Interview BIM du bout du monde – Jessika Lelièvre, Experte BIM BEM MEP et Directrice Zenit Consultants

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Dans la série des Interviews BIM Managers, nous faisons cette semaine un beau voyage de 5000 kms pour aller discuter avec une Star Internationale et Experte du BIM BEM MEP, Jessika Lelièvre.

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Jessika Lelièvre

Directrice BIM-BEM – Mécanique du bâtiment

Zenit Consultants

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T: (514) 31-ZENIT 
C: (438) 503-5377

 

Bonjour Jessika,

 

Et merci beaucoup pour cette interview de l’autre bout du monde ! C’est la première fois que nous interrogeons une Experte du BIM qui nous vient de si loin, la belle Province, le Québec J Et pourtant tu n’es pas une inconnue Jessika ! Beaucoup d’expertes et experts BIM te connaissent au travers des réseaux sociaux. Ton parcours, ton expérience et tes compétences sont assez impressionnants. Mais prenons le temps de te découvrir.

Jessika, peux-tu nous dire quelle est ta formation initiale ? Tu viens plutôt du domaine de l’ingénierie MEP ? Quelles études as-tu fait et qu’est-ce qui t’a donné la passion du Bâtiment ?

Au départ, c'est la formation d'architecte d'une de mes cousines qui a piqué ma curiosité. Au tout début, lorsque mon intérêt pour les bâtiments est réellement apparu (en 2005), je croyais que c'était l'architecture qui m'aurait appelé. Au contraire, lorsque j'ai commencé à comprendre l'étendue de ce qu'on appelle chez nous "les services" couvrant la mécanique du bâtiment, l'électricité et la télécommunication, j'ai vite compris que pour moi c'était  la mécanique du bâtiment et sa consommation énergétique qui m'attiraient ! Dès lors, j'ai commencé à chercher les programmes associés à la mécanique et j'ai découvert un Collège bien côté du Grand Montréal qui  donnait ce cours. En 2009, lorsque je me suis inscrite et que j'ai débuté mes études, j'ai tout de suite saisi l'occasion d'être présidente d'un comité étudiant faisant partie d'un chapitre de l'ASHRAE Montréal (American Society of Heating, Refregerating and Air-Conditionning Engineer). J'ai donc passé trois ans durant lesquelles m’occuper des étudiants passionnés et les inviter à participer aux activités de l'ASHRAE ont été des priorités, tout en poursuivant mes études.

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La mécanique du bâtiment m'a permis de comprendre et de savoir comment effectuer les calculs de conceptions complexes destinés à la thermodynamique des fluides, par exemple. De surcroît, je compris vite que la consommation énergétique d'un bâtiment était la représentation énergétique invisible, mais quantifiable des systèmes mécaniques. Aucun besoin de vous dire que j'ai adoré mes cours de simulations énergétiques liés à nos projets. J'étais au paradis !

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Quand as-tu commencé à t’intéresser à la technologie BIM et 3D ? Pendant tes études ou après ?

Dès le moment où j'ai compris que l'on devait contourner systématiquement certaines règles dans des logiciels standards destinés aux analyses de consommations, ce qui me troublait et m’irritait. Je n’aimais pas avoir à trafiquer, en quelque sorte, les données théoriques à y implanter.

Mon plus gros atout était d'être une personne intuitive et fortement autodidacte. J'apprends n'importe quoi et rien n'est trop complexe, il faut seulement que j'y trouve un intérêt et que je comprenne à quoi cela peut me servir. Ensuite, je fonce !

