[Article] Rénovation du Super dôme de la Nouvelle Orléans en BIM, la plus grande structure à dôme fixe au monde à découvrir sur AECbytes

Un projet emblématique et imposant !

Découvrez cet article sur le site AECbytes où la Société Zelus décrit la rénovation du Super dôme de la Nouvelle Orléans où ils ont fourni des services de préconstruction. Construit dans les années 70 et devenu l’un des stades les plus emblématiques des USA, il demeuré à ce jour la plus grande structure à dôme fixe au monde. Ce témoignage passionnant décrit la rénovation BIM de ce bâtiment immense en processus BIM avec les solutions Autodesk telles que Revit, ReCap et BIM 360 en tant que plateforme collaborative notamment.

Statistiques du projet (type de projet, taille, étape de conception ou de construction, équipe projet, etc.)

Le Superdome de la Nouvelle-Orléans, situé dans le quartier central des affaires de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, a été construit dans les années 1970 et a officiellement ouvert ses portes en 1975. Il est devenu l’un des stades sportifs les plus emblématiques du pays et reste la plus grande structure à dôme fixe de le monde. Il s’agit également de la plus grande arène du monde entièrement construite en acier, non obstruée par des poteaux ou des colonnes. La structure comprend 20 000 tonnes d’acier et s’étend sur environ 241500 mètres carrés. Le dôme à lui seul couvre une superficie de 39254 m2 et se trouve à 83 mètres au-dessus du sol. Inutile de dire que c’est un bâtiment complexe.

En 2019, les plans de la phase 1 ont été approuvés pour une rénovation de 450 millions de dollars. La première phase des travaux a débuté en janvier 2020 et était principalement axée sur une vaste refonte intérieure pour améliorer la qualité de l’expérience des spectateurs. ZELUS a été impliqué dans la phase de pré-construction pour créer un BIM tel que construit à partir des conditions existantes qui aideraient à la diminution des temps de chantier, à la détection avancée des conflits et à réduire les modifications, et finalement fournir à toutes les parties prenantes impliquées un modèle très précis pour éclairer la prise de décision.

Le Superdome est important pour la communauté de la Nouvelle-Orléans, et il était donc important que les talents locaux soient sollicités pour ce projet. Pour aider à exécuter la collecte de données, la modélisation et le processus d’AQ / CQ, ZELUS s’est associé à plusieurs entreprises locales, notamment M3 Design Group, One to One Design et Studio Cicada. Au total, ce projet collaboratif a impliqué 13 entreprises de la Nouvelle-Orléans, de New York et de l’Arizona.

Principales applications logicielles utilisées pour ce projet et modes d’utilisation

En raison de la taille et de la portée de ce projet ainsi que du nombre d’intervenants impliqués, il était essentiel que tout le monde travaille à partir de la même base. Autodesk BIM 360 a permis cela.

L’équipe ZELUS s’est rendue à la Nouvelle-Orléans pour scanner au laser l’ensemble du bâtiment, en mettant l’accent sur les systèmes architecturaux, structurels et mécaniques. .

ZELUS a livré des fichiers de nuages ​​de points Recap et des modèles Revit entièrement développés en seulement quatre mois organisés par disciplines. Ils ont utilisé BIM 360 pour mettre à disposition les modèles et créer un environnement collaboratif entre les 13 équipes qui utilisaient les données. Étant donné que les équipes – qui comprenaient des entrepreneurs, des architectes et des ingénieurs – étaient réparties dans diverses régions – la Nouvelle-Orléans, New York et l’Arizona – avoir une seule source de vérité à laquelle se référer et un lieu centralisé pour collaborer était essentiel à la réussite de ce projet.

© AECbytes – 2020

Ce projet étant dense en termes d’exigences MEP et de structure en raison de la forme incurvée du bâtiment, les équipes ont été obligées de modéliser certains éléments du bâtiment en pièces séparées pour créer la forme avec une précision de 1,27 cm pour représenter les conditions existantes.

De plus, ils ont dû scanner plus de 300 000 objets sur une durée assez courte. Pour y parvenir, ils ont mobilisé huit scanners sur site travaillant 24h / 24 et 7j / 7 pour terminer le balayage laser. Étant donné que ce modèle 3D devait être utilisé par de nombreuses parties prenantes, ils ont mis en œuvre un processus intensif d’Assurance Qualité / Contrôle Qualité qui impliquait M3 Design Group, One to One Design et Studio Cicada (collectivement appelés Tri-Corp). ZELUS a réalisé 70% de la modélisation et TriCorp les 30% restants. Pour ce faire efficacement, nous avons créé un flux de travail d’Assurance Qualité / Contrôle Qualité, fournissant des commentaires sur les modèles de chacun.

Découvrez la suite de ce témoignage passionnant sur AECbytes en cliquant ici.

Global BIM Summit, un évènement international incontournable qui va fédérer tous les acteurs de la révolution BIM !

Le CDBB (Center for Digital Built Britain) organise un sommet mondial sur le BIM pour cibler des économies de 250 milliards de dollars grâce à la numérisation de la construction

Le Centre for Digital Built Britain (CDBB) au Royaume-Uni vient d’annoncer que le premier Sommet mondial du BIM aurait lieu, en ligne, le 17 mars 2021. Ce sommet mondial, qui devrait attirer des participants de plus de 40 pays du monde, marque le lancement d’un réseau mondial du BIM. Le Building Information Modeling (BIM) est au cœur de la numérisation en cours du secteur mondial de la construction. Ce processus vise à fournir des infrastructures plus durables, efficaces et rentables dans le monde entier. En collaboration avec plus de 30 gouvernements à travers le monde, le CDBB a mené une approche collaborative de la numérisation mondiale qui est alignée sur des principes communs et des normes internationales (BS EN ISO 19650). Soutenu par le Construction Innovation Hub et le Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO), l’objectif du Global BIM Network est de rassembler le secteur public, avec tout l’écosystème de l’AEC et les investisseurs, dans un esprit de collaboration et de partage des connaissances, afin que les nations du monde entier puissent bénéficier d’une meilleure information et contribuer à la numérisation de l’industrie mondiale de la construction.

Le Sommet mondial du BIM de mars 2021 mettra en relation les investisseurs, le secteur public et l’industrie pour accroître l’apprentissage et accélérer le changement numérique dans l’ensemble de la construction mondiale. Avec une valeur annuelle estimée de 10 milliards de dollars, le secteur mondial de la construction présente une échelle d’opportunités numériques qui peut être difficile à comprendre. Pour mettre les choses en contexte, l’introduction des gains d’efficacité et de productivité grâce à la numérisation est estimée à 250 milliards de dollars d’économies potentielles pour le secteur chaque année, ce qui équivaut aux deux tiers du déficit d’infrastructures mondiales.

Adam Matthews, directeur international du CDBB, a déclaré : « Le BIM est inclusif, c’est une collaboration numérique qui incite les gens à résoudre le défi de la création des infrastructures mondiales. Notre partenariat avec les gouvernements et l’industrie du monde entier a accéléré le changement numérique dans le secteur en rassemblant des idées, des cultures et des personnes diverses. Le Sommet et le réseau mondial BIM favoriseront le partage des connaissances et des avantages en développant un secteur de la construction numérique ouvert. »

Helen King, responsable de la prospérité pour le bureau des affaires étrangères, du Commonwealth et du développement, a déclaré: « Le programme d’infrastructure mondiale du FCDO Prosperity Fund est ravi de soutenir le Sommet mondial sur le BIM. Notre partenariat joue un rôle précieux dans la réduction des disparités mondiales et un avenir durable pour tous. Il est plus important que jamais alors que nous nous remettons et que nous reconstruisons après l’impact du COVID-19. »

Keith Waller, directeur du programme pour le Construction Innovation Hub, a déclaré : « Alors que les nations du monde entier identifient des moyens de se remettre de la crise pandémique, il existe un consensus croissant selon lequel l’innovation dans le secteur de la construction peut nous aider à reconstruire mieux, à générer une valeur accrue et à apporter un moteur de croissance durable à long terme. Le Sommet mondial du BIM et le nouveau réseau offriront aux pays du monde entier l’occasion de partager leurs connaissances et de travailler ensemble pour construire un secteur de la construction adapté à l’avenir. « 

Le Global BIM Summit aura lieu en ligne à 11h00 (GMT) et 15h00 (GMT) le 17 mars 2021 pour tenir compte des décalages horaires dans le monde. Une série de pré-événements du Sommet mondial BIM est également prévue aux dates ci-dessous, où les membres fondateurs et les organisations multilatérales du réseau mondial BIM partageront des informations et mises à jour sur les initiatives nationales BIM dans leurs pays et régions : 3 mars 2021, 4 mars 2021, 10 mars 2021 et 11 mars 2021.

Les sessions comprendront :

  • La vision globale de la construction et des infrastructures, et le rôle du BIM et du numérique
  • Quelles sont les opportunités et les défis auxquels sont confrontés les programmes numériques nationaux?
  • Comment le secteur public mondial peut-il collaborer et travailler avec l’industrie pour surmonter ces obstacles?
  • Lancement du réseau mondial BIM pour le secteur public.

Inscrivez-vous ci-dessous pour être tenu au courant de la série de pré-événements du Global BIM Summit et des informations d’inscription au Global BIM.

Le Global BIM Summit est ouvert à toutes les organisations et personnes souhaitant en savoir plus sur l’opportunité de transformation numérique du secteur de la construction et ses implications et avantages pour les investisseurs en infrastructures et le secteur public et privé mondial.

La pré-inscription est maintenant ouverte sur le site Web du Global BIM Summit – www.globalbimsummit.org

À propos du CDBB :

Le CDBB (Center for Digital Built Britain) est un partenariat entre le Department for Business, Energy & Industrial Strategy du gouvernement britannique et l’Université de Cambridge. Elle est également partenaire du pôle d’innovation en construction. Le CDBB cherche à comprendre comment les secteurs de la construction et des infrastructures pourraient utiliser une approche numérique pour mieux concevoir, construire, exploiter, intégrer l’environnement bâtir.

Les valeurs de Digital Built Britain : comprendre quelles informations sont nécessaires pour améliorer la valeur économique, sociale et environnementale de notre environnement bâti; défendre la conception des infrastructures centrée sur l’humain et les services qu’elles fournissent; exploiter les compétences et nouvelles technologies et émergentes en matière de construction et de fabrication numériques pour réduire les coûts et augmenter la productivité; développer de nouvelles opportunités de carrière, d’affaires et d’exportation pour le Royaume-Uni.

