Rapport français sur l’Industrialisation de la Construction et le hors site

Un rapport commandé par Julien Denormandie et attendu de longue date

C’est un rapport tant attendu qui a été remis en 2020 au Gouvernement par Messieurs Michel et Rivaton. Ils avaient été missionnés par Julien Denormandie fin 2018 alors qu’il était encore ministre du logement, pour rédiger un rapport sur les thématiques suivantes : la construction à moindre coût, la dématérialisation de l’information dans le champ de l’immobilier, la production de bâtiment bas-carbone, le développement de nouvelles technologies au service de la gestion de l’espace, le développement des usages et services à destination de nos concitoyens.

Ce rapport intéressant présente de nombreux arguments et illustrations en faveur d’une industrialisation de la construction selon une approche dite « hors-site ». Avec le BIM, le hors-site (appelé aussi MMC pour Modern Methods of Construction par nos voisins Britanniques) est notamment l’un des grands axes de développement stratégique du Gouvernement Britannique pour le secteur de la Construction.
Le concept de hors-site est une évolution de la préfabrication, qui a été promue par la loi ELAN, mais va plus loin. Le hors site est défini comme de la préfabrication auquel s’ajoute une dimension industrialisée de l’assemblage sur site et sur le transport de la production au site.
L’approche hors-site est une opportunité pour le secteur de la construction. Si la crise sanitaire a décalé la publication du rapport, il s’inscrit pleinement dans la logique de performance recherchée par la RE 2020.

Deux constats sont faits sur le secteur de la construction :

  • Atomisé aux faibles marges, qui investit peu et qui innove peu ;
  • Une complexité grandissante dans la construction, une augmentation des coûts, du non respect des délais et une baisse de la qualité sont constatés.

Face à cela, la construction industrialisée présente de nombreux atouts. Elle permet de mieux contrôler la qualité, réduire les coûts de construction, réduire les délais notamment grâce à la production et à l’assemblage en usine, et enfin réduire l’impact sur l’environnement.
Ainsi 80 à 85% des travaux pourraient être réalisés en usine (actuellement à peine 10%), ce qui permet de conduire simultanément des phases qui, traditionnellement, sont réalisées
successivement sur un chantier. Les coûts sont ainsi réduits. La production en usine garantit une qualité constante, ce qui peut également avoir un effet positif sur l’occurrence de sinistralités.
Un autre atout consiste en la réduction des nuisances en phase chantier. C’est également une opportunité pour développer des innovations industrielles en France, pouvant faire émerger des techniques constructives durables, à un coût carbone maîtrisé (de nombreux exemples se développent autour du bois, du recyclage). Plus généralement, la construction industrialisée permet de construire plus durablement en raison de sa capacité à rationaliser les ressources et à évoluer.

Pour favoriser l’industrialisation, trois types de transformations sont à accompagner :

  • Conception et suivi numériques dont le BIM ;
  • Sites de production centralisés et automatisés ;
  • Méthode de gestion de la production et assemblage au plus juste.

Ainsi, le développement de ce mode constructif est à allier à une utilisation massive des technologies numériques (dont le BIM). Par ailleurs, des financements sont nécessaires, pour créer le maillage industriel de production sur l’ensemble du territoire et soutenir l’émergence d’un marché.
Le rapport formule ainsi 14 propositions afin de favoriser et améliorer l’offre du hors-site.

Ces propositions sont organisées autour de 5 enjeux qui sont :

  • Relever le juste coût de la construction ;
  • Encourager l’innovation industrielle ;
  • Améliorer l’accès à la commande publique ;
  • Aménager le cadre juridique ;
  • Structurer la filière de la formation initiale et continue.

Découvrez l’intégralité de ce rapport en cliquant ici.

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