Groupe Scolaire Germaine Tillion, une démarche de la Maîtrise d’Ouvrage publique saluée par un BIM d’or

IDP Architectes et la Métropole de Toulouse donnent vie à un Groupe Scolaire exemplaire grâce au BIM

À Toulouse, le groupe scolaire Germaine-Tillion regroupe une école maternelle, élémentaire, et un centre de loisirs pouvant accueillir 600 enfants sur plus de 4 000 m2. C’est le premier chantier public en Occitanie entièrement réalisé en BIM, de la conception à la construction. La gestion et la maintenance future du bâtiment sera également faite de manière digitale en s’appuyant sur le jumeau numérique de l’édifice par le biais du standard ouvert openBIM IFC.

Dès le démarrage du projet, la Maîtrise d’Ouvrage a décidé d’accompagner les entreprises partenaires dans leur effort de formation, d’acquisition de nouveaux outils informatiques et de décloisonnement des tâches et s’est appuyée sur la FFB. Le bilan largement positif de cette opération – engagements financiers tenus, planning de livraison respecté, montée en puissance des compétences de tous les acteurs, prise en compte des facteurs écologiques – a décidé la Mairie de Toulouse à imposer désormais le BIM pour la conception et la réalisation de toutes les nouvelles écoles. Pierre Bonnard, architecte et fondateur de l’agence IDP Architectes et Émilie Tourret, BIM Manager de Toulouse Métropole, reviennent en détail sur ce projet et les raisons qui en ont fait le premier projet de petite taille à être récompensé par un BIM d’Or dans la vidéo ci-dessous.

[Interview] Vestack démocratise l’industrialisation de la construction – Histoire d’un succès français !

Le BIM, fondation de la transition vers une construction plus efficace et vertueuse

L’industrialisation de la construction est dans tous les esprits. C’est la seule approche constructive qui permettra de réduire l’empreinte carbone du secteur de la construction, de produire plus rapidement et de maîtriser les coûts. Mais les exemples d’implémentation réussie, hormis au Royaume-Uni, ne sont pas légion.

Nous avons cette semaine la chance d’accueillir l’un des acteurs majeurs du domaine en France, la Société Vestack qui a développé un workflow exceptionnel basé sur les solutions Autodesk. Sylvain Bogeat, cofondateur de Vestack et Zakariae Eljemli, Ingénieur et BIM Manager, nous dévoilent l’histoire et les secrets de cette jeune et dynamique entreprise.

Pourriez-vous nous présenter Vestack ? C’est l’une des pépites françaises de l’industrialisation de la construction et vous êtes unique en ce sens.  

Bonjour et merci Emmanuel pour cette invitation à présenter notre startup. Vestack a développé une plateforme technologique permettant de concevoir et construire des bâtiments bas-carbone, sous forme de modules assemblés hors-site à partir de matériaux biosourcés.

Vestack s’appuie sur deux innovations technologiques. D’une part, son logiciel de conception digitale qui permet de simplifier et de réduire la durée de conception d’un projet. D’autre part, un processus industrialisé innovant d’assemblage hors-site de panneaux de murs et planchers en ossature bois. Ceux-ci permettent à ses clients promoteurs de construire des bâtiments avec une empreinte carbone 3x plus faible, 2x plus vite, et sans coût additionnel par rapport à la construction traditionnelle.

Cette solution est l’une des plus vertueuses en matière d’impact environnemental et de réduction des nuisances. Elle incarne les objectifs de la ville durable et a reçu de multiples labels à ce titre (ADEME, Greentech Innovation, Solar Impulse, etc.).

Comment avez-vous eu cette idée et d’où vient l’équipe fondatrice ?

Vestack a été fondée en 2019 par trois anciens d’Unibail-Rodamco-Westfield,  Sketchfab et McKinsey : Sylvain Bogeat, Nicolas Guinebretière et Jean-Christophe Pierron, qui se sont ensuite entourés d’une équipe d’experts.

Ces trois entrepreneurs de conviction ont pris conscience de par leurs expériences précédentes de la double contrainte qui pèse sur le secteur de la construction. D’abord un impératif environnemental est en train de se dessiner dans ce secteur qui est responsable de près de 25% des émissions de GES en France. A cela s’ajoute un impératif sociétal quand on sait que les ménages dépensent en moyenne un quart de leur revenus pour leur logement.

Ainsi, nous sommes convaincus chez Vestack que seule une rupture technologique de grande ampleur peut réconcilier le respect de l’environnement avec la maîtrise des coûts.

Vous êtes-vous inspirés de Katerra ?

Nous avions bien sûr entendu parler de Katerra au moment où le projet Vestack a été amorcé. Cependant, la logique de développement que nous appliquons chez Vestack est totalement différente : chez Vestack nous privilégions une logique de scalability fondée sur des actifs technologiques réplicables de par leur simplicité, leur digitalisation et leur faible coût. Nous avons fait le choix d’un ancrage territorial fort.

Etes-vous constructeurs à l’origine ?

Sylvain Bogeat a travaillé dans la promotion immobilière en France et dans des pays anglo-saxons, ce qui lui a permis de découvrir des modes constructifs innovants et de comprendre les besoins de nos clients. Jean-Christophe Pierron est un ancien spécialiste de la stratégie et de la transformation des industries de procédés chez Mckinsey, il travaille donc à la convergence parfois difficile entre construction et compétitivité. Enfin Nicolas Guinebretière a travaillé sur des grands projets d’infrastructures en Afrique et connaît donc parfaitement la nécessité de recourir à la construction modulaire pour optimiser la gestion de chantiers. 

Nous avons fait le choix d’apporter un regard neuf dans un secteur qui pendant trop longtemps est resté cantonné à ses codes.

Projet à Garches – © Vestack 2021

Quelle est la stratégie et la philosophie de votre société ?

La raison d’être de Vestack et de chacun de ses employés est de construire une ville meilleure, décarbonée et plus abordable.

Vestack est animée par une triple mission dans sa quête de transformation du secteur de la construction : réunir conception et construction, répondre aux besoins des promoteurs avec un système de construction bas carbone et produire efficacement grâce à un modèle industriel innovant .

Intégrez-vous la conception et la construction ? Ou faites-vous appel à des architectes en externe ?

Chez Vestack nous intégrons la conception et la construction ce qui est assez novateur dans un milieu où la segmentation entre la phase amont du projet et sa réalisation prédomine. Nous nous positionnons sur l’ensemble du cycle de vie d’un projet immobilier, ce qui nous permet d’allier flexibilité architecturale et construction industrialisée. Nous avons développé un réseau d’architectes partenaires externes.

Vos workflows s’appuient sur le BIM et sur les solutions Autodesk, pourriez-vous nous dire pour quelles raisons ?

Le BIM s’accorde parfaitement avec notre vision d’industrialisation de la construction: concevoir les projets en prenant en compte leur mode constructif. Cela permet également de mieux gérer les interfaces entre les différents intervenants sur un projet au sein d’une maquette unique.

