BIM My Project, vos plus beaux rêves en réalité augmentée et le chantier 4.0 prennent enfin vie

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C’est toujours un plaisir d’accueillir des startups, surtout lorsqu’elles sont exceptionnelles comme BIM My Project et qu’elles débordent d’enthousiasme et de créativité. Nous les avons découvert sur le web et leur technologie, développée sur la base du noyau Autodesk Forge nous a bluffé. Ils collaborent avec les plus grands du BIM comme la Société VINCI Construction France et font progresser l’avenir du Chantier 4.0. Finie la Science-Fiction, les BIM My Project sont là ! Prenez comme nous le plaisir de les découvrir en lisant leur interview et leur parcours passionnant ! Une jeune Equipe promise à un très bel avenir.

www.bimmyproject.fr

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Bonjour Samuel et Roland,

Nous sommes ravis d’accueillir sur ABCD Blog une startup innovante qui commence à beaucoup faire parler d’elle.

Pourriez-vous tout d’abord nous parler de votre parcours personnel à tous deux et nous dire comment vos routes se sont croisées ? Nous aimerions comprendre si cette rencontre entre le secteur de la construction et des nouvelles technologies était une évidence pour vous.

Samuel : Bonjour Emmanuel. Merci à vous pour votre accueil. Je suis un lecteur assidu de ABCD Blog et c’est un réel plaisir de répondre à vos questions.

Concernant mon parcours, je suis avant tout un passionné d’informatique sous toutes ses formes. J’ai fait mes études dans le BTP. J’ai été Projeteur Structures puis Ingénieur Structures. Ma passion m’a ensuite amené vers le poste de Coordinateur BIM puis de BIM Manager. Nous nous sommes rencontrés avec Roland pendant nos études et sommes restés en contact. Notre 3ème associé, Olivier, vient de l’univers de la Tech et c'est également un ami de longue date. Il nous a fait découvrir la réalité mixte, ce qui nous a donné des idées.

Roland : Pour ma part, j’ai toujours aimé construire : partir de rien et créer. Mais je n’ai pas la patte d’un dessinateur et je ne suis pas bricoleur. C’est tout naturellement que je me suis tourné vers la conduite de travaux, dès l’IUT, puis vers une école d’Ingénieur en apprentissage. J’aime gérer les problèmes de production, faire le lien entre le Maitre d’Ouvrage, le Maitre d’Œuvre, les équipes sur le terrain et les fournisseurs.

J’échangeais souvent avec Samuel sur les possibilités qu’offre l’informatique pour faciliter notre travail, supprimer les erreurs et gagner du temps. Surtout gagner du temps, car dans le job de Conducteur de Travaux, on ne compte pas vraiment ses heures.

BIM My Project ! Dit-on BMP ? Pourquoi ce nom ? Et quand et comment l’idée vous est venue de créer cette startup ?

Oui, BMP est bien le sigle de BIM My Project. Pourquoi ce nom ? Notre ambition est d’apporter le BIM directement sur le terrain et de répondre aux besoins de la production chantier. L’objectif : que le résultat sur le projet soit percutant, bien visible et positif. Et BIM ! BIM My Project, tout simplement.

Combien êtes-vous au sein de votre jeune entreprise et comment êtes-vous organisés ?

Aujourd’hui, nous sommes huit dans cette aventure. Nous avons une organisation basée sur le lean start up. Notre fonctionnement repose sur la coopération de trois expertises. Roland identifie les besoins des utilisateurs finaux, Samuel traduit ces besoins en process BIM et Olivier se charge développer le logiciel métier.

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Quel est le nom des solutions que vous proposez et développez ? Et surtout, à quoi servent-elles ? Sont-elles essentiellement utilisées pendant les phases de construction ? Pouvez-vous nous expliquer le ou les cas d’usages ?

Nous proposons des solutions de Réalité Mixte sous le nom de produit BMP Connect. Le but est de réduire les coûts de non-qualité liés à la production. Nous mettons à disposition de l’utilisateur toutes les données de l’ouvrage sous forme d’hologramme. Il peut interagir avec, contrôler rapidement, simplement et remonter l’information.

Par exemple : vérifier la bonne exécution des réservations avant de couler le béton permet d’anticiper les erreurs qui peuvent avoir des conséquences de reprises structurelles (et donc un coût supplémentaire).

