Lancement officiel du “Global BIM Network” ou “Réseau mondial du BIM”

Connecter les représentants internationaux du secteur public, des organisations multilatérales et des bailleurs de fonds d’infrastructure pour faire progresser la numérisation de l’environnement bâti mondial

Le réseau mondial BIM pour “Global BIM Network” a été récemment lancé, rassemblant plus de 2 000 représentants du secteur public et bailleurs de fonds d’une centaine de pays.

Ce réseau vise à «connecter des représentants internationaux du secteur public, des organisations multilatérales et des bailleurs de fonds d’infrastructure pour faire progresser la numérisation de l’environnement bâti mondial».

Révélé lors du récent Global BIM Summit (organisé par le Center for Digital Built Britain), le réseau est soutenu par le Construction Innovation Hub et le Foreign, Commonwealth and Development Office.

Le réseau est le «développement naturel des collaborations internationales entre les gouvernements et les organisations multilatérales dans le cadre de l’agenda de la numérisation dans le secteur de la construction et de l’environnement bâti. Le Réseau mettra en relation les membres travaillant sur des développements similaires dans différentes parties du monde avec des défis similaires afin de partager des idées, des ressources et des leçons apprises. »

Le réseau mondial BIM guidera également le développement en cours de la plateforme Global BIM, un référentiel en ligne à accès libre pour le secteur public mondial et les bailleurs de fonds d’infrastructure à la recherche de conseils, de documentation, de protocoles, de manuels opérationnels, de tests, d’outils, de matériel de formation et autres ressources pour faciliter l’introduction stratégique du BIM dans le monde entier.

Adam Matthews, président du réseau mondial BIM, a déclaré: «Le réseau mondial BIM vise vraiment à rassembler tout le monde. Il ne s’agit pas d’un pays ou d’une région en particulier. Il s’agit de rassembler toutes nos meilleures pratiques et notre savoir et de créer de meilleurs résultats pour les personnes et les lieux. C’est une vision collective et globale qui profite au secteur public, au secteur privé, et une vision qui, en fin de compte, améliorera les résultats pour l’environnement bâti mondial. »

La ministre britannique de la Construction, Anne-Marie Trevelyan, a de même déclaré: «La numérisation de la construction créera des infrastructures meilleures et plus résilientes, tout en minimisant les impacts du changement climatique. Cela nécessite une collaboration étroite entre les gouvernements et l’industrie de l’AEC (Architecture, Ingénierie et Construction), et le lancement du réseau mondial BIM est une prochaine étape vitale.

«En réunissant des décideurs politiques du monde entier, le Réseau s’engage à prendre en compte la capacité numérique du secteur public en créant des infrastructures qui soutiennent notre ambition de reconstruire de manière plus verte et d’améliorer la prospérité pour toutes les personnes et tous les lieux.»

Lakisha Ann Woods, PDG de l’Institut national américain des sciences du bâtiment, a déclaré: «Le secteur de la construction est historiquement siloté, devant se développer individuellement, ce qui rend essentiellement tout inefficace. Alors que les États et les organisations ont des pratiques et des systèmes différents, les composants de la construction d’une infrastructure sont essentiellement les mêmes. Si nous pouvons utiliser des processus et des structures d’information communs, nous pouvons les créer et les partager ensemble. La même chose peut s’appliquer à l’échelle mondiale pour permettre une expertise partagée. »

Gonzalo Rivas, chef de la division de la compétitivité, de la technologie et de l’innovation à la Banque interaméricaine de développement, a enfin déclaré : «Nous pensons que le plus important est de niveler les règles du jeu numériques, de manière à ce que tous les pays puissent commencer à prendre part progressivement, avec des avantages de plus en plus importants pour la numérisation de la construction. Et nous savons que le BIM est le premier et grand pas dans cette direction.

Pour en savoir plus sur le réseau et la plateforme, visitez le site du Global BIM Network ici : http://www.globalbim.org/

Téléchargez le rapport d’impact 2021 Autodesk

Un message de notre PDG Andrew Anagnost “Un monde meilleur conçu, imaginé et fait pour tous…”

Il y a un an, nous étions déjà parfaitement conscients de l’importance de la décennie capitale à venir. Et pourtant, 2020 nous a surpris et mis à l’épreuve de manière inédite : une année définie par une pandémie globale, des demandes mondiales de justice raciale, des inégalités croissantes, une instabilité politique et un climat qui se réchauffe – avec un mélange d’humilité et d’optimisme.

Par-dessus tout, l’année a démontré l’importance cruciale de s’adapter à notre monde en constante évolution. J’ai été profondément inspiré par la force et la résilience durables de notre communauté mondiale, ainsi que par celles des clients, employés et partenaires d’Autodesk dans le monde entier. Je suis honoré et reconnaissant qu’Autodesk soutienne et donne des moyens aux équipes nouvellement réparties afin d’accélérer la transformation numérique et d’utiliser toute la puissance du cloud pour concevoir et fabriquer tous types d’objets et environnement bâti de manière totalement nouvelle.

En ce qui concerne la décennie à venir, je suis confiant dans l’élan derrière le capitalisme des parties prenantes et la volonté de mesurer et d’améliorer les performances environnementales, sociétales, sociales et de gouvernance parallèlement aux rendements financiers. En fait, je crois que la voie vers des rendements financiers durables à long terme est définie par les besoins de nos parties prenantes, en particulier ceux de nos clients. De plus en plus de nos clients alignent leurs objectifs de croissance sur les objectifs de développement durable des Nations Unies, montrant une approche équilibrée de la création de valeur.

Cela fait plus de dix ans que nous avons lancé notre premier rapport de développement durable chez Autodesk. Cette année marque un nouveau chapitre pour nous, ayant affiné notre stratégie d’impact pour accélérer les résultats positifs.

En tant qu’entreprise, nous restons fidèles à notre engagement à travailler en partenariat avec nos clients et industries pour :

  • Permettre de meilleurs choix énergétiques et de matériaux réduisant les émissions de GES et les déchets
  • Accélérer la conception et la fabrication de produits et d’endroits plus sûrs, plus sains et plus résistants et
  • Faire progresser l’équité et l’avancement, tout en aidant les personnes à apprendre, à s’adapter et à prospérer grâce au changement.

Partenariat avec les clients

Indéniablement, notre plus grande opportunité de créer un impact positif à grande échelle est de soutenir nos clients avec les technologies dont ils ont besoin pour obtenir des informations, prendre de meilleures décisions et obtenir des résultats supérieurs. Notre plateforme logicielle permet d’automatiser des processus complexes et de transformer les données en informations exploitables qui permettent aux innovateurs d’améliorer l’impact de tout ce qu’ils conçoivent, fabriquent, possèdent et exploitent. Les solutions cloud et les environnements de données connectés alimentent l’innovation – à travers la technologie, les processus, les chaînes d’approvisionnement et les industries. Cette opportunité ne fait que s’accélérer.

Au cours de l’année dernière, nous avons annoncé les acquisitions de Pype, Spacemaker et Innovyze pour aider les clients à automatiser et à obtenir des informations sur l’efficacité des processus de construction, les aménagements de sites de construction durables et les projets d’infrastructure hydraulique. Nous avons lancé le programme de certification Autodesk pour permettre aux utilisateurs professionnels et aux étudiants du monde entier d’acquérir de nouvelles compétences et avons créé une plateforme en ligne de parcours d’apprentissage pour chacun des secteurs que nous servons.

Faire progresser les industries

Pourtant, les progrès d’aujourd’hui exigent que nous travaillions au-delà des industries pour accélérer la collaboration intersectorielle et catalyser l’innovation à l’échelle de l’industrie. L’année dernière, Autodesk, la Fondation Autodesk et les employés d’Autodesk ont ​​augmenté nos dons philanthropiques pour répondre au COVID-19, aux catastrophes naturelles, à l’injustice raciale et à la montée des inégalités. Au cours de l’année, Autodesk et la Fondation Autodesk ont ​​donné 16,8 millions de dollars et 28,9 millions de dollars en logiciels Autodesk à des organisations à but non lucratif et à des entreprises à vocation sociale du monde entier. Les employés de 38 pays ont fait don d’un montant record de 2,42 millions de dollars, soutenu par des abondements de 2 pour 1 et 1 pour 1 de la Fondation Autodesk.

Nous croyons également qu’il faut inciter les gouvernements à conduire des politiques publiques dans le monde entier qui permettent aux personnes de concevoir et de créer un monde meilleur. L’année dernière, nous avons mené un effort avec d’autres marques technologiques pour exhorter le Congrès à inclure le soutien au développement de la main-d’œuvre, y compris les compétences numériques, dans la législation de secours relative au COVID.

Lire le rapport d’impact Autodesk 2021 ici.

Améliorer nos opérations et notre fonctionnement

Nous continuons à nous améliorer en tant qu’entreprise, en faisant progresser nos pratiques commerciales durables et en donnant aux employés les moyens d’avoir un impact positif. Nous avons atteint notre objectif d’émissions carbone nettes nulles en lançant l’Autodesk Carbon Fund avec un prix actualisé du carbone. Nous annonçons maintenant notre prochain objectif de réduction des émissions de GES fondé sur la science, en équilibrant notre concentration sur des opérations efficaces avec nos engagements à zéro émission nette de carbone et à 100% d’énergie renouvelable.

