Quel sera le futur de la préconstruction d’ici 2030 ? La vision de Jeff Gerardi d’Autodesk

L’avenir de la préconstruction : Perspectives 2030 et au-delà

Par Jeff Gerardi*

Si vous travaillez dans le secteur de l’économie de la construction ou de la synthèse des premières phases de conception, vous avez certainement constaté l’évolution considérable de ces domaines au cours de la dernière décennie. Les processus de préconstruction, autrefois manuels et fragmentés (avec leurs nombreux tableurs et échanges de courriels), sont devenus bien plus collaboratifs, axés sur les données et optimisés par la technologie et le cloud.

La préconstruction a connu une transformation majeure, mais à bien des égards, cela ne constitue qu’un début. Maîtres d’ouvrage et entreprises de construction sont de plus en plus conscients qu’investir dans la préconstruction permet de réduire les risques et d’améliorer la maîtrise des coûts.

Avec l’essor de l’IA dans le secteur de la construction, l’évolution constante des équipes et l’urgence croissante des objectifs de développement durable, les flux de travail numérique de la préconstruction vont s’accélérer encore davantage. La préconstruction sera plus prédictive, plus automatisée et plus étroitement intégrée aux activités de construction en aval.

Dès lors, une question cruciale se pose : à quoi ressemblera le processus de préconstruction en 2030 ?

Chez Autodesk, nous avons quelques idées…

Intégration de la conception et de l’estimation

La phase de préconstruction est aujourd’hui bien plus intégrée grâce aux outils numériques basés sur le cloud qui permettent aux équipes de rester synchronisées et toujours à jour.

Cependant, à mesure que les projets se complexifient et que les délais se resserrent, il y a toujours une marge de progression. C’est particulièrement vrai en matière de conception et de métrés.

La bonne nouvelle, c’est que la technologie continue d’améliorer les méthodes de travail. Des outils comme Autodesk Estimate renforcent la connexion avec les processus de préconstruction, notamment en reliant de manière plus intégrée les estimations aux métrés.

Et dans un avenir proche, la conception et l’estimation seront non seulement plus intégrées, mais aussi fortement axées sur les données.

Imaginez recevoir un retour d’information sur les coûts dès qu’une modification est apportée, grâce à Forma et Autodesk AI qui créent des boucles de rétroaction en temps réel permettant aux équipes de visualiser l’impact de chaque décision de conception. Cette même connexion s’étend également au travail quotidien. Les demandes d’informations (RFI) et les problèmes circulent directement entre la conception et la préconstruction, permettant aux utilisateurs de repérer les problèmes au plus tôt au lieu de les résoudre ultérieurement.

Tout cela permet de réduire les cloisonnements entre métiers, d’accélérer les itérations et d’améliorer la collaboration. Les entreprises de construction bénéficient de projets de meilleure qualité et d’une meilleure maîtrise des coûts et des délais, tandis que les maîtres d’ouvrage et les architectes gagnent en transparence pour prendre des décisions éclairées.

Analyse prédictive pour la gestion des risques

L’analyse prédictive n’est pas nouvelle et est déjà accessible aux équipes de construction pour anticiper les risques budgétaires et de conception. Dans les cinq prochaines années, voire plus tôt, elle deviendra encore plus performante.

Les équipes pourront exploiter l’analyse prédictive pour identifier plus rapidement les risques grâce aux données historiques et à la reconnaissance avancée des formes.

De plus, les modèles d’apprentissage automatique contribueront à une planification des mesures d’urgence plus globale. L’IA sera capable d’analyser et de prédire les facteurs de risque tels que la volatilité des marchés et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, ce qui permettra d’établir des budgets de contingence plus précis et d’effectuer des ajustements de conception en amont.

En fin de compte, les équipes qui exploitent ces technologies bénéficieront non seulement de coûts réduits, de délais plus fiables et d’une prise de décision proactive, mais elles resteront également compétitives et surpasseront celles qui utilisent des technologies obsolètes.

L’automatisation et l’évolution du rôle des économistes et métreurs

Parlons maintenant de l’automatisation dans le secteur de la construction. Ce n’est pas un concept nouveau, et de nombreuses équipes utilisent déjà des logiciels pour automatiser les tâches répétitives telles que la saisie de données et les métrés.

L’automatisation continuera d’influencer le métier d’économiste, mais pas forcément comme vous l’imaginez.