Vous faites essentiellement de la réalité mixte (RM) ? Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs en quoi cela consiste car il y a souvent confusion entre réalité virtuelle, réalité augmentée et réalité mixte ?

Elles partent toutes de la même envie : l’affichage de données virtuelles sous la forme d’une expérience différente que celle proposée par les ordinateurs. La réalité virtuelle permet d’évoluer dans un monde virtuel de manière indépendante de l’environnement dans lequel on se trouve.

La réalité augmentée et la réalité mixte permettent toutes deux d’enrichir l’environnement grâce à des informations virtuelles. La réalité augmentée est une superposition d’images astucieusement agencée qui fournit les informations contextuelles à l’utilisateur.

La réalité mixte est une évolution conséquente de cette technologie. Elle créée un nuage de points de l’environnement en temps réel et permet d’afficher ensuite des objets virtuels (des objets BIM dans notre cas). La réalité mixte donne l’illusion d’avoir un hologramme devant les yeux. Les bénéfices pour l’utilisateur sont multiples : une meilleure superposition des lignes de fuite réelles/virtuelles, les mains libres et surtout un sentiment d’immersion bluffant.

 

Justement, vous utilisez un système de géolocalisation pour la RM. Est-ce simplement le GPS embarqué des HoloLens ou une technologie plus avancée ?

Le GPS n’est pas une technologie assez précise pour permettre une implantation compatible avec nos besoins.

Se baser uniquement sur la reconnaissance de l’environnement n’est pas une solution fonctionnelle pour nous car cet environnement n’est pas encore construit. Notre solution se positionne via une implantation sur des points géomètres pour éviter un cumul d’erreurs.

L’utilisateur rentre deux points géomètres particuliers sur site (files ou point géomètres déjà matérialisés sur site), puis sélectionne leurs coordonnées issues de la maquette BIM. Avec seulement deux points notre algorithme superpose la maquette virtuelle sur le réel en corrigeant les éventuels problèmes de précision.

Quel est le degré de précision ou d’erreur de cette technologie ?

Grace à cet algorithme, un opérateur expérimenté obtient une précision de plus ou moins 3cm entre l’hologramme et le réel. Il faut noter qu’une dérive peut se mettre en place lorsque l’on s’éloigne de plus de 20m des points d’implantation. Une réimplantation tous les 400m² environ est donc nécessaire pour ne pas perdre cette précision.

3cm c’est à la fois bien et insuffisant mais c’est le mieux que nous puissions obtenir avec les HoloLens. Nous attendons la version 2 qui arrive l’année prochaine pour augmenter la précision et passer, nous l’espérons, sous la barre symbolique du centimètre. Nous pourrons alors préconiser notre solution pour l’implantation plutôt que pour la validation comme c’est le cas aujourd’hui. Cela sonnera l’arrivée de l’ère du full BIM, mettant les plans papiers directement dans les archives !

Plus concrètement et techniquement, vous travaillez sur la plateforme Forge d’Autodesk, pour quelle raison ? Qu’est-ce que cela vous apporte en plus ?

Autodesk Forge est effectivement au cœur de notre solution. Forge regroupe un ensemble d’outils cloud cohérent et interopérables mis à disposition pour les développeurs par Autodesk.

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Nous utilisons 3 technologies Autodesk Coud basées sur Forge :

– Le model Derivate qui nous permet de convertir près de 50 formats d’entrée vers notre plateforme de visualisation BIM et vers les HoloLens, tout en isolant les données BIM. Cet outil nous permet de standardiser notre workflow. Quelles que soient les données d’entrée de l’utilisateur, nous récupérons un modèle pour le viewer, un modèle décomposé pour l’affichage dans les HoloLens, et une base de données d’informations reliée aux objets.

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– Le Data Management nous permet de nous connecter aux solutions Cloud Autodesk comme BIM 360 Team ou BIM 360 Docs. Cela permet à nos clients utilisant ces solutions de ne pas multiplier les plateformes BIM. Cela nous permet également d’organiser les projets en suivant une logique fonctionnelle et éprouvée pour l’ensemble de nos clients.

– Le Viewer de Forge nous permet de développer des outils de visualisation BIM entièrement personnalisés et conformes à nos besoins. Le tout en s’affranchissant des difficultés de fonctionnement issues d’Autodesk. Cela nous permet de nous consacrer sur l’expérience utilisateur et les données que l’on souhaite mettre en avant.