Les solutions Autodesk associées à notre plugin Ludwig permettent de concrétiser cette vision en nous offrant une panoplie de solutions BIM qui nous facilitent la conception architecturale modulaire, la production de plans d’atelier pour notre usine et la collaboration cloud via la plateforme collaborative Autodesk Construction Cloud.

Quand êtes-vous passés au BIM ? Était-ce dès la création de la société ?

Le BIM est au cœur même du projet de Vestack. Il constitue pour nous l’un des piliers de notre solution d’industrialisation.

Quel est le quotidien d’un BIM Manager dans une société aussi innovante ?

Les missions d’un BIM Manager sont diverses et variées et c’est ce qui rend ce poste intéressant. Il s’agit notamment de modéliser des maquettes numériques (maquette architecturale, maquette de production), de coordonner les différentes disciplines, de mettre en place des processus et des stratégies de travail collaboratif.

Vos workflows étant basés sur Autodesk Revit, demandez-vous à vos sous-traitants et architectes extérieurs de travailler sur cette solution BIM ?

Oui c’est notre préférence. Dans le cas où l’architecte travaille avec Revit, cela va accélérer la réalisation de la maquette de production.

Projet à Beauvois – © Vestack 2021

Vous utilisez une savante combinaison de plugins mais vous avez aussi développé votre plugin Vestack qui est très complet. Pourriez-vous svp nous le détailler en quelques mots et nous expliquer tout ce qu’il permet de faire, exemples à l’appui ?

Le plugin Ludwig déploie plusieurs outils permettant une conception efficace et intuitive de bâtiments modulaires bas carbone tout en respectant les contraintes de notre système constructif. Il permet notamment de suivre l’avancement d’un projet, de renseigner l’ensemble des informations liées au projet et de préparer automatiquement le formulaire CERFA du permis de construire. Le plugin Ludwig facilite la phase de conception grâce par exemple à sa fonction de dessin du bâtiment en modules ou en appartement qui prend en compte automatiquement les contraintes structurelles liées au projet et au système constructif Vestack. Un utilisateur peut ainsi concevoir efficacement son bâtiment en allant jusqu’à l’obtention d’instructions de production issues de la maquette.

© Vestack 2021

L’avez-vous développé en interne ? Et le proposez-vous à la vente sur l’app store d’Autodesk ? Si oui, assurez-vous aussi le support technique ?

Le plugin Ludwig est un plugin intégré à Revit qui a été développé en interne par notre développeur. Celui-ci met à disposition des utilisateurs un ensemble de fonctionnalités réparties en fonction de leurs droits d’administration. Il est téléchargeable sur l’app store d’Autodesk.

L’interopérabilité est d’ailleurs un enjeu clé pour vous, et votre plugin gère les formats de pilotages de machines CNC, n’est-ce pas ?

Chez Vestack, nous cherchons à atteindre l’équilibre entre la flexibilité architecturale lors de la conception et l’industrialisation en phase de production. Pour ce faire, des instructions de production sont extraites de la maquette numérique et alimentent une machine de découpe du bois et un robot de clouage. Cela permet de gagner en productivité en simplifiant les tâches des opérateurs de production, en limitant les erreurs et les chutes.

Projet à Nantes (44) – © Vestack 2021

Venons-en aux projets. Faites-vous de l’architecture modulaire, ou des panneaux assemblés ? Sont-ils en bois ou en acier ? Biosourcés ?

Vestack conçoit et construit des bâtiments modulaires biosourcés grâce à des modules 3D pré-assemblés intégrant le second œuvre et finis à 90% en usine. Afin de diviser par 3 l’empreinte carbone de nos bâtiments, nos modules sont en ossature bois et nous favorisons l’utilisation de matériaux biosourcés pour l’isolation. 

Avez-vous vos propres usines de production ?

Nous disposons de notre propre usine de production située en Seine-et-Marne. Celle-ci nous permet de produire l’ensemble de nos modules qui sont terminés à 90% et offre des conditions de travail meilleures pour nos ouvriers qui sont moins soumis au port de charges lourdes ou aux intempéries. Notre usine de production fait partie de notre proposition de valeur : nous avons conçu en interne nos propres machines-outils parfaitement adaptées à nos besoins.

La conception de ces ensembles de modules assemblés pour créer des bâtiments se fait-elle dans Revit ? avez-vous développé des gabarits et familles spécifiques en plus de votre plugin maison ?

Tout est conçu sur Autodesk Revit : le découpage des éléments, l’assemblage de l’ossature des murs et des planchers, l’assemblage des modules…. En interne, nous avons développé un gabarit de projets contenant des configurations de vues et d’assemblage, des familles architecturales, structurelles et MEP, des matériaux de nos fournisseurs,… Tous ces éléments sont mis à jour en fonction des changements apportés à notre système constructif.

Projet On Cities – © Vestack 2021

Quel est le workflow type ?

Nous amorçons nos projets par la conception architecturale du bâtiment grâce à notre plugin ce qui va nous permettre d’obtenir une maquette de production dont les différentes déclinaisons sont ensuite contrôlées puis extraites pour obtenir des instructions de production.

Vos maîtres d’ouvrage sont-ils moteur et supportent-ils votre approche ?

Vestack est née du besoin des promoteurs qui par souhait ou par respect des nouvelles réglementations doivent faire évoluer les modes constructifs qu’ils utilisent pour réconcilier le respect de l’environnement et la maîtrise des coûts.  Nos maîtres d’ouvrage nous soutiennent donc totalement dans notre démarche.

Merci beaucoup pour cette présentation très exhaustive et bravo pour cette nouvelle manière de construire qui va faire des émules.

Site officiel de Vestack ici.

[Emploi] Eiffage Immobilier recherche un.e Architecte – chargé.e. de la Conception Immobilière (F/H)

Eiffage Immobilier se place parmi les principaux promoteurs avec une stratégie multi produits et multi projets : résidentiel, tertiaire, urbanisme commercial, hôtellerie… Ce fonctionnement offre l’opportunité d’engager de multiples opérations contribuant au développement des quartiers de différentes agglomérations grâce à la présence du Groupe Eiffage sur l’ensemble de la chaîne de valeurs : aménagement, promotion, construction.

Eiffage Immobilier en chiffres, ce sont 350 collaborateurs, 4500 logements réservés par an, 90 programmes en cours de commercialisation et plus de 845 millions d’euros de chiffres d’affaires en France.

Enfin, rejoindre Eiffage Immobilier au sein d’Eiffage Construction Région Sud-Ouest, c’est participer de la conception à la réalisation d’opérations tournées vers l’avenir, tel que le bas carbone.

CDI à pourvoir immédiatement. Rémunération en fonction de votre expérience professionnelle sur 13 mois – Intéressement & Participation – Prime Vacances – Actionnariat Salarié – CE. Le poste est basé à Bordeaux (33).