Pour plus d’informations, visitez www.cdbb.cam.ac.uk

À propos du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO)

Le FCDO poursuit les intérêts nationaux de la Grande-Bretagne et projette le Royaume-Uni comme une force du bien dans le monde. Ils défendent les intérêts des citoyens britanniques, préservent la sécurité du Royaume-Uni, défendent leurs valeurs, réduisent la pauvreté et relèlent les défis mondiaux avec leurs partenaires internationaux.

À propos du Construction Innovation Hub

La vision du Construction Innovation Hub est un monde où notre environnement bâti améliore la qualité de vie, offre une plus grande valeur sociale, réduit l’impact environnemental et est servi par une industrie de premier plan, innovante et durable. Le Hub développe des solutions qui aideront à conduire la transformation du secteur. Ils sont pionniers dans l’acquisition, la conception, la livraison et l’exploitation des bâtiments et des infrastructures pour fournir des produits et des processus prêts à être commercialisés qui façonneront notre futur environnement bâti, garantissant la sécurité, la qualité et la valeur. Cette innovation collective favorisera l’adoption d’approches de construction axées sur la fabrication, d’outils numériques et de données connectées sécurisées qui soutiennent la croissance du secteur et ouvrent des opportunités d’export, accélérant la reprise et la transformation vers un secteur d’avenir.

Flux de travail IFC et COBie ? Tout comprendre grâce aux vidéos de présentation du Center for Digital Built Britain

Vous souhaitez comprendre le cycle de vie des informations sur tous vos actifs et savoir comment faire fonctionner et évoluer vos structures de données actuelles. Cette série de petites vidéos du Center for Digital Built Britain créées par des Expertes et Experts reconnus vous permettra d’examiner et de développer des outils mettant clairement l’accent sur l’éducation à tous les niveaux en supprimant les freins qui existent actuellement.

Ces vidéos pédagogiques ont été créées par :

Emma Hooper, responsable technique

Emma est spécialiste de l’information numérique chez Bond Bryan Digital. Elle est fascinée par la manière dont la science et la mécanique de l’information peuvent être appliquées à la construction afin d’extraire la vraie valeur de la numérisation. Elle s’appuie sur sa connaissance approfondie des logiciels et de leur interopérabilité et les combine avec sa compréhension des normes de l’industrie de la construction et de la théorie qui les sous-tend. Elle fait partie du comité BSI B / 555, et elle est experte britannique pour l’ISO 16739 (IFC). Elle a contribué au guide ISO 19650, elle est aussi une ambassadrice de la UK BIM Alliance et fait partie du comité buildingSMART UK & Ireland. Récemment, elle est devenue l’une des premières personnes à obtenir une certification professionnelle pour le schéma (scheme) COBie.

Son objectif : utiliser son expérience et ses connaissances pour rendre les projets de construction plus efficaces en améliorant la collaboration entre les personnes, les processus et la technologie en mettant l’accent sur les données liées ouvertes.

Casey Rutland, responsable technique

Casey est un défenseur du numérique qui se concentre sur la transformation des sociétés immobilières au niveau des personnes. Avec plus de 20 ans d’expérience en tant qu’architecte travaillant et dirigeant des équipes pluridisciplinaires travaillant sur des projets de stades sportifs, des développements de centres urbains, des établissements de santé et des bâtiments patrimoniaux, il apporte une méthode de communication claire et concise axée sur l’empathie au sujet apparemment vaste du numérique. En tant que champion de l’openBIM, Casey est vice-président de la UK BIM Alliance et président de buildingSMART UK & Ireland. Il siège au comité de rédaction du B555 et contribue aux documents d’orientation du UK BIM Framework.

Son objectif : rendre les projets de construction plus efficaces en permettant aussi une meilleure collaboration entre les personnes, les processus et la technologie en mettant l’accent sur les données liées ouvertes.

John Ford, responsable technique adjoint

John a plus de 15 ans d’expérience dans la gestion de l’information dans les secteurs de la conception, de la construction et de l’exploitation de l’environnement bâti et un intérêt pour les processus numériques, y compris le BIM, les environnements de fichiers et de données communs (CDE) et le soutien au développement et à la mise en œuvre de systèmes ouverts de classification et d’échange prenant en charge l’interopérabilité des données et des définitions (IFC / COBie). John a implémenté la première instance connue de COBie (Version1) sur un projet britannique en 2008/09 en essayant de normaliser le transfert d’échange d’informations depuis la phase de construction jusqu’à celle de gestion et maintenance. Il a contribué à divers groupes de travail bénévoles qui ont contribué à l’élaboration de nombreux rapports, normes et directives sur la gestion de l’information et le BIM dans le secteur de la construction et il a été co-auteur de documents de recherche et d’un livre sur le transfert de la construction COBie.

Nicholas Nisbet, responsable technique adjoint

Nicholas (Nick) Nisbet FRSA est un consultant en amélioration des processus et de l’information dans l’environnement bâti. il développe et applique le BIM ISO 2 et 3 depuis 43 ans, contribuant à la vérification automatisée de la conformité et à la gestion de l’information via les normes buildingSMART, ISO, CEN et BSI, y compris IFC et COBie.

Vidéos de présentation

Échange d’informations :

Les principaux enjeux :

Informations de base

Logiciels :

Industry Foundation Classes (IFC) : 1ère partie

Industry Foundation Classes (IFC) : 2ème partie

Construction Operations Building Information Exchange (COBie)

L’état de l’art de l’ISO 19650

Source en anglais ici.

[Conférence] BIM, le futur de la construction avec bsi. Autodesk et Bouygues Immobilier – Inscrivez-vous !

BSI Group France, aux côtés de ses partenaires Autodesk et Bouygues Immobilier, organise le jeudi 28 janvier 2021, une matinée de conférences en ligne dédiées au secteur de la construction et à son futur.

Durant cet évènement, vous assisterez à différentes interventions où des experts du secteur évoqueront notamment l’importance de l’utilisation du BIM dans les projets de construction, mais également, la transformation digitale qui s’opère dans ce secteur.

Vous êtes un professionnel du secteur de la construction et souhaitez en savoir plus ? Inscrivez-vous dès maintenant pour assister à cette matinée de conférences en ligne ! BSI organise le jeudi 28 janvier 2021 une matinée de conférences en ligne dédiées au secteur de la construction, en partenariat avec Autodesk et Bouygues Immobilier.

  • Date : jeudi 28 janvier
  • Horaires : 9:00 – 12:00

S’inscrire en cliquant ici.

Les conférences :

  • Richard Daws & Rahul Shah, BSI – BSI Business Value of BIM and ISO19650
  • Emmanuel Di Giacomo, Autodesk – The Future of Construction
  • Gonçalo Ducla Soares, Bouygues Immobilier – Le BIM vu du côté de la maîtrise d’ouvrage

Les intervenants :

Richard Daws – Business Development Manager, Product Certification, BSI

Ingénieur de formation, Richard a été fortement impliqué dans les améliorations et la mise en place de la numérisation de la fabrication de produits dans le secteur industriel dans les années 90. Par la suite, il a participé à de nombreux développements commerciaux en France, au Royaume-Uni et dans le monde. Au sein de BSI France, il est responsable de toutes les certifications de produits, et est passionné par la transformation numérique mondiale que nous vivons actuellement.


Rahul Shah – Client Director
EMEA, Built Environment, BSI

Rahul Shah a travaillé pour et avec des propriétaires d’actifs, des entrepreneurs de premier plan, des architectes, des ingénieurs et des fabricants. Avec plus de 23 ans d’expérience, il a occupé des postes de responsables de la transformation numérique, menant à bien la stratégie de projet de mise en œuvre BIM à l’échelle mondiale. Au cours de sa carrière, Rahul a acquis de l’expérience dans la mise en œuvre de diverses initiatives numériques sur une gamme variée de projets, notamment des programmes de régénération urbaine à grande échelle représentant plusieurs milliards de livres, tels que des hôpitaux, aéroports, résidences d’habitation, datacenters, espaces publics à usage mixte, stades, et métros.

*Rahul Shah interviendra en anglais.


Emmanuel Di Giacomo
EMEA AEC Ecosystem Development Manager & Architect, Autodesk

Fort de plus de 6 ans et demi en tant que conseiller technique et méthodologique BIM sur Autodesk Revit pour la région Europe du Sud, Emmanuel Di Giacomo est titulaire d’un diplôme d’Architecte D.P.L.G. (1993). Avec plus de 30 ans d’expérience dans la 3D pour l’Architecture et le BTP. Il est actuellement Responsable du Développement des écosystèmes BIM pour l’Europe chez Autodesk. Il était auparavant Responsable Technique avant-vente AEC Architecture pour Autodesk France avec notamment comme rôle la préconisation de solutions BIM pour l’Architecture auprès des grandes Agences d’Architecture et des Clients Grands Comptes dans le domaine du Bâtiment et de la Construction.


Gonçalo Ducla Soares – Architecte et spécialiste du BIM, Bouygues Immobilier

Gonçalo Ducla Soares a eu l’occasion d’explorer les interfaces entre Informatique et Architecture lors de deux ans passés au MIT au début des années 2000. Après cette expérience, il a donné des cours de Conception et Projet Assistés par Ordinateur à l’Université de Lisbonne, et a travaillé en agence d’architecture à Paris comme architecte, d’abord en tant qu’assistant et puis en tant que chef de projet. Fort de son expérience au MIT, il a été chargé de développer et déployer le BIM au sein de l’agence.

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Interview Caroline Réminy – VINCI Construction France à la pointe de la transformation digitale, porte l’ingénierie BIM en région pour une transition globale de son écosystème

Cette semaine, Caroline Réminy, en charge de la transformation digitale et de l’Ingénierie BIM (I-BIM) chez VINCI Construction France nous fait le plaisir de venir échanger avec nos lecteurs. Leader français du BTP, l’entreprise est une référence en termes de maturité BIM et d’innovation. Découvrons ensemble sa stratégie mise en place depuis maintenant plus de deux ans par les équipes de Caroline.

Bonjour Caroline,

Vous êtes en charge de la Stratégie Ingénierie BIM et de son déploiement chez VINCI Construction France. Nous sommes ravis de vous accueillir sur ABCD Blog. De manière plus globale depuis 12 ans au sein de différentes entités de l’entreprise, vous êtes l’un des acteurs de la Construction les plus à la pointe et innovant dans ce domaine et vous avez entamé cette démarche de transformation numérique et de BIMisation depuis quelques années pour la société mais aussi pour votre écosystème au niveau national. Depuis plus de 2 ans maintenant, votre organisation au sein du service de VINCI construction France a évolué afin d’accélérer cette transition.

Pourriez-vous nous en dire quelques mots ?