C'est donc durant mes études et en menant mes recherches personnelles sur les technologies de l'ingénierie MEP  et en discutant avec ma cousine et en m'informant sur les logiciels plus évolutifs qui existaient, que je suis tombée sur les technologies du BIM, mais ce n'étais pas encore assez pour moi, je voulais pousser la conception MEP, de l'automatisation notamment également plus loin. J'ai donc découvert une multitude de logiciels du type Revit MEP avec les modules associés qui permettaient d’accéder aux données climatiques sous forme de banques de données. Tout cet ensemble de logiciels, de modules et de sous-modules appelé communément "plug-ins" ou "add-ins", constituaient les outils de conception et outils climatiques à combiner pour être capable de développer la synergie qui allait calculer l'ensemble théorique appelé le modèle BEM intégré au modèle centrale d'origine. J'avais rapidement compris la distinction entre 3D et BIM, évident non ?

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Peux-tu nous expliquer ce qu’est le BEM, concept dont on n’entend pas souvent parler en France ?

C'est également durant mes études que la BEM MEP (version énergétique du BIM MEP). C'est à ce moment que j'ai compris précisément ce qu'allait inévitablement devenir le domaine de l'AEC. Pas seulement dans le monde, mais je comprenais aussi ainsi la réalité du retard, au sein de l'expertise québécoise et canadienne. Dans les faits, L'Amérique du Nord n'était pas très proactive, à cette époque. Je savais que les pays Scandinaves, par exemple, étaient toujours très en avance. J'ai donc commencé mes recherches sur BIM et la BEM MEP en 2009. J'ai utilisé les ressources que j'avais sous la main afin d'utiliser certains logiciels et afin d'expérimenter ces derniers. Mon objectif était très simple et bien défini : je voulais catégoriquement tout comprendre, tout exécuter et réaliser des modèles sans failles ou presque, et s'il y avait des problèmes, je me faisais un devoir de les résoudre et de les comprendre, et en plus des documenter ! Je savais que cela allait exploser, dans le domaine de L'AEC… C'était écrit dans le ciel !

Blogue BIM hier

Tu as une expérience impressionnante. Si tu devais résumer ta carrière de 7 ans en quelques phrases, que nous dirais-tu ?

Incroyablement stimulante et fructueuse ! Je n'ai jamais accepté de rentrer dans un moule, j'ai créé mon moule, mon image et j'ai moi-même développé mon créneau. Le plus dur était de trouver où et comment j'allais avoir la latitude de l'exercer.

Je n'ai jamais attendu "d'être quelqu'un" selon les attentes et les standards de la société actuelle. J'ai frappé à des portes, j'ai osé présenter mes idées de partenariats et c'est ainsi que j'ai réussi à susciter l'attention de certaines universités et de professionnels, ici et là. J'ai osé donner des conférences et des formations. J'ai toujours eu confiance en ce que j’arrivais à maîtriser et je n'avais aucune peur qu'on essaye de discréditer mes dires, car lors qu’arrivait le temps de faire ses preuves, j’étais là !  C'est un peu difficile, pour les sceptiques, suite à cela, de discréditer quelqu'un sur des choses qu'ils n’arrivent pas à maîtriser eux-mêmes. Par contre, je signifiais mon désir de leur montrer comment faire et j'ai découvert que j'aimais gérer le niveau qualitatif  et enseigner aux gens ce que j'avais appris.

Donc, décrire mon parcours est difficile, dans la mesure où c'est un parcours très atypique au Québec. Si l’on considère le parcours d'études que j’ai fait et d’ où je partais à 19 ans et Maman.

Tu es Directrice chez Zenit Consultants depuis peu. C’est un nouveau venu dans le domaine du BIM. Peux-tu nous en dire un peu plus sur la société et ce que tu fais là-bas ?

Zenit existe depuis plusieurs années déjà. C'est une entreprise qui se veut rassembleuse et se compose d'une équipe de vrais passionnés et mordus du BIM et de la BEM MEP. Ce sont des gens comme moi qui ont les mêmes qualités, c'est à dire le désir de tout comprendre et d'être capable d'assimiler rapidement les technologies.