 

Votre technologie ne marche ensuite qu’avec des HoloLens ? Est-elle directement connectée avec Autodesk Revit ?

Aujourd’hui nous avons sélectionné les HoloLens car ces lunettes sont les seules qui nous permettent d’allier une portabilité et une précision de maillage de l’environnement suffisante. Nous avons essayé d’autres technologies qui ne nous ont pas convaincu. Le marché de la réalité augmentée et mixte est en pleine ébullition, nous avons donc pensé notre solution de manière suffisamment modulaire pour pouvoir s’adapter à toute nouvelle technologie arrivante (Magic Leap, Apple…).

Pour le moment notre solution n’est pas directement connectée à Revit. Il est possible d’uploader des fichiers Revit mais la connexion n’est pas directe. Nous travaillons sur un add-in Revit pour permettre de simplifier la tâche à nos utilisateurs (sortie prévue fin 2018).

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Quels bénéfices réels et concrets vos solutions apportent-elles ? Avez-vous mesuré ce que l’on appelle en langage anglo-saxon le ROI (Return On Investment ou Retour Sur Investissement) ?

Nous nous attaquons au marché de la non-qualité sur nos chantiers. Cela représente environ 10% du chiffre d’affaires d’une entreprise de travaux. C’est juste énorme et certains acteurs prétendent que c’est encore en deçà de la réalité. Surtout quand on compare ce chiffre aux marges réalisées. De nos jours, terminer un chantier à 5% de marge est un très bon résultat. Les bénéfices se font sur l’anticipation des erreurs d’exécution et dépendent de l’ampleur de celles-ci. Le ROI va donc varier énormément en fonction des projets mais nos clients rentabilisent tous leurs investissements dès les premières utilisations.

Nous avons cru comprendre que vous avez quelques POC (Proof Of Concept) actuellement, dont la Tour Trinity avec VINCI Construction France. Pouvez-vous nous en dire plus sur ces quelques projets ?

Ce sont plus que des POC désormais, car la solution montre une valeur ajoutée et la solution est désormais déployable à grande échelle. Sur Trinity, nous accompagnons VINCI Construction France et ses partenaires sur le déploiement de la solution durant 2 ans. Nous pouvons citer également le métro de Rennes avec Colas Rail pour le contrôle des réservations et l’affichage de la maquette ventilation-désenfumage. Sur ce projet, nous avons les pires conditions pour tester la solution : pas de réseau télécom en infrastructure, une luminosité limitée et des infiltrations d’eau un peu partout. C’est l’idéal pour notre développement. Si la solution fonctionne dans ces conditions, elle pourra fonctionner partout. Nous serions prêts pour les projets du Grand Paris !

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Dans les fichiers que vous recevez de vos clients, quels formats ou logiciels voyez-vous en majorité ?

Nous travaillons pour le moment principalement sur des gros chantiers dont l’architecture BIM est structurée autour d’Autodesk Revit. 90% des fichiers que nous recevons sont donc sur cette solution. Le reste est principalement de l’IFC.

L’avantage des fichiers Revit, c’est qu’ils sont très bien compris par Forge. En plus de la géométrie et des données, nous récupérons également les vues en plans, coupes et élévations avec une visualisation dynamique bien plus intéressante qu’en PDF.

Cette interopérabilité entre les outils Autodesk couplée à une intégration de l’openBIM natif est un énorme plus pour nous.

Y-a-t-il un re-travail de votre part pour que ces fichiers soient exploitables par votre solution ?

Aujourd’hui notre solution est encore jeune. Nous préférons (dans la mesure du possible) avoir accès aux fichiers pour les configurer et les uploader nous-même. Nous prenons en compte de nouvelles spécificités BIM que nous n’avions pas toujours anticipé, chaque projet est différent ! Nous en profitons également pour faire quelques audits BIM des maquettes et donner quelques préconisations pour intégration avec des solutions comme la nôtre. Nous sommes tout à fait conscients que l’expérience sur notre solution est directement liée à la qualité des modèles BIM.

Cette configuration des fichiers est réalisable par n’importe quel modeleur et nous permettons à nos clients de les faire eux-mêmes grâce à une notice BIM. Notre plateforme dispose d’un champ pour charger les fichiers dans le viewer et dans les lunettes de manière autonome pour nos clients.

D’ici quelques mois, avec notre add-in Revit et la page très fournie d’administration du projet disponible sur notre plateforme, les configurations de fichiers seront encore plus faciles et intuitives. A terme, notre solution ne nécessitera plus d’interventions de notre part.