Nous nous engageons également à créer une main-d’œuvre plus diversifiée avec une forte culture d’appartenance. Le conseil d’administration d’Autodesk est composé à 50% de femmes, et 45% de notre équipe de direction est composée de femmes, contre 27% en 2018. Nous travaillons à créer un environnement inclusif et je suis fier que chaque employé régulier de l’entreprise soit impliqué et partie prenante de l’entreprise notamment par le biais d’attributions d’actions ou d’incitations financières à long terme. Enfin, nous annonçons de nouveaux objectifs qui augmenteront la diversité dans l’ensemble de notre base d’employés et de nos rôles de direction.

L’année dernière a prouvé sans aucun doute que nous vivons dans un monde de plus en plus interconnecté et fragile. Bien que les défis restent de taille, notre potentiel collectif est plus fort que jamais. Il est maintenant temps de travailler ensemble pour redéfinir les frontières, briser les barrières, libérer les talents et libérer des informations dans tous les secteurs.

Cette décennie exige plus d’action de notre part à tous et je suis convaincu que, collectivement, nous relèverons le défi. Veuillez vous joindre à nous dans notre voyage pour concevoir un monde plus durable, résilient et équitable.

Lire le rapport d’impact Autodesk 2021 ici.

Une interview passionnante de Richard Petrie, Directeur Général monde de buildingSMART International – Accélérer la transition numérique grâce à l’openBIM

Avec la généralisation des obligations BIM pour le secteur public dans le monde entier et une grande majorité de projets développés, construits et gérés en BIM, l’openBIM affirme plus que jamais son importance stratégique dans l’industrie de l’AEC. Fondée en 1995, buildingSMART est l’organisation internationale chargée de créer et de développer des méthodes de travail numériques ouvertes pour le secteur des actifs construits. Les standards buildingSMART tels que le format IFC et ses différents schémas aident les propriétaires, maîtres d’ouvrage et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement à travailler plus efficacement et en collaboration tout au long du cycle de vie du projet et des actifs.
Aujourd’hui, nous avons le grand honneur et plaisir d’accueillir Richard Petrie, Directeur Général de buildingSMART International qui répondra à nos questions pour nos lecteurs.

Bonjour Richard et bienvenue sur ABCD Blog. Pourriez-vous s’il vous plaît vous présenter et nous parler de votre parcours en quelques mots ?

Bonjour Emmanuel, merci pour votre invitation. Je suis tout d’abord un leader du secteur des actifs construits avec une expérience commerciale dans toute la chaîne de valeur et une bonne vision globale de l’importance stratégique des standards de données ouverts pour l’ensemble du secteur. Je suis ensuite Ingénieur et enfin homme d’affaires. Enfin, je suis quelqu’un de pratique, pragmatique et axé sur les résultats positifs.

Tout le monde connaît buildingSMART International dans l’industrie de l’AEC, mais ses objectifs ont largement évolué au cours des dernières années. Pouvez-vous nous présenter votre organisation et ses buts et objectifs ?

buildingSMART est l’organisation mondiale qui pilote la transformation numérique de l’industrie des actifs bâtis. buildingSMART s’engage à apporter des améliorations par la création et l’adoption de normes et de solutions internationales ouvertes pour les infrastructures et les bâtiments. buildingSMART représente une communauté de visionnaires qui travaillent à transformer les secteurs de la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance des actifs bâtis. buildingSMART est une organisation à but non lucratif ouverte, neutre et internationale. À la base, buildingSMART développe l’écosystème nécessaire pour accélérer l’atteinte d’objectifs durables afin de répondre à une demande toujours croissante à une époque de besoins et de défis réels de l’industrie de l’AEC. »
A titre personnel et pour faire une différence réelle et significative dans l’industrie que nous servons, je pense que notre programme de développement durable devrait être au premier plan et que des flux de travail numériques à valeur ajoutée pourraient nous aider à nous attaquer à ce programme.

Quel est votre rôle en tant que Directeur Général ? Comment le conseil est-il organisé ?

Ma mission principale a été de professionnaliser buildingSMART. Je m’efforce également de faire de nous une organisation accueillante et attrayante avec laquelle travailler et respectée en tant qu’organisme industriel du futur ; à la fois moteur de la transformation numérique et un partenaire sûr pour maintenir les normes de l’industrie avec une vision à long terme.
Le conseil d’administration de bSI est élu par nos chapitres. Les membres du conseil sont élus pour une mandature de 2 ans. Il y a un maximum de 9 membres du conseil d’administration et ils jouent un rôle essentiel dans la gouvernance et l’orientation que prend la communauté.

Combien de chapitres avez-vous dans le monde ? S’agit-il d’une organisation centralisée ou chaque chapitre a-t-il sa propre indépendance et ses propres stratégies ? Jouent-ils le même rôle que le Chapitre international ?

Nous avons actuellement 28 chapitres et cette liste s’allonge en continu. Nous souhaitons atteindre des zones géographiques clés où nous sommes encore sous-représentés et nous avons eu beaucoup d’expressions d’intérêt de la part des marchés émergents et nous tenons à les accompagner dans leur démarrage.
Les chapitres sont des organisations indépendantes créées dans leurs pays respectifs. Ils jouent un rôle essentiel dans le soutien à la création et à la mise en œuvre d’approches et de normes openBIM aux niveaux international et national. Essentiellement, les chapitres sont l’organe de gouvernance le plus élevé de bSI, nos «propriétaires ou maîtres d’ouvrage» si vous souhaitez. Individuellement, bSI a des accords opérationnels spécifiques avec tous les chapitres qui nous permettent de fonctionner en tant qu’organisme connecté et coordonné. La communauté bénéficie d’un solide réseau de chapitres et d’un centre professionnel avec bSI. Nous coordonnons de nombreuses activités telles que les sommets, les conseils, les guides utilisateur et bien plus encore.

Qui sont vos membres ? Est-ce que tous les intervenants types de l’AEC tels que les maîtres d’ouvrage, les architectes, les ingénieurs, les entreprises sont représentés ? Et quelle est l’importance des éditeurs de logiciels dans cette organisation ?

Nous avons environ 60 membres aujourd’hui. Nos membres sont la colonne vertébrale de buildingSMART dans la mesure où notre capacité à diriger et à organiser dépend de leur engagement. L’adhésion est souvent un grand pas en avant pour les entreprises, mais les membres permettent d’avoir un noyau solide et professionnel. La croissance du nombre de membres a été régulière, mais le programme de transformation de l’industrie exige que davantage de membres s’engagent pour y arriver. L’écosystème demande à chacun de peser et d’aider à façonner l’avenir.
Nos membres sont environ pour un tiers des propriétaires-exploitants, un tiers des acteurs de l’AEC et le dernier tiers, des éditeur de logiciels avec des membres supplémentaires dans le domaine de l’enseignement et de la recherche. C’est un bon équilibre que je souhaite maintenir car il reflète également l’ensemble de la communauté que nous servons.

Dans l’industrie de l’AEC, pourquoi l’openBIM et les normes de données ouvertes sont-ils si importants ? Et selon vous, pourquoi a-t-il pris autant d’importance aussi rapidement et de façon spectaculaire ces dernières années ?
Le besoin d’openBIM a énormément augmenté et je mets cela sur le compte de plusieurs raisons. Premièrement, il y a des facteurs stratégiques qui ont un impact. L’avenir est aux données et la dynamique de la transformation numérique nécessite l’adoption de normes ouvertes avec les avantages qu’elles apportent. Des améliorations économiques sont nécessaires pour accroître la productivité et les performances, qui ne peuvent être obtenues que grâce à de meilleurs flux de travail numériques. Il y a aussi un énorme besoin pour une façon de travailler plus durable. Cela pourrait notamment signifier que l’industrie de la construction soit neutre en carbone, par exemple pour mieux comprendre les émissions ayant un impact sur notre environnement.

Il y a bien sûr un dernier point critique : le concept d’interopérabilité qui est fondamental dans la vision de l’openBIM. Sans ces principes, nous ne pouvons pas accélérer la transformation numérique ou donner confiance dans la gestion des données à long terme nécessaire pour gérer l’industrie des actifs construits à l’avenir.

Vous pouvez clairement le constater dans notre programme de récompenses et notre book récemment publié. La croissance du nombre et de la qualité des dossiers déposés est agréable à voir et prouve la nécessité de démontrer les principes de l’openBIM. Par exemple, l’un de ces projets, l’aéroport d’Auckland en Nouvelle-Zélande a placé l’openBIM au cœur de leur soumission. Je souhaiterais souligner la citation de l’étude de cas selon laquelle «l’openBIM nous a permis de faire plus avec moins en étant libre de travailler entre plusieurs outils selon les besoins, sans avoir à travailler avec les contraintes d’un seul logiciel. Il place la production au centre, ce qui, dans la réalité d’une société, est ce qui compte le plus.
Il convient également de noter que les maîtres d’ouvrage et les gouvernements ont reconnu le besoin et l’opportunité liés au fait que le secteur soit trop fragmenté pour changer par lui-même et poussent donc le concept d’openBIM pour réduire cette fragmentation.
Enfin, bSI a ajouté les domaines des infrastructures linéaires à ses axes de travail, ce qui a démontré l’importance de pouvoir s’étendre à de nouveaux domaines d’intérêt. Cela a radicalement changé notre portée et nos projets futurs et a contribué à sensibiliser davantage à l’importance stratégique de l’openBIM.