Architecte – Chargé(e) de la Conception Immobilière (F/H)

Directement rattaché(e) à la Direction d’Eiffage Immobilier, vous aurez pour mission d’accompagner les équipes développement et programme sur des projets d’envergures diverses (logements collectifs, tertiaires ou ERP).

Vous souhaitez connaître vos futures missions ? Les voici :

  • Etablir la faisabilité d’un projet (logement, tertiaire, équipements…) : vous analyserez les aspects règlementaires (PLU, cadastre…), en transcrivant graphiquement les informations, en concevant un avant-projet sommaire et en évaluant la surface de plancher afin de permettre aux services développement, montage, DO, DP de renseigner leur bilan avant comité immobilier.
  • Analyser les réponses des architectes de conception mandatés : vous critiquerez les choix structurels et/ou les préciserez, en optimisant les rendements, en validant les surfaces ainsi que les choix d’organisation spatiale.
  • Concevoir des programmes immobiliers multiproduits  (logements, bureaux, résidences séniors, résidences étudiants…) : vous compilerez plusieurs programmes et en établirez les fonctions et surfaces nécessaires au prorata du foncier ou de la restructuration.
  • Accompagner le développement des produits « logements neufs » estampillés Eiffage Construction : être le garant du respect des fondamentaux de conception des concepts (en externe auprès des partenaires comme en interne) et participer à leur développement.
  • Vous serez également amené à accompagner Eiffage Construction dans ses réponses aux appels d’offre, que ce soit en conception-réalisation ou pour formaliser des variantes de conception significatives.

En parallèle de ces missions, vous assisterez les responsables de programme dans la coordination avec les différentes parties prenantes : Eiffage Immobilier, Eiffage Construction, les Architectes, les bureaux d’études, en faisant en sorte de faciliter un même langage entre ces acteurs. Vous répondrez également aux orientations en matière de recherche & développement d’Eiffage Immobilier.

Enfin, vous assurerez le REX de la synthèse en fonction des différents acteurs, en mettant en place un reporting sur chaque projet.

Envie de relever un nouveau challenge ?

De formation Architecte (HMO ou DEA – diplôme d’Etat d’architecte), vous justifiez d’au moins 5 ans d’expérience à un poste similaire, vous permettant de dessiner rapidement des faisabilités ou des capacités pour un projet.

Vos connaissances règlementaires (sécurité incendie, accessibilité handicapés, urbanisme…) sur divers types de projets, et principalement sur le logement collectif, seront un réel atout, ainsi qu’une première expérience en promotion immobilière ou chez un bailleur social.

Vous êtes réactif et disponible face à la demande, et possédez un esprit de synthèse, ainsi que de mener de front plusieurs sujets.

En plus de votre autonomie, vous avez la faculté à mobiliser plusieurs outils d’analyse et de production : DAO, dessin manuel, lecture, recherche.

Eiffage est résolument tourné vers le BIM et le travail en mode collaboratif. Depuis de nombreuses années, Eiffage utilise Revit comme logiciel de production ainsi que des plateformes collaboratives afin de rassembler tous les intervenants du projet autour d’un même outil. Une première expérience en BIM et/ou en maquette numérique est indispensable.

Des déplacements sur le périmètre Sud-Ouest sont à prévoir.

Vous souhaitez vous investir au sein d’un grand groupe capable de vous offrir de réelles opportunités de carrière. Alors rejoignez-les !

Vous pouvez contacter :

Stéphanie HEBERT
Chargé de recrutement et relations écoles

Mail : stéphanie.hebert@eiffage.com

Tél : 06.24.07.99.66

Eiffage Construction Sud-Ouest

5 Place Ravezies-CS 60237 – 33042 BORDEAUX

Réussir à réduire de 3 mois la construction de leur projet ? Windover l’a fait grâce à la construction modulaire et à des solutions Cloud innovantes !

Les technologies, facilitatrices de l’industrialisation de la construction

L’objectif premier de Windover est l’acte de construire des bâtiments de qualité avec des personnes talentueuses. Cette société crée des espaces commerciaux et institutionnels à la pointe de la technologie, des ensembles de logements en milieu urbain et des habitations personnalisées de premier choix. Windover travaille avec des clients dans toute la région de la Nouvelle-Angleterre et propose ses services de gestion de chantier, de conception-construction, de développement de projets et de conception et de construction virtuelles. Cette entreprise détenue à 100 % par ses employés se distingue par la qualité de ses prestations et se concentre sur la mise à disposition de services de qualité à ses clients et à tous les partenaires de l’équipe, du début du projet jusqu’à son achèvement et sa livraison.

Amr Raafat, vice-président en charge de la VDC (Virtual Design Construction) et des nouvelles technologies chez Windover Construction nous dévoile dans cette vidéo l’approche technologique de Windover qui a transformé et revisité les processus conventionnels de gestion de la construction. « La technologie en elle-même est puissante, mais lorsque vous l’associez à des données provenant de sources disparates, comme la cartographie par drone, le balayage laser et la coordination BIM, vous donnez alors naissance à des informations puissantes », explique Monsieur Raafat.

Site officiel de Windover Construction ici.

En savoir plus sur Autodesk Construction Cloud :

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Gardez vos connaissances à la pointe et vos compétences en matière de produits en explorant le site Autodesk® dédié. Ce parcours d’apprentissage a été organisé par les experts d’Autodesk et plusieurs cursus ont été mis en place pour vous aider à élargir votre champ de connaissances. Ces cours gratuits sont parfaits pour :

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The Link – PCA-STREAM and VINCI Construction France’s latest masterpiece comes to life thanks to BIM

The majestic tower of Philippe Chiambaretta skims the skies of La Défense

The Link – future headquarters of TOTAL – was designed by Philippe Chiambaretta and his beautiful architectural practice, in order to revolutionize the typology of the offices tower and thus support a complete change in the organization of work: horizontality, fluidity of exchanges and access, aerial gardens within immediate reach, multiplicity of points of human interaction and many other advantages.

Specified by its owner ADIM and built by VINCI Construction France, this magnificent tower, which will be the tallest in the La Défense skyline, also responds to environmental challenges thanks to its double-skin facade which provides optimal thermal insulation, and its scale photovoltaic panels which produce part of the energy consumed by the tower. Philippe Chiambaretta, Architect and founder of PCA-Stream reviews the unique characteristics of this building, integrated from the design of the project and enabled by the use of BIM, which has also made it possible for teams to coordinate and collaborate more easily. Charlotte Bertrand, Architect and BIM coordinator at PCA-Stream, Marjolaine Masserand, Director of major projects at ADIM Paris IDF (Owner), VINCI Construction (contractor), and Hugues Desclaux, Deputy Director of the IBIM service at VINCI Construction France who oversaw BIM Management and its deployment, describe to us how a BIM agreement between the project actors and the use of Revit, BIM 360 and Dynamo were decisive in carrying out this project, which is accelerating the transformation of the La Défense district.