Bonjour Emmanuel. Un des acteurs de la construction les plus à la pointe, je ne sais pas, mais en ce qui concerne VINCI Construction France nous avons défini 3 enjeux stratégiques que sont :

  • Une régionalisation de l’expertise : la « Communauté Ingénierie BIM VINCI Construction France » avec des responsables BIM et Synthèse dans chaque région ;
  • « ADIM sous BIM », c’est à dire l’accélération de la transformation numérique d’ADIM, notre filiale de développement immobilier ;
  • Des « relais BIM sur chantier » dans les équipes travaux

I-BIM coordonne ainsi une communauté nationale avec 13 référents, responsables de service BIM et Synthèse, qui correspondent aux différentes régions. C’est le premier axe. Cette communauté représente plus d’une centaine de personnes sur le territoire.

Quel est justement le modèle de coopération d’ADIM avec VINCI Construction France ? Est-elle exclusive pour vous ?

Oui, nous avons aussi lancé le BIM généralisé au niveau des équipes d’ADIM qui développe des projets qui sont ensuite réalisés en entreprise générale exclusivement par les filiales de VINCI Construction France, c’est le 2ème axe.

Vous nous avez parlé de 3 enjeux. Quels sont les autres axes qui ont évolué ?

Nous avons mis en place toute une stratégie pour accélérer le BIM chez ADIM dans le lancement de leurs projets.
Certaines entités ADIM étaient déjà matures sur le sujet et d’autres devaient s’y atteler.
ADIM étant une MOA interne, nous nous sommes dit qu’il était indispensable d’accompagner tous les ADIM directement pour accélérer le déploiement, afin que VINCI Construction France soit en BIM sur les toutes les opérations développées par ADIM. Nombreuses de nos filiales en régions avaient déjà enclenché une collaboration entre ADIM et le service BIM et Synthèse locale, mais nous avons décidé de généraliser cette démarche.
Ensuite, pour la partie exécution, nous commençons à avoir des profils sur les chantiers qui sont nos ambassadeurs du digital pour faire en sorte que le BIM pénètre la partie production. C’est ici notre 3ème axe qui est fondamental. Le BIM est un processus qui ne doit pas rester au sein des bureaux d’études mais bien qui doit descendre sur chantier et répondre aux besoins des opérationnels.

Sur 200 personnes actives en Ingénierie BIM, y a-t-il une organisation spécifique avec des rôles définis en relation avec les filiales régionales et notamment celles pour le développement immobilier ?

Nous avons exactement 120 personnes au total qui font partie des services BIM et synthèse, allant du responsable jusqu’au BIM Modeler, ce qui représente des bureaux entre 5 et 15 personnes répartis sur toute la France. Cela inclut I-BIM, l’équipe que je dirige et qui compte 30 personnes.
Les équipes régionales constituent un écosystème local avec 80 personnes qui sont les référents « BIM métier », tels que les référents « BIM ADIM » pour le développement immobilier, les référents « BIM structure », les référents « BIM méthodes » et les référents « BIM études de prix ». Enfin, Il y a également les référents « BIM chantier » avec des profils essentiellement de conducteur travaux ou de chef de chantier. Toutes ces personnes sont des relais précieux.

Cette volonté de restructurer était-elle liée au fait que le BIM n’arrivait pas suffisamment à se développer en région ?

En effet, il pouvait y avoir de grosses disparités entre nos différentes directions déléguées. L’expertise était parsemée dans les différentes régions et il fallait la structurer pour mieux répondre aux exigences de nos marchés. L’organisation en Direction des Ressources techniques et opérationnelles (DRTO) de VINCI Construction France nous y a aidé.
Pour notre service (I-BIM), nous sommes ainsi organisés pour partie en pépinière avec des profils qui viennent en formation en central et qui repartent ensuite en région. Nous faisons ensuite beaucoup d’accompagnement de BIM Managers ou de Directeurs Synthèse en région pour aider justement à structurer les services régionaux et à monter en compétence.

Nous avons donc en central deux nouveaux volets : une partie pépinière où les gens viennent se former chez nous et une autre partie d’animation des communautés et mise en valeur des expertises en région et du déploiement d’outils sur les chantiers.

Quel type de formation reçoivent-ils en une semaine ?

Nous avons fait un choix particulier car nous ne voulions plus faire que de la formation aux outils, mais former plus aux process.

Ces formations se structurent en 3 modules :

  • Le premier c’est « Apprendre à manager son chantier tous corps d’état sous BIM » qui apporte une vision plus générale pour mieux travailler ensemble. Certains métiers sont en effet sous-traités, à savoir : la planification, l’ordonnancement TCE, la synthèse TCE (qu’elle soit technique, architecturale, clos-couvert) et le BIM Management.
  • Un autre module propose des formations techniques, pour ceux qui le souhaitent, qui permet une remise à niveau de connaissances techniques sur des sujets tels que le gros-œuvre, la charpente, les lots techniques ou les lots architecturaux.
  • Enfin, on offre toujours la possibilité de suivre des formations aux outils tels que Revit Structure, Revit MEP ou Revit Architecture.

Vous avez principalement mentionné l’écosystème VINCI Construction France, mais avez-vous aussi pour objectif ou vocation de former la maîtrise d’oeuvre qui travaille avec ADIM, sous-traitants ou encore les opérationnels. Y-a-t-il de la sensibilisation ou aussi des propositions de formation à tous ces écosystèmes ?

De la sensibilisation oui, de la formation également pour ceux qui souhaitent aller plus loin. Pour cette sensibilisation, nous prévoyons un accompagnement afin que nos BIM managers aident sur chacune des opérations à raison de plusieurs jours par projet aussi bien les PME, les maîtrises d’oeuvre ou les conducteurs travaux. C’est systématique ! Nous avons la mission d’accompagner nos partenaires et nos équipes travaux.

Vous aviez à une époque la Blue BIM Tool Box pour aider vos écosystèmes. Existe-t-elle toujours ?

Elle existe toujours. Cependant, on se rend compte maintenant que les gens ont également besoin de documents et de process en plus des outils BIM ou de plugins. L’appropriation de ces outils ayant eu lieu, nous devons poursuivre l’effort. Nous avons une boîte à outils de 40 documents essentiellement « process » qui a été réalisée avec les 13 responsables BIM & Synthèse et qui est mise à disposition des équipes sur un Sharepoint.

Il existe 3 types de documents :

  • « Les guides » qui vulgarisent les différents thèmes pour les différents profils de l’entreprise « Qu’est-ce que le scan, ? Qu’est-ce que la 4D, etc… ? et précisent comment les mettre en place sur un projet. Cela s’adresse vraiment à un public de non-sachants.
  • Ensuite, nous avons toute une partie dédiée aux « procédures et notices » qui précisent les process : nous avons des documents expliquant comment s’organise une mission de synthèse, ou comment réaliser le Scan-to-BIM d’un existant.
  • Enfin, au-delà de la procédure, on accède à de la « méthodologie » s’adressant à un public de BIMeurs, ou encore pour mettre en place une 4D/5D sur une opération.

Avec de la prescription d’outils, de technologies, de format etc. ?

Tout à fait. Dans nos méthodologies, nous avons indiqué les prescriptions, les formats et les contacts des référents projet ayant la compétence de façon à vraiment être dans cette logique de communauté à l’échelle nationale.
Cette boite à outils reste interne à VINCI Construction France. Nous réfléchissons à l’ouvrir et la traduire en anglais pour les autres pôles de VINCI Construction.

Au travers de cette poussée du BIM, y-a-t-il une volonté notamment de la part d’ADIM maintenant de rendre obligatoire ou en tout cas de pousser fortement l’utilisation du BIM pour leur projet ou pas du tout ?

Tout à fait, l’objectif a été de systématiser un à deux projets en BIM dans toutes les entités ADIM en 2020 afin de vraiment monter en gamme en 2021. Certaines directions ADIM sont déjà full BIM !

Des ADIM Full BIM, qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Leur organisation ou alors les projets qu’ils réalisent le sont ?

Les projets qu’ils font sont tous en BIM car ils ont la chance d’avoir dans leur DRTO locale, un service BIM et Synthèse, un bureau d’études structure qui traite leur projet en BIM systématiquement et également l’habitude de travailler avec des architectes en BIM et des lots techniques BIM. Ce sont aussi des régions où un petit écosystème s’est créé. Je pense notamment aux équipes d’ADIM Normandie-Centre ou d’ADIM Ouest.

Est-ce que de leur côté, les équipes d’ADIM proposent un accompagnement à leurs partenaires locaux et mettent-ils à disposition une plateforme collaborative ?

Oui, c’est un process que nous avons écrit. Les équipes d’ADIM utilisent et mettent à disposition majoritairement un CDE dès la phase conception, en mettant en exergue les usages de la maîtrise d’ouvrage :

  • Maquette TCE et revue de projet
  • Communication
  • Reporting
  • Points de vue intégrés dans l’existant
  • Présynthèse sous BIM
  • Outils de planification 4D et 5D pour la visualisation des maquettes tous corps d’état
  • Témoins techniques en réalité virtuelle
  • PIC 3D

Nous réfléchissons au développement d’une plateforme BIM de vulgarisation en interne avec une solution développée sur des technologies de type Autodesk Forge et Unity, avec différents développements en WebGL.

Est-ce vous qui financez de manière centrale les outils, les plateformes utilisés sur les projets ?

Non, ce sont les projets qui financent les outils, type GED ou CDE, nécessaires au projet.
Pour tout ce qui touche aux tests et expérimentations, c’est bien pris en charge par les équipes I-BIM en central qui coordonnent et financent les développements. Les régions sont des acteurs de ces développements puisqu’ils testent et recettent les développements. Cette organisation est en place depuis plus de 2 ans. Aujourd’hui, tout cela est consolidé et structuré. C’est une approche que l’on affiche clairement ; une véritable communauté nationale riche d’un réseau d’acteurs en Ingénierie BIM.

En tant que Directrice de l’équipe Centrale (I-BIM), as-tu un conseil stratégique ?

J’aurai 2 conseils stratégiques :

  • Le premier est de mettre en valeur les régions et de décentraliser l’expertise. Le central doit piloter la R&D et avoir une équipe ouverte, mutualiser l’expertise des régions et favoriser l’échange et la formation. L’expertise est partout !
  • Le 2ème objectif est avant tout que le BIM pénètre sur le chantier et ne reste pas seulement dans les bureaux d’études. Pour cela, il est indispensable pour VINCI Construction France de réfléchir à des outils de vulgarisation permettant aux équipes opérationnelles, conducteur travaux, chefs de chantier, compagnons, d’accéder facilement à la maquette à travers les tablettes, les totems, mais également à travers des plateformes web tournées vers leurs usages chantier (PIC 3D, métré, planification 4D/5D, visualisation à 6G, etc…).