Mon rôle chez Zenit est de développer le marché mécanique du bâtiment en BIM et en BEM MEP. D'être la ressource référentielle au Québec en BIM-BEM MEP et de faire connaître Zenit Consultants pour ce que c'est, c'est-à-dire une entreprise réellement composée d'Experts qui font plus que travailler, parce que pour moi et l'équipe de Zenit, notre mission est avant tout une révélation professionnelle et non une corvée payante. Nous sommes plus comme un groupe d'amis qui ont une très grande expérience sur le plan théorique et pratique en BIM et en BEM MEP.

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Justement, comment se passe la formation des professionnels au BIM au Québec ?

Sur ce plan, ce n'est pas simple. Les universités ont réalisé que ces technologies ne seront pas passagères et iront en se perfectionnant. Ils n'avaient plus le temps de se pencher sur la question, soit : quelle sera la place que ces technologies sont appelées à prendre, dans notre société québécoise ? Grosse remise en question, à partir de ce point ! Les collèges ont aussi eu leur remise en question. Le domaine de l'AEC au complet s'est demandé comment apprendre autant de choses concernant ces technologies. Jusqu'à maintenant, ce sont des autodidactes comme moi et d'autres avant moi qui avons forcé les Sociétés de professionnels et à mettre en place de nouvelles méthodes d'ingénierie, par exemple. Au Québec, les universités ont commencé à se pencher plus concrètement sur le sujet depuis moins de 5 ans environ. Les formations sont donc mises sur pied par des entreprises comme Zenit Consultants qui regroupe de vrais experts maîtrisant processus de gestion, protocoles d'implantation et utilisations des outils technologiques reliés. Nous sommes les personnes les plus adaptées pour être formateurs et qui travaillons, en plus, dans le domaine de l'AEC. Pour cette raison, nous faisons des interventions dans les collèges, les universités, etc.

Et la formation des jeunes à l’école ? Y-a-t-il obligation d’enseigner le BIM ?

Pour le moment, non. C'est d'ailleurs pour cela que certains membres de l'équipe Zenit Consultants donne des cours dans des collèges et dans les universités. J'ai donné une formation à l’UQAM, pour la faculté de L'ESG (École de science de la gestion) sur les processus de gestion standards versus les processus de gestion BIM. J’ai évangélisé auprès d’un groupe d'étudiants en Maîtrise et c'est le genre d'intervention qui commence à prendre de l’importance. En ce sens que les universités, comme les collèges (tous deux étant des établissements d'enseignement supérieur) invitent des professionnels à présenter leurs pratiques professionnelles. C'est ainsi que le paysage académique des étudiants change peu à peu et s'oriente vers les processus et technologies BIM-BEM MEP, au même titre que tous les autres changements technologiques, tels que dans le domaine de la santé. L'AEC n'est pas à part des autres domaines et se voit dans l'obligation de considérer d’autres méthodes d'application et d'accepter que le domaine de l'éducation change lui aussi.

Que préfères-tu dans tout ce que tu fais autour de la technologie et du BIM ? Concevoir, gérer, transmettre tes connaissances, travailler sur de gros projets ?

Pour moi, le principal était de toucher à tout et régulièrement, et même, d'essayer des choses inconnues et de tester de façon indépendante mes théories. Je documentais les réactions logiques que j'obtenais. Je documentais les inter polarités et les relations de causes à effets techniques, lorsque je travaillais notamment sur un modèle central, au travers plusieurs logiciels moyennant différents outils (plug-ins). Peu importe le rôle que l'on joue dans une entreprise, le plus important est de se faire la main constamment. Gérer c'est parfait, mais gérer et enseigner en même temps c'est sublime ! Le sentiment de réalisation de soi au travers du partage de connaissances est bien plus grand que le profit lui-même… Songez-y ! De plus, un petit projet ou un gros, ne font aucune différence, quand on sait planifier l'utilisation qu'on fera du BIM. Les défis que représentent de grandes montagnes me nourrit autant que les petits, parce que les enjeux ne sont pas du tout les mêmes mais ont chacun leur importance.

Sur quels projets prestigieux as-tu travaillé et lequel t’a laissé le plus beau souvenir ?