Discover this masterpiece in the video testimonial below.

The Link, dernier chef d’œuvre de PCA-STREAM et VINCI Construction France prend vie grâce au BIM

La majestueuse tour de Philippe Chiambaretta effleure les cieux de la Défense

The Link a été conçue par Philippe Chiambaretta et sa belle agence, afin de révolutionner la typologie de la tour tertiaire et accompagner ainsi un changement complet dans l’organisation du travail  : horizontalité, fluidité des échanges et des accès, jardins aériens à portée immédiate, multiplicité des points d’interaction humaine et bien d’autres avantages encore.

Voulue par son Maître d’Ouvrage ADIM et construite par VINCI Construction France, cette magnifique tour qui sera la plus haute de la skyline de La Défense, répond par ailleurs aux défis environnementaux grâce à sa façade en double peau qui assure une isolation thermique optimale, et ses panneaux photovoltaïques en écaille qui produisent une partie de l’énergie consommée dans la tour. Philippe Chiambaretta, Architecte et fondateur de PCA-Stream revient sur les caractéristiques uniques de ce bâtiment, intégrées dès la conception du projet et permises par l’usage du BIM, qui a en outre permis aux équipes de se coordonner et de collaborer plus facilement. Charlotte Bertrand, Architecte et BIM coordinatrice chez PCA-Stream, Marjolaine Masserand, Directrice des grands projets chez ADIM Paris IDF, VINCI Construction, et Hugues Desclaux, Directeur adjoint du service IBIM chez VINCI Construction France qui a piloté le BIM Management et son déploiement, nous décrivent comment une convention BIM entre les acteurs du projet et l’utilisation de Revit, BIM 360 et Dynamo ont été décisifs pour mener à bien ce projet qui accélère la transformation du quartier de La Défense.

A découvrir ci-dessous…

[Livre blanc] La numérisation, pour un avenir durable dans l’industrie de la construction

Exploiter l’avantage des données dans la construction

Chez Autodesk, nous pensons que la technologie est cruciale pour lutter contre le changement climatique. Nous adhérons aux objectifs de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26) : garantir le zéro net d’ici le milieu du siècle, protéger les communautés et les habitats et mobiliser des financements. C’est pourquoi nous nous sommes associés à Frost & Sullivan afin de soutenir des recherches sur la durabilité, mettant en avant des entreprises de construction à travers l’Europe.

Téléchargez ce rapport à l’échelle de l’industrie et découvrez pourquoi 85 % des entreprises d’Europe du Nord investissent dans des flux de travail améliorés pour devenir plus durables.

Pourquoi l’adoption d’une stratégie de données peut apporter aux entreprises en Europe un avantage concurrentiel ?

Les projets sont construits sur la base de décisions. Il peut s’agir de propriétaires ou maîtres d’ouvrage choisissant entre deux itinéraires de conception ou de sous-traitants cherchant à résoudre un problème d’installation sur site. Quelle que soit leur taille, toutes ces décisions se combinent pour déterminer le succès global de la construction, pour les propriétaires et chaque organisation impliquée.
Ces moments charnières du projet peuvent également créer des risques, qu’il s’agisse d’augmenter les coûts, de provoquer des retards ou même de générer des problèmes juridiques. Et à tous les niveaux, nous voyons plus de décisions prises pendant la phase de construction au niveau du chef de projet que du personnel qui est souvent sur place et sous une pression temporelle importante.
La qualité de chaque décision dépend des données : disposer d’informations précises, actualisées et complètes que vous pouvez utiliser lorsque vous en avez besoin. Mais à l’heure actuelle, la gestion des données est un domaine pour lequel de nombreuses entreprises européennes sont en difficulté.
Nous générons peut-être plus d’informations que jamais avant. Mais savoir si cela produit des informations exploitables – et de meilleurs résultats pour l’entreprise – reste une autre question.

Nous avons interrogé 1 115 professionnels de la construction et interrogé quatre entreprises à travers l’Europe pour comprendre leurs défis dans l’utilisation des données, ainsi que pour savoir où ils voient les plus grandes opportunités pour l’avenir.
Il est clair que l’utilisation des données semble prépondérante. De nombreuses organisations ne savent pas par où commencer – et avec un manque de leadership allié à une forte résistance au changement, cela peut sembler être une lutte insurmontable.
À l’aide d’informations provenant d’entreprises de toute l’Europe, ce rapport présente des étapes simples que chaque entreprise peut suivre pour surmonter ces obstacles, prendre des décisions davantage fondées sur les données et commencer à exploiter pleinement le potentiel des données dans la construction.

Découvrez ce rapport intéressant en cliquant ici.

Interview BIM Managers – Episode #32 Alexandre Mahfoud : La SOLIDEO, au travers de sa mission et de ses ambitions, est un catalyseur du déploiement du BIM et de la transformation digitale du métier de la construction sur ce projet iconique

Les futurs jeux d’été de 2024 seront accueillis dans des ensembles immobiliers et équipements conçus à un niveau d’innovation inégalé en BIM. Définitivement, le plus grand projet d’Europe de ce type, au sens propre et figuré !

Aujourd’hui, nous avons le plaisir et l’honneur de recevoir Alexandre Mahfoud, le talentueux et expérimenté BIM Manager de la SOLIDEO, en charge des projets pour les jeux d’été 2024.

Alexandre Mahfoud
BIM Manager – SOLIDEO
PhD. Docteur en Architecture et Aménagement
LinkedIn
Tél. : 06.95.12.66.48

C’est un projet gigantesque et d’une complexité et perfection BIM jamais vue auparavant avec un nombre incroyable de modèles BIM. Le BIM fait d’ailleurs partie des lignes directrices fortes de la SOLIDEO afin d’augmenter la qualité des villages et ensembles immobiliers qui vont être construits et qui seront réversibles une fois terminés. Découvrons avec Alexandre son parcours et ses missions passionnantes.

Bonjour Alexandre et merci de nous faire l’honneur de venir échanger avec nous sur ABCD. Vous êtes architecte de formation. Pourriez-vous svp nous parler de votre parcours d’études qui est brillant et impressionnant ?

Bonjour Emmanuel et merci de m’accueillir sur ABCD Blog. J’ai suivi mon parcours à l’INSA de Strasbourg où j’ai acquis un solide savoir en matière d’architecture et d’urbanisme. Passionné par cette complémentarité des deux matières où l’on pense à la conception de l’espace en architecture et où l’on réfléchit au développement et à la préservation de nos villes et territoires en urbanisme, j’ai décidé ensuite de mettre à contribution mes connaissances au travers d’une thèse au sein de l’Ecole Doctorale des Sciences Humaines et Sociales. J’ai élaboré une thèse sous l’angle de la pratique et de la recherche de l’architecture et de l’aménagement contemporain en interagissant avec différents acteurs (publics, privés), citoyens, chercheurs, etc… La conciliation des deux sphères pratiques et théoriques caractérise mon parcours d’étude pour lequel j’ai travaillé avec beaucoup de rigueur et de méthode pour embrasser le métier que j’exerce aujourd’hui : BIM Manager, architecte, urbaniste, enseignant et formateur au sein de plusieurs écoles d’architecture et d’ingénierie.