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Quels sont les retours de vos clients ?

Nos clients sont très demandeurs. Ils comprennent tout de suite l’intérêt d’apporter la maquette numérique sur le chantier pour assister les besoins de la production. Cependant, la réalité mixte est une nouvelle expérience utilisateur, qui demande un certain temps de prise en main, surtout que nous partons de rien. Quand les smartphones géolocalisés sont arrivés, il nous a fallu du temps pour nous approprier cette technologie. Le réflexe de sortir le smartphone pour se repérer n’a pas été acquis en un jour. C’est la même idée pour nos clients. Nous devons les accompagner dans cette transition technologique. Sur chantier, le réflexe de sortir le mètre est automatique. Pour eux, l’utilisation de la réalité mixte n’est pas naturelle, cela demande un temps d’adaptation et de changer des habitudes bien ancrées.

 

Accompagnez-vous directement vos Clients dans le cadre de ces projets ou avez-vous un prestataire d’accompagnement ? Peut-on dire que vous faites de l’AMO BIM ?

Nous pourrions même dire AMO RM, qui est de fait, de l’AMO BIM. Certains de nos clients se demandent comment valoriser leur projet grâce à la réalité mixte. Même dès la phase concours, nous pouvons les accompagner. C’est l’idéal pour nous, car nous pouvons préconiser des process BIM spécifiques à la réalité mixte.

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Quel est le modèle de vente et le coût de vos solutions ? Doit-on acheter en direct ou passer par un revendeur/distributeur ?

Notre modèle repose sur la licence mensuelle, en fonction des modules nécessaires pour le chantier. Le coût varie de 1500 € à 3500 € par mois et par opération. Aujourd’hui, l’achat des HoloLens se fait surtout en direct. Nous souhaitons faire profiter les solutions de suivi de chantier existantes, en y implémentant directement notre solution de RM. Par exemple, nous sommes maintenant compatibles avec la plateforme collaborative BIMEO et pouvons faire profiter leurs clients d’une expérience en réalité mixte.

Supportez-vous l’openBIM et le format IFC ?

Oui, notre solution prend en charge le format IFC grâce à Forge. Nous souhaitons nous investir davantage dans l’openBIM et dans le travail collaboratif d’une manière générale. Nous avons notamment une volonté forte de nous rendre compatible avec le maximum de plateformes BIM pour éviter à nos clients de multiplier les outils tout en élargissant la gamme de nos usages.

Cela passera par le BCF qui est au cœur des échanges d’informations BIM. Nous sommes d’ailleurs en train de reprendre l’architecture de notre solution pour que nos échanges internes se fasse également en BCF.

Quels sont vos projets d’évolution pour le futur ? Pensez-vous notamment adapter votre technologie à la gestion et maintenance des bâtiments ?

Effectivement, nous souhaitons ouvrir notre solution à l’ensemble des acteurs du marché dans les prochains mois. Pour ce qui est de la gestion et de la maintenance, nous sommes convaincus de l’intérêt de la réalité mixte. Se connecter à une Gestion Technique du Bâtiment, à une Gestion de la Maintenance Assistée par Ordinateur, avoir accès aux Dossiers des Ouvrages Exécutés et pouvoir visualiser les réseaux, le tout dans un seul outil serait pour nous l’aboutissement. Ainsi, toutes les données et informations nécessaires à la bonne maintenance seraient disponibles pour le technicien en temps réel. Mais n’allons pas trop vite, à l’heure actuelle, il n’existe pas de bâtiment réellement maintenu en BIM.

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Connaissiez-vous ABCD Blog ? Avez-vous un message particulier à faire passer à nos lecteurs ?

Samuel :

Oui je vais y faire un tour régulièrement pour prendre des nouvelles des évolutions du BIM et de ses acteurs. C’est un incontournable de la blogosphère des BIMeurs et curieux du BIM. J’aime beaucoup la diversité du contenu que l’on peut y trouver. Je salue la communauté des lecteurs d’ABCD blog. Je souhaite une belle aventure aux nouveaux arrivants dans la vaste et passionnante quête du BIM. Nous sommes encore tous des débutants du BIM, le meilleur reste à construire !

Roland, Samuel, un grand merci et surtout un grand bravo pour votre travail exceptionnel et votre parcours que nous vous souhaitons avec encore plus de succès !

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