Les processus automatisés et pilotés par l’IA ne remplaceront pas les métreurs et économistes. Leur rôle évoluera plutôt d’une fonction tactique à une fonction stratégique. Les meilleurs économistes exploiteront l’IA et l’automatisation pour accélérer les tâches fastidieuses et obtenir des informations plus rapidement, ce qui leur permettra de se concentrer sur la planification de scénarii, l’optimisation des coûts et le conseil aux clients.

L’objectif n’est pas de réduire le temps consacré aux estimations, mais de se concentrer davantage sur les aspects stratégiques qui déterminent la réussite des projets.

Dans les années à venir, les compétences requises pour être un excellent économiste évolueront également. Plutôt que de se contenter de relevés manuels, de manipulations de feuilles de calcul ou de la recherche de plans mis à jour, les cinq prochaines années exigeront une maîtrise des données et des outils technologiques permettant aux économistes de dépasser le simple traitement des chiffres et d’exercer un véritable rôle de conseil.

Le développement durable comme pratique courante

Les discussions autour du développement durable dans la construction ont évolué : on ne se demande plus « Pourquoi devrions-nous faire cela ?» mais plutôt « Comment y parvenir concrètement ?»

Les maîtrises d’ouvrage publiques ou privées, les clients et les utilisateurs finaux des bâtiments ont des attentes plus élevées et exigent des projets qu’ils concilient coût et impact environnemental.

À cette fin, les équipes de préconstruction doivent mieux appréhender les impacts, en termes de coûts et de performances, des matériaux bas carbone et des choix de conception plus écologiques.

Plusieurs outils permettant aux équipes d’y parvenir existent déjà (EC3 pour Autodesk Construction Cloud est un excellent exemple).

Et dans les prochaines années, le développement durable sera encore plus intégré aux processus de préconstruction.

Voici à quoi cela pourrait ressembler : la préconstruction intégrera des données réelles sur le développement durable dès la phase de planification, permettant ainsi aux équipes d’évaluer l’impact carbone lié aux choix de conception et de matériaux avant toute décision définitive.

Les estimations incluront la comptabilisation du carbone au même titre que les coûts, et les équipes pourront évaluer les impacts du cycle de vie dès le début du projet.

Cette évolution offrira aux maîtres d’ouvrage des options plus claires et aidera les équipes projet à faire des choix plus responsables dès le départ.

Commencez à planifier votre feuille de route pour 2030.

S’il y a une leçon à retenir, c’est que la préconstruction s’oriente vers un avenir plus intelligent et connecté.

Les piliers qui façonnent le secteur – l’IA, l’automatisation et le développement durable – ne sont plus des concepts abstraits. Ils sont déjà présents dans les processus actuels, et leur impact ne fera que s’accélérer dans les prochaines années.

Cela étant dit, à quoi souhaitez-vous que ressemble votre processus de préconstruction en 2030 ?

Vous n’avez pas besoin d’une solution toute faite aujourd’hui, mais il est essentiel de commencer à préparer l’avenir. Cette planification peut impliquer d’investir dans de nouveaux outils, de développer la culture des données au sein de l’équipe, de repenser les rôles ou d’expérimenter des flux de travail plus intégrés.

Conseil : quels que soient vos flux de travail, le pack Preconstruction d’Autodesk peut vous aider à faire évoluer votre infrastructure technologique de préconstruction. Découvrez-en plus sur ce pack et voyez comment il s’intègre à vos plans pour 2030.

*A propos de Jeff Gerardi

Jeff Gerardi est directeur général des technologies de préconstruction chez Autodesk. À ce titre, il supervise la vision et la stratégie de l’ensemble des produits de préconstruction d’Autodesk. Il participe au développement, au marketing et à la promotion de ces produits. Avant de rejoindre Autodesk, Jeff a fondé ProEst Estimating, rachetée par Autodesk fin 2021. Sous sa direction, ProEst est devenue une entreprise SaaS florissante et innovante, au service de milliers d’entrepreneurs à travers le monde. Issu d’une famille de chefs d’entreprise, Jeff a toujours eu l’esprit entrepreneurial, un atout précieux pour la croissance et le succès de cette société. Jeff vit à San Diego avec sa femme et leurs trois enfants. Tous sont de fervents sportifs, toujours en quête de nouvelles aventures.

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