Quand avez-vous découvert les nouvelles technologies et la 3D, puis le BIM ? Pendant vos études ?

Je fais partie d’une génération qui a assisté à la transformation des outils métier. Effectivement, au fil de mes études je suis passé de l’esquisse à la main à l’utilisation de l’outil informatique en CAO/DAO. Les deux dimensions – du dessin à la main à la technologie 3D sont pour moi interdépendants. Pendant mes études, j’ai constaté l’essor d’une nouvelle expression « BIM » dans le discours des acteurs de la profession. Curieux de l’entrée du BIM dans mon métier, j’ai étudié le sujet en lisant différents articles de recherche et manuels d’utilisation. Progressivement, je me suis auto-formé en utilisant l’outil pour le comprendre. Plus tard, j’ai fait le constat qu’une culture BIM commençait à émerger, j’ai donc voulu approfondir mes connaissances sur l’utilisation de cet outil en assistant à des conférences sur le sujet et en échangeant avec différents acteurs-utilisateurs de cet outil BIM. De l’émergence du BIM à son développement, je suis resté attentif à l’évolution de ce processus en étudiant les tenants-aboutissants, notamment le processus collaboratif initié par cette technologie.

Quel lien faites-vous entre technologie 3D, BIM et nos métiers de l’architecture et du bâtiment ?

Votre question est un vrai débat. Le fondement du BIM est avant tout un processus de travail collaboratif. Cet outil exige de nouvelles organisations de travail, ce que l’on appelle aujourd’hui dans la littérature anglo-saxonne le “changement de paradigme”.
Ce lien ouvre notre champ de vision sur une nouvelle manière de gérer le projet en intégrant une multiplicité d’informations précises et détaillées qui relèvent aujourd’hui de la complexité face à des projets qui impliquent de nombreux changements.

Quelles furent vos expériences avant d’arriver à la SOLIDEO ?

Avant la SOLIDEO, parallèlement à mes activités dans le domaine de la recherche au sein du laboratoire AMUP – Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg, j’ai travaillé en tant qu’architecte sur plusieurs types de projets surtout pour des projets résidentiels et des infrastructures de gares. Ensuite, pour connaître la faisabilité technique, j’ai travaillé au sein d’entreprises générales comme BIM Manager en phase DCE et EXE. Cela a renforcé mon savoir-faire dans le domaine de la construction. En même temps, j’étais enseignant et formateur sur les outils numériques au sein de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand.

Quand êtes-vous arrivé à la SOLIDEO et pour y prendre quelles responsabilités ? C’est un rôle impressionnant et prestigieux qui permet de travailler sur des projets iconiques. Que pouvez-vous nous en dire ?

Je suis arrivé à la SOLIDEO au début de l’année 2019 engagé comme BIM Manager pour la mise en œuvre de la stratégie BIM de l’entreprise en tenant compte de la gestion de la démarche et afin d’assurer la qualité des maquettes BIM des projets de la SOLIDEO. 

La SOLIDEO est une entreprise exceptionnelle qui a été créée pour accomplir une mission hors du commun. Nous assurons la construction des ouvrages pour accueillir les JOP en temps et en heure mais aussi pour créer la ville de demain.

Pourriez-vous d’ailleurs nous présenter la SOLIDEO en quelques mots et nous parler de ses objectifs, son organisation et sa structuration ? Ce n’est pas un maître d’ouvrage à proprement parlé ?

La SOLIDEO est un établissement public à caractère industriel et commercial. Il a été créé par décret en décembre 2017 pour assurer la construction de l’ensemble des ouvrages olympiques pérennes pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Trois missions principales nous sont confiées. Nous concentrons les financements des 13 co-financeurs publics pour les redistribuer sur les 60 ouvrages olympiques. Nous assurons la supervision de ces ouvrages dont la réalisation est confiée à 29 maîtres d’ouvrages publics et privés différents, pour garantir une livraison dans le respect des délais, des coûts et des programmes. Enfin, nous sommes nous-même maître d’ouvrage du Village des athlètes et du Village des médias, qui deviendront après les Jeux, de véritables quartiers de villes, durables et accessibles. Mais nous allons plus loin dans la réalisation des ouvrages olympiques. Nous proposons une nouvelle vision de la ville, avec des innovations qui visent à laisser en héritage un modèle urbain duplicable et adapté aux enjeux de demain.

©SOLIDEO – TVK – LUXIGON – Hardel Le Bihan

Quand la SOLIDEO a-t-elle décidé de rendre le BIM obligatoire pour les projets qu’elle gère ? Quelle stratégie et quels moyens a-t-il fallu mettre en place ? Est-ce que vous êtes justement arrivé pour déployer tout cela ?

Dès le début, la SOLIDEO était attentive à l’enjeu du BIM et son rôle important au sein de ses projets. La SOLIDEO maintient son rôle en se démarquant comme leader exemplaire par rapport aux maîtres d’ouvrage français dans le milieu de la construction. En interne, nous déployons la culture du BIM à travers des formations pour l’usage du BIM au sein de l’entreprise.

Quels sont vos 4 piliers et où le BIM se situe-t-il ?

Le BIM fait partie des ambitions aux côtés des 3 autres fondements de la SOLIDEO que sont : l’excellence environnementale, l’accessibilité universelle et l’insertion professionnelle. Le BIM constitue à lui seul une base de données géante qui consiste à comprendre et accomplir ces fondements.

Le BIM a-t-il commencé en phase concours ?

Tout à fait, on demande une maquette BIM du projet. Avec un Niveau de Développement (Informations et Détails Graphiques) en lien avec une phase Esquisse définie dans la Charte BIM, elle-même transmise dans le cadre du règlement de consultation. Cette maquette sera analysée et utilisée pour assurer une revue de projet et son insertion au sein de l’environnement bâti de la ZAC.

Maquette CIM / BIM du projet Village des Médias – Secteurs ville de Dugny ©SOLIDEO – TVK 2021

Etes-vous en full BIM et faites-vous du CIM aussi étant donné l’étendue de ce projet ?

Nous sommes sur une démarche de Full CIM/BIM. Nous avons également déployé cette notion au sein de la ZAC du Village des Athlètes et le Village des Médias, des espaces publics et bâtiments. Nous sommes également en train de développer des maquettes LIM « Landscape Information Modeling » pour certains projets.

©SOLIDEO 2021

Avez-vous une charte BIM spécifique pour les Equipes impliquées sur le projet ?