Nous savons que l’industrie de la construction est à la traîne et qu’elle n’a pas évolué depuis plus de 50 ans maintenant et n’a donc pas fait sa transition. Pensez-vous que l’écosystème AEC a parfaitement compris les enjeux de la digitalisation et l’importance du BIM et des standards ouverts ?
Non, pas vraiment, mais l’industrie est immense, les clients ne reconnaissent souvent pas qu’ils font partie de l’industrie, elle est donc très fragmentée.
De plus, il y a beaucoup de structuration à faire – une fois que cela sera fait, nous serons en mesure de réduire la complexité pour la plupart des acteurs – nous avons donc besoin de leaders visionnaires pour s’engager et aider à définir une direction commune.
Une chose vraiment importante est que tous ceux qui se trouvent dans cet espace travaillent ensemble. Nous devons être alignés plutôt que de nous considérer comme des concurrents et éviter de réinventer la roue. L’un des plus grands risques pour le progrès est la fragmentation parmi les partisans de nouvelles solutions.

Comment travaillez-vous avec les gouvernements et l’industrie pour apporter ce changement ?
Cela varie en fonction des régions et nous sommes engagés au niveau mondial. Les gouvernements sont à la fois des dirigeants politiques et des maîtres d’ouvrage à part entière et leur contribution peut contribuer à façonner le programme.
Nous nous positionnons pour aider et soutenir les gouvernements de la manière la meilleure et la plus appropriée possible. En règle générale, nos chapitres sont les principaux contacts avec les gouvernements, comme vous vous en doutez. Mais derrière les engagements quotidiens du programme BIM, les gouvernements stimulent la demande de normes ouvertes et reconnaissent que les organisations telles que bSI sont essentielles. Les normes ouvertes ne fournissent la valeur attendue que lorsqu’elles sont internationales.

Nous avons vu votre implication s’étendre de la certification des logiciels aux certifications des personnes et des organisations récemment, à la rédaction de livres blancs et de documents, la mise en place de groupes de travail, l’organisation de séminaires pour nourrir la communauté openBIM, ainsi que des développements de solutions comme le dictionnaire de données buildingSMART (bSDD). Pourquoi avez-vous décidé de vous diversifier de cette façon et cela sera-t-il encore plus le cas à l’avenir ?
Cela nous ramène directement à notre mission “fournir la pleine valeur des méthodes de travail numériques ouvertes” Nous ne pouvons pas faire cela par les seuls standards, ils doivent être utilisables numériquement (d’où bSDD, etc.), les choses doivent être fiables, donc la qualité doit être appliquée (d’où les certifications) et la portée des solutions techniques disponibles est trop étroite (d’où la nécessité d’élargir l’étendue de notre communauté).
Ces idées sur les besoins sont les raisons de nos trois programmes : Utilisateur, solutions et standards et conformité. Je ne m’attends pas à changer ce cadre, mais je peux le voir grandir pour inclure plus de sujets, plus de domaines, plus d’investissements dans de nouvelles initiatives pour répondre à la demande croissante.

Vous couvrez de nombreux segments de marché comme les infrastructures, le bâtiment, le rail, les aéroports, les routes, les tunnels, etc. Mais quelles sont les “Rooms” les plus importantes pour vous ? Sont-elles traitées sur un même pied d’égalité ou existe-t-il une notion de priorité entre toutes ?

buildingSMART ne priorise pas une Room par rapport à une autre, nous répondons à l’engagement et la demande du «marché». Les extensions de domaine dans l’infrastructure constituaient une énorme lacune il y a 5 ans et les clients gouvernementaux l’ont très clairement indiqué. Je suis très heureux que nous ayons pu répondre à ce besoin. L’industrie a également besoin d’une base agile moderne pour nos normes, nous travaillons donc sur le développement technique en parallèle et accueillons toute nouvelle extension dans des domaines sur lesquels nous ne nous concentrons pas actuellement, tels que l’eau ou l’énergie.

Le seul domaine pour lequel j’estime que nous n’ayons pas fait les progrès escomptés jusqu’à présent est le développement des fonctionnalités et de l’utilisation dans le domaine des Bâtiments, ce qui est directement lié au fait que ce secteur est extrêmement fragmenté. Nous avons récemment introduit l’outil de gestion de cas d’utilisation (UCM) qui permet à toutes les parties prenantes de développer en collaboration leurs projets dans un espace de co-création et de les publier ensuite sur le site web de l’UCM. C’est un grand pas en avant pour pouvoir se concentrer sur les domaines qui bénéficieront le plus de la transformation numérique. Avec effet immédiat, toutes les Rooms du programme buildingSMART International et leurs projets peuvent accéder à des exigences d’échanges spécifiques d’entrée et bien sûr rechercher des cas d’usages existants pour aider avec de nouvelles propositions d’activités.
Ce qui se passe maintenant est passionnant et représente quasiment une explosion d’intérêt pour l’openBIM ! Nous travaillons dur pour amener toutes les nouvelles parties prenantes du domaine à travailler de manière alignée et éviter la fragmentation des efforts avec une tendance à réinventer la roue.

L’IFC est au centre de l’interopérabilité dans de nombreux cas, mais pensez-vous également que d’autres normes ouvertes soient essentielles comme le BCF, le GBxml, etc. ? Et comment vous assurez-vous qu’ils évoluent tous de manière cohérente et synchrone ?

C’est une question stratégique. Je voudrais parler du cadre d’interopérabilité que j’ai présenté lors du récent sommet virtuel buildingSMART. Je trouve que c’est une bonne façon de décrire comment toutes les pièces du puzzle s’emboîtent. Notre position est cruciale, tout comme les interrelations nécessaires pour faire face à l’agenda croissant. Nous devons trouver des méthodes modernes pour être plus agiles, accessibles et productifs et nous associer aux bonnes entreprises pour le faire.
À bien des égards, c’est le Far West pour les idées de données ouvertes maintenant – c’est formidable, mais cela renforce également la nécessité de parvenir à un consensus et d’un organe pour définir la direction du leadership. C’est ce que nous, bSI essayons de faire. Nous avons besoin de personnes, d’entreprises et de gouvernements pour adhérer à notre rôle à l’avenir et à nous aider à progresser. Nous devons travailler pour construire cet écosystème et l’adhésion aux principes de l’openBIM est cruciale.
Bien sûr, à notre niveau, nous avons des feuilles de route et nous continuerons à définir l’orientation tout en élargissant l’engagement. Nous devons renforcer la confiance à long terme derrière les normes, construire des systèmes de normes et les maintenir pertinents.

Vous avez récemment signé un accord avec l’ODA (Open Design Alliance) pour renforcer encore l’interopérabilité. Comment voyez-vous la future collaboration avec cette organisation à l’avenir ? Et quels avantages cela apportera-t-il à l’industrie AEC ?

Je considère notre relation avec l’ODA comme complètement symbiotique; plus ils aident à la mise en œuvre des normes, mieux c’est. En ayant une relation étroite, nous pouvons accélérer à la fois l’élaboration de normes (en veillant à ce que ces normes fonctionnent) et leur mise en œuvre par les fournisseurs.
Il ne s’agit cependant pas d’une relation exclusive – les autres éditeurs de «kits d’outils d’interopérabilité» sont invités à nouer des relations similaires avec nous. L’ODA a cependant été très rapide dans le soutien de nos normes, comme l’IFC 4.3 et ils ont font preuve d’une grande agilité et d’un soutien au travail que nous accomplissons.

Nous vous voyons également impliqués dans d’autres initiatives telles que DigiPLACE au niveau européen, ou les groupes de travail du CEN, etc. et il est évident que les normes numériques ouvertes sont la voie à suivre. Pourquoi est-ce si important pour vous de faire partie de ces diverses initiatives ?

Je souhaiterais aborder cela en deux parties :

  • Le CEN est l’organisme de normalisation européenne et nous sommes des partenaires de liaison officiels avec le CEN (comme nous le sommes avec l’ISO). Cette relation est importante à deux égards – pour les nouveaux travaux, il est important pour nous de nous aligner – car les normes que nous créons sur l’adoption par le CEN sont vitales. Nous en avons besoin pour rendre nos normes utilisables à long terme et notre relation a toujours été très importante.
  • Deuxièmement, le travail de recherche et d’élaboration de politiques de l’UE est une opportunité importante pour nous de poursuivre le développement des normes. Actuellement, les «règles» du jeu excluent les organismes de normalisation et une grande partie du travail effectué dans le cadre du projet de l’UE est perdue et gaspillée. Mon objectif est de devenir reconnu comme l’organisme qui peut aider à tirer parti et à maintenir les résultats des divers projets.