Le BIM doit intégrer également le processus du contrôle qualité de nos ouvrages exécutés (autocontrôle, OPR, etc.) pour que nos DOE soient fidèles aux tels que construits (TQC). Un important enjeu de nos marchés.

Quid de vos interactions avec d’autres pôles et entités de VINCI ?

Aujourd’hui, nous intervenons conjointement sur des projets avec VINCI Immobilier, VINCI Facilities et VINCI Airports. Nous testons par ailleurs les outils de VINCI Facilities tels que TwinOps que l’on utilise, notamment sur le nouveau siège de VINCI. En ce qui concerne VINCI Energies, il est notre partenaire pour réaliser les études des lots techniques.

Comment peut-on résumer la philosophie de votre feuille de route ?

Assez simplement. Le BIM ne doit plus être vu comme une expertise intégrée à l’ingénierie mais comme un processus qui vient faciliter l’interopérabilité entre les métiers : du développement immobilier d’ADIM, en passant par l’ingénierie en phase conception et exécution pour aller percoler et optimiser la production, jusqu’à la gestion et la maintenance.
La mise en place de jumeau numérique est à ce jour l’objectif que nous visons en préparant les fondations pour cela. Dans nos DOE, nous systématisons la rencontre avec les exploitants plusieurs mois avant la remise du DOE pour en questionner les usages, structurer et adapter l’information présente dans les DOE.

Votre objectif est-il de consolider votre place de leader avec cette nouvelle organisation ?

Cette organisation plus tentaculaire et plus virale nous a permis de constater une véritable accélération et montée en compétences. Avec presque 120 personnes expertes dans les services BIM en région, VINCI Construction France peut être fier de sa communauté ingénierie BIM. Nous apparaissons comme l’une des entreprises les plus riches en termes de compétences dans le domaine, une communauté plus importante que de nombreuses maitrises d’oeuvre. VINCI Construction France a plus que jamais une place de leader sur les marchés d’Ingénierie intégrée et de conception/réalisation. Cette lisibilité de notre offre n’était pas forcément évidente avant. Le BIM est un processus qui ne cessera de s’étendre en touchant de plus en plus d’acteurs.

Vous parlez essentiellement de BIM, est-ce pour simplifier l’appellation où est-ce que vous intégrez aussi toutes les autres tendances et innovations ?

Il faudrait remplacer cette terminologie BIM par Ingénierie BIM, ou coordination études et travaux en BIM. Le BIM est un processus ! Toutes nos innovations (applications spécifiques RA/RV/RM, IA, etc.) sont au service de ce processus.

Vous intéressez-vous aussi à l’intelligence artificielle, au machine learning, au generative design ?

Nous nous intéressons plutôt à l’intelligence artificielle pour aider au développement de reportings pour manager son chantier, avec notamment des possibilités de structurer un reporting pour les directeurs de projet intégrant l’avancement des études, de la production et la partie contractuelle et financière. Nous automatisons également nos contrôles qualité de maquettes comme plusieurs de nos confrères. Nous utilisons le generative design d’architecture pour les projets complexes, comme nous l’avons fait pour la Cité du Vin à Bordeaux, la Canopée des Halles à Paris ou des ouvrages à formes spécifiques ou encore les chantiers modulaires.

Toutes ces nouvelles approches génèrent énormément de données et d’informations. Avez-vous une stratégie par rapport à la donnée ou data pour la structurer et la rendre disponible ?

Bien entendu, nous avons en effet une démarche Groupe VINCI Construction avec pour projet de structurer une grande base de données qui intègre entre autres de la Data liée au BIM et autres outils (ERP, CRM, etc.), process qui devrait prendre quelques années. Ce projet est piloté par SIXENSE.

Vous parliez de questionner le rôle d’ensemblier de la construction générale. Avez-vous pour projet de tendre peut-être vers la transformation de VINCI Construction France en Katerra de la construction en France ?

Non, l’important est pour moi de toujours mieux maitriser la coordination tous corps d’état de nos projets. Je pense qu’une partie de notre activité devra néanmoins s’industrialiser fortement, soit au travers de la construction bois, soit de la construction préfabriquée ou de kitting, mais pas forcément de manière aussi radicale que Katerra. Nous réfléchissons donc à plus de préfabrication et de kitting, pas uniquement de voile béton mais également d’éléments de types gaines techniques, de lots techniques, voire de pièces complètes (WC, SDB, etc.). Nous travaillons par conséquent beaucoup sur ces logiques avec certains partenaires industriels.

Que faites-vous en termes d’économie circulaire et de cradle to cradle ?

VINCI Construction France a des équipes d’ingénierie dédiée à la performance durable et à ces sujets.
S’agissant des équipes I-BIM, nous avons 2 personnes qui travaillent le sujet, même si nous sommes quand même très axés sur l’impact carbone, les simulations thermiques dynamique et sur la notion de flux logistiques sur les chantiers.
La partie performance environnementale et durable avec le calcul de l’empreinte carbone s’appuie sur des technologies BIM de type Archiwizard.
Nous avons aussi beaucoup travaillé sur une planification 4D de nuisances (sonore, poussière, etc.).

Pensez-vous comme certains qu’un jour peut-être très proche le métier d’architecte sera intégré à l’entreprise ?

Intégrer plus d’architectes pour mieux maîtriser nos conceptions et ce que l’on construit au niveau des lots architecturaux oui, mais concevoir l’architecture à leur place, je ne pense pas. Il y a vraiment le désir de monter en puissance en ingénierie encore et toujours plus.

Votre organisation semble assez unique sur le marché, qu’en pensez-vous ?

Je ne sais pas. Je pense cependant qu’œuvrer à développer une communauté, à favoriser le collaboratif est nécessaire mais pas toujours facile. Il est donc important d’avoir la structuration, les relais et une communauté afin d’obtenir des résultats. Si nous ne prenons pas le temps de faire monter en compétences notre écosystème, nous n’arriverons pas à l’objectif commun.
L’autre point de difficulté peut résider dans le fait que les profils qui ont acquis de l’expertise technique et sont formés au BIM n’ont pas forcément les perspectives attendues dans le timing espéré.
Le marché évolue, nos organisations aussi mais pas toujours dans le temps court des équipes. Un autre enjeu est enfin de faire évoluer les postes dans nos organisations et de créer des parcours plus décloisonnés entre le terrain, les études, le digital et l’environnement.

Nous prenons donc le temps de nous structurer et de viser des objectifs atteignables, pour ensuite être en ordre de marche afin d’avoir un système quasiment industriel

Qu’est-ce qui manque selon vous pour l’instant pour que cela accélère ?

C’est juste une question de temps. Nous sommes en train de consolider tout cela et nous avons déjà de beaux résultats. Entre l’année dernière et cette année, nous avons presque 30% de nos gros projets qui ont été réalisés en BIM ce qui est considérable ! Nous formons au sein de toutes nos directions opérationnelles et sur tous les métiers de VINCI Construction France à savoir le Bâtiment, le Génie Civil, les Réseaux, les Métiers de Spécialités et le Développement Immobilier L’élan le plus important est donné par les MOA et leurs cahiers des charges. Elles obligent tout le secteur à muter lorsqu’elles font évoluer leur marché et c’est ce que nous vivons en ce moment.

Pour que cette transition s’opère avec succès, il va falloir beaucoup de compétences. Quelle est votre stratégie vis-à-vis des jeunes générations ?

Nous sommes plutôt entrés dans une logique de parcours et d’accompagnement sur la durée que ce soit au sein des directions déléguées ou par un passage en central dans notre pépinière et un transfert ensuite en DRTO.
Nous faisons aussi beaucoup de recrutements internes et favorisons la mobilité avec des profils travaux qui arrivent dans les services BIM et synthèse ou des profils provenant d’autres secteurs (la logistique, la qualité, le développement informatique). Nous devons nous enrichir des différences.

Caroline, merci pour cet échange et la lumière mise sur cette organisation nationale.
Nos lecteurs auront plaisir à découvrir cette stratégie et cette approche. Nous vous souhaitons encore beaucoup de succès.

Interview BIM Managers – Episode #29 Reda Kessanti, la balance parfaite entre Architecture, Urbanisme, Humain, BIM et nouvelles technologies…

Chères lectrices et chers lecteurs, nous commençons l’année ABCD Blog en beauté par une interview de l’un des BIM Managers les plus connus et reconnus au Royaume-Uni et en Afrique du Nord sur ABCD Blog : Reda Kessanti. Il a notamment été BIM manager sur le prestigieux Grand Théâtre de Rabat au Maroc de Zaha Hadid Architects au sein de leur Agence. Mais il est avant tout architecte-urbaniste dans l’âme et pense qu’il faut un juste équilibre entre le métier noble des architectes et l’utilisation des nouvelles technologies.

Bonjour Reda, nous sommes heureux de te recevoir sur ABCD Blog. Pourrais-tu stp en tout premier lieu te présenter à nos lecteurs en quelques mots ?

Tout d’abord Emmanuel, merci beaucoup pour cette opportunité. C’est toujours un plaisir d’échanger sur cette passion singulière et commune. Je m’appelle Reda Kessanti, et pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Senior Architecte-urbaniste, et Expert BIM depuis 15 ans. Je suis aussi Chercheur en sociologie urbaine, conférencier et enseignant.

Quel parcours universitaire as-tu fait et as-tu toujours rêvé de devenir architecte ? Tu as même fait de la recherche ?

Je suis effectivement diplômé de l’Ecole Nationale d’Architecture de Paris La-Villette en 2006, mais également diplômé de l’école Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme (EPAU) d’Alger en Juin 2002 et j’obtenais en même temps le « Prix du meilleur projet de fin d’Etudes » de cette institution.

Je suis également titulaire d’un Master de recherche obtenu à Paris en Novembre 2005 ou je traitais de la « BAIE D’ALGER ENTRE REALITE URBAINE & SOCIALE ». Afin de finaliser ma réflexion, une inscription en doctorat s’est imposée à moi, avec le sujet de thèse suivant : Stratégies d’appropriation de l’espace public à Alger. Thème : « Luttes urbaines & stratégies d’appropriation de l’espace public à Alger entre réalité urbaine et recomposition socio-spatiale ».

Vous n’êtes sûrement pas sans savoir, que l’architecture est une discipline très investie par les sciences sociales , qui développent de plus en plus des approches d’encadrement de la recherche architecturale proprement dite. De ce fait, je me vois plus comme étant socio-concepteur.  

Quelles écoles, formation et professeurs t’ont le plus marqué ?