Nous considérons qu’un processus BIM se fait sur mesure en fonction du projet, de son périmètre, du cadre contractuel (conception / réalisation / corps d’état séparés), de la nature du projet (neuf ou rénovation), etc… Les chartes BIM de la SOLIDEO sont par conséquent variées en fonction de l’ouvrage et de ses spécificités. Cependant, les chartes BIM ou les chartes CIM des projets SOLIDEO partagent les mêmes lignes directrices, surtout concernant l’ambition de full CIM/BIM et les objectifs de la SOLIDEO. Je précise que la SOLIDEO demande dans le cadre de sa démarche, des Conventions BIM de la part des différentes entités qui travaillent ensemble afin de mieux encadrer le travail collaboratif, l’organisation et de prévoir une meilleure interopérabilité entre les différents environnements, logiciels et applications informatiques. Également pour mettre en place les procédures, les solutions et les dispositions pour accomplir nos objectifs CIM/BIM.

Sur combien d’hectares s’étend votre maquette et quels lots couvre-t-elle ?

Si on parle de la maquette du Village des athlètes, elle s’étend sur 65 hectares. Elle comprend les espaces publics (nivellements, voiries, équipements, réseaux et paysage), les bâtiments issus de programmes immobiliers et les équipements publics, (gymnases, groupes scolaires et lycées, etc…) pour tous les corps d’états (Architecture, Structure, Systèmes). Les maquettes sont modélisées selon le Niveau de Développement (Informations et Détails Graphiques) de chaque phase, et vérifiées en se basant sur les Chartes CIM/BIM des projets. Idem pour la maquette du Village des Médias qui s’étend sur 30 hectares environ.

Vue d’ensemble VOP : © SOLIDEO – Plasticine / Dominique Perrault / Ingérop / Une Fabrique de la Ville / VITEC / Agence TER / UrbanEco / Jean-Paul Lamoureux / PHILIPPON – KALT / INDDIGO / AEU / INUITS / Artélia / Lavigne et Chéron

Comment la maquette terrain et les bâtis existants ont-ils été conçus ? Y-a-t-il eu une grande phase de rétroconception par scan laser et drone et reconstitution d’une maquette du territoire de l’existant ? Avec quels logiciels ?

Compte tenu de la complexité des projets ainsi que les contraintes liées au temps (délais courts), nous avons employé toutes les technologies et les dispositions afin d’assurer la fiabilité des données et afin de permettre de gagner en efficacité et de réduire tous risques éventuels ainsi qu’assurer une meilleure estimation des coûts des travaux. A ce stade, nous avons utilisé les scanners laser (drones et stations de captures) et la détection de réseaux enterrés. Cela a permis de récolter des informations précises et simplifier les tâches des différentes équipes surtout la Maîtrise d’œuvre en phase diagnostic et conception et les entreprises de travaux en phase EXE permettant de gagner en temps et économies.

D’ailleurs, les logiciels utilisés étaient choisis en fonction des outils employés par les sous-traitants pour effectuer cette mission. Nous avons encadré ce travail par des cahiers des charges et une vérification des résultats.

La Grande Nef – projet de réhabilitation : nuage de points et maquette BIM © SOLIDEO – 2021

Combien d’architectes, BET et entreprises sont impliquées et collaborent sur ce projet ?

Il est nécessaire de préciser que tous les architectes, urbanistes, bureaux d’études et entreprises de travaux sont impliqués dans notre démarche CIM/BIM. Tant pour le projet du Village des Athlètes que le projet du Village des Médias, y compris les projets d’équipements publics dès la phase concours jusqu’au DOE.

Pour le projet Village des athlètes, nous comptons en phase conception : 41 agences d’architecture, 7 paysagistes et 18 BET généralistes et spécialistes.

Aujourd’hui, nous commençons les travaux et l’objectif est d’encourager les TPE / PME à utiliser le BIM dans la réalisation de leurs missions.

Mail Finot, secteur D : © Société de livraison des ouvrages olympiques – SOLIDEO / Plasticine© / Dominique Perrault / Ingérop / Une Fabrique de la Ville / VITEC / Agence TER / UrbanEco / Jean-Paul Lamoureux

On pense souvent aux équipements sportifs quand on pense aux projets que vous construisez, mais c’est bien plus que cela, n’est-ce pas ?

Tout à fait. Dans la manière de concevoir notre programme, nous avons d’abord conçu des ouvrages pour le territoire et ses habitants. A l’été 2024, nos ouvrages vont accueillir les Jeux, mais ils serviront surtout aux habitants et usagers dans les 30, voire 50 prochaines années. Sur les deux villages, au moment de déterminer le programme, nous avons inclus des écoles, des commerces, pour s’assurer que ces projets soient dotés de tous les services nécessaires à la vie d’un quartier. Dans les modes de construction, nous avons réfléchi selon les grands enjeux du XXIème siècle, notamment sur le plan environnemental. Pour le Village des athlètes, nous réduisons de 45 % l’impact carbone sur l’ensemble du cycle de vie par rapport à un projet classique. Nous profitons des Jeux pour préfigurer la ville de demain.

©SOLIDEO 2021

Quelle est la particularité de ces bâtiments une fois que les jeux seront terminés ?

L’ensemble des bâtiments que nous construisons ou rénovons seront utilisés après les Jeux. Nous avons beaucoup travaillé avec les différentes collectivités pour construire des ouvrages qui correspondent aux besoins des usagers. Pour les villages, les configurations sont toutefois différentes en phase Jeux et en phase héritage. Dès octobre 2024, la SOLIDEO et les constructeurs récupèrent les clés pour effectuer des travaux de réversibilité, pour transformer les chambres d’athlètes en appartements familiaux, étudiants ou sociaux. En prévoyant ces travaux dès l’origine du projet, cela permet des économies de matières non négligeables.

Vous financez aussi des équipements pour les villes et quartiers dans lesquelles vous réalisez les villages ?

Par définition, tous les ouvrages que nous finançons seront utilisés durant les Jeux Olympiques et Paralympiques. Au moment de concevoir notre programme, nous avons beaucoup travaillé avec les collectivités pour correspondre à leurs besoins. Par exemple, sur le Village des athlètes, nous construisons également un pont entre Saint-Denis et L’Ile-Saint-Denis. Outre son utilité pour relier les deux parties du Village, c’est surtout un pont qui était attendu depuis longtemps par les riverains. Il permettra d’améliorer considérablement la connexion entre ces deux communes. L’exemple des groupes scolaires que nous construisons à Saint-Ouen, au Bourget et à Saint-Denis est particulier aussi. Ces écoles ne serviront pas directement pendant les Jeux, mais elles donnent du sens aux quartiers que nous construisons grâce aux Jeux. C’est cela que nous avons voulu : construire grâce aux Jeux des projets qui ont du sens pour les territoires.