L’ISO 19650 est devenu un incontournable aussi bien pour l’industrie de l’AEC que pour le BIM. Comment votre organisation collabore-t-elle avec bsi (British Standards Institute) ?

Notre Chapitre britannique a une relation très étroite avec bsi et pour tous ces types d’organismes «locaux», nous soutenons le rôle actif joué ici.
Pour en revenir à mon cadre de référence, bS ne peut pas tout faire, l’ISO 19650 est un travail très important et je pense que nous aurons bientôt un groupe d’implémentation ISO 19650 dans le cadre de notre programme utilisateur. Nous nous sommes concentrés à élargir le standard IFC aux cadres de soutien et à ajouter des services pour aider à sa mise en œuvre.

Pourquoi la collaboration avec les éditeurs de logiciels est-elle si importante pour vous et comment la voyez-vous évoluer à l’avenir ?
Pour moi, il est évident que les «normes théoriques» sont inutiles. Notre relation avec les éditeurs est cruciale et se développera à mesure que l’agenda du jumeau numérique se développera. Je vois des sujets tels que la durabilité, l’accord vert et l’adoption numérique comme quelque chose que la communauté des éditeurs de logiciels doit diriger. Les flux de travail numériques permettront à notre industrie d’être plus efficace, plus productive et plus agile. Nous devons nous soutenir les uns les autres dans ce processus et être ouverts sur les bonnes perspectives.
Il convient également de noter que la mise en œuvre est un gros problème, non seulement pour les éditeurs mais pour toute la communauté. On me demande souvent «combien d’éditeurs de logiciels sont engagés avec bSI» et la réalité est très forte.

Qu’avez-vous le plus apprécié dans votre collaboration avec Autodesk au cours des dernières années ?

Premièrement, Autodesk a été l’un des créateurs de fonds d’origine en 1995, comme on le sait, mais ils ont également été l’un des éditeurs qui ont intensifié leur implication dans l’openBIM lorsque j’ai rejoint pour la première fois bSI en tant que premier responsable professionnel. C’était un pari incertain à l’époque, mais vous l’avez honoré, tout comme bSI et je pense que nous pouvons dire que buildingSMART est bien mieux placé pour relever les défis du futur maintenant qu’il ne l’était alors. Je remercie Autodesk pour son engagement à long terme et je suis ravi de voir le partenariat évoluer.

Je peux aussi dire que j’ai vraiment remarqué et vécu un réel changement récemment – on a la sensation que vous êtes vraiment moteur pour les normes ouvertes maintenant et que vous nous faites avancer – je pense que c’est passionnant pour nous tous. Je suis au courant que vous lancez une campagne sur les «données ouvertes» et cela est important – nous voulons que tous nos éditeurs soient solidaires et ouverts et aident à numériser notre industrie.

La COVID-19 a été un choc pour le monde et pour l’industrie de l’AEC. Comment l’avez-vous vécu et cela a-t-il changé quelque chose dans votre stratégie et vos orientations pour l’avenir en mettant à nu des aspects non anticipés auparavant de la transition numérique ?

Curieusement, la pandémie a été une sorte de stimulant pour le travail numérique et le besoin accru de travailler à distance a, je pense, apporté une reconnaissance plus large de l’agenda de la transition numérique et des besoins y étant liés. Vous ne pouvez pas parler de «transformation numérique» sans en assumer autant que vous le pouvez en interne. Cela a bien sûr un coût et nous ressentons le besoin de soutenir les autres pendant cette période. Nous espérons que les choses pourront bientôt revenir à la «normale» et que les entreprises continueront de prospérer.
Nous avons une équipe solide et nous avons pu «passer au numérique et au virtuel» dès que la pandémie a frappé. Les sommets virtuels ont atteint un public plus large et de nouveaux visages sont apparus dans notre travail. Nous avons qualifié cela de succès, ce qui est bien sûr relatif, mais nous avons réussi à maintenir et, dans certains cas, à accélérer le travail que nous faisions, de sorte que notre impact a été moins sévère que dans d’autres secteurs.
Cela a également défini la manière dont nous nous engageons dans l’avenir. Auparavant, il s’agissait de réunions 100% physiques, mais je peux voir comment un sommet hybride nous permettra de servir l’ensemble de la communauté. C’est une époque passionnante et nous attendons avec impatience de voir ce que l’avenir nous réserve.

Les jumeaux numériques étant davantage sur le devant de la scène, qu’est-ce que buildingSMART pourrait apporter pour aider l’industrie AEC dans ce domaine ?
Comme l’indique notre article sur le leadership éclairé, les jumeaux numériques aideront à concrétiser le concept d’un «écosystème d’écosystèmes». Nous voulons définir le rôle de l’IFC, de bSDD et d’autres futurs services pour répondre à la demande croissante sur ce sujet. Le jumeau numérique peut aider à s’aligner et à inspirer et nous jouons un rôle de premier plan. Des normes sont nécessaires et nous avons concentré notre travail sur trois domaines : les normes pour les modèles de données, les normes pour la gestion et l’intégration des données, et la sécurité et la confidentialité. Il y a bien sûr d’autres domaines importants, mais nous voulons aider à définir quelques cas d’utilisation utiles. Je considère l’IFC comme la colonne vertébrale et je souhaite découvrir comment cela peut s’appliquer aux jumeaux numériques. Nous avons une position très forte et je tiens à maintenir notre leadership ici.
Donc, en un mot, le schéma IFC et la sémantique qu’il inclut fourniront la base pour la fonctionnalité de jumeaux numériques ouverts et neutres à l’avenir – j’en suis certain et j’apprécie toutes les contributions du monde entier.

Quel est l’avenir de l’IFC ou votre vision de l’IFC du futur ? Comment doit-il évoluer ?

L’IFC, y compris les concepts de modèle de données, la sémantique très substantielle et les règles de flux de travail, devraient être au cœur des méthodes de travail numériques ouvertes pour l’industrie des actifs construits, au cœur des jumeaux numériques et totalement agile et flexible pour répondre aux futurs calculs et besoins de traitement de calcul des données. Nous avons publié notre feuille de route technique et la vision pour l’avenir est radieuse. Cela signifie que pour les éditeurs de logiciels, la certification sera plus facile. Pour l’élaboration de normes, les possibilités seront plus grandes et pour les utilisateurs finaux, davantage de services seront ajoutés pour répondre aux besoins croissants. Le format IFC est essentiel pour l’industrie et il est essentiel que nous développions un bon leadership pour réaliser son potentiel.

Richard, merci beaucoup pour cette interview très passionnante. Nous sommes convaincus que l’openBIM est stratégique pour notre environnement bâti quel qu’il soit. Maintenons et renforçons notre excellente collaboration à l’avenir.

A propos de buildingSMART International: https://www.buildingsmart.org/

An exciting interview of Richard Petrie, Chief Executive of buildingSMART International – Accelerating the digital transition thanks to openBIM

With BIM mandates expanding all around the world and a vast majority of projects being developed, built and managed in BIM, openBIM has become an important and strategic subject in the AEC Industry. Founded in 1995, buildingSMART is the international organization in charge of creating and developing open digital ways of working for the built asset industry. buildingSMART standards like IFC and its differents schemas help owners and the entire supply chain work more efficiently and collaboratively through the entire project and asset lifecycle.

Today, we have the extreme honor and pleasure to welcome Richard Petrie, Chief Executive of buildingSMART International who will answer our questions for our readers.

Hi Richard and welcome on ABCD Blog. Could you please introduce yourself and tell us about your background in a nutshell?

Hi Emmanuel, sure:

  • A leader from the built asset industry with business experience across the value chain and insights into the strategic importance of open data standards for the entire industry
  • Engineer (1st degree) and a businessman (2nd degree)
  • Practical, pragmatic and focused on successful outcomes.

Everybody knows buildingSMART International in the AEC Industry but its focus has widely evolved in the last few years. Could you present us your organization and its goals and objectives?

buildingSMART is the worldwide industry body driving the digital transformation of the built asset industry. buildingSMART is committed to delivering improvement by the creation and adoption of open, international standards and solutions for infrastructure and buildings. buildingSMART is the community for visionaries working to transform the design, construction, operation and maintenance of built assets. buildingSMART is an open, neutral and international not-for-profit organization. At its core, buildingSMART is developing the ecosystem needed to accelerate sustainable goals to meet an ever-increasing demand during a time of real industry need and challenges.”

Personally – to make a real and meaningful difference to the industry we serve. I believe our sustainability agenda should be at the fore and enabling digital workflows could help us tackle this agenda.

What is your role as a Chief Executive and how is the board organized?

My primary brief has been to professionalize buildingSMART. I also strive to make us a welcoming and attractive organization to work with and one that is respected as the industry body of the future; both driving digital transformation and a safe and secure party to maintain industry standards with a long-term view.

The bSI Board is elected by our Chapters. Board members are elected for 2-year terms. There is a maximum of 9 board members and they provide a critical role in the governance and direction the community takes.

How many chapters do you have worldwide? Is it a centralized organization or does each chapter has its own independence and strategies? Do they play the same role as the International Chapter?