Comme déjà évoqué plus haut, étant diplôme de l’Ecole Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme d’Alger, j’ai eu le privilège de suivre les cours de professeurs aussi remarquables les uns que les autres, par leur savoir, leur sens du partage, mais également cette volonté particulière de nous transmettre de la connaissance. Je retiens de Monsieur Farid Koudache – Paix a son âme – sa maîtrise des sujets qu’il traitait, sa sympathie, son humour, son aisance oratoire à dispenser ses cours magistralement sans aucune notes. Monsieur Koudache avait le mérite de capter l’attention de son auditoire à chacun de ses cours magistraux et pendant ses travaux dirigés aussi.

La clarté de ses cours a fait que nous nous présentions aux examens sans avoir eu à consacrer beaucoup de temps à nos révisions.

Monsieur Philippe Revault, professeur à l’Ecole d’Architecture de Paris La Villette compte parmi ceux qui m’ont laissé les plus fabuleux souvenirs grâce à la qualité de ses enseignements. Un enseignement sous-tendu par une pédagogie fort appréciable. Ses cours étaient de GRANDS moments très attendus pour les passionnés d’Architecture et d’urbanisme, intéressés par les pays dits  » vulnérables  » – nous avons découvert des pays magnifiques à l’aune de l‘architecture, de l’histoire et de la sociologie.

Il y mettait de la bienveillance, de la disponibilité et une grande faculté d’écoute surtout.    

Comment et quand t’est venue cette passion pour les nouvelles technologies ?

Excellente question ! Je garde en mémoire la belle époque de l’utilisation du Rotring Rapidograph, et la galère qui s’imposait à nous pour les nettoyer, la fragilité de la plume 0.1, que nous pouvions abimer d’un simple regard…

Ce passage s’est effectué de manière quasi naturelle. Le triangle et l’évolution de Gibert est d’ailleurs une belle preuve d’interprétation de cette volonté d’aller vers les nouvelles technologies.

Très tôt lors de ma formation à Alger, les versions de 3ds Max et autres technologies 3D et bien évidemment AutoCAD m’ont aidé à améliorer sensiblement mes présentations et à obtenir ainsi de meilleures notes par une meilleure communication du projet. C’était le début de cette passion pour les nouvelles technologies.

Justement, comment vois-tu la technologie par rapport à ton métier d’architecte ? Quels en sont les bénéfices mais aussi les risques ?

Il faut aborder l’outil informatique comme étant un partenaire permettant de modéliser ou de concrétiser au mieux une idée et / ou une conception architecturale, et pouvant aider à une meilleure lecture du projet au sens large du terme et non comme une contrainte. Cependant, nous avons un choix multiple concernant les logiciels. il faut choisir le-s mieux adapté-s à nos besoins. Vous remarquerez le choix du terme « le-s mieux adapté-s » et non « le-s meilleur-s » et c’est là où résident les risques de la technologie pour la conception architecturale.

Bien évidemment, rien ne remplacera la sensibilité de la main du concepteur, c’est certain. Se retrouver esclave des machines pourrait hélas déshumaniser cette passion, « we do have to keep control », et il faut donc faire en sorte de laisser uniquement la partie automatisation et calculs dans leur globalité s’imposer pour le numérique, afin de laisser libre cours au développement du phénomène de création, de gestion des contraintes, et de réflexion conceptuelle ou autre.

Cependant, le journal The Economist avait un jour titré sa Une comme suit « THE WORLD’S MOST VALUABLE RESOURCE IS NO LONGER OIL, BUT DATA », et finalement c’est cela l’idée la plus importante dans l’abréviation BIM. C’est le I des informations, ces dernières avec PCT (Processus de Conception Traditionnel). Et l’information justement risque d’être changée, modifiée, ou interprétée différemment, parfois même, cette dernière arrivera à son utilisateur/destinataire trop tôt ou trop tard dans le processus, alors qu’avec les nouvelles technologies et un PCI (Processus de Conception Intégré) nous aurons une single source of truth (Source Unique de Vérité).

Penses-tu comme certains que le BIM et les nouvelles technologies limitent la créativité ?

Ah, ceux-là ! N’ont-ils pas une interprétation partielle et/ou partiale du BIM ? Voire même réductrice ? Connaissent-ils réellement la définition du BIM ? Comment la maitrise d’œuvre et la gestion de l’information du modèle, de la modélisation et de la gestion d’un projet peuvent-elles interférer dans le processus de créativité ? Étant présent sur le théâtre des opérations, je ne saurais prétendre à la même objectivité. On a, cela est bien connu, une mauvaise vue d’ensemble lorsqu’on voit les choses de trop près !

Le BIM est justement la solution permettant de rendre constructible ladite créativité, de peur de me répéter : le BIM nous permet de construire avant de construire.  

Il faut tordre le cou à cette idée que les nouvelles technologies freinent la créativité du maitre d’œuvre.

As-tu justement toujours exercé un rôle de concepteur ET de BIM et/ou 3D Expert tout au long de ta carrière ?

Il fallait se démarquer très tôt et rapidement, les outils étaient légions, nous avions l’embarras du choix, il fallait écouter sa sensibilité et choisir les meilleurs (outils) et se libérer ainsi des embarras. L’avenir est au développement des niveaux de maîtrise liés aux disciplines de l’architecture. Il s’agit donc d’anticiper ces évolutions rapides insufflées par le développement effréné de la technologie.

Le métier d’Architecte est à la confluence de disciplines très diverses qui poussent vers une spécialisation de plus en plus pointue, ce qui laisse s’affirmer de fait des profils avec des orientations bien précises. Spécialités de chantier, management d’agence d’architecture ou de bureau technique, en somme un métier avec des spécialisations de plus en plus affirmées. 

Pour trancher, il fallait pratiquer toute la palette. Le tout n’est pas de bien sonner, mais de sonner à l’heure. Donc, avant que le BIM ne devienne une force de frappe, les premières années après l’obtention de mes diplômes, je suis passé par un bon nombre d’agences d’architecture à Paris et ailleurs afin d’apprendre ce métier qui me prenait aux tripes, par des stages, des consultations pour des modélisations et autres rapports descriptifs de projets. Après l’avènement du BIM, j’ai vite compris qu’avec ce processus, les gens appréhendaient une révolution du métier, ce dernier fédérant l’ensemble des concepts et aspects organisés autour d’une seule source d’information, qui est le BIM, et depuis ce temps, je baigne dans ce monde. 

Tu as un parcours exceptionnel et d’une richesse incroyable. Peux-tu nous parler des projets les plus emblématiques et marquants sur lesquels tu as travaillé ?

Il est vrai que dans une carrière professionnelle, nous nous retrouvons parfois en face de projets iconiques et chargés de beauté, s’érigeant sous forme de défis. C’est d’ailleurs très rassurant car cela démontre que nous sommes en mouvement permanent.

Cependant, notre métier requiert une grande faculté de maîtrise qui tient compte à la fois des prépondérants émotionnels, subjectifs et humains, qui font que nous préfèrerons un projet plutôt qu’un autre.

Me concernant, le Grand Théâtre de Rabat restera la référence de mes réussites jusqu’à aujourd’hui, avec le style si incontournable et caractéristique de l’agence Zaha Hadid Architects très évocateur et présent d’ailleurs dans ce projet aves ses lignes ondulées, ses courbes et ses formes fluides inspirées des sinuosités du fleuve Bouregreg tout proche et de la calligraphie arabe. Le projet comprend un théâtre de 1 800 places, un amphithéâtre en plein air de 7 000 places, une scène plus intime, des espaces d’enseignement et un restaurant avec vue panoramique. L’auditorium principal est composé d’un motif géométrique cristallin rappelant les muqarnas traditionnels (motifs) qui ornent les voûtes ou les coupoles dans l’architecture islamique, le tout baignant dans un pari spatial résolument futuriste.

© Zaha Hadid Architects, Grand Théâtre de Rabat – 2020
© Zaha Hadid Architects, Grand Théâtre de Rabat – 2020
© Zaha Hadid Architects, Grand Théâtre de Rabat – 2020
© Zaha Hadid Architects, Grand Théâtre de Rabat – 2020

Tu as travaillé pour l’une des plus grosses organisations de consulting au Moyen-Orient – Dar Al‐Handasah – quel était ton rôle et sur quels projets et comment as-tu travaillé ?

Mon premier poste à responsabilité dans cette société était responsable de la cellule architecture. Mon rôle consistait à mettre en place une équipe chargée de l’élaboration des projets de concours et de leur développement une fois gagnés. Une expérience très enrichissante qui m’a permis de comprendre  ce qu’était un travail de groupe et surtout du rapport aux impératifs hiérarchiques qui s’imposaient à nous. Les chartes et les protocoles n’avaient plus aucun secret pour moi et il fallait les assimiler très vite et les faire adopter dans l’agence. Un travail prenant dans la mesure où il fallait reproduire la même structure que le siège principal du groupe.

L’agence ciblait uniquement la commande publique. Elle participait aux concours d’hôpitaux, d’hôtels, de projets urbains et d’habitations lancés par des promoteurs immobiliers importants. Dans un premier temps, j’ai participé à un projet très singulier : un ouvrage d’Art – le pont de Saleh Bey à Constantine (Algérie), un projet imposant par la taille et par sa conception. Le viaduc avait été confié au groupement brésilien Andrade-Gutierrez.

Il y a quelques années, tu as intégré le Graal, l’Agence Zaha Hadid Architects. Comment cela s’est-il passé et quels étaient tes missions là-bas ? Projets et BIM Management ?

En effet, le rêve devenu réalité, une expérience qui changea totalement ma vision du métier et de son interprétation. Pourtant, il fallut redoubler d’efforts pour se faire une place, car il n’y a pas de route préétablie. Il fallait s’inspirer de tout et tout le temps : des matières, des expériences, des rencontres. Les choses les plus intéressantes arrivent là où on ne les attend pas, la prise d’initiative au sein de cette agence est l’essence même de l’esprit qui l’anime.  

Je me suis aussi trompé de chemins sans toujours tenir compte des synthèses à faire, des superpositions à respecter.  Je devais changer parfois de direction,  me prêter volontiers à la  discussion et aux échanges. J’ai appris à me méfier des risques de l’égocentrisme qu’implique une sensibilité univoque qu’on a du mal parfois à remettre en cause.

L’avantage que j’avais à cette époque était la maitrise du processus BIM et des logiciels qui permettaient son exploitation. Cette maîtrise  était d’autant facilitée par l’avantage de parler plusieurs langues qui est le mien.

