléoducs et gazoducs offshore et les éoliennes.

Bien que ce projet de recherche ait commencé l’année dernière, d’autres robots travaillent déjà sur place. Il existe déjà des robots utilisés pour les inspections de tuyaux et les petites réparations, tels que ceux développés par Sewer Robotics, une entreprise qui crée des robots capables d’identifier et de réparer les petites fissures à l’intérieur des canalisations d’égouts. Les robots utilisent un couplage pneumatique pour se connecter aux patchs UV et aux conditionneurs de réparation ponctuelle.

© Sewer Robotics – 2020

Cadent, le plus important fournisseur de gaz au Royaume-Uni innove aussi en la matière. L’année dernière, il a lancé un projet de 2,5 millions de livres sterling pour réparer des canalisations souterraines à Londres avec un robot nommé Cisbot, développé par ULC Robotics. C’est un robot qui peut réparer jusqu’à 100 mètres de conduites de gaz en sept jours, sans perturbations et en toute sécurité et sans couper le réseau, alors qu’il faudrait 10 semaines en main d’oeuvre humaine.

Les Britanniques ont les moyens de leurs ambitions et impressionnent par le déploiement des nouvelles technologies ainsi que le soutien de leur Gouvernement. Un exemple à suivre !