We currently have 28 Chapters and this list is growing. We are keen to reach key geographies where we are still underrepresented and have had a lot of expressions of interest from emerging markets and we are keen to support them in getting started.

Chapters are independent organizations set up in their respective countries. They play a critical role in supporting the creation and implementation of openBIM approaches and standards both internationally and nationally. Essentially, Chapters are bSI’s most senior governance body, our ‘owners’ if you like. Individually bSI has specific operational agreements with all Chapters which allow us to operate as a connected and coordinated body. The community benefits from a strong Chapter network and a professional center with bSI. We coordinate on many activities such as Summits, Councils, User Guides and, much more.

Who are your members? Do they include all the typical AEC stakeholders like owners, architects, engineers, contractors? And what is the importance of Software Vendors in that organization?

We have about 60 members today; members are the backbone of buildingSMART in that our ability to lead and organize is dependent on engagement. Membership is often a big step for companies but members allow for a strong and professional core. Growth in membership has been steady, but the agenda to transform the industry requires more members to engage to make it happen. The ecosystem requires everyone to weigh in and help shape the future.

Our members are approximately a third owner-operators, a third AEC actors and a third software vendors with additional members in education and research companies. It’s a good balance which I want to maintain as it also reflects the whole community we serve.

Switching to the AEC Industry, why openBIM and open data standards are so important? And according to you, why has it evolved so rapidly and dramatically these past years?

The need for openBIM has grown immensely and I put it down to a few reasons. Firstly, there are strategic drivers impacting this. The future is data and the drive for digital transformation requires the adoption of open standards and the benefits it brings. There is a need for economic improvement to drive greater productivity and performance enhancements that can only be derived through better digital workflows. There is also a huge drive for a more sustainable way of working. This could include the construction industry being carbon neutral for example of better understanding the emissions impacting our environment. There is of course a final and critical point: the concept of interoperability which is fundamental to the vision of openBIM. Without these principles, we cannot accelerate the digital transformation or provide confidence in the long-term data management needed to manage the built asset industry into the future.

You can see this displayed in our Awards Program and our recently published Yearbook. The growth in number and quality of submissions is pleasing to see and the need to demonstrate openBIM principles. One such project is the Auckland Airport in New Zealand who put openBIM at the center of their submission. I would highlight the quote from the case study that “openBIM enabled us to do more with less by being free to work between multiple tools as needed, without having to work within the constraints of one software. It puts the output at the centre, which in the reality of a client organization is what matters most.”

It is also worth noting that clients and governments have recognized the need and opportunity and that the industry is too fragmented to change by itself and are therefore pushing the concept of openBIM to reduce fragmentation.

Finally, bSI added linear infrastructure domains to our work which has demonstrated the importance of expanding to new areas of focus. This has been a step-change to our scope and future plans and has helped generate more awareness of the strategic importance of openBIM.

We know that the Construction Industry is laggard and that it hasn’t evolved for more than 50 years now and didn’t make its transition. Do you think that the AEC Ecosystem has completely understood the digitalization challenges and the importance of BIM and open standards?

No, not really but the industry is huge, clients often don’t recognize they are part of the industry so it’s highly fragmented.

Also, there is a lot of structuring to be done – once that is done, we will be able to reduce the complexity for most actors – so we need visionary leaders to engage and help set a common direction.

One thing that is really important is for all those in this space to work together. We need to be aligned rather than see ourselves as competitors and to avoid reinventing the wheel. One of the biggest risks to progress is fragmentation amongst the proponents of new solutions.

How do you work with Governments and the Industry to make that change?

It varies around the world and we have to be engaged on a global level. Governments are both policy leaders and clients in their own right and their input can help shape the agenda.

We position ourselves to help and support governments in whatever way is best and most appropriate. Typically, our chapters are the primary contacts with governments as you would expect. But behind the day-to-day BIM program engagements governments are driving the demand for open standards and recognizes that organizations such as bSI are essential. Open standards will only deliver the expected value when they are international.

We’ve seen your involvement spanning from software certification till people and organization certifications recently, white papers and documents redactions, working groups, seminars organization to nurture the openBIM community, as well as solutions developments like the buildingSMART Dictionary. Why did you decide to diversify this way and is it going to be even more in the future?

This goes right back to our mission ‘to deliver the full value from open digital ways of working’ We can’t do that by standards alone they have to be digitally usable (hence the bSDD etc), things must be reliable so the quality must be enforced (hence certifications) and the scope of the technical solutions available is too narrow (hence the need to grow the breadth of our community).

These ideas about the needs are the reasons behind our three programs; User, Solutions and Standards and Compliance. I don’t expect to change that framework, but I can see it growing to include more topics, more domains, more investment in new initiatives to support the growing demand.

You cover many market segments like Infrastructure, Building, Rail, Airports, Roads, Tunnels, etc. But what are the most important rooms for you? Are they treated equally or is there a notion of priority between all of them?

buildingSMART doesn’t prioritize one room from another we respond to engagement and ‘market’ demand. The domain extensions in infrastructure were a huge gap 5 years ago and government clients made that very clear. I am very pleased we have been able to respond to that need. The industry also needs a modern agile basis for our standards, so we are working on the technical development in parallel and welcome any new extensions to domains we aren’t currently focused on such as Water or Power.

The one area where I feel we haven’t made the progress I expected so far is building out the functionality and use in the Buildings domain. I think this is because this sector is extremely fragmented. We have recently introduced the Use Case Management Tool (UCM) which allows all stakeholders to collaboratively develop their projects in a co-creation space and subsequently publish them on the UCM website. This is a great leap forward to be able to focus on the areas that will most benefit from digital transformation. With immediate effect, all the buildingSMART International Program Rooms and their projects are able to access to input specific exchange requirements and of course search for existing use cases to help with new Activity Proposals. 

It’s very exciting what is happening now – an openBIM explosion of interest almost! We are working hard to corral all the new domain parties to work in an aligned way and avoid fragmentation of effort with the tendency to reinvent the wheel.

IFC is at the center of interoperability in many cases but do you also think other open standards are key like BCF, GBxml, etc.? And how do you ensure they all evolve in a consistent and synchronous way?

This is a huge question! I’d like to talk about my Framework for Interoperability which I presented at the recent buildingSMART Virtual Summit. I find this a good way of describing how all the pieces of the jigsaw fit together. Our position is critical and so are the interrelationships needed to deal with the growing agenda. We must find modern methods to be more agile, accessible, and productive and partner with the right companies to do so.

In many ways it is the wild west for open data ideas now – that’s great but it also reinforces the need for consensus-building and a body to set leadership direction. That is what bSI is and what we are trying to do. We need people. companies and governments to buy-in to our role in the future and support us moving forwards. We have to work to build this ecosystem and buy-in to openBIM principles is crucial.

Of course, at our level, we have road maps and will continue to set direction while broadening the engagement. We need to build long term confidence behind the standards, build systems of standards and keep them relevant.

You recently signed an agreement with the ODA (Open Design Alliance) to further enhance interoperability. How do you see the future collaboration with this organization in the future? And what benefits will it bring to the AEC Industry?

I see our relationship with ODA as completely symbiotic; the more they help with the implementation of standards the better. By having a close relationship, we can accelerate both standards development (ensuring those standards work) and their implementation by vendors.

It’s not an exclusive relationship – other ‘tool kit’ providers are welcome to form similar relationships with us. The ODA has however been very quick in supporting our standards, such as IFC 4.3 which shows great agility and support to the work we do.

We also see you involved in other initiatives like the european DigiPLACE, or CEN working groups, etc.and it’s obvious that open digital standards are the way to go. Why is it so important for you to be part of these various initiatives?

I’d like to deal with this in two parts:

  • CEN is the European Standards setting body and we are formal liaison partners to CEN (as we are with ISO). This relationship is important in two ways – for new work it’s important for us to align – for standards we create adoption by CEN is vital. We need them to make our standards usable in the long run and our relationship has always been very important.
  • Secondly, the EU Research and Policy development work is an important opportunity for us to further the develop of standards. Currently the ‘rules’ of the game exclude standards bodies and much of the work done in the EU project is lost and wasted. My goal is to become recognized as the body that can help leverage and sustain the outputs from the various projects.

ISO 19650 has become a must as well for the AEC Industry and BIM. How does you organization collaborate with bsi (British Standards Institute)?

Our UK Chapter has a very close relationship and for all these types of “local” bodies we are supportive of the active role taken here.

Going back to my bullseye framework bS can’t do everything, ISO 19650 is a very important piece of work and it is I think likely that we will have an ISO 19650 implementation group as part of our User program soon. We have focused on broadening the IFC to support frameworks and adding services to help with implementation.

Why collaboration with software vendors is so important for you and how do you see it evolving in the future?

To me, it’s obvious that ‘theoretical standards’ are useless. Our relationship with vendors is crucial and will grow as the digital twin agenda grows. I see topics such as sustainability the green deal and digital adoption as something that the software vendor community has to lead. Digital workflows will enable our industry to be more efficient, more productive, and more agile. We have to support each other in this process and be open about the right ways forward.

It is also worth noting that implementation is a big deal, not only for vendors but for the whole community. I often get asked “how many software vendors are engaged with bSI” and the reality is a lot.