J’ai intégré  l’agence ZHA lors d’un concours au Maroc. Il s’était trouvé que mon profil répondait parfaitement aux exigences  du poste proposé par l’Agence ZHA.  Après des entretiens concluants,  j’ai rejoint le département Architecture de l’agence à Casablanca.  Ma formation a duré plusieurs mois, après quoi j’ai pu  développer  le processus BIM suivant une organisation transversale qui permettait aux différents développeurs de travailler en parfaite coordination. Etant de surcroit Architecte, cela fut nouveau et enrichissant de m’initier à l’apprentissage du développement des nouvelles technologies au sein d’une Agence de cette importance. Développer le processus BIM – “Building Information Modeling / Model & Management ” permettait ainsi d’en optimiser l’exploitation et d’en avoir une représentation virtuelle à la fois globale et détaillée.

En tant que Chef de projet, ma mission consistait à superviser le projet de maquettes et d’encadrer le travail collaboratif des développeurs chargés de l’élaboration de la plateforme.

Comment qualifierais-tu ce passage chez ZHA ? Est-ce si différent de tout ce que tu as vécu auparavant ?

Enrichissant, prenant et impressionnant ! Avoir la chance de côtoyer quotidiennement les meilleurs, fut pour moi une expérience très bénéfique tant sur le plan de l’échange d’expériences que sur le plan des relations humaines.  Il fallait adhérer et contribuer au mouvement créé par Madame Zaha Hadid. En somme, il fallait un fil conducteur, une harmonie, un lien. Comme dans un film ou une pièce de théâtre, il y a des moments forts, calmes, dramatiques, émouvants. Cela doit être similaire dans notre métier de socio-concepteur. On n’a pas les mêmes humeurs ou les mêmes envies en fonction de la journée : il faut donc un certain rythme réfléchi afin de faire éclore un magnifique bijou posé dans son écrin. La singularité de l’agence réside également dans la personnalisation du « projet objet », sans aucune interdiction de réflexion, ou de style. L’architecture est quelque chose qui se consomme avec une vraie bonhomie.

Comment Zaha Hadid appréhendait ou voyait les nouvelles technologies ?

Ces nouvelles technologies prennent de plus en plus de place dans nos vies privées et professionnelles. Le secteur de la construction n’est pas en reste dans ce domaine. Ces technologies semblent devenues des outils indispensables pour répondre à des exigences de plus en plus nombreuses et sévères, la maitrise totale de l’acte de construire en amont du processus de réalisation prend tout son sens. Anticiper tous les aléas classiques dans la superposition des corps de métiers du bâtiment est ce que permet le BIM.

Pour comprendre pleinement le rôle des outils numériques et paramétriques, il faut tout simplement s’intéresser aux œuvres de l’agence. En effet, nous faisions en sorte de repousser l’expérimentation à la recherche d’une esthétique visionnaire.

Avec ses immenses porte-à-faux, ses façades ondulées faites de verres, d’acier et de matériaux composites, l’architecte exige des processus de création uniques et des méthodologies adaptées à ceux-ci.

Dans l’ensemble des projets de l’agence, la précision est aussi importante que la flexibilité et la rapidité, car les données extraites de la modélisation 3D sont un élément critique de leur réalisation.

Nous avions en interne un cluster (ZHA_Code_Group) qui développait les algorithmes nécessaires afin d’aboutir à la forme esquissée en amont, le but étant de rendre constructible (Rationalized forms). Cette approche permet une certaine maitrise de l’ensemble du projet.

Sur le Grand Théâtre de Rabat, quelles étaient tes responsabilités ?

Elles furent différentes en fonction des différentes phases du projet. D’aucun diraient que le métier d’Architecte jouit d’une certaine extensibilité. Comme évoqué plus haut, je me retrouvais à avoir plusieurs casquettes, le plus important était d’avoir une certaine cohérence dans notre processus. Une fois en place, il ne fallait que suivre les directives que nous posions sur le papier.

Formateur, accompagnateur et développeur du PRO*DCE et parfois même traducteur, en collaboration avec l’agence Omar Alaoui Architectes de Casablanca, notre Architecte local pour le théâtre de Rabat, ce dernier n’a ménagé aucun effort pour mener à bien la mission qui lui avait été confiée. 

Comment le projet était organisé en BIM et quels étaient les grands défis ?

L’Agence ZHA est célèbre pour ses conceptions innovantes qui impliquaient dans la réalisation des approches autant recherchées. Cela n’allait pas sans provoquer des résistances. La construction du Grand Théâtre n’a pas échappé à cette « règle ». Vu les formes ondulées du bâtiment et la variété des besoins du programme, une maquette 3D et BIM était indispensable. «  Le projet a débuté avec de simples plans en 2D, mais lors de la phase de conception détaillée en 2014, notre Architecte local, Omar Alaoui, a admis que les courbes complexes de la conception de ZHA imposaient une coordination 3D très poussée ».

L’équipe a mis les bouchées doubles pour mettre en place un flux de maquettes BIM avec Autodesk Revit en LOD [Level of Development] 200, équivalent de BIM niveau 1, afin de produire toute la documentation nécessaire à la construction. Toutefois, cette décision a compliqué le projet, car les équipes locales n’étaient pas encore formées au BIM, pas plus que les bureaux d’études fluides et électricité ainsi que les entreprises qui ne disposaient pas de personnel disposant des compétences requises.

Revit était-il beaucoup utilisé ? En combinaison avec d’autres technologies bien entendu ?

Comme dit précédemment, largement.  ZHA a créé un groupe BIM qui travaillait sur des ateliers en temps réel afin d’amender la géométrie du bâtiment. Un module Revit sur mesure, ZHA BIM, a même été développé en interne par Eckart Schwerdtfeger, notre Responsable BIM Workflows, afin d’extraire la géométrie des autres logiciels de modélisation de la maquette 3D, dont le logiciel Maya d’Autodesk, afin de pouvoir ajouter des informations et des spécifications aux éléments 3D.

Bien évidemment, l’ensemble de la coordination se faisait sur Revit, d’où cette nécessité de la création du module qui permette la lecture des autres extensions, une interopérabilité optimale avec une faculté de conférer à l’ensemble de la coordination une certaine magnificence.

© Zaha Hadid Architects, BIM Process – 2020
© Zaha Hadid Architects, BIM Process – 2020

Quel était le niveau de toutes les parties prenantes du projet ? Etait-ce difficile ?

Il fallait présenter le projet a l’ensemble des acteurs du projet, présenter Revit et le modèle 3D, et la puissance et les possibilités que cela engendrait.

À mesure que le bâtiment prenait forme, les bureaux d’études et entrepreneurs locaux travaillaient sur le flux BIM et sur Revit, générant des maquettes coordonnées avec des détections de conflits (clashs). La maquette était nécessaire pour réduire les coûts, à la fois pour le client et pour les entrepreneurs. Sans elle, nous aurions été obligés de percer les murs et planchers de béton afin d’intégrer les éléments structurels, les fluides et l’électricité.

Est-ce selon toi l’exemple du projet BIM manufacturé pour une fabrication optimale ?

La fabrication digitale devient de plus en plus un élément important dans le processus de réalisation, cette dernière est totalement contrôlée par ordinateur et s’étend sur deux principes : la fabrication additive comme l’impression 3D, et la fabrication soustractive comme l’exemple du CNC en sculptant la matière pour aboutir à la forme voulue au départ. A cela, nous devrions y ajouter un troisième principe qui est la manipulation Robotique, pour y ajouter un certain nombre d’opération comme, l’empilage, le tissage, le pliage et même la couture, et ce n’est qu’à ce moment-là que nous pourrons je l’espère nous projeter à long terme vers une absence totale de hard copy des documents. Ainsi, toute la chaîne de production, de suivi, et de fabrication se fera d’une manière automatique dans un souci d’optimisation. Et c’est à partir de là que nous parlons du LOA pour level of automation, qui est le niveau d’Automatisation ou de mécanisation, qui peut être considéré sur trois niveaux, de la fabrication manuelle à la fabrication entièrement automatisée. Cependant, la plupart des systèmes de fabrication se composent à la fois d’humains et d’automatisation, cette dernière étant l’articulation entre les deux approches.

Pour préciser et argumenter mes propos, je partage avec vous un graphe qui démontre finalement que cette transformation digitale ne consiste donc pas à introduire de nouvelles machines qui vont remplacer l’Homme. Mais plutôt à réadapter complètement l’entreprise dans sa stratégie de concevoir le futur, de gérer, de communiquer et de produire.

Il faut changer de paradigme : l’Homme est l’épine dorsale du processus de transformation 4.0. Sans son engagement et son implication dans cette mutation, rien ne se fera. Les entreprises qui réussiront le mieux la transition vers l’Industrie du Futur seront celles qui placeront l’humain au cœur de leur projet de transformation.

Des simulations de tous types étaient-elles utilisées ? Notamment pour le développement durable ?

Le projet du théâtre fait partie du projet «Wessal Bouregreg» et du programme intégré de développement de la ville «Rabat ville lumière, capitale marocaine de la culture», et qui s’articulent autour de plusieurs sens.

Ce qui est bien avec la langue française, le mot peut avoir plusieurs significations, les sens :

  • Les sens intelligibles (faire sens, conceptualiser, la ville planifiée)
  • Les sens : Sensibles (toucher les sens, sensation, sentiment, la ville vernaculaire)
  • Les sens Directionnels (durabilité, projection vers un avenir, ville durable, notre rapport avec le temps).

Le choix de l’insertion dans la vallée, les formes et les proportions, en plus du choix des matériaux locaux rendent notre projet respectueux de l’environnement. 

Mais également la valorisation du patrimoine culturel et civilisationnel de la ville et le développement durable, l’essence même d’une ville aussi importante que la capitale du Royaume.

Faisiez-vous déjà appel à la conception générative à l’époque ?

Incontestablement, d’ailleurs, l’ensemble des projets de l’agence prennent essence sur le dessin paramétrique et le generative design, l’optimisation des espaces des formes générées sont contrôlées par algorithme.

La réflexion devient donc globale, et la maitrise de l’ensemble devient plus précise, je fais bien évidemment référence au Model d’Alexander, cet Architecte mathématicien dans son ouvrage Notes on the Synthesis of Form (1964) qui déplore l’incapacité du concepteur à résoudre des problèmes et qui entend rationaliser le processus de conception en architecture. Dans son ouvrage, il revoit les méthodes de conception architecturale traditionnelles jugées obsolètes en regard notamment de la transformation et de la détérioration de l’environnement, ce qui est d’ailleurs très important à souligner car le respect de l’environnement ou bien (Environment friendly processes, ou bien environmentalfriendly processes), qui correspond à la 6D dans les dimensions du BIM. L’auteur élabore une méthode de conception architecturale, cette dernière consiste également à étudier les interactions entre les ensembles. Et c’est l’outil informatique qui évalue ensuite les interactions optimales permettant de formuler des composants représentés sous la forme de diagrammes et/ou équations mathématiques qui répondent à plusieurs propositions issues du problème.  Cependant, la meilleure alternative et le choix final revient bien évidemment à l’homme, le concepteur, car l’ensemble des outils informatiques ne sont là que pour interpréter ou faciliter l’expression artistique de la conception architecturale.