Universeine : © SOLIDEO / Kreaction / Architectes secteur nord : Clément Vergély architectes/Béal & Blanckaert architectes/
Atelier Pascal Gontier/Lina Ghotmeh architecture/Gaëtan Le Penuel architectes – Architectes
secteur sud : Atelier d’architecture Chaix & Morel et Associés / Triptyque Architecture

Lorsque vous avez rendu le BIM obligatoire, quel pourcentage d’architectes travaillaient en BIM ?

Près de la moitié des architectes n’était pas encore BIM Ready. Ils ont donc commencé à utiliser les logiciels BIM et les plateformes collaboratives pour réaliser le projet du Village des Athlètes. A ce stade, le retour d’expérience est positif. Cela confirme que la SOLIDEO, au travers de sa mission et de ses ambitions, est un catalyseur du déploiement du BIM et de la transformation digitale du métier de la construction.

Pour ceux qui n’étaient pas BIM ready, les avez-vous accompagnés ? Si oui, comment ? Cela a-t-il été difficile ?

C’était le cas pour les projets sous la maîtrise d’ouvrage de la SOLIDEO et pour les entreprises sous-traitantes qui travaillent pour notre compte. Nous avons accompagné un certain nombre d’elles et fournissons un retour d’expériences basées sur notre savoir-faire, surtout pour résoudre les difficultés rencontrées concernant les sujets d’interopérabilités entre les différents logiciels / formats des maquettes BIM. J’ai également accompagné certaines entreprises qui débutent leur démarche BIM afin de réaliser des maquettes conformes mais aussi pour exploiter les maquettes pour atteindre leurs missions. 

Universeine : © SOLIDEO / Kreaction / Architectes secteur nord : Clément Vergély architectes/Béal & Blanckaert architectes/
atelier Pascal Gontier/Lina Ghotmeh architecture/Gaëtan LePenuel architectes – Architectes
secteur sud : Atelier d’architecture Chaix & Morel et associés / Triptyque architecture

Quel pourcentage d’architectes travaillent sur Autodesk Revit sur ce grand projet ?

Revit fait partie des logiciels les plus utilisés par les architectes et les bureaux d’études surtout les entreprises générales. Il comprend les différentes disciplines de construction et cela facilite la mission de coordination.

Combien de maquettes sont connectées pour un projet si important ? Et quels sont les grands défis ? Le poids, le géoréférencement, le suivi d’avancement, les vérifications de conflits au quotidien sur un tel modèle ?

Environ 1400 maquettes sont produites et connectées pour le projet du Village des Athlètes. La moitié est pour la phase Héritage et l’autre moitié pour la phase Jeux Olympiques et Paralympiques.

Les grands défis sont liés à la coordination entre les différents acteurs du projet, qui sont très nombreux d’ailleurs, la gestion des phases, mais aussi l’interopérabilité entre les différents environnements BIM. Enfin, assurer la qualité des maquettes BIM qui doivent être prêtes à tout moment et pour tous usages. A ce stade, plusieurs niveaux de contrôles sont nécessaires ; le contenu, la conformité BIM et la cohérence entre les différents modèles. Ces niveaux de contrôles sont répartis entre les équipes : maîtrise d’œuvre, maîtrise d’ouvrages, AMOs BIM et la SOLIDEO.

Votre rôle de BIM Manager doit être gigantesque. Cela doit être l’une des plus grandes maquettes en France ?

C’est la plus grande maquette BIM en France, voire en Europe. Cela implique une organisation méthodique face à la complexité de la maquette : rigueur, suivi, mesurage du degré d’urgence et priorisation des sujets.

Avec quels logiciels compilez-vous les 700 modèles ? Combien de zones y-a-t-il et les maquettes sont-elles structurées par rapport à cela ?

Les maquettes peuvent être compilées sur toutes les applications et logiciels BIM. Nous les choisissons en fonction de l’usage. Navisworks est une solution très adéquate pour accomplir cette compilation et assurer une maquette de revue de projet, surtout avec les différents modes de navigation, fonctionnalités et la qualité visuelle qu’elle assure. Le nombre de zones est variable, les maquettes sont sectorisées et structurées en fonction du découpage des projets.

D’ailleurs, ces modèles BIM évoluent-ils ou vont-ils le faire en fonction de la phase du projet ? S’enrichissent-ils ? Quel LOD utilisez-vous ?

Tout à fait, les maquettes évoluent en fonction de la phase de projet. Cette évolution comprend le Niveau de Développement (LOD) : le Niveau d’Information et le Niveau de Détails Graphiques. Ces exigences sont explicitées au sein d’une annexe spécifique de la Charte CIM/BIM. Nous commençons par la maquette en phase concours qui doit assurer une compréhension de la typologie architecturale du projet et qui peut même remplacer les maquettes physiques des offres. La maquette BIM nous offre un outil pour mieux comprendre le projet, la complexité des niveaux et l’agencement intérieur, etc….

L’espace public est aussi central et très important. Quelle solution logicielle utilisez-vous ?

Les maquettes des espaces publics représentent une partie importante des maquettes des projets Village des Athlètes et Village des Médias. Elles comprennent les voiries, nivellements, réseaux, équipements urbains et éléments de paysage. Ces maquettes sont modélisées au moyen de plusieurs logiciels compatibles CIM et BIM.

©SOLIDEO – TVK – LUXIGON – Anyoji Beltrando architectes

Comment se passe votre quotidien et comment collaborez-vous avec tous ces acteurs ? Est-ce du BIM niveau 2 ?

Nous sommes sur le BIM niveau 2. A la SOLIDEO on considère que le BIM fait partie intégrante du projet, ce n’est pas une démarche en parallèle. A ce stade, je suis en échange permanent avec la direction de la maîtrise d’ouvrage, ce qui est essentiel pour créer une synergie et pour la réussite de cette démarche. Cela permet également de valoriser l’usage du BIM.

Quels sont vos cas d’usages BIM ? Faites-vous de la 4D, de la 5D, logistique et PIC chantier ? Autre ?

Nous avons adopté une démarche de Full CIM / BIM opérationnelle et pragmatique faisant converger l’ensemble des acteurs afin d’exploiter tout le potentiel et les avantages du BIM qui sont multiples : maîtriser la conception, améliorer le pilotage de projet et la réduction des risques, améliorer l’efficacité notamment en phase chantier, maîtriser les délais, optimiser les coûts et contrôler les budgets. Nous avons développé des cas d’usages spécifiques en lien avec les besoins particuliers de la Maîtrise d’ouvrage.

Faites-vous des simulations de performances, notamment liées au développement durable et au carbone, à la sécurité des personnes ?