What did you appreciate more in your collaboration with Autodesk over the past years?

Firstly, Autodesk was one of the original backers in 1995 as is well know but they were also one of the vendors that stepped up when I first joined as the first professional lead of bSI. That was an uncertain bet at the time, but you have stuck with it and so has bSI and I think we can say that buildingSMART is much better placed to take on the challenges of the future now than it was then. I thank Autodesk for their long-term commitment and am excited for the partnership moving forwards.

I can also say that I have really noticed and experienced a real change recently – it feels like you are really behind open standards now and pushing us forward – I think that is exciting for us all. I’m aware that you are launching an “open data” campaign and this is significant – we want all our vendors to be supportive and open and help digitize our industry.

COVID-19 has been a shock for the world and for the AEC Industry. How did you live it and did it change anything in your strategy and directions for the future as it unveiled unthought and uncovered aspects of the digital transition?

Strangely the pandemic has been a kind of boost for digital working and the increased need to work remotely has I think brought broader recognition of our agenda and need. You can’t talk about “digital transformation” without taking on as much internally as you can. It has of course come at a cost and we feel the need to support others through this time. We hope things can get back to “normal” soon and businesses continue to thrive.

We have a strong team and were able to ‘go-digital and virtual’ immediately as the pandemic hit. Virtual summits have reached bigger audiences and new faces have been introduced to the work we do. We have called them a success which is of course relative, but we have managed to maintain and, in some cases, accelerate the work we do so our impact has been less severe than other industries.

This has also set the marker for how we engage in the future. It used to be 100% physical meetings, but I can see how a hybrid summit will allow us to serve the whole community. It is an exciting time, and we are looking forward to what the future holds.

With Digital Twins being more on the front of the stage, what could buildingSMART bring that would help the AEC Industry in that field?

As our thought leadership paper sets out, digital twins will help realize the concept of an “ecosystem of ecosystems”. We want to define the role of IFC, bSDD, and other future services to support the growing demand for this topic. Digital Twins can help align and inspire and we are playing a leading role. Standards are needed in and we have focused our work on three areas: standards for data models, standards for the management and integration of data, and security and privacy. There are of course other important areas, but we want to help define some useful use cases. I see IFC as the backbone and it is my desire to uncover how it can apply to digital twins. We have a very strong position and I am keen to continue our leadership here.

So, in a nutshell, the IFC Schema and its semantics it includes will provide the basis for open and neutral digital twins functionality in the future – I am certain of this and welcome all contributions from around the world.

What is the future of IFC or your vision of the IFC of the future? How should it evolve?

IFC including the data model concepts, the very substantial semantics and the workflow rules should be at the heart of open digital ways of working for the built asset industry, at the heart of DTs and fully agile and flexible to respond to future computing and data processing needs. We have published our technical roadmap and the vision for the future is bright. It means that for software vendors, certification will be easier. For standards making, possibilities will be greater, and for end-users, more services will be added to support the growing need. IFC is critical to the industry and it is critical we develop the right leadership to realize its potential.

Richard, thanks so much for this very exciting interview. We are convinced that openBIM is strategic for our built environment whatever it is. Let’s keep our great collaboration in the future.

About buildingSMART International: https://www.buildingsmart.org/

Autodesk lance son site officiel sur les jumeaux numériques

Après avoir été parmi les grands initiateurs de la naissance et du développement du processus BIM dans le monde, la Société Autodesk s’implique fortement dans le monde des jumeaux numériques (digital twins), notamment avec sa future solution dédiée dénommée Autodesk Tandem. Vous pourrez ainsi créer une réplique numérique intelligente pour optimiser les performances, obtenir des informations et réduire les coûts de vos actifs construits. Passez à l’étape suivante avec le jumeau numérique et profitez d’une transformation numérique en cours dans tous les secteurs.

Afin de familiariser les professionnels de l’AEC avec ce nouveau concept (déjà connu par de nombreux acteurs de l’Industrie), Autodesk lance un site dédié à ces doubles digitaux où vous pourrez trouver de nombreuses et riches informations telles que des livres blancs, guides, informations de tous types.

Visitez ce nouveau site ici et mettez-le en favori.

[eBook] L’Architecte au cœur du projet grâce au BIM, téléchargez le livre blanc !

Depuis des siècles, les Architectes n’ont eu de cesse de s’adapter aux temps qui changeaient et aux méthodes en perpétuelle progression, à s’approprier les évolutions et innovations de leur époque.

Ils ont aussi embrassé l’ère numérique en passant de leurs tables à dessins à leurs premiers Macintosh avec les premiers logiciels 3D sophistiqués, mais aussi en adoptant les tables à dessin électroniques telles qu’AutoCAD, étant ainsi parmi les premiers du monde de la maîtrise d’œuvre à être en accord avec leur temps.

Puis le BIM a fait son apparition, mais la transition est encore en cours. Peu d’agences ont adopté ce nouveau processus, faute de temps, de moyen et de compréhension des ses bénéfices parfois.

Autodesk vous propose, au travers de cet eBook co-rédigé par des Architectes et Experts du BIM et du numérique, de vous faire découvrir l’importance et les bénéfices de ce processus novateur pour les Agences d’Architecture, mais aussi toute la chaîne de valeur, tout au long du cycle de vie du projet.

Au travers de témoignages, données de tous types, explications des process, détails des flux de production, bénéfices, avantages, exemples, vous découvrirez ce qu’il est important de savoir avant de s’engager sur l’inévitable et magnifique voie du BIM au service de l’architecture.

Téléchargez ce bel e-book en cliquant ici.

[Replay] Sur BIM Africa, comprendre comment BIM et numérique contribuent à un monde meilleur

Découvrez l’importance du numérique et du BIM pour le développement durable

Si vous n’avez pu assister à la présentation d’Emmanuel Di Giacomo sur BIM Africa, autour des avantages et impacts sur les constructions durables, celle-ci est disponible en replay dès à présent.

Environnement menacé et détruit par l’homme, accélération de la croissance des villes, et de la population générant une forte demande en termes de construction de bâtiments et d’infrastructures. Tout en étant responsable d’une empreinte carbone sans précédent, le secteur du bâtiment consomme une grande partie de nos ressources naturelles. Quelles solutions permettront de relever ces défis afin de créer un monde meilleur pour les futures générations ? Le numérique et le BIM permettent d’apporter des réponses concrètes et pragmatiques et l’avènement des jumeaux numériques sera clé pour réduire le coût d’exploitation de nos actifs. À travers des exemples et des solutions très concrets, découvrez comment BIM et numérique contribueront à façonner le monde de demain. Cette session #BIMTalk​ est animée par Emmanuel Di Giacomo.

[Redshift] Le BIM au chevet d’une Cathédrale en Nouvelle-Zélande

Ressusciter une cathédrale ravagée par un tremblement de terre grâce à la collaboration numérique

La cathédrale Christ Church de Nouvelle-Zélande, endommagée par le tremblement de terre de 2011, est en cours de restauration grâce à des techniques traditionnelles et à une collaboration numérique. Une histoire à découvrir sur Redshift.
En 2011, un tremblement de terre d’une magnitude 6,3 a frappé Christchurch, une ville de la côte Est de l’île du Sud de Nouvelle-Zélande. Le tremblement de terre a causé des destructions considérables et la cathédrale Christ Church a subi des dommages importants au niveau de sa façade, de son porche occidental et des murs adjacents. Sa tour de 35 mètres et sa flèche de 26 mètres de haut se sont également effondrées.

Il a fallu 40 ans pour construire la cathédrale Christ Church. La pierre angulaire a été posée en 1864 et la construction a été achevée en 1904. Le bâtiment a servi de lieu patrimonial historique, de lieu de culte sacré et de lieu de rassemblement civique. La disparition de la cathédrale signifiait une ville brisée.

Le projet de restauration de la cathédrale Christ Church va redonner vie à la cathédrale Christ Church. Dirigé par l’organisation Christ Church Cathedral Reinstatement Limited (CCRL), le projet restaurera la cathédrale et en fera ainsi un symbole d’espoir et de guérison, en conservant plusieurs de ses caractéristiques patrimoniales tout en rendant le bâtiment plus sûr.

Le coût estimatif du projet est de 154,3 millions de dollars, les travaux étant exécutés en cinq phases :

  • Préconstruction pour explorer les contraintes et les opportunités.
  • Stabilisation pour installer les cadres de support, déconstruire les sections gravement endommagées et récupérer les éléments patrimoniaux.
  • Renforcement et remise en état pour reconstruire les murs et installer de nouvelles fondations, un cadre antisismique et un système de plancher, avec isolation de la base.
  • Construction des bâtiments annexes, y compris un centre pour l’administration de la cathédrale et un centre d’accueil avec un café, un musée et une cour-jardin.
  • Remise en état de la tour.

La stabilisation a commencé en 2020 et prendra jusqu’à deux ans, l’ensemble du projet devrait durer entre sept et dix ans et se terminer en 2027 au plus tôt.