Tu as un profil et une approche atypique. L’architecture et la conception ne t’ont jamais manqué ?

Pas du tout. Depuis mon plus jeune âge, j’ai eu envie de devenir architecte. C’est vraiment une rencontre avec un métier passionnant, que je n’explique pas vraiment. L’architecture d’ailleurs, devrait être une vocation… Je suis sûr qu’elle l’est pour beaucoup d’entre nous… Mais pour le plus grand nombre, elle est un métier. Un métier qui ne rapporte pas aussi vite comme beaucoup le souhaiteraient, et qui nécessite de grosses mises de fonds car une agence bien équipée coûte cher, mais c’est un placement nécessaire amortissable en quelques temps. L’idée c’est d’accepter ce changement et de se mettre aux nouvelles technologies, afin d’éviter les situations désolantes et les descentes aux enfers comme le cas de Nokia, Kodak…etc.,  ayant disparu des rayons des grandes surfaces dédiées aux équipement technologiques.

Elles ne m’ont jamais manqué, car elles ne m’ont jamais quitté, mais il fallait s’adapter à son époque. C’est ce que j’ai fait.

Quelles qualités doit avoir un.e bon.ne BIM Manager et/ou Expert.e BIM pour être au top ?

Hélas, le bouton magique n’existe pas et être au top n’est pas une destination mais plutôt un chemin, un parcours. Un chef d’orchestre a une capacité à maitriser l’ensemble des instruments individuellement mais il doit également savoir les fusionner, les combiner et les faire jouer en harmonie ensemble. Pour ce faire, il doit impérativement allier les compétences du métier avec la gestion de l’information et de l’individu, donc finalement le meilleur profil serait une combinaison de compréhension et maîtrise de l’informatique, de la communication et du métier, c’est pour cela que Serge K.Levan définit le BIM comme étant un DISTIC : dispositif socio technique de l’information et de la communication.

Je le redis, on a, cela est bien connu, une mauvaise vue d’ensemble lorsqu’on voit les choses de trop près ! 

Quelles sont les grandes difficultés du passage au BIM pour une entreprise selon toi ?

Principalement, c’est de pouvoir franchir la Kubler’s curve avec brio. C’est ce changement qui inquiète les agences d’architecture et les bureaux d’études. Le secteur de la construction au sens large se digitalise progresseivement, le processus BIM en est la locomotive, apportant ainsi une meilleure maitrise des délais, une organisation optimale, l’optimisation des flux de travail, et plus loin encore la production d’un jumeau numérique. Construire avant de construire son bâtiment ou son ouvrage d’Art dans un monde digital identique au monde réel pour en connaitre son impact et son insertion dans son tissu, l’idée est tentante, et elle est aussi devenue une tendance en forte croissance car de plus en plus de décideurs ont saisi qu’en prototypant virtuellement leurs bâtiments à construire, ils pouvaient maitriser les différentes phases, de conception de construction et/ou de monitoring (FM ou Facilities Management ) la 7ème dimension du processus BIM, permettant ainsi d’en maîtriser les coûts d’exploitation.

Ayant travaillé en France, au Royaume-Uni et au Maghreb, quelles grandes différences vois-tu entre ces pays/régions en termes d’adoption et d’appréhension des nouvelles technologies ?

L’avantage de ces technologies est le fait que la disparité tous pays confondus est vite rattrapable. Le monde a compris qu’il fallait vite s’adapter et prendre le train de la digitalisation car il est en constante mutation, l’économie en est d’ailleurs complétement bouleversée, vous n’avez qu’à regarder l’ensemble des E que nous pratiquons quotidiennement : E-Banking – E-commerce – et fameux click and collect, très pratique par ailleurs.

La pandémie que le monde a connu ces derniers mois en est la preuve, personne n’y était préparé. On ne pouvait imaginer une dématérialisation totale alors que tout est sur la toile, et que ce futur est déjà notre présent. Contacter des clients aux quatre coins du monde pour livrer des travaux dématérialisés, et en même temps déjà anticiper les enjeux à venir sous forme de prospective –  le véritable bouleversement c’est cela, car nous allons nous retrouver à collaborer avec des entreprises maitresses de leurs Data, adeptes des Data Analytics, mais également développant ainsi quelques secteurs de l’IoT (Internet Of Things). Il faut donc penser dès aujourd’hui à la transformation digitale.

Certains disent que la France est en retard par rapport à de nombreux pays. Qu’en penses-tu ?

it’s never to late too late to set things right ..isn’t it ? J’ai envie de dire plus maintenant, car les grandes entreprises sont déjà sur les rails depuis quelques années déjà? Mais le véritable débat réside principalement dans la généralisation du processus afin de le transformer en une Norme ou une règlementation. C’est à partir de ce postulat que nous pourrons avoir l’ensemble des cartes afin de mener à bien nos missions de déploiement a une plus grande échelle, un exercice bien particulier car pratiquer le BIM pour une agence d’architecture est diffèrent par rapport à une entreprise de construction, un modèle européen serait d’ailleurs d’une grande bienfaisance. Imaginer juste un instant une harmonisation de l’ensemble des documents, du cahier des charges aux livrables, la norme deviendrait ainsi une norme Européenne, et une fois généralisée elle pourrait devenir un exemple pour les autres pays hors UE. C’est dans ce sens que nous parlons d’anticipation de transformation,  une véritable révolution. Imaginez un projet à Paris, un client en Espagne, et un bureau d’études en Allemagne, tous regroupés sur une plateforme digitale dans le cloud, avec un monitoring permanent du maître d’ouvrage.

Et le BIM en Algérie et au Maghreb, se développe-t-il bien ?

Tout le monde parle du BIM … mais c’est sur la manière d’en faire que l’on ne s’entend plus. C’est sur les principes essentiels que l’on s’oppose, et ceci principalement est dû au fait qu’il ne soit pas imposé par la réglementation Algérienne mais également par le fait qu’il ne soit pas enseigné dans les écoles d’architecture ou les écoles d’ingénieurs sous forme de mastère Spécialisé, par le biais de cours et ateliers nécessaires pour son apprentissage, cependant quelques maitres d’Ouvrages publics et privés commencent à s’y intéresser. Même s’ils ne le maitrisent pas totalement, ils font appel à des AMO BIM qui deviennent l’interface du client avec l’ensemble des intervenants. Au Maroc par contre, nous remarquons une nette évolution dans ce domaine , avec la naissance de quelques mastères spécialisés dans le BIM à l’Ecole Hassainia des travaux publics à Casablanca en partenariat avec Welearn, ou j’interviens dans le cadre de deux modules, le Management de projet sous BIM et la conduite du changement. Ce Mastère est d’ailleurs inscrit à la conférence des grands écoles, ce qui permet d’ailleurs de rappeler que le premier grand projet de l’agence ZHA en BIM en Afrique est celui du Grand théâtre de Rabat.,

Les nouvelles générations d’architectes et de concepteurs sont-elles selon toi préparées à ces nouvelles approches et les processus tels que le BIM ?

Ils n’ont pas le choix, ils devront s’y mettre mais en même temps, Il faut avoir un minimum de sens artistique et esthétique. Il ne suffit pas d’être bon en mathématiques, en generative design ou tout autre type de conception paramétrique, il faut avoir des qualités de dessinateur et de concepteur. Il faut savoir dessiner, avoir un bon coup de crayon. Il faut savoir utiliser l’outil informatique et les logiciels d’infographie, de retouche d’images, sinon on ne peut rien faire. Il faut être ouvert, voir ce que font les autres, lire des livres sur la conception, la décoration, bref s’intéresser à tous les domaines de l’architecture.

D’ailleurs tu aimes transmettre tes connaissances ?

Pleinement, je suis contre l’économie de la connaissance (rétention d’information), le partage de cette connaissance, est le secret d’une société épanouie. La connaissance très cher Emmanuel est infinie, quand on partage un bien immatériel on le multiplie, cet échange est à somme positive, la transmettre ne réduira en rien la quantité de connaissance que j’ai et/ou j’avais avant de la partager.

Mais c’est également à titre de reconnaissance pour la belle brochette d’enseignants que j’ai rencontré lors de mon parcours universitaire, que je me suis senti dans l’obligation de le faire. J’enseigne dans les mastères spécialisés en BIM, j’interviens dans les colloques internationaux sur le développement durable, la sociologie et le BIM, depuis quelques temps je dis très souvent que grâce au travail collaboratif du processus de conception intégré (PCI), l’équipe des intervenants du projet devrait avoir un nouveau titre : les socio-concepteurs.    

Quels sont tes projets actuellement ? Quel est ton rêve de mission pour les mois et années à venir ?

En plus de l’enseignement, j’ai mis en place une agence d’architecture et une Startup qui exercent principalement sur les solutions technologiques et/ou informatique pour le bâtiment, IT for construction. À Paris et à Alger, nous ne ménageons aucun effort, et nous nous efforçons de trouver la meilleure des options afin de répondre pleinement aux exigences et aux demandes de nos clients.

Nous travaillons sur plusieurs projets actuellement : le résidentiel, les grandes surfaces et quelques aménagements intérieurs, le BIM est présent dans toutes nos démarches car nous croyons au travail collaboratif, et dans le partage de l’information. 

Le rêve serait de multiplier les projets dans d’autres pays, découvrir, de nouvelles cultures, ce qui est d’ailleurs très pratique car nous travaillons également sur des solutions Cloud IAAS, PAAS, SAAS, principalement sur Autodesk BIM 360, en impliquant en amont le client et l’ensemble des intervenants du projet.

Quelles sont tes passions hors de l’architecture et des nouvelles technologies ?

L’automobile, et en particulier les véhicules de collections. En fait, me concernant c’est un peu génétique, cette passion pour tout ce qui roule coule dans mes veines.

Si je remonte aussi loin que je sais, je tiens cela de mon grand-père. Il était chauffeur de taxi à Paris, dans sa Citroën Traction 15 chevaux. Forcément, un routier ça aime rouler, et ça aime ce qui roule.

Gorgée d’histoire, mécanique simple et efficace, design intemporel, les voitures de collections sont pour moi une véritable passion, les rencontres, les balades, ou tout simplement la restauration, à la recherche d’une perfection visuelle, je trouve et j’estime que c’est la plus belle des passions. 

Y-a-t-il un message particulier que tu aimerais faire passer aux lecteurs d’ABCD Blog ?