SOLIDEO érige la démarche CIM/BIM comme l’un des fondements majeurs de la réussite du projet et qui préserve l’intelligence du modèle depuis l’esquisse jusqu’à la construction voire l’exploitation des bâtiments. Nos maquettes BIM constituent un outil propice à l’excellence environnementale (bilans carbone, ensoleillement, etc…), permettant de simuler et mesurer l’impact des constructions sur leur environnement mais aussi diminuer le nombre d’erreurs de coordination et limiter le gaspillage des matériaux. La maquette est utilisée pour assurer l’accessibilité universelle des personnes. Nous développons également l’usage de la maquette pour la gestion des copropriétés dans les bâtiments résidentiels. Il s’agit d’un usage nouveau.

En interne, nous avons développé un usage BIM en phase très avancée : la faisabilité de projet par l’intégration de modèles numériques au sein des environnements SIG ; cela a été un outil important pour la prise de décision et qui a permis de gagner du temps à ce stade.

Quels sont vos grands défis au quotidien ? Et qu’aimez-vous dans votre métier assez exceptionnel ? Vous êtes d’ailleurs seul pour gérer tout cela ou avez-vous une équipe ?

Les challenges sont bien évidemment d’assurer la qualité des maquettes mais aussi maintenir les délais, la coordination, également de valoriser l’usage des maquettes. Pour cela, je travaille avec mon collègue Branislav Punišić, Chargé de mission BIM.

Chaque jour est différent, j’apprécie l’évolution de la technologie BIM et je m’épanouis en me mettant quotidiennement à la page par rapport à la culture numérique. En BIM, il n’y a pas de routine !

Quels livrables demandez-vous et en quels formats ?

Les livrables sont toujours aux formats IFC 2×3 et natifs, en fonction du logiciel de production des maquettes. Les objet BIM sont classifiés en Uniformat II niv.3 – 2015.

Le BIM est un sujet complexe et tout le monde n’est pas en mesure de manipuler de tels modèles. Comment se passe la collaboration avec les autorités ? Avez-vous mis en place un système d’immersion en RV/RA pour qu’elles s’approprient ce jumeau numérique et vous fassent des retours ? De même pour les citoyennes et citoyens, ont-ils accès à vos modèles pour les enquêtes d’utilité publique ?

La maquette BIM est considérée comme le jumeau numérique de nos projets. Autrement dit, c’est le projet en virtuel qui est valable et exploitable pour tous types d’usages. Certaines démarches pour la production de RV/RA sont en cours. Par ailleurs, nous avons développé un outil de concertation citoyenne ‘’Serious Game/visite virtuelle’’ avec un niveau de détail graphique très avancé. Il permet aux citoyens de visualiser le futur Village des Athlètes, de se rendre compte des futurs bâtiments et espaces publics. Cet outil permet également aux habitants de participer à l’aménagement des futurs espaces publics, à travers des dispositifs numériques où l’internaute peut proposer ses propres aménagements. Par exemple en positionnant sur une grille des jeux pour enfants, des bibliothèques partagées, tout type d’équipements urbains et paysagers. Cet outil est disponible sur le site web de la SOLIDEO et également mis à disposition au sein de la maison du projet. Nous travaillons en permanence sur cet outil pour l’améliorer afin de vivre une expérience exceptionnelle.

© SOLIDEO – 2021

Pour tester notre Serious Game, cliquez ici :  https://portal.furioos.com/share/704.528

Avez-vous une stratégie pour l’exploitation et la maintenance avec des jumeaux numériques après la construction ?

Le sujet est en cours de réflexion et les solutions liées à l’exploitation seront basées sur les maquettes BIM DOE.

D’ailleurs, après la construction, qu’adviendra-t-il de tous ces bâtiments ?

Après les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, des travaux de réversibilité des bâtiments seront réalisés pour reconvertir les logements des athlètes en logements familiaux, logements étudiants, bureaux, activités, etc. Les équipements publics, comme les groupes scolaires, seront restitués aux collectivités locales compétentes.

Souhaiteriez-vous dire quelque chose de particulier à nos lectrices et lecteurs ?

L’effort de la SOLIDEO marque un tournant dans l’accélération de l’usage du BIM au travers de sa vulgarisation et démocratisation : c’est un véritable catalyseur qui prouve que le BIM n’est plus une contrainte… c’est un facilitateur en matière de travail collaboratif et itératif. Le retour d’expérience de la SOLIDEO à ce stade est fort. 

Compte tenu de l’évolution du BIM depuis l’apparition de la théorie de Douglas Engelbart dans Augmenting Human Intellect en 1962 jusqu’à la vision de Michel Serres par rapport à la révolution numérique où “la révolution numérique en cours a des effets au moins aussi considérables qu’en leur temps l’invention de l’écriture puis celle de l’imprimerie”. Le BIM ne serait-il donc pas un choix, mais une destinée ? Le processus BIM marque notre histoire : c’est un outil à vocation professionnelle au service de l’acte de construire ensemble la ville de demain…

Alexandre, un grand merci pour votre temps, ce récit passionnant et votre travail impressionnant avec tous vos collègues de la SOLIDEO. Nous vous souhaitons un franc succès dans cette belle aventure historique.

Sur AECbytes, un musée hors du commun conçu en BIM extrême, l’Academy Museum of Motion Pictures

Academy Museum of Motion Pictures, un musée iconique et vertueux rendu possible grâce au BIM

Erik Narhi, Responsable des nouvelles technologies appliquées à la conception chez Buro Happold, décrit la mise en œuvre des technologies AEC dont Autodesk Revit, sur le fabuleux projet de l’Academy Museum of Motion Pictures qui vient juste d’ouvrir ses portes à Los Angeles en Californie et pour lequel, Buro Happold a délivré les services d’ingénierie structure, CVC, plomberie, électricité, ainsi que la conception des éclairages.

Quels sont les éléments chiffrés du projet ? (Type de projet, taille, emplacement, stade de conception ou de construction, équipe de projet, etc.)

L’Academy Museum of Motion Pictures, qui vient d’ouvrir ses portes, est le plus grand musée d’Amérique du Nord consacré aux films et à la culture cinématographique. Le projet comprend une rénovation majeure du bâtiment Saban de 250 000 pieds carrés (à l’origine connu sous le nom de May Company Building) avec une extension sphérique de taille et instantanément emblématique de 45 000 pieds carrés. Le programme du bâtiment Saban comprend des galeries d’exposition, un théâtre de 288 places, deux studios, un restaurant, un café et un magasin du musée de l’Académie. Soutenue par des isolateurs à sa base innovants qui offrent une résistance sismique importante, la sphère abrite le théâtre David Geffen de 1 000 places et un toit-terrasse éblouissant. Les deux bâtiments sont reliés par trois ponts composés d’acier et de verre.

Buro Happold a fourni l’ingénierie structurelle et MEP, l’analyse de données, le conseil en durabilité et la modélisation énergétique, ainsi que la conception d’éclairage. Leurs experts ont collaboré avec les architectes de Renzo Piano Building Workshop et Gensler avec l’entreprise générale MATT Construction supervisant l’exécution de la conception. Enfin, l’Academy Museum a été certifié LEED Gold par l’USGBC.

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