Deux entreprises se lancent dans la reconstruction de la cathédrale Christ Church

L’Agence d’architecture Pacific Rim Warren and Mahoney, en collaboration avec Snøhetta, dirige la conception de la restauration de la cathédrale Christ Church. Une discussion clé au début a été de savoir comment aborder la modélisation du bâtiment. L’équipe avait deux options possibles : l’une consistait à modéliser la cathédrale dans son état actuel, bloc par bloc, aussi précisément que possible, l’autre consistait à modéliser le bâtiment orthogonalement, en utilisant la photogrammétrie et les balayages de nuages ​​de points pour comprendre le mouvement qui s’est produit. L’équipe du projet a choisi la deuxième voie.

«C’est la voie la plus efficace que nous aurions pu emprunter et elle utilise la technologie sous ses meilleures formes», déclare Brad Sara, responsable BIM (Building Information Modeling) du projet. «Les analyses de nuages ​​de points s’améliorent, ainsi que les programmes pour les lire et les comprendre. Nous devions réfléchir à ce que nous pensions que la technologie allait apporter de la manière la plus utile et rapide. »

digital collaboration rendering of the revitalized christ church cathedral
Rendu de collaboration numérique de la cathédrale restaurée de l’église du Christ. La restauration sera terminée en 2027. Avec l’aimable autorisation de Warren et Mahoney

Une source unique de vérité

En octobre 2020, la société a publié la conception du projet, offrant au public un premier aperçu de la future pièce maîtresse civique et patrimoniale de la ville. La conception était basée sur un modèle numérique unique BIM créé à l’aide d’Autodesk Revit et reconstitué à partir de diverses sources : les dessins originaux des architectes, les premières photographies, des photos panoramiques prises à l’intérieur de la cathédrale, un catalogue de chaque fragment de pierre tombées et ayant été stockés hors de la cathédrale, et des nuages ​​de points, entre autres.

Warren et Mahoney ont fait appel à l’expertise de cette entreprise dans le cadre de la gestion de plusieurs sources de données afin de créer un jumeau numérique. «Nous devions choisir quel élément de données – qu’il s’agisse d’un dessin ou d’une photo, jusqu’à la dernière analyse de nuages ​​de points – à utiliser pour différentes zones du bâtiment et déterminer les zones pour lesquelles nous n’avions toujours aucune information», explique Sara. . «Il n’existe pas de source unique de vérité, et nous avons dû rassembler tout cela dans un modèle à partir de plusieurs sources de vérité.»

Ce modèle numérique a permis une collaboration plus efficace. À l’aide d’Autodesk BIM 360, Warren et Mahoney ont travaillé dans le même environnement de modèle que l’équipe d’ingénierie de Holmes Consulting pour définir les éléments structurels et architecturaux du bâtiment et comprendre comment ils interagissent ensemble.

Au-delà de la structure, Warren et Mahoney ont utilisé son modèle numérique unique pour travailler avec des experts spécialisés en conservation afin de comprendre les nombreuses caractéristiques patrimoniales du bâtiment. Les entrepreneurs sur place utilisent actuellement le modèle dans le cadre des travaux de stabilisation en cours.

digital collaboration stained glass rosette window christ church cathedral
L’emblématique rosace vitrail de la cathédrale a été modélisée en 2D, puis en 3D. Avec l’aimable autorisation de Warren et Mahoney.

Lire la suite du témoignage ici.

[Témoignage] Altaïs Ingénierie – Le BIM, vecteur d’interaction entre l’ingénierie et les entreprises pour ce BET Clermontois innovant

Nous faisons aujourd’hui connaissance avec Gilles Charbonnel, Directeur Général d’Altaïs Ingénierie, et Thomas Espèche, BIM Manager. Ils nous présentent dans le témoignage vidéo ci-dessous les avantages concurrentiels concrets que le BIM a apporté à leur BET dans le cadre du projet Villahermosa.

Fondé en 1982, Altaïs Ingénierie est un bureau d’étude tous corps d’état (TCE) pluridisciplinaire composée de 12 personnes dont 4 ingénieurs. Au service des promoteurs privés, des bailleurs sociaux, des architectes et des entreprises de gros-œuvre, leur cabinet d’ingénierie accompagne les projets de construction de tous types (industrie, logistique, commerce, logements, sport…) depuis le diagnostic jusqu’à la phase d’exécution partout en France.

Se positionnant comme un acteur innovant de la construction durable, Altaïs Ingénierie respecte les exigences du label Haute Qualité Environnemental (HQE). Grâce à des qualifications en ingénierie de structure, en ingénierie des fluides et en économie de la construction, leurs équipes interviennent à chaque étape des projets de construction :

  • Audit
  • Conception (APS / APD)
  • Dossier de consultation des entreprises (DCE)
  • Analyse des offres
  • Maitrise d’œuvre
  • Visa et suivi de chantier

[Evasion] La toue cabanée, un nouvel habitat nomade et BIMé Breton nommé « Lulu Balthazar »

Lulu Balthazar, un voyage poétique sur les rives de l’Erdre

Nous partons cette semaine pour un beau, poétique et insolite voyage avec l’agence SONA, sur un bateau, ou plutôt une toue cabanée. SONA, ce sont nos surdoués du BIM breton que nous aimons beaucoup, aussi inventeurs de l’ancien NARUG (Nantes Atlantique Revit User Group) rebaptisé depuis peu le WestBIM : Pierre Navarra et Emmanuel Sorin. C’est aussi Pierre et Julie Guézo, les talentueux rédacteurs du bel ouvrage “Revit Architecture” aux Editions Eyrolles.

Qui dit Bretagne dit pays des bateaux ! Qui aurait pu imaginé qu’un bateau puisse être conçu et aménagé grâce au BIM ? C’est le rêve que Pierre Navarra, co-fondateur de l’Agence SONA a réalisé. Mais plongeons-nous dans cette belle histoire.

Bonjour Pierre, ravi de te recevoir sur ABCD Blog. Du temps a passé. Comment se porte SONA, ta belle Agence experte du BIM et quelles sont vos actualités ?

Bonjour Emmanuel, je te remercie de me recevoir sur ABCD Blog. C’est à chaque fois un plaisir partagé. Pour répondre à ta question, la recherche et l’apprentissage faisant partie de l’ADN de SONA, je dirais que nous essayons constamment de nous maintenir en mouvement. En ce début d’année, l’agence SONA a rejoint l’incubateur Centrale-Audencia-Ensa dont la finalité est d’accompagner les entreprises innovantes en région Pays-de-Loire. Et pourquoi me diras-tu ? Car nous nous sommes lancés dans le développement d’une solution collaborative appelée MyPlayTown. Nous aimerions détourner et sublimer les méthodes d’échanges des constructeurs de demain.  Ce projet nous prend beaucoup de temps, en plus de notre activité principale qui est la maîtrise d’œuvre, mais cela nous amuse bien et c’est essentiel pour nous tous.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas, quelles sont vos spécialités, projets références, histoire et équipe ?

Eh bien, comme un dessin vaut bien mieux qu’un long discours, je vous laisse découvrir cette planche qui résume, je pense, assez bien ce que nous faisons. Bref, SONA a plusieurs cordes à son arc.

Toujours aussi créatifs 🙂 Passons maintenant à la toue cabanée passive et quasi-autonome. Quel beau projet. Comment et pourquoi t’est venue cette belle idée ? Et qu’est-ce qu’une « toue » ?

Il existe à Nantes un lieu baptisé « le bassin Saint-Félix ». Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, en voici une photo.

Nous sommes ici en plein centre de Nantes, c’est un chouette quartier très proche de la nouvelle gare (redessinée par Rudy Ricciotti) et de la cité des congrès conçue par Yves Lion. Le prix du logement au m² avoisine ici les 6000€ et l’occasion de pouvoir trouver un terrain nu de toute construction est quasi-nulle. C’est en observant un moment le bassin lors de mes pérégrinations, que j’ai noté qu’il y avait une activité autour des pontons de plaisance. Alors je me suis dit : pourquoi ne viendrais-je pas vivre ici et puis tant qu’à faire, pourquoi ne possèderais-je pas mon propre bateau avec lequel je pourrais naviguer et découvrir la Loire, l’Erdre et le canal de Nantes à Brest ? C’est de là qu’est née l’idée d’habiter ici.

La toue cabanée était une évidence car le tirant d’eau est par ici très faible (moins d’un mètre par endroit). Et puis la toue cabanée fait partie du patrimoine ligérien. C’est un bateau à fond plat, à proue large et à faible tirant d’eau, traditionnellement utilisé pour la pêche, l’extraction de sable ou le transport de marchandises.

C’est une sorte de projet hors site et hautement collaboratif. Quels acteurs ont été impliqués ? Sont-ils des professionnels que l’on n’a pas l’habitude de voir sur un projet ?

Ah, je te reconnais bien là Emmanuel ! N’attendons pas pour parler de cela tu as raison, oui, c’est un projet personnel nourri de l’expérience de la méthode collaborative BIM que nous abordons pour tous nos projets. Les acteurs impliqués ici sont nombreux : un architecte naval, un jeune architecte passionné de combi VW, une entreprise de Tiny House, un bureau d’étude fluides, un fabricant de cuves, un électricien spécialisé dans les énergies renouvelables, des artisans plombier, un carreleur, une éclairagiste et un couvreur spécialisé dans le patrimoine. Aucun, mis à part le bureau d’études fluides n’est familier avec la méthode collaborative BIM. Mais ils ont tous un point commun entièrement compatible avec cette méthode : ils sont curieux et n’ont pas peur d’utiliser de nouvelles méthodes.