La première chose qu’il faudrait faire c’est de définir un objectif bien précis, en brassant large au début afin de filtrer ce qui risque de nous plaire le plus, une forme de passion pour pouvoir la vivre pleinement et non l’exercer. D’essayer au mieux de sortir du lot afin de se démarquer. Notre métier est plaisant car le coté de la créativité prime sur l’ensemble, il le devient de moins en moins quand ces contraintes, parfois entaillent notre production, et bien le génie de l’architecte, ou du socio-concepteur consiste dans le fait de trouver une solution la moins abrasive, le maestro.

Aucune inquiétude, les compétences se gagnent avec le temps et la persévérance, Rome ne s’est pas faite en un jour, il faut travailler, se former, car le métier que nous exerçons marque fortement notre cerveau, le but étant de le faire fonctionner à son paroxysme et pour ce faire, il faudrait être motivé et rassuré de l’objectif choisit en amont.

Reda, un grand merci pour cette interview très enrichissante. Nous te souhaitons de continuer ce voyage passionnant sur les routes du BIM.

A Hong Kong, une circulaire technique élargit la portée de l’obligation du BIM et précise la certification des coordinateurs BIM

Le 23 décembre 2020, le Bureau de développement (DEVB) du Gouvernement de Hong Kong a publié une circulaire technique (travaux) n ° 12/2020 sur l’adoption du BIM pour les projets d’immobilisations à Hong Kong.

Remplaçant la DEVB TC (W) n ° 9/2019, cette circulaire améliore les exigences de mise en œuvre pour l’adoption du BIM en réponse aux commentaires des Départements des Travaux et étend la portée des utilisations obligatoires du BIM relatives à la gestion d’actifs (7D), à la surveillance des services publics souterrains, les analyses d’ingénierie, le contrôle et la planification 3D, etc. afin de favoriser davantage l’adoption du processus BIM dans les projets de bâtiments et travaux publics.

Il est aussi désormais exigé que les coordinateurs BIM soient certifiés par le CIC, Construction Industry Council.

Cette circulaire que vous pouvez consulter ici prend effet le 1er janvier 2021.

Une obligation votée en 2017

Le 1er décembre 2017, le Bureau de Développement (DEVB) du Gouvernement de Hong Kong avait publié une circulaire technique (travaux) n ° 7/2017 sur l’adoption du BIM pour les projets d’immobilisations à Hong Kong. Dans la circulaire, il était indiqué que «les projets d’immobilisations estimés à plus de 30 millions de dollars utiliseraient le processus BIM. Cette politique est applicable aux projets aux étapes d’enquête, de faisabilité, de planification, de conception ou de construction du programme des travaux d’immobilisations, quels qu’en soient les modes de livraison comme détaillé dans les paragraphes suivants.  » Les utilisations BIM couvertes lors des différentes étapes ont été mentionnées plus en détail dans son Annexe 1 comme suit : »

  1. Création de conception
  2. Revues de conception
  3. Modélisation des conditions existantes
  4. Analyse du site
  5. Coordination 3D
  6. Estimation des coûts
  7. Analyse technique
  8. Analyse énergétique des installations
  9. Évaluation de la durabilité
  10. Programmation spatiale
  11. Planification des phases (modélisation 4D)
  12. Fabrication numérique
  13. Planification de l’utilisation du site
  14. Contrôle et planification 3D
  15. Modélisation telle que construite
  16. Analyse des systèmes de projet
  17. Planification de la maintenance
  18. Gestion et suivi de l’espace
  19. Gestion des actifs
  20. Génération de dessins (production de dessins)

Au Royaume-Uni, le Construction Innovation Hub travaille sur une plateforme pour la construction des infrastructures sociales du futur

Le programme de conception de plateforme du pôle d’innovation du secteur de la construction au Royaume-Uni (Construction Innovation Hub) travaille sur un système de construction sous forme de plateforme composée d’un kit standardisé d’éléments constructifs capables à terme de développer des bâtiments d’infrastructure sociale.

Qu’est-ce que le programme de conception de plateforme ?

La construction change. Pour la première fois, un accord sur le secteur de la construction est financé, par le biais du programme Transforming Construction Challenge (TCC) de l’organisation UK Research & Innovation, qui vise à créer un secteur plus durable et plus productif. Le pôle d’innovation dans le secteur de la construction (Construction Innovation Hub) joue un rôle clé dans cette transformation en ciblant un environnement bâti offrant de meilleures performances tout au long de sa vie et en exploitant les technologies numériques et de fabrication afin d’y parvenir.

Le programme de conception de plateforme du Hub aide à créer de nouvelles solutions de plateforme pouvant être déployées sur plusieurs projets et secteurs. Ils travaillent en partenariat avec l’industrie dans le cadre de ce programme afin d’identifier, affiner et développer des solutions pouvant être déployées à grande échelle. Ils collaborent également avec les ministères pour comprendre leurs besoins en matière de nouveaux bâtiments tels que les écoles, les hôpitaux, les logements sociaux et bien plus encore.

Ils travaillent à cette fin en partenariat avec le gouvernement et l’industrie à son développement. En travaillant avec leurs clients, ils peuvent ainsi déterminer les besoins de ces bâtiments et les intégrer dans les spécifications de la plateforme pour le développement des projets futurs.

Leurs recherches avec des partenaires confirmeront que le meilleur type de bâtiment pour une approche basée sur une plateforme a bien :

  • Des hauteurs sous plafond jusqu’à 3 m
  • Des portées ne dépassant pas 9 ou 12 m
  • Jusqu’à 4 étages
  • Une utilisation flexible

Les avantages d’une approche basée sur une plateforme sont variés et comprennent :

  • Amélioration de l’assurance des bâtiments
  • Coûts du cycle de vie des bâtiments réduits
  • Amélioration de la santé et de la sécurité
  • Réduction des délais de livraison
  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre
  • Niveau supérieur de performances de la construction sur tout son cycle de vie

Une initiative publique et nationale à suivre avec grand intérêt. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Interviews « les grandes personnalités du BIM » – Le Best Of de l’année 2020 – 1ère partie

Arcadis, COLAS, Eiffage Construction, Spie batignolles, TwinOps, VIGUIER, terreau de personnalités et de talents du BIM français !

Ces Femmes et Hommes du secteur de l’AEC, impliqués dans l’innovation et le BIM pour construire le monde de demain ont fait l’actualité de cette année 2020 sur ABCD Blog avec des interviews passionnantes qui nous ont permis de découvrir leur parcours, leur métier, leur société et leur vision. Vous les avez fortement appréciés et plébiscités en étant très nombreuses et nombreux à les lire.

Qu’ils ou qu’elles soient Architectes, ingénieurs, BIM Managers, Business Developers ou Responsable de département, qu’ils ou qu’elles travaillent dans le secteur de l’Architecture, de l’Ingénierie, de la Construction, ou de l’Edition logicielle pour la gestion et la maintenance, ils et elles ont tous une belle histoire à nous raconter que nous vous proposons de redécouvrir car elles figurent parmi les plus lues d’ABCD Blog en 2020 avec la première partie. Les autres suivront…

Nous vous proposons de les retrouver avec ce best-of de leurs interviews ci-dessous :

Sihem Amokrane – Spie batignolles – L’innovation au cœur de la démarche !

Spie Batignolles

Nicolas Boffi, Arcadis France – Améliorer la qualité de vie et concevoir un monde meilleur pour les générations futures

Antoine Baratte, Eiffage Construction – Accompagner les équipes projet dans l’excellence


Samuel Locus, Agence VIGUIER – Créativité et BIM au service du développement durable

Pierre Maréchal, Groupe COLAS – Apporter de la transparence aux projets


Mathieu Rigaud, TwinOps by VINCI Facilities – La plateforme et le digital au service du bâtiment smart et de son écosystème



Construction Intelligence d’INDUS.AI, l’Intelligence artificielle au service du chantier, connectée à BIM 360

La solution Construction Intelligence d’INDUS.AI permet aux maîtres d’ouvrage et aux entreprises générales d’avoir une visibilité en temps réel et des informations exploitables sur toutes les activités, performances et risques sur leurs chantiers de construction. Elle permet de rendre les projets de construction plus sûrs, plus faciles à gérer et totalement transparents.

Concrètement, INDUS.AI exploite la vision par ordinateur pour fournir des informations exploitables en temps réel et une visibilité continue sur le chantier de construction afin d’éliminer les différents risques (accidents, intrusions, sécurité, monitoring des engins, retards, etc.) qui pourraient entraîner des retards de calendrier ou des dépassements de coûts.

Par ailleurs, INDUS.AI, le leader de la surveillance des performances et de la sécurité sur les chantiers alimentée par l’intelligence artificielle, a annoncé une nouvelle intégration avec Autodesk Construction Cloud, permettant aux clients d’accéder facilement à leur tableau de bord de surveillance et d’informations INDUS.AI sur la page d’accueil de leur projet BIM 360 via une carte partenaire.

Au lieu de demander aux utilisateurs de remplir manuellement les informations de progression quotidiennes, INDUS.AI utilise la vision par ordinateur pour capturer automatiquement des flux vidéo et des images accélérées depuis le chantier et fournir une analyse des performances. La plateforme INDUS.AI identifie les risques et fournit des informations exploitables, économisant du temps aux responsables du chantier et leur fournissant une visibilité en temps réel sur les activités du chantier, la coordination des sous-traitants et l’avancement de la production. La visibilité améliore la transparence et diminue les risques liés au calendrier en aidant les équipes à garder une longueur d’avance sur les problèmes potentiels. L’intégration INDUS.AI et – BIM 360 réduit la charge administrative et les ressources de supervision des équipes sur les projets de construction.

«Nos clients découvrent comment notre technologie de surveillance autonome peut réduire les coûts de main-d’œuvre, améliorer la sécurité et réduire leurs risques sur les projets de construction. Avec cette nouvelle intégration BIM 360, ils peuvent désormais obtenir des informations et gérer à distance les performances de production et la sécurité de leurs projets directement dans Autodesk Construction Cloud », a déclaré Matt Man, PDG d’INDUS.AI. «Nos clients sont des professionnels très occupés et nous sommes ravis de leur permettre de rester au courant des événements critiques de leurs projets.»

Bénéfices d’INDUS.AI

  • Permet à vos Equipes d’avoir une surveillance en temps réel de la production et de la productivité sur le chantier
  • Identifie de manière proactive les risques santé et sécurité sur le chantier et informe le responsable de Chantier
  • Augmente la productivité du projet de construction et élimine les risques de dépassement de coûts et de retard

Vous pouvez voir en replay ci-dessous le webinaire : « L’Intelligence Artificielle décuplele potentiel du Lean Construction »

Vos souhaitez en savoir plus sur INDUS.AI, cliquez ici.