Sans aucun doute, le grand projet hospitalier de la ville de Montréal qui est actuellement en cours de construction. En fait de souvenirs; il est assez incroyable et les résolutions de problèmes y ont été faramineuses et répétitives.

Quelles sont les modélisations et/ou les BIM managements dont tu es la plus fière ?

A nouveau, ce grand projet hospitalier et l'urgence de créer des micro maquettes multidisciplinaire seule, m'ont mis beaucoup de pression. Les entrepreneurs attendaient de pourvoir visualiser le tout, puisque les informations qu'ils possédaient n'étaient pas à la hauteur de la compréhension requise pour construire ce qu'ils avaient à faire.  Il fut question de coordonner tous les corps d’états, et parmi ceux-ci, il y avait également les ingénieurs étrangers à ramener vers la réalité des travailleurs québécois. C'était un défi taillé sur mesure pour moi ! J’adore les défis impossibles, tout est possible ! Sortir des maquettes complètes en 2 jours ou max une semaine, c'est quelque chose, croyez-moi !

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Quelles sont selon toi les qualités que doit avoir un ou une bonne BIM Manager ?

Il faut simplement faire la différence entre confiance et prétention. Également, ne pas trop déléguer de tâches techniques, car c'est précisément ce point qui nous garde sachant et en maîtrise de l'évolution technologique !

Quelles sont selon toi tes qualités et tes petits défauts ?

Ma plus grande qualité c'est de toujours croire. Croire que je réussirai à transmettre ma passion. Je pense qu'être convaincu aide à convaincre. J'ai confiance en moi, c'est certain. Ce n'est pas le miracle de l'apprentissage, mais la persévérance qui nous rend leader ! Ce qui signifie que j'aime tout faire et tout apprendre aux autres ! Demeurer investi et ne pas compter les heures et ne rien attendre en retour, car le temps que je mets dans mes connaissances, je le fais en premier lieu pour moi. Pour mes défauts, je pense que c'est que j'ai des difficultés à m'arrêter le soir et ma tête pense toujours à ce que j'ai pour le lendemain, l'organisation à mettre en place, les prochaines conférences etc… Je dois trouver l'équilibre entre ma vie personnelle et la passion. C'est extrêmement difficile…

Est-ce dur d’être une Femme dans le BIM ?

Cela m'a pris quelques années, puisque plusieurs facteurs entraient en ligne de compte, dans mon cas. Être une jeune femme sans cheveux blancs (on comprend que l'on juge encore l’expérience par les cheveux blancs), être une jeune femme non ingénieure (puisque cela ne change rien au niveau des connaissances, mais mon désir n'était pas de faire de l'ingénierie traditionnelle), être une jeune femme d'origines autochtone et enfin avoir du cran à revendre et une personne qui défend ses idéaux… Vous imaginez le portrait J ! Ça n'a donc pas été très facile de démontrer mes compétences et de les faire reconnaître.

Il faut comprendre une chose, là où il y a du refus, il y a des défis et moi je marche aux défis. Des défis plus durs à atteindre les uns que les autres. C'est mon lot quotidien ! Comme lorsque j'étais très jeune, et que je suis devenue maman. J'ai appris ce que difficulté et complexité voulaient dire. Par contre, cela ne m’a pas dérangé du tout. Je voyais cela comme des épreuves qui forge le caractère. Passer au travers de cette réalité, m'a entre autres permis de me faire une certaine carapace vis-à-vis des mauvaises attitudes à mon égard et de continuer à ainsi à rester sur mon idée de départ, et de devenir experte dans un domaine qui me passionne. Ce que j'ai fait !

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Tu es très présente sur les réseaux sociaux en France. Est-ce une passion ? Et que penses-tu du niveau des conversations autour du BIM ici ?

OUI ! Partager avec d'autres curieux est important pour moi. Les conversations sont intéressantes ici.

Qui est TA référence ou ton idole du BIM, femme et homme comprises ?

En fait, de ce côté, je suis neutre ! J'apprécie tous ceux et celles qui sont réellement bons, dans ce qu'ils font, mais je respecte seulement ceux qui savent où ils vont avec ces technologies et qui ne font pas partie de ceux qui disent tout maîtriser, alors qu'ils vendent des coquilles vides de connaissances… De la poudre aux yeux, au final. Comme je suis une personne directe et déterminée, je ne me gêne pas pour dire ce que je pense. Je suis ainsi. Alors, dans le monde du BIM et de la BEM MEP, mes idoles sont ceux qui sont de vrais pros et non des vendeurs d'opportunités.

Tu vis au Québec. Quel est le niveau d’adoption du BIM et des technologies numériques là-bas ?

Généralement, si on parle en termes de réussites BIM ou de réalisations de projets pilotes, c'est encore basique. Ça ne dépasse pas les niveaux 2 ou 3 en architecture et le niveau 1 ou 2 pour la MEP. Ce n'est pas que les gens n'essayent pas d'aller plus loin, il y a des projets qui atteignent de plus hauts niveaux. Le ralentissement est dû aux réticences des Ordres professionnels et au Gouvernement qui refusent d'accepter des méthodes qu'ils n'arrivent pas eux-mêmes à comprendre ou à maîtriser. Comme chez vous en France je crois ? On pourrait parler de prudence exagérée ou d’orgueil. Selon votre point de vue…

Dirais-tu que les Québecois sont en avance ou en retard par rapport au BIM ?

Les québécois, comme les canadiens et les américains, sont en retard sur certaines choses et en avance sur d'autres. Les technologies du BIM et de la BEM MEP sont des disciplines où le domaine de l'AEC est considérablement en retard. Notamment au Québec. Tout prend du temps ici. C'est plutôt politique. C'est la principale raison. La seconde c'est le niveau de passion dans le domaine de l'AEC : la plupart des gens occupe des fonctions uniquement pour travailler, alors qu'une petite portion de gens sont passionnés par leur emplois, et même pour créer leur société puisqu'ils ne trouvent pas de patrons visionnaires et courageux. Regardons les choses en face, Vision et innovation sont des mots utilisés abondement, mais rarement appliqués dans l’amplitude réelle de ces mots.

C'est donc en 2009, que j'en ai fait ma carrière mentale et j'ai travaillé pour que cela devienne mon gagne-pain principal ! Défendre mon point de vue et démontrer mon raisonnement, étaient l'unique plaidoyer que j'avais pour justifier les connaissances que j'étais en train d'acquérir. Je devais trouver la façon de valoriser les pratiques du BIM et de la BEM MEP.

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A quand une roadmap BIM pour le Canada et es-tu impliquée dans les Groupes de travail sur le BIM là-bas ?

Je m'impliquais davantage dans les réseaux d'ingénierie en MEP. Je commence à m'impliquer au maximum et cette année, j’ai été présente au rassemblement de l'Ordre des Architectes du Québec à Québec, le 15 août. Je serai présente, lors de soupers mensuels à L'ASHARE Montréal et serai dans des évènements, tel que Bâtimatech le 20 septembre prochain à Montréal, etc… Oui, je compte être de plus en plus présente.  Je pense que d'ici janvier 2017, j'aurai une très bonne idée des événements auxquels je vais donner des conférences et des formations sur le BIM et la BEM MEP.  Présentement, j'ai déjà planifié quelques formations. Il s'agit des grandes lignes, mais je vais rapidement les étoffer et les mettre en place pour 2016-2017. C'est une priorité pour moi, afin que les gens voient la valeur pédagogique que je peux ajouter à leur gain de connaissances, dans ce domaine. Pour la roadmap, disons qu’octobre 2016 devrait être le vrai début pour moi.

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Qui sont les plus motivés et moteurs à faire du BIM au Canada et qui sont les plus opposés ?