Quelles étaient les contraintes et objectifs que vous vous étiez fixés ?

Les contraintes étaient les suivantes :

  • Le gabarit maximum autorisé de passage du bateau aux écluses,
  • La hauteur libre des ponts, le tirant d’eau et la taille maximum d’accueil d’un bateau au ponton,
  • Une consommation réduite tant en mode nomade qu’en mode sédentaire,
  • Faire intervenir des acteurs locaux, limiter les déplacements et notre impact sur l’environnement.
Coupe sur la toue – Autodesk Revit

Quel est le programme architectural et les surfaces correspondantes ? Y-a-t-il un parti spécifique ?

Nous souhaitions nous y sentir bien, voir l’eau, être baignés de lumière à tel point que nous ne puissions plus faire la différence entre le dedans et le dehors, pouvoir disposer de trois chambres, rester, naviguer, partager, vivre. Les surfaces sont les suivantes : habitable : 33m², et 20m² de terrasses extérieures. Voici quelques croquis qui nous ont aidé à nourrir nos réflexions. J’ai rempli trois carnets Moleskine pour ce projet !

Le BIM était-il uniquement un souhait ou plutôt une évidence ?

Le BIM a été l’un des éléments clés de la réussite de ce projet, c’est certain. Il nous a énormément servi ! Mais le BIM, c’est avant tout et surtout tous ensemble autour d’une table : si ces deux ingrédients sont réunis, alors « c’est là que le sport commence !»

Vous a-t-il permis d’atteindre des objectifs particuliers tels que la constructibilité ou les performances énergétiques ?

Carrément ! Voici une liste non exhaustive des points pour lesquels le BIM s’est montré indispensable :

  1. Faire rentrer les trois carnets Moleskine dans un environnement 3D
  2. Réalisation d’une étude fluides et d’un suivi PHPP (Passive House Planning Package)
  3. Enrichir les réunions de synthèse autour des différentes maquettes (coque, habitation, réseaux, cuves, éclairage, etc.)
  4. Réalisation des métrés, ajustement des prix relatifs aux quantités extraites de la maquette
  5. Ajustement au gabarit
  6. Calcul de la répartition des charges

Au niveau environnemental, est-ce un bâtiment flottant éco-efficient ?

Nous l’espérons et nous avons beaucoup œuvré pour faire en sorte que la toue ait un impact réduit sur l’environnement.

  • Tous les artisans étaient concentrés dans un seul et même département
  • Nous récupérons et stockons nos eaux (l’eau de pluie par exemple nous sert pour les toilettes et la machine à laver le linge)
  • Nous sommes équipés de panneaux solaires
  • Notre réseau électrique est optimisé et les champs magnétiques et électriques sont réduits
  • Le bois utilisé pour la partie « cabane » vient d’une scierie locale
  • L’isolation est à base de laine de bois (nous n’avons pas pu nous affranchir du liège pour la partie encastrée dans la coque mais elle a été réduite de par la forme de la coque)
  • Les menuiseries Minco en triple vitrage nous garantissent un coefficient Uw de 0.85
  • Nous avons fait le choix d’une ventilation double-flux nous garantissant un air neuf presque déjà chaud
  • Etc.

Quelles solutions logicielles ont été mises en œuvre ?

Ah, c’est ma partie préférée ! de la conception jusqu’à l’exécution, nous avons utilisé les solutions suivantes :

SolutionUsage
Autodesk ReCapRelevé 3D
Autodesk RevitConception, exécution, synthèse, assemblage
Rhinoceros 3DCoque
Trimble SketchUpCoque et conception
PHPPEtude fluides
EnscapeRendu et Immersion 3D (RV)
Vue perspective de la toue vue dans Autodesk Revit

L’interopérabilité a-t-elle été clé ?

Oui, nous avons pu assembler toutes les maquettes dans Revit et cela a permis à chacun de mieux comprendre le projet, de s’assurer des dimensions et des quantités des éléments de construction et surtout de pouvoir entrevoir d’éventuels problématiques que nous avons pu régler avant qu’il ne soit trop tard. Je te donne un exemple : les trois cuves de stockage des eaux : si nous nous étions ne serait-ce que trompé d’un cm, nous n’aurions pas pu faire rentrer les cuves dans la coque. A savoir que les cuves représentent déjà 3% du coût total des travaux. Je te parle des cuves, mais j’aurais tout aussi bien pu te parler des caissons gaz, de la hauteur sous plancher, de la hauteur de l’acrotère, de la zone technique sous le lavabo de la salle de bain, du placard chauffant, etc. Pouvoir assembler toutes les maquettes dans un seul et même produit a été extrêmement bénéfique !

Rendu 3D du modèle Revit dans Enscape

Avez-vous utilisé des approches telles que la rétroconception (scan-to-BIM), la RV/RA, Dynamo, etc. ?

La coque a été dessinée à l’aide du logiciel Rhinoceros 3D. Nous avons commencé la synthèse en récupérant une maquette SketchUp en attendant que la coque soit réalisée. A la livraison, nous avons réalisé un scan de la coque que nous avons intégré dans Revit. Pourquoi ? Tout comme le bois, l’alu une fois soudé subit des rétractions. Le scan dans la maquette nous a permis d’avoir des « fondations » justes sur lesquelles viendraient se reposer la partie « cabane ». Enfin, le logiciel Enscape couplé à Revit nous a offert la possibilité de pouvoir nous projeter dans ce que serait la toue cabanée, de faire des choix tant qu’il en était encore temps.

Avez-vous justement travaillé en mode hors site ? La toue a-t-elle été fabriquée en usine puis amenée sur l’eau ?

La coque de la toue a été fabriquée à Quimperlé par les chantiers navals Laïta Sailing. Elle a ensuite été transportée par camion jusqu’à Landeleau (juste à côté de Carhaix) où elle a séjourné dans l’atelier de Ty Rodou jusqu’à sa mise à l’eau dans le port d’Arzal. Ces trois lieux sont tous situés en région Bretagne.

Maintenant que vous y vivez depuis quelques mois, peux-tu dire avec certitude que le BIM a bel et bien permis d’anticiper ce bel « objet » ?

La méthode collaborative BIM a permis d’anticiper ce projet mais tout n’a pas pu être évité et c’est ce qui fait le charme de ce projet. Il y a tout un tas de trucs que nous aurions pu éviter et le BIM ne nous a malheureusement pas permis d’éviter cela. Je ne le regrette pas mais si tu me demandes une toue identique à celle-ci, je ne réutiliserai pas le BIM autrement, en revanche, je reverrai mes idées, mes croquis et je serai sans aucun doute plus présent auprès des artisans pour anticiper avec eux.

Comme disait Oscar Wilde : « L‘expérience est le nom que nous donnons à nos erreurs ».

Avez-vous un jumeau numérique qui permette de piloter les aspects domotiques de votre toue ?

Non, nous n’avons pas eu recours à un jumeau numérique. L’électricité se régule toute seule, c’est à nous de contrôler l’autonomie restante, les vannes, les niveaux des cuves, le moteur, etc.

Avez-vous aussi réfléchi à la déconstruction future de la toue ?

Tes questions sont pertinentes Emmanuel !  Non, nous n’y avons pas pensé. Mais si la question est de savoir si un recyclage des matériaux est envisageable par exemple, je dirais que peut-être 90% des matériaux sont recyclables. La toue est en grande partie constituée d’aluminium, de bois, de laine de bois, de cuivre.

Présenterez-vous ce beau projet à un concours national et/ou international de construction ou d’innovation ?

Je t’avoue que je n’y ai pas pensé. En ce moment, nous pensons surtout à nos manœuvres, à quelques améliorations à venir, et surtout à en profiter…

Enfin, on termine par le plus sympathique pour la fin. Cette toue s’appelle Lulu Balthazar. Peux-tu nous dire pourquoi ?

Voilà encore une très bonne question ! Lulu nous rappelle la ville de Nantes, Lefèvre-Utile avec ses gâteaux Lu, mais c’est aussi un clin d’œil à Audiard et cette fameuse scène de la cuisine du film « Les tontons flingueurs » et « Lulu la nantaise ». Enfin, Balthazar était le nom d’un corsaire et armateur hollandais du 16° siècle. On trouve beaucoup de canaux en Hollande et de nombreuses personnes habitent sur l’eau.

Pierre, un grand merci pour ce beau voyage naval et encore bravo pour nous faire rêver ainsi, même avec le BIM.

Emmanuel, un grand merci à toi et sache que c’est avec un immense plaisir que nous t’accueillerons sur Lulu Balthazar. Je me permets de citer les entreprises, les artisans bretons ayant participé à cette aventure, sans eux, Lulu n’aurait pas vu le jour. A eux tous, nous leur sommes très reconnaissants. Enfin, un grand merci à toute l’équipe SONA de m’avoir permis de passer du temps à suivre ce projet.