En toute honnêteté ! Les étudiants… Il y a un petit pourcentage de professionnels qui s'y intéresse sérieusement. Un pourcentage moyen qui sont en interrogation devant cette dynamique technologique et un pourcentage significatif dans le bassin professionnel qui est principalement contre, puisque ce pourcentage significatif compte principalement les professionnels au pouvoir et sont également ceux qui ne voient pas l’intérêt de telles démarches d'implantation technologique, dû à la retraite qui se rapproche, plus que les années à investir encore dans leur société. Présentement en 2016, on assiste donc à un clash générationnel et à un clash hiérarchique au niveau des formations et des connaissances. Principalement, ce sont ces éléments qui mettent en exergue les moteurs du BIM au Canada et au Québec : les étudiants veulent se perfectionner, sans aucun doute, mais les professionnels sont les plus mitigés. Par contre, les entrepreneurs généraux et socialisés, foncent et investissent quant à eux rapidement dans les experts de ces technologies, et de ce fait, développent rapidement leurs projets à l'aide des nouvelles technologies du BIM et de la BEM MEP.

On peut donc dire que la roue commence à tourner et que tout finira pas être considéré. Il faut surtout que les gens comprennent qu'il s'agit de méthodes différentes et complémentaires. Les méthodes standards ne sont pas encore appelées à disparaître et probablement qu'elles seront toujours utiles, à leur niveau. Il ne faut pas voir le BIM comme l'invasion technologique. Il ne s'agit pas non plus d'un renversement des cadres qui refuseront de s'y soumettre (comme je l'ai déjà entendu dire).

Es-tu aussi une Star du BIM au Québec ?

Sincèrement, ça ferait prétentieux de dire que je suis une star. Je pense que si l’on parle de moi, c'est parce que les gens jugent que ce que je dis ou fais est pertinent à diffuser, de part et d'autre. Je ne fais pas parler de moi volontairement. Ce sont souvent des gens qui apprécient ce que je fais qui me demandent si j'accepterais de partager mon parcours et ma vison, ainsi que mon travail. J'accepte avec plaisir, c'est flatteur et c'est ma récompense pour le travail que je fais et où je ne compte pas les heures. Donc, je pense que les gens parlent d'autres personnes qu'ils admirent aussi. Honnêtement, je ne sais pas vraiment ce que l'ensemble de la communauté BIM européenne et nord-américaine pense de moi, mais tant mieux s'ils apprécient mes interventions et s'ils parlent de moi à d'autres.

N’as-tu jamais été tentée de venir travailler en France ?

L’Europe m'a toujours attiré avec son évolution technologique indépendante. Je pense que je viendrai assurément d'ici deux ans ou même avant. Pour moi, le BIM est rassembleur et fait tomber toutes les barrières politiques en affaire. Il s'agit d'un terrain de jeux sans limites. Je discute avec de nombreux professionnels en France, depuis bientôt deux ans. Je pense qu'on aurait beaucoup à BIMer en commun !

Accepterais-tu des missions en France ou en Europe vu tes compétences BIM et linguistiques ?

Le fait de parler plusieurs langues m’a toujours bien servi. Je serais ravie de travailler en BIM et BEM MEP dans d'autres langues. Lors du grand projet hospitalier dans lequel j'ai travaillé en résidence (chantier à temps plein pendant un an), je devais parler en italien, en portugais et en espagnol (l'anglais assurément). Je n'y étais pas obligée, mais je voulais le faire car j'adore ça ! C'est facile, pour moi les langues, à l’identique du BIM… Des casse-tête clairs et logiques).

Suis-tu d’ailleurs ce qui se passe autour du BIM en France avec le PTNB et qu’en penses-tu ?

Je trouve que le PTNB est nécessaire et que chaque Pays et province ait la même chose. Pourquoi ? Pour donner leur chance aux professionnels qui eux veulent travailler dans cette sphère technologique. Ceux qui ne le voudront pas, auront un choix à faire. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Je pense que la politique à un rôle à jouer, puisqu'elle décide comment devront être exécutés les ouvrages (projets). La politique détermine avec les Organisations professionnelles, les balises à imposer. Donc, le PTNB est prévu pour accélérer et aider la transition. Sinon, le mot transition deviendrait synonyme de décennies, et ce n’est pas ce que l'on veut, car il faut être prêt maintenant afin de suivre l'évolution technologique. Sinon à quoi bon. Etre trop en retard sur le BIM, c'est comme ne jamais avoir parlé de BIM. Non ! Ce n’est pas ce que l'on veut.

Tu parles plus de 10 langues, c’est incroyable. D’où te vient cette passion et cela t’est-il utile dans ton travail ?

Au sujet des langues que je parle, cela remonte à mon enfance, les langues autochtones sont relatives à l'origine de mes deux parents qui sont tous deux moitié autochtone (Mi'Kmaq et Huron-wendat/ faites des recherches ;-)) et moitié européenne avec une grand-mère française et une autre irlandaise.  Évidemment, l'utilité en est indéniable ! J'ai créé plusieurs liens professionnels en montrant que j'étais à l’aise pour communiquer avec eux dans leur langue maternelle. Je change de langue comme je respire. Je les écris aussi. C'est important de faire les deux, selon moi.

L’un ne va pas sans l'autre. Je crois que c'est personnel à chacun. Tout le monde n'est pas obligé d'en parler autant. Ça va avec les intérêts et la curiosité innée que chacun a.  Moi, je ne m'en passerais plus, par contre. J'aime tout comprendre !

Les Québécois ont tous une fibre artistique plus ou moins poussée : artistes, humoristes, chanteurs, et chez Autodesk, tous les spécialistes de l’image et de la visualisation sont quasiment TOUS Québécois. Peux-tu nous parler de tes passions et domaines artistiques de compétence ?

Les passions sont ce que nous avons de plus précieux, dans notre réalisation personnelle. La peinture à l'huile, le dessin, les artisanats autochtones (fabrication de gants en peaux d'animaux à la main), les chants autochtones, en plus des danses latines, contemporaines et classiques occupe le peu de temps libre que j'ai et pendant lequel je vis mes passions. L'apprentissage des langues me captive constamment, et ce, depuis que je suis toute jeune ! Avoir grandi avec des colombiens (membres de famille par alliance) m'a permis d'apprendre l'espagnol, dès l'âge de 9 ans. Le reste a été très facile et l'italien, puis le portugais ont suivi ! Les langues autochtones elles, sont attribuables aux origines ethniques de mes deux parents. Ce qui fait que toutes les langues que je parle sont donc un élan de passion à vouloir tout comprendre autour de moi. Rien n'échappe, à cette curiosité qui m'habite !

L'autre aspect de mes passions est très axé sur les technologies que sont le BIM et la BEM MEP.  Je ne passe pas beaucoup de temps sans me tenir au courant et assimiler les nouvelles astuces qui circulent dans le monde, à ce sujet. Je suis trop captivée et curieuse des nouveaux tests que je peux produire à l’aide de nouveaux logiciels ou d’outils d'intégration plus performants. L'analyse énergétique me passionne, donc lorsque la modélisation y est combinée, l'intérêt n'en est que plus grand !

Connais-tu ABCD Blog ou pas ? Qu’en penses-tu et que devrait-on améliorer ?

Oui, je connais ce blog ! Je suis régulièrement les publications et les trucs qui y sont indiqués. Je regarde tous ce qui peut me garder à jour sur les expériences des autres et sur leurs réussites, également. Il faut être ouvert aux autres et au monde. Des blogs comme celui-là, sont définitivement une richesse et doivent continuer à vivre ! Les gens doivent y participer et les consulter, au minimum !

Eh bien, Jessika, quel beau voyage dans ton univers du BIM BEM ! Merci encore et au plaisir de te voir en Europe chez nous prochainement.

Jessika Lelièvre

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Zenit Consultants est également devenu ATC et centre